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10 oct. 2016 - GhisM League of Legends

2016, un passage à vide pour l'Europe ?

2016, un passage à vide pour l'Europe ?

La phase de poules des Worlds 2016 se termine après une magnifique deuxième semaine. Un peu moins pour l’Europe. Après des Worlds 2015 qui avaient vu les Européens avoir deux équipes en demi-finale (Fnatic et Origen), nous étions en droit de penser que nous aurions – au moins – deux équipes en quart de finale, G2 étant double champions d’Europe et H2K un gros morceau (lorsque Forgiven joue). Que nenni. Sur ses trois participants, une seule équipe européenne sort des poules, H2K. Autrement dit, nous sommes passés tout proches de la catastrophe. Alors, est-ce un mal profond, ou bien une simple mauvaise année, comme l’Europe a pu le connaître en 2014 ?

G2 Esports, une victoire et puis s’en va

Si nous revenons quelques semaines en arrière, au début du Summer Split, nous avions – déjà – de grosses attentes sur G2 Esports qui venait de remporter le Spring Split et de recruter l’excellente botlane d’Origen, Zven et mithy. Sur la toplane, Kikis allait partir pour laisser place à Expect, un joueur pas franchement flamboyant mais qui ne demande pas énormément de ressources à son équipe. En gros, il fait le job.

L’objectif du Summer Split côté G2 était de se qualifier pour les Worlds, mais également de construire une véritable cohésion d’équipe autour de Perkz et Trick, auteurs d’un très bon Spring Split. Cependant, au fil de la saison, nous avons pu remarquer finalement que G2 n’était qu’un amas d’individualités avec comme fer de lance Trick, double MVP des LCS EU, capable de littéralement porter son équipe grâce à des champions tels que Rek’Sai, Elise ou Gragas.

En ligne de mire de toutes les critiques de G2 depuis plusieurs mois, Perkz était très loin de son meilleur niveau lors du segment d’été. Pas franchement à l’aise sur cette méta, il était tombé, lors de la saison régulière, à un taux de 63,7% de participations aux kills, soit le plus faible taux pour un midlaner européen. Pire, lors des Playoffs du Summer Split, il est tombé encore plus bas, à 55,6%... Cependant, nous étions en droit de penser à une grosse performance des G2 Esports lors de ces Worlds. Placés dans un groupe aux apparences abordable, comprenant certes le favori de la compétition, Rox Tigers, mais également CLG et Albus NoX Luna, rien ne laissait présager que les coéquipiers de Zven allaient terminer à la dernière place du groupe A.

« Une victoire et puis s’en va ». C’est ainsi que nous pourrions résumer les Worlds de G2 Esports, auteurs d’une piètre performance avec une seule victoire contre Albus NoX Luna pour cinq défaites. Outre le bilan comptable, c’est au niveau du jeu que le bât blesse.

De l’avis de tous les observateurs extérieurs, l’équipe européenne était en pleine possession de ses moyens avant le début de la compétition. Double championne d’Europe, l’équipe s’était envolée début septembre pour la Corée afin de s’entraîner avec les meilleurs joueurs du monde, dans le meilleur environnement possible. Après avoir scrim contre les meilleures équipes régionales, G2 commençait à être redoutée, au point d’être devenue le « second idéal » de cette poule A derrière les Coréens.

Comment expliquer qu’une équipe en façade aussi solide se soit désagrégée en une semaine ? Avec trois défaites lors de la première semaine, il y'a eu du « mieux » la deuxième semaine puisque l'équipe s'est inclinée deux fois mais remportant une victoire contre Albus NoX Luna. Expect, tombant derrière ses adversaires lors des trois premiers matchs, était jeudi probablement le meilleur performeur de la structure. Il arrivait à sublimer les ganks de Trick, et à prendre l’avantage sur la toplane pour ensuite venir mettre la pression sur les adversaires de Perkz au mid. Il a plusieurs fois réussi de beaux flank notamment face à Rox Tigers. Il a cependant commis quelques erreurs en étant trop avancé sur sa ligne pendant que Trick se montrait dans la partie basse de la carte. Un manque de communication avec le jungler également visible sur les autres lignes. Alors que mithy avait l’habitude de coordonner les backs et de roamer ou d’aller poser de la vision avec Trick, cette fois-ci il restait sur la botlane avec Zven. Ce qui lui a valu de greed plusieurs fois pour défendre une tourelle, et par manque de vision, de mourir en 1v3 voir 1v4, sans que rien ne soit compensé par Trick dans la jungle top. Habitué à clear la jungle facilement avec Nidalee, Trick a voulu appuyer sur la midlane et la botlane après son gank concluant sur Smeb, mais il est rapidement tombé derrière Peanut au farm, alors qu’il est le jungler des Worlds ayant eu le plus de CS par minute lors du Summer Split (4,8 CS/min). G2 semble oublier que jouer avec son jungler ne signifie pas mettre seulement la pression sur les lanes.

Selon mithy, le but du bootcamp était de « ne plus faire n’importe quoi, et que les lignes bougent ensemble afin de faire des actions ensemble ».

G2 aura certes tenté de rattraper son retard, mais l’effort aura été fait trop tardivement. Contrairement au MSI 2016 où la performance des joueurs d’Ocelote était due à un manque d’entraînement et à des problèmes internes, cette fois-ci le problème était… qu’ils n’étaient simplement pas assez bons. Plusieurs mois après le changement de méta, Perkz a toujours d’important soucis de positionnement lorsqu’il évolue sur des champions sans mobilité/escape et semble manquer d’un ou deux « picks références ».

La « leçon » sera dure à avaler pour les joueurs G2, mais l’année prochaine n’en sera que meilleure. L’équipe devrait sauf surprise rester intacte et les joueurs auront ainsi une meilleure synergie.

Splyce, l’espoir de jours meilleurs

Bons derniers du groupe D, que beaucoup appelaient le « groupe de la mort » avec TSM, RNG et Samsung, les Splyce ont montré de très belles choses à un niveau où on ne les attendait sûrement pas. Les anciens Dignitas EU, encore en Challenger Series il y’a moins d’un an, auront eu une progression fulgurante. Passés proche de la relégation en CS lors du Spring Split 2016 (huitièmes avec 5-13, ils avaient battu Giants 3-2 pour éviter la relégation), ils ont ensuite procédé à un changement dans la lineup. Exit Nisbeth et bienvenue au Slovène Mikyx au poste de support. Changement qui s’était avéré bénéfique puisque la structure a changé du tout au tout : une équipe sans grosse individualité, mais un gros teamplay. Et cela avait suffi pour se qualifier pour les Worlds.

Lors du premier match des Européens contre les Chinois de RNG, Splyce n’a littéralement rien pu faire contre Uzi et son Ezreal, qui était en 6/0/3 à la 21e minute de jeu avec 210 CS (soit 50 de plus que Kobbe). Devant dans le premier match de la confrontation face à TSM, plusieurs erreurs ont été faites par les joueurs Splyce, se faisant attraper lors des escarmouches américaines. Le match a ainsi pu être renversé par Team SoloMid. Lors de la deuxième confrontation face aux Nord-Américains, Splyce n’aura pas existée après avoir « laissé » la Syndra à Bjergsen.

Seule victoire au compteur pour Splyce – et quelle belle victoire – face aux Chinois de Royal Never Give Up. Une game maîtrisée de bout en bout par les coéquipiers de Sencux. Sur la toplane, Wunder a écrasé Looper avec son Jayce. Trashy a sorti la game de sa vie, Sencux un Malzahar qui a également roulé sur le Ryze de Xiaohu. Totalement à côté de la plaque lors de la première confrontation, la botlane Kobbe/Mikyx a largement dominé la botlane Uzi/Mata, faisant le mauvais choix de prendre Karma (pour « combotter » avec Olaf) contre Jhin/Braum. Une belle victoire contre une équipe « majeure » internationale qui doit permettre à la structure de passer au palier supérieur, à commencer dès janvier en LCS Europe.

H2K, le cache misère ?

Condamné à la quatrième place lors du Spring Split, H2k était en très mauvaise posture lors du Summer Split, avant l’arrivée de Forgiven, en remplacement de Freeze, alors blessé au poignet. Il est une chose que personne ne peut nier, H2k n’est pas la même équipe avec et sans Forgiven. L’équipe a immédiatement été transformée en une belle machine à gagner permettant à la structure d’en finir avec la malédiction de la quatrième place en finissant troisième du Summer Split, se qualifiant ainsi, aux points, pour les Worlds.

Les fans H2k étaient donc en droit de se poser la question suivante : Godgiven allait-il rester titulaire ou bien Freeze allait-il signer son retour ? La décision a sans doute été plus facile pour Prolly (le coach H2k) avec les très bonnes performances du joueur grec en soloQ coréenne et en scrim.

Auteurs d’une première semaine « moyenne », ils se sont inclinés face à AHQ après la 45e minute sur un fight au Nashor, alors que les deux équipes étaient à égalité. Grâce à une partie sérieuse, Jankos et ses coéquipiers se sont ensuite imposés face à INTZ avant de s’incliner dans le troisième match face à EDG, sur de meilleures rotations côté chinois.

Forcée de réaliser un « exploit » à la Fnatic 2015, H2k devait donc remporter tous ses matchs. Chose qu’elle a faite en commençant par s’imposer assez facilement face aux Brésiliens, puis par prendre une petite revanche face à EDG, une partie serrée, simplement gagnée sur le snowball des objectifs neutres, et un call nashor au bon moment lorsque Clearlove était au bot avec Mouse. Pour le dernier match face à AHQ, la catastrophe n’était pas très loin pour H2k qui se fait voler le nashor par Karma et son Q spell sous Mantra. Finalement, la puissance de la composition Ryze/Jayce côté européen a permis à H2k de remporter une victoire décisive pour la qualification en quart de finale.

« Il est une chose que personne ne peut nier, H2k n’est pas la même équipe avec et sans Forgiven ». En effet, Forgiven a frappé lors de cette deuxième semaine en ne mourant qu’une seule fois ! Il est le carry AD des Worlds avec le meilleur KDA (9,4 sur 7 matchs), mais également celui qui est mort le moins de fois (21 éliminations pour 5 morts).

Sa performance suffira-t-elle à emmener H2k en demi-finale ?

Pour l’Europe, il est l’heure de tirer un premier bilan de ces Worlds. Le seed numéro 1 n’ayant pas passé le stade des poules, pire, terminant avec un score de 1/5. Sans enlever le panache et le talent d’Albus NoX Luna, G2 dispose de joueurs beaucoup plus talentueux et expérimenté à chaque poste, et aurait dû atteindre les quarts de finales. Splyce vient une nouvelle fois de prouver l’énorme teamplay dont elle est capable malgré un skill individuel en dessous de ses concurrents.

L’Europe a besoin de stabilité, l’Europe doit conserver ses talents, et ils devront être prêts pour les Worlds 2017. 

 

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1 commentaire

Dvildoudou
Dvildoudou - 12/10/2016 17h38

Je trouve que c'est injuste de généraliser le naufrage de G2 à l'ensemble de l’Europe.

Splyce a de l'avenir et on a des équipes comme UOL qui progressent ou Fnatic qui peuvent revenir.

Concernant les moyens des équipes on peut espérer que l'arrivée de plusieurs club de foot, qui investiraient "à perte" (puisqu'ils ne cherchent que le "bénéfice-image"), puisse re-dynamiser les investissements et donc le niveau de jeu -> comme on l'a vus en 2015, il ne suffit que d'une bonne paire de coréens pour faire monter le skill de toute une ligue.

Enfin soyons pragmatique, l’Europe claquera probablement une demis-finale conservera son standing. ("gnagnagna tirage chanceux" -> balek' ! ya que le résultats qui compte et pis c'est tout ! )

Bref l'avenir n'est pas si sombre pour l’Europe.

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