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15 avr. 2015 - Vandwyn Divers

Bloodborne : le test, la hype en moins

Bloodborne : le test, la hype en moins

Issu de la famille des Souls, Bloodborne apporte un regard nouveau sur le genre, mais est-il pour autant dans la bonne voie à suivre ? C’est ce que nous allons voir dans ce test, quelques temps après la sortie du jeu sur PS4 !

Nouvelle approche

Concrètement, Bloodborne est bien un Souls. Vous avancez, vous tentez, vous mourrez, vous recommencez, vous gagnez. Certains se demanderont alors s’il est plus abordable que ses prédécesseurs, s’il est plus difficile, s’il apporte de réelles nouveautés dans le gameplay, etc.

Bien que le principe de fond persiste, l’approche proposée par Bloodborne est différente. Difficile de dire s’il est plus facile d’accès pour des débutants car il devient complexe de comparer un vrai Souls à leur nouveau frère. Certes, vous ne pouvez plus vous cacher derrière un bouclier et une armure lourde en attendant que l’accalmie passe, mais l’agilité des chasseurs de Bloodborne compense largement. Pourquoi s’ennuyer à bloquer quand l’ennemi ne peut, de toute façon, pas vous atteindre ?

D’un autre côté, il aurait été trop simple de coupler ce dynamisme avec un jeu à distance trop poussé. Exit les builds concentrés sur la magie, celle-ci devient un à-côté appréciable, et on revient aux armes conventionnelles de mêlée. Cela pourra déplaire, c’est certain. Est-on, de ce fait, contraint à n’utiliser que les épées, les haches, les marteaux et les lances ? Non. Vous avez dans votre arsenal d’autres outils et d’autres équipements qui pourront apporter de la diversité et même un certain style à votre jeu.

Il y a trois mécaniques à bien appréhender pour comprendre la logique de Bloodborne. La première était déjà présente dans les jeux précédents, il s’agit de la riposte. Lorsque vous attaquez et touchez un adversaire pendant que celui-ci vous attaque également, la puissance de votre coup est augmentée. Néanmoins, vous prenez le risque de vous faire toucher également. Ce risque est amplifié dans Bloodborne puisque le dynamisme omniprésent laisse peu de place aux prises d’initiative dans une telle situation.

On préférera alors la seconde mécanique, celle du contre. Grâce à une arme à feu, si vous touchez l’adversaire durant son attaque, celui-ci sera étourdit et en état de faiblesse. Il est alors possible de lui porter un coup violent, « viscéral » pour reprendre le terme du jeu. Il est important de comprendre que tous les ennemis, y compris les boss, sont sensibles à cette mécanique. Cependant, elle pourra être plus complexe à engendrer pour ces derniers. Il est également possible d’effectuer une attaque viscérale en frappant un ennemi dans le dos avec un coup chargé.

La troisième mécanique sommaire de Bloodborne est le drain de sang. Lorsque vous subissez un coup, votre barre de vie diminue mais vous avez la possibilité de récupérer tout ou partie de vos points de vie précédemment volés en occasionnant des dommages physiques aux ennemis.

Chacun sa voie du chasseur

Il va de soi que ces trois mécaniques ont pour but de pousser à l’action et à la réaction. Mais leur maîtrise est-elle nécessaire pour parcourir le jeu ? Malheureusement, non. Tout du moins, pas pour votre première partie. C’est un fait : vous pouvez finir une première fois le jeu sans jamais vous préoccuper des armes à feu ou des outils magiques, en y allant bien bourrin et en faisant simplement preuve d’un bon maniement de votre arme et des distances. Si vous comptez prolonger l’aventure en NG+, par contre, il va falloir réviser votre façon de faire.

Avis aux débutants des Souls : vous pensez avoir tout vu au bout de votre première partie ? Détrompez-vous. Ces jeux ne prennent leur véritable sens que dans les NG+ (et plus) que vous découvrirez après avoir terminé le jeu une première fois. Attendez-vous à des barres de vie triplées, des dégâts monstrueux, de nouvelles découvertes. Bref, c’est presque un nouveau jeu, et assurément un nouveau défi à relever.

Jusque-là, Bloodborne est un bon héritier des Souls. Si vous êtes, comme moi, un habitué du genre, attendez-vous ceci dit à une forte impression de facilité sur la première partie. Ce que Bloodborne tente de faire, de plus que ses prédécesseurs, est assez flou. Si on écarte le nouvel environnement, on décèle très peu de nouveautés. Il y a un désire certain de simplifier la compréhension de l’itemisation. Moins d’objets, armes comme armures, mais avec chacun son utilité. Les collectionneurs regretteront ce choix, et il est indéniable que, de ce fait, on perd également l’impression de varier les plaisirs. Oui, vous pouvez ne jamais changer votre arme ou votre armure tout le long du jeu.

Une grande simplification également du côté de l’amélioration de l’équipement, puisque les atours sont fixes. La modification des armes prend, elle, deux formes : d’une part, l’upgrade pur et simple des objets, d’autre part, les runes. Chaque arme possède des slots de rune (trois pour les armes de mêlée et potentiellement une pour les armes à feu) que vous pourrez remplir pour augmenter les dégâts, ajouter des effets de poison ou d’électricité par exemple.

Il est important de noter que chaque arme de mêlée existe en trois versions différentes ; ce qui changera néanmoins ne concerne que les runes. Vous pouvez ainsi obtenir quelques variantes au niveau de la personnalisation d’une arme fétiche, en allant la récupérer auprès du marchand ou sur un corps, et aller farmer ses autres versions dans les Donjons du Calice.

Un autre aspect de la personnalisation est les trois glyphes propres au personnage. C’est un élément optionnel du jeu, puisque l’outil vous permettant de débloquer l’accès aux glyphes se trouve dans une zone optionnelle, mais ce serait dommage de s’en passer. Concrètement, les glyphes servent plus à renforcer votre propre style ou à compenser quelques faiblesses, en venant donner un bon boost de défense par exemple contre une altération d’état.

Procéduquoi ?

Les Donjons du Calice sont des zones générées quasi-procéduralement et qui permettent de découvrir de toutes nouvelles choses en-dehors de la trame principale. Vous obtiendrez des composants vous permettant de déverrouiller ces instances, vous pourrez alors les partager via un système de seed (comme dans un Minecraft) avec le reste des joueurs.

J’ai dit « quasi » procédural car il y a une limite à l’originalité de ces zones. Certes, avant d’avoir vu toutes les combinaisons possibles, il vous faudra du temps, mais cette limite existe bien. Ce n’est pas un mauvais point pour autant, mais plus vous avancerez dans la progression de votre personnage, plus l’aspect génération procédurale disparaîtra.

L’intérêt de ces zones est très clairement d’aller y récupérer de l’équipement bien spécifique, il ne sera donc pas étonnant de voir fleurir des seeds typiques de farm au sein de la communauté.

Je suis riche !

Dans Bloodborne, vous disposez de deux monnaies pour acheter des objets aux marchands. D’un côté, les échos de sang, qui sont l’équivalent des âmes dans les Souls. Vous en gagnez à chaque ennemi vaincu, certains objets vous en donneront en grande quantité, et vous perdrez tout à votre mort. Pour récupérer vos échos de sang après une défaite, vous devrez alors retourner sur les lieux du crime et ravaler votre flaque de sang ou tuer l’ennemi qui vous les a volés.

Les échos de sang serviront pour acheter tout un tas d’items ou pour augmenter le niveau de votre personnage en améliorant ses statistiques. L’autre monnaie est la lucidité. Vous en gagnez via certains objets ou à chaque rencontre/victoire de boss. Pour la dépenser, c’est une autre histoire. Un marchand spécifique vous permettra de dépenser votre surplus de lucidité, mais ce qu’il propose est assez limité. Pourtant, il n’est pas forcément souhaitable d’avoir trop de lucidité, surtout que contrairement aux échos de sang, vous la conservez après une mort.

Qu’a donc de si particulier cette monnaie ? Elle impacte l’environnement et certaines mécaniques de jeu. Des ennemis auront des comportements différents selon votre taux de lucidité etn surtout, plus vous serez lucide, plus vous serez sensible à l’altération de folie et moins vous profiterez de la bestialité.

La folie est un état qui peut vous atteindre, comme le poison, et qui vous fait perdre une grande partie de votre santé. La bestialité est une mécanique qui paraîtra très obscure à de nombreux joueurs découvrant Bloodborne. C’est un état, une statistique et une altération à la fois. En revêtant certains équipements, vous serez plus ou moins sensible à la bestialité et vous pourrez augmenter votre bestialité avec certains objets également. Pour faire simple, retenez simplement que si vous vous intéressez à cet aspect du jeu, vous devrez orienter votre équipement et votre style dans ce seul but. Ne vous attendez pas à vous transformer en gros loup néanmoins. Mais, sans pour autant spoiler : franchement, c’est fun.

Pour en revenir à la lucidité, c’est là pour moi un point noir du jeu. Nous avons là une monnaie qui s’engrange et nous handicape plus qu’autre chose à terme. La dépenser dans des futilités est une mesure bricolée, qui ne retire pas le sale goût d’un élément mal pensé du jeu.

Un chasseur sachant chasser

Parlons un peu des statistiques et de la progression du personnage. Il y a eu un élagage des statistiques et de leur impact, ce qui engendre une conséquence qui n’est pas perceptible immédiatement : on atteint plus vite le potentiel efficace de notre chasseur. Je parle bien ici de la notion de caps des caractéristiques.

Les caps sont des paliers à atteindre en dépensant des points dans les stats du personnage. Par exemple, dans Bloodborne, le premier cap sur la statistique de Force est de 25, tandis que son second cap est à 50. Puisque tout est simplifié : moins de stats, moins d’opportunités de dépenser ses échos de sang ; on arrive très rapidement à la conclusion que tout ce dont on a besoin c’est d’augmenter le niveau de notre personnage.

L’effet malsain est la banalité des investissements possibles et l’impression de pauvreté qu’elle engendre. Ce qui est fort dommage, car le choix crucial de savoir où et quand dépenser ses échos de sang était un des aspects appréciables des Souls, qui disparaît complètement ici après une dizaine d’heures de jeu.

Un autre mauvais côté du jeu est son multi. Vous n’êtes pas sans savoir que, pour jouer online sur PS4, il vous faudra tout d’abord payer un abonnement. Mais, au-delà de l'abonnement, qui n’a rien à voir avec le jeu à proprement parler, c’est l’intérêt de jouer en multi qui est remis en question. La coopération tue la difficulté du jeu, très clairement, en faisant passer le moindre monstre et les boss pour des victimes. Quant aux serments et au pvp, malheureusement on ne parvient pas encore à se débarrasser des lags, d’autant plus gênants avec le dynamisme souhaité par Bloodborne. L’intérêt d’accomplir les rares serments est très limité, même anecdotique.

Trop facile ce jeu… mais de quoi ça parle ?

En digne successeur des Souls, Bloodborne nous plonge dans un mystère. Le scénario est vraiment bien tourné : on enquête sur ce qui motive notre présence dans ce bazar horrible, et tout a du sens… enfin jusqu’aux derniers affrontements. N’ayez crainte, je ne vais pas spoiler, mais franchement : il s’est passé quoi à la fin ? Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il y a un manque étrange, une certaine simplification dans la conclusion.

Enfin, il y a un élément important des Souls que je n’ai pas pu retrouver dans Bloodborne, hélas, et c’est l’envie de recommencer. Il y a eu trop de simplifications sur ce qu’on connaissait déjà et tout cela a appauvri le contenu. En fait, Bloodborne m’a plus donné l’envie de retourner sur les Souls que de le relancer après en avoir fait le tour. Je ne peux cependant pas nier que Bloodborne est un bon jeu, qu’il ne fait pas honte à la série et qu’il ouvrira très certainement à de bonnes suites.

Finalement, pas candidat GOTY 710Points positifs
  • Le dynamisme qui donne un coup de fraîcheur
  • Une ambiance sombre comme on les aime
  • Une bonne direction artistique
  • Un game design de qualité
  • Une bonne découverte du genre
  • La bande son qui déboîte
  • Une histoire intéressante... mais rapidement conclue
Points négatifs
  • Les temps de chargement loooooooongs (bientôt corrigé dans un patch)
  • Trop de simplifications
  • Une profondeur limitée
  • Un multi mal pensé
  • Quelques baisses de fps

Bloodborne avait pris le pari de dynamiser le gameplay des Souls, et il l’a brillamment réussi. Mais les habitués pourront ressentir une rapide lassitude, car le jeu a perdu en profondeur et en diversification. Pour ceux qui découvrent, ce sera une bonne manière de s'initier aux Souls ! Toutefois, il est regrettable que des défauts techniques persistent dans cet énième opus.

 

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