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26 oct. 2014 - Mandark Divers

Bayonetta 2 : le retour de la reine !

Bayonetta 2 : le retour de la reine !

Au commencement, il n'y avait rien, seulement le néant. Puis vint Bayonetta et la lumière fut. Enfin, c'est pas tout à fait comme ça que ça s'est passé en fait, mais à sa sortie en 2009 le titre de Kamiya Hideki venait définitivement redéfinir la notion d'actioner, un travail que le Kitamura du jeu vidéo avait brillamment commencé huit ans plus tôt avec Devil May Cry, et donner un sérieux coup de vieux au ténors du genre.

Et si tu veux savoir pourquoi, amie lectrice, ami lecteur, tu n'as qu'à aller zyeuter la review du phénomène que nous publions dans la foulée de la présente, Big N ayant le très bon goût et la cohérence de proposer un bundle Bayonetta/Bayonetta 2. Pour l'heure c'est sa suite qu'on va passer en revue.

Du neuf avec du vieux

Bayonetta étant une référence absolue, un cult-classic comme on dit chez moi dans le Minnesota, et compte tenu de la démesure de ce truc alimenté à l'adrénaline pure, on pouvait légitimement se demander si en faire une suite sans Kamiya au commandes était une si bonne idée que ça. Du coup jeter un rapide regard en arrière sur la raison d'être initiale du projet n'est pas inutile, si l'on veut comprendre pourquoi Bayonetta 2 tient toutes ses promesses.

Déjà, et malgré son succès critique quasi unanime, le premier Bayonetta ne s'est pas si bien vendu que ça. On peut même dire que, à l'instar d'un Ico, c'est un jeu qui a gagné sa réputation sur le tard et si ses ventes se sont révélées globalement satisfaisantes sur la durée, ce fut loin d'être un succès commercial les premiers jours de sa release, aussi n'est-il pas étonnant (même si parfaitement dommage, j'en conviens) que ni Microsoft ni Sony n'aient voulu injecter des fonds dans une éventuelle « sequel ». Quant à Sega, ils ne pouvaient tout simplement pas se permettre d'encaisser la facture de prod d'un Bayonetta 2 à eux tout seuls.

Attention : cheveux (toujours) méchants !

C'est, étonnamment, de Nintendo que viendra la proposition de financer une nouvelle itération et donc de concrétiser sa réalisation pour la Wii U...et seulement pour la Wii U, ce qui provoqua si vous vous en souvenez un petit marasme lorsque l'annonce d'exclusivité fut faite en 2012 (il y a d'ailleurs toujours des ondes de choc). Mais c'est ça le jeu du capitalisme ma pauvre Lucette, et pour les équipes de PlatinumGames le but était de ne pas rater une opportunité pareille, peu importe le support final. C'est donc avec la plus grande ferveur qu'ils se sont attelés à ne pas avoir à baisser la tête en signe de honte devant l’œuvre du maître, d'autant plus que le regard bienveillant de ce dernier n'était jamais bien loin.

Over the top is not enough !

Bayonetta 2 commence une année après les événements du précédent volet alors que Bayonetta et Jeanne sont en plein fashion-frenzy-crazy-shopping mode à l'approche des fêtes de noël, lors d'une matinée d'insouciance qui va vite être perturbée par des ennemis partout et des gros boss que c'est pas possible qu'on en soit à moins de 10 minutes de jeu mais, hey, hop, esquive, witch-time, ouch, prend-ça, on avait dit pas les yeux, finish him bordel !!!

Bayonetta 2 démarre tellement en fanfare que c'en est juste du bonheur ! Non seulement on est tout de suite rassurés quant aux intentions des développeurs et leur respect de la « philosophie Kamiya » (grosse pression d'entrée de jeu histoire de prévenir qu'on n'est pas venus pour gonfler des ballons, vraiment pas, sans oublier aussi l'humour potache et les acrobaties improbables) mais on ne peut qu'applaudir devant l'inventivité des situations, leur démesure visuelle et la splendeur clinquante de l'ensemble.

Ah ça, Bayonetta 2 est juste sublime, pétant de couleurs et affichant un insolent frame-rate de 60 ips sans (presque ; ça m'est arrivé une minuscule fois en plus de 12 heures de jeu) jamais débander, et la direction artistique ayant encore une fois fait l'objet d'une attention maniaque, la fête aux mirettes est permanente. Entre le nouveau style, plus aristo et un peu Harlequin, de la belle Umbra et les environnements mixant toujours influences architecturales européennes et visions surnaturelles dantesques (dans le sens premier du terme) sans se priver d'une jolie touche de grotesque (là encore, le genre, pas l'appellation péjorative), même si sur ce dernier point on reste un ton en dessous de Bayonetta, Bayonetta 2 impressionne durablement la rétine et retourne l'espace dans tous les sens, et parfois plus que son aîné, ce qui n'est pas rien !

You know nothing, Jack Bauer !

Car bien que parfois bridé par une certaine obligation d'afficher constamment son affiliation à un des titres les plus marquants du genre (les menus par exemple, ou les cut-scenes, respectent le cahier des charges pour ce qui est de coller à la forme du premier opus, mais le font hélas avec nettement moins d'inspiration et d'humour) Bayonetta 2 en profite au passage pour éviter de retomber dans quelques-uns des travers qui alourdissaient ça et là la progression dans le premier épisode, comme de devoir systématiquement repasser par certains mêmes endroits et devoir affronter plusieurs fois les mêmes boss.

Point d'effet cache-misère ici, tout au long du jeu on avancera sur une route pavée d'inconnu, même si revenir visiter quelques spots mémorables – et retrouver quelques vieilles connaissances - du premier volet n'est pas à exclure...

Bien que l'on ait presque parfois l'impression en jouant à Bayonetta 2 d'avoir enquillé directement à la queue du générique de fin du premier, on notera tout de même quelques équilibrages, quelques ajouts...et quelques disparitions.

Might, magic...et bien plus encore ! 

Fondamentalement le gameplay ne change (heureusement) pas : on enchaine les combos hallucinés et hallucinants à une cadence infernale, à tel point même qu'en s'y prenant avec le bon timing on approche le cœur du concept de mouvement perpétuel, et puisque la garde c'est pour les mauviettes on esquive avec grâce et stailleleu les attaques qui fusent de partout avec le witch-time (l'instant des sorcières, tabarnac !), ce pouvoir qui, déclenché au très bon moment, permet de ralentir le déroulement du temps et offrir à Bayonetta un avantage non négligeable, puisque elle continue par contre à franchir le mur du son à chaque coup de tatane.

Cela dit, j'avais déjà fait la remarque lors de la preview du jeu que Bayonetta 2 semblait moins punitif que Bayonetta et, bien qu'il faudra quoi qu'il arrive garder tous ses sens en éveil pour espérer venir à bout du premier run, c'est effectivement le cas, en tout cas pour ce qui est du mode de difficulté par défaut, c'est à dire normal. Bon, quand je dis « moins punitif »...c'est pas non plus devenu l'Ile aux Enfants (ou pire, Devil May Cry 2), mais si on veut vraiment retrouver l'intransigeance de Bayonetta en mode standard, on passera directement en mode « Troisième Verset » pour vraiment tester la qualité et la résistance de son vernis à ongles. Et par la suite bien entendu il sera possible de grimper jusqu'à des niveaux de difficulté aberrants, du genre un coup t'es mort, et c'est d'ailleurs cette replay-value qui constitue – comme dans beaucoup de jeux signés Kamiya – le vrai gros point fort de Bayonetta 2 : d'abord on repère les lieux, ensuite on revient, on tente de faire place nette en obtenant de meilleurs scores grâce à sa maîtrise (ou pas) du skill, et dans la foulée on récupère les items qu'on avait raté et on va boucler les combats optionnels qu'on jugeait un brin tendus la première fois.

Flock off, fart face !

Pour ce faire d'ailleurs ma sorcière bien aimée n'est toujours pas en reste côté arsenal. Entre le nouveau quatuor de pétoires (poétiquement nommé « love is blue »), un katana, une faux, un arc, un fouet et bien d'autres encore – dont une majorité qu'on peut évidemment équiper indifféremment sur les membres supérieurs ou inférieurs de la coquine – il y a de quoi varier les plaisirs suivant le challenge, sans oublier qu'il est toujours possible de se servir aussi des armes des adversaires.

Je ne m'étendrai par contre pas sur le jeu au stylet, une feature qui à mon sens fait vraiment office de gadget et reste quoi qu'il arrive totalement anecdotique vu la totale suprématie du jeu au pad.

Petit changement aussi du côté de la magie, que l'on retrouve fonctionnant à l'identique de Bayonetta mais dont la jauge se remplit maintenant au fur et à mesure des gnons distribués et qui laisse, quand cette dernière est full-stack, le choix de torturer un malandrin en particulier (on appréciera d'ailleurs au passage l'imagination – encore une fois fertile – des développeurs sur ce coup-là) ou d'entrer en mode berserk pour faire méga-bobo à tous les inconscients qui trainent dans la zone. Et bien entendu, c'est toujours un gros « attention, cheveux méchants » à la fin de chaque rencontre avec un boss ou demi-boss, c'est à dire à peu près toutes les 10 minutes, voire moins...

Par contre on ne regrettera pas la disparition des infâmes autant qu'impromptus QTE du précédent opus, une de ses rares tares hélas, qui fait toujours grincer des dents vu le niveau quasi-sadique de difficulté du machin (en gros, si tu n'es pas toi-même en witch-time IRL dans ton salon, je vois pas comment tu vas faire un sans-fautes sur ton run).

YA HA !

Dans le même souci sympa de rendre hommage à leur « mécène » qu'à l'époque de Bayonetta, qui alignait moult références à Sega, l'équipe de développement du jeu à parsemé Bayonetta 2 de clins d'yeux plus ou moins discrets aux grands titres de Big N, que ce soit dans le décor, certaines lignes de dialogues ou carrément sous la forme de tenues exclusives.

Généreux, Bayonetta 2 récompense aussi ceux qui viennent s'éclater dessus en distribuant les bonus au long du jeu, comme un paquet d'illustrations, d'artworks, de musiques...et des cartes « verset », qui permettront par la suite d'avoir accès aux stages en coop online.

Car oui, dans Bayonetta 2 on peut fritter à deux, que ce soit avec un pote, un nain connu ou la bécane le temps que l'un ou l'autre se connecte. Le mode a pour nom Tag Climax et se déroule par tranche de six challenges sur lesquels il est possible de miser en halos (la « monnaie » du jeu) et, of course, gagner gros en retour en cas de victoire, d'autant plus que plus on mise, plus il y a gros temps sur le fighting ground !

Conclusion (take my money !)

Comment ne pas tomber amoureux à nouveau ? Bayonetta 2 se verra peut-être reprocher par certains de trop coller à la formule du premier, mais c'est bel et bien du Bayonetta pur jus et les développeurs de PlatinumGames ne peuvent qu'être fiers du travail accompli, car non content de surfer brillamment sur la base créée par Kamiya san ils ont même réussi à l'améliorer sur certains aspects, comme celui du rythme. Et on peut jouer en V.O, comme sur le portage de Bayonetta d'ailleurs.

On regrettera bien, hélas, des cinématiques souvent pénibles car interminables et abusant de l'effet freeze-frame qui faisait le charme de la narration du premier épisode, ici tellement systématique et sans inspiration que ça en devient vite pesant.

Autres déceptions, en ce qui me concerne du moins : un patron de fin à l'envergure assez minable quand on se souvient de celui du premier jeu (mais bon, son éradication arrache un sourire et on se consolera avec ça), et la disparition du mini-game Angel Attack, qui clôturait chaque stage dans Bayonetta. C'était fun et décalé, et me likey !

Pour le reste Bayonetta 2 est le nouveau et parfait représentant de ce que le jeu vidéo Japonais (et son fameux « esprit ») a de meilleur à offrir. C'est glorious, c'est glamourous, c'est épique, c'est démesuré, c'est speed, c'est décontracté du gland, c'est bô, c'est sexy, c'est précis, c'est généreux, ça claque, c'est WTF... Bref c'est un monument de fun et, pour votre serviteur, rien de moins que le jeu de l'année.

 

 

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