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02 mars 2016 - ZeManiaK Divers

Bravely Second End Layer : Grinding Simulator 2016

Bravely Second End Layer : Grinding Simulator 2016

Teasée chez nous dès la parution de Bravely Default avec sa scène post-crédits, l'arrivée de Bravely Second était hautement anticipée par tous les nostalgiques de JRPG. Alors, la foudre du grind frappe-t-elle de nouveau la 3DS, ou la suite des aventures de Tiz et ses amis n'est-elle qu'un pétard mouillé ?

Me and Yew, and Yew and me...

Le jeu reprend deux ans et demi après le premier volet. Yew Genealogia, le nouveau héros, doit retrouver Agnès Oblige détenue par le Kaiser Oblivion dans sa forteresse volante. Passé le prologue qui voit le jeune chevalier séparé de ses deux amis, Janne et Nikolaï, Yew est rejoint par Magnolia, la nouvelle héroïne du jeu venue de la Lune, ainsi que par Édéa et Tiz, revenus après le premier volet. Ce groupe va devoir batailler dans le monde familier de Luxendarc à travers 6 chapitres d'une histoire qui reprend la même structure que le volet précédent, mais évite les répétitions lourdingues cette fois (même si, sans trop spoiler, un New Game + sera obligatoire pour progresser, mais cette fois l'histoire ne boucle heureusement pas puisqu'elle change très vite : c'est donc un faux New Game+).

Sur l'histoire elle-même, c'est assez classique mais souvent efficace : les quelques twists ne sont pas extraordinaires mais l'intérêt n'est pas absent, le soft profitant d'un monde qui a déjà un jeu d'ancienneté pour poser son background. Ce qui d'ailleurs est une épée à double tranchant : certes, les événements relatés dans ce volet et leur lien avec une maladie ayant eu lieu une dizaine d'années avant sont relativement bien fouillés, et le jeu a la décence de proposer de nouveaux environnements, de nouvelles villes et plein de nouveaux ennemis. Mais Luxendarc n'ayant guère été chamboulée, on retrouve pas mal de lieux et de boss déjà vus dans Bravely Default. Paresse ou volonté de redonner le même monde aux fans ? Puisque ce retour aux sources concerne surtout les quêtes annexes, on peut penser à la deuxième solution, mais on aurait aimé des dialogues plus courts et percutants : le bouton « ignorer » devient vite salutaire pour passer à la substantifique moelle de ce jeu : les combats.

Le système tour par tour de Bravely Default est repris à la lettre, avec donc le système de Brave qui peut vous faire agir plusieurs fois en un tour (mais risque de vous laisser plusieurs tours inerte si le combat n'est pas fini), le Bravely Second qui peut geler le temps pour obtenir une action gratuite, et le retour des jobs du précédent volet, avec une dizaine en plus (le job Vampire étant manifestement le seul job passé à l'as). Non seulement ces nouveaux jobs sont intéressants mais certains sont même carrément OP : le sorcier renouvelle fortement la magie, offensive comme défensive avec sa manipulation des sorts, l'évêque est un healer extraordinaire et permet de survivre à des confrontations qui sinon tourneraient au vinaigre. La refonte des jobs avec « seulement » 10 niveaux au lieux de 20 avant (un onzième est débloquable, mais je vous laisse le plaisir de trouver comment) permet de faire évoluer ses jobs plus vite et heureusement, vu qu'ils sont très nombreux. Cela dit le grind est un vrai plaisir, car non seulement on peut configurer la fréquence des rencontres aléatoires à sa guise mais le fait de gagner en un tour permet désormais, si on le souhaite, d'enchainer les combats, dont la récompense augmente de plus en plus selon le nombre de combats à la suite. Habitué de RPG japonais, le grind n'a pourtant jamais été ma partie préférée de l'exercice, mais force est de constater qu'ici c'est un délice. Délice encore augmenté quand on se trouve dans un spot pratique pour grinder (la forêt de Sagitta, par exemple) et qu'on se sent vraiment puissant. Heureusement, parce que pour obtenir les jobs sus-nommés, il va falloir serrer les dents.

 

« Ce n'est pas acceptable » (Agnès Oblige, 2013).

Disons-le tout net : les quêtes annexes, surtout celles demandant de récupérer les « Astérisques » de certains ennemis pour pouvoir s'approprier leur métier, leur Job, sont en dessous de tout. Mis à part les deux dernières, elles fonctionnent toutes sur un dilemme d'Édéa, qui devra à chaque fois choisir entre deux anciens membres de l'armée de son père (les porteurs d'Astérique de Bravely Default premier du nom, donc), et celui qu'elle combattra sera celui dont elle recevra le job. Alors, le retour des mêmes villes et de certains ennemis, soit. Mais en 2016, une fainéantise pareille pour des quêtes annexes, merde non quoi ! Dès le deuxième cas de conscience on comprend  les ficelles et vu l'écriture peu avantageuse de ces scénarios, on zappe très vite pour latter non pas le boss avec qui on est pas d'accord, mais celui qui possède les capacités qu'on convoite. À noter que dans la deuxième partie du jeu, il faut se retaper ces dilemmes pour cette fois récupérer l'autre Astérique laissée pour compte et les récupérer toutes. Une plaie !

De manière générale le contenu annexe laisse à désirer : cette fois, ce n'est pas le village natal de Tiz qu'il faut reconstruire, mais la Lune, patrie de Magnolia, selon le même principe que dans Bravely Default. L'exploration est aussi importante pour trouver tous les objets placés dans les villes, les donjons et même la carte du monde, mais on sent le « filler », la volonté d'occuper le joueur avec des petites choses pour gonfler le temps de jeu. Comme avec le mini-jeu demandant de réaliser des jouets, sympathique mais vite oubliable. C'est quand même dommage, dans un jeu où les héros parlent autant de cuisine, et avec passion, qu'aucune activité annexe sur le sujet ne soit proposée. Ils m'ont donné faim pendant toute ma progression, ces gorets.

Édéa Lee, la première héroïne diabétique du jeu vidéo. En fait, maintenant elle doit l'être vu les gueuletons qu'elle s'empiffre dans le jeu.

 

« Oh, le vache » (Magnolia Arch, 2016).

La question que vous vous posez à ce moment de la lecture (sauf si vous avez scrollé pour voir la note), c'est : est-ce qu'il est mieux que le premier ? Alors déjà, pour faire mon malin, je vous dirais : ça dépend de quelle version de Bravely Default. Parce que nous, chanceux européens, avons eu droit à Bravely Default version internationale, avec possibilité de régler la fréquence des affrontements et Bravely Second déjà intégré, deux features qui sont de nouveau présentes ici (et même intégrées au scénario) et qui nous auraient probablement fait arrêter de jouer au premier (selon mon souvenir, très peu de Japonais avaient fini le premier avant la version internationale). Du coup, pour nous habitants du Vieux Monde, ce soft a moins d'avancées notables. Mais il s'en dégage un charme certain : et je ne parle pas juste des habitants de la Lune qui parlent français, y compris dans le doublage audio anglais (à noter que Magnolia est probablement anglophone mais que les autres francophones du soft n'ont quasi-aucun accent). Non, le cadre enchanteur (c'est toujours aussi beau voire plus), les personnages bien travaillés et le monde de Luxendarc sont charmants, à proprement parler.

C'est que Bravely Second est fait pour une certaine catégorie de gamers, une certaine niche (dont je fais partie), et qu'il a en bien conscience : tellement d'ailleurs que la fin du jeu voit le quatrième mur voler en éclat et les personnages s'adresser au joueur directement. On comprend que ce sont surtout les développeurs qui parlent et remercient les fans de leur support, ce que tout dans ce jeu confirme. Surtout, je me suis rendu compte après avoir fini le jeu en mode hard, à quel point mon bourrinisme habituel ne pouvait pas passer. Après m'être fait wipe quantité de fois, je me suis rendu  à l'évidence : les jobs sont comme des réponses aux énigmes posées par chaque boss, et plusieurs solutions peuvent être trouvées pour continuer. En tout cas rarement un J-RPG n'a été à ce point gratifiant pour ceux qui savent préparer leur équipe et peaufiner leurs stratégies, surtout en mode difficile. Il va falloir chercher des synergies, et regarder la description de chaque sort/item. Même avec ça, certains ennemis (y compris réguliers) vous donneront du fil à retordre.

Pour ce qui est de la musique, elle est clairement un point fort du jeu, mais son principal handicap est de succéder à une des OST de RPG majeures de ces dix dernières années. Soyons honnête, vous garderez peut-être moins de titres en tête que pour Bravely Default, mais il ne faut pas se mettre des ornières : beaucoup de thèmes, surtout ceux des combats, sont réussis, et le jeu a le bon réflexe de lancer certaines musiques au bon moment pour vous faire apprécier la situation. Par exemple, j'ai détesté, à la première écoute, le nouveau thème de Tiz, alors que je chéris tellement celui de Bravely Default (nommé You are my Hope). Mais je me suis rendu compte que le thème était badass à souhait, et que le constat était valable pour plein d'autres pistes (le battle theme est d'ailleurs meilleur imho). Bref, Bravely Second est un bon soft, mais qui souffre trop de la comparaison avec son glorieux ainé. Il est surtout conseillé d'y jouer si vous êtes fan... et que vous avez fini le premier jeu (sérieusement, Bravely Second spoile tout Bravely Default dès le départ).

Bis repetita...mais après faudra se renouveller, hein. 710Points positifs
  • - un des meilleurs systèmes de combats au tour par tour du JRPG, et c'est pas peu dire,
  • - un grinding jouissif, ça change !
  • - des nouvelles additions (jobs, bestiaire..) très bien pensés,
  • - une bonne ost...
Points négatifs
  • - les quêtes annexes, une vraie déception.
  • - trop de repompe de lieux, de boss, et même de ressorts scénaristiques.
  • - des dialogues souvent trop longs, dommage car l'histoire n'est pas mauvaise sans être extra.
  • -... qui ne fera pas oublier le précédent opus à tout le monde.

Bravely Second n'est pas le renouveau du JRPG ou le messie d'un genre en déshérance. Ce n'est pas non plus le menu Maxi-Best-of tant espéré : le verbiage, les quêtes annexes mal fichues, l'empêchent d'être un soft majeur de 2016 ou même une référence pour l'avenir. Cela dit, il reste un bon jeu avec un système de combat sophistiqué, et chaque combat est un challenge potentiel. Pour ceux qui espéraient une révolution, vous serez déçus. Pour ceux qui voulaient un bon JRPG en attendant la suite (Fire Emblem ou Persona V), le soft devrait faire le job.

 

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