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21 avr. 2017 - Biggy League of Legends

C’est une bonne situation ça, support ?

C’est une bonne situation ça, support ?

Poste pour e-girl, dernier champion de la draft. Voici comment le support a longtemps été considéré par la majorité des joueurs de League Of Legends. Cependant grâce au travail acharné de Riot, et des légendes telles que Mata ou Yellowstar, ce poste tente aujourd’hui de s’imposer comme la pierre angulaire de League of Legends. De shotcaller à damage dealer en passant par des champions au gameplay unique : focus sur le support.

Vache à Ward

Lors de la sortie de League of Legends en 2009, le poste de support était représenté par des champions relativement simples à jouer : Nunu, Soraka, Alistar. Ils ont rapidement été suivis par Janna, Taric et bien d’autres. Le gameplay était alors assez basique, pouvoir soigner ses coéquipiers, leur rendre du mana, apporter des boosts de dommage ou de vitesse. Les mécaniques étaient primitives, peu de skill shots et finalement peu de combos possibles, dès lors le support était réduit à sa définition la plus simple, soutenir son équipe.


Propagande support d'époque. (Source : http://imgur.com/gallery/aXJmFRl)

Les plus anciens joueurs de League of Legends se rappellent avec nostalgie les premières botlanes : Soraka avec n’importe quel ADC, Kog’Maw avec Nunu ou encore Janna et Caitlyn. Ces duolanes avaient toutes un point commun : elles étaient extrêmement ennuyeuses, du fait de leur passivité et de leur répétitivité, ce style de jeu s’expliquant par deux éléments majeurs. Le premier élément est la vision, primordiale dans un jeu stratégique comme League of Legends. À l’époque le nombre de wards par personne n’était pas limité, le support était alors le seul champion à apporter de la vision à son équipe et s’est très vite transformé en sac à balises de vision. Le second élément est lié au revenu de golds pour les supports. Lors des premières saisons, le seul moyen d’obtenir quelques pièces d’or de façon constante était les objets à génération passive, comme la pierre philosophale ou le cœur d’or. On se retrouvait alors avec des supports qui finissaient des parties avec uniquement des bottes, des wards et des objets générateurs de golds.

Combinez ces deux éléments, ajoutez le fait que le gameplay des supports était relativement classique, résultat : un poste sans grand intérêt boudé par les joueurs.

Toutefois, il ne faut pas voir la première génération de supports professionnels comme de simples joueurs lambda. Ceux-ci ont dû travailler sur d’autres aspects de leur jeu, ils étaient les véritables hommes à tout faire de l’équipe. Souvent shotcaller, toujours un œil sur la carte pour informer de la position des adversaires, ils avaient comme principal but d’assister leurs coéquipiers tout au long de la partie. Du fait des faibles mécaniques que demandait le poste, ils étaient les plus aptes à prendre les décisions au moment crucial.


Vous avez demandé des légendes? (YellowStar & Mata. Source : Riot Games)

Le patch 3.14 : support is back !

Lors des changements ayant eu lieu en amont de la saison 4, Riot a établi des modifications majeures pour rendre plus dynamique le poste de support. Tout d’abord, la suppression des objets générateurs de golds, qui ont été remplacé par les très populaires Targon et Lame du voleur de sort (la pièce étant relativement peu jouée, du fait de sa passivité et de son apport moindre en or). Pour gagner des golds, le support doit nécessairement faire preuve d’une certaine agressivité, aller last-hit un sbire ou poke l’adversaire. Dans un second temps, Riot a procédé à une refonte de la vision : chaque joueur ne peut poser que trois balises maximum, les pink ne sont plus invisibles et un item spécialisé dans le warding fait son apparition. La guerre de vision fait alors rage sur la faille de l’invocateur.

Les développeurs ne se sont pas limités à un changement d’items. Ils ont proposé des champions supports avec des mécaniques uniques créant des interactions avec les différents champions présents sur la faille : la lanterne de Thresh, transporter un allié à travers la carte ou manger un ennemi avec Tahm Kench, Zhonya de force un champion avec Bard ou encore le Stun de Braum, qui nécessite un travail d’équipe à l’initiative du support. On peut ajouter à cette liste Kalista, qui peut directement agir sur son support grâce à son ultime pour lui permettre de faire des ravages dans les lignes ennemies.

 
Origen : j'ai une team... Misfits : nous, nous avons un Bard. (Source : Riot Games)

Riot a réussi à rendre le poste de support beaucoup plus nerveux et attrayant pour les joueurs. Quoi de plus gratifiant que de sauver un allié grâce à la lanterne de Thresh ou réussir un dive avec un ultime de Bard. Les champions supports deviennent plus difficiles à jouer, plus difficiles à maîtriser. Ils acquièrent alors une réelle profondeur au niveau du gameplay, peuvent enfin être gamebreaker et carry une game à leur manière. La volonté de rendre chaque support unique se ressent au rythme de sortie de ces derniers ; sur les vingt-cinq derniers champions (hors Rakan et Xayah), seulement trois sont de purs supports. Les développeurs s’imposent donc désormais une rigueur spécifique sur le gameplay du support dont les sorts doivent contenir des mécaniques uniques et propres au champion.

Les deux nouveaux champions botlane qui sortiront dans quelques jours (Rakan et Xayah) confirment ce propos. Il existe entre eux des interactions uniques afin de pousser les joueurs à jouer le duo ensemble.

Entre espérance et réalité

Toutefois, comme nous allons le voir, les espérances de Riot se heurtent à la réalité de la scène compétitive. Le support, plus que tout autre poste dans League of Legends, est lié aux autres lanes de la faille de l’invocateur et plus précisément à l’ADC. Il est alors très facile de remarquer une corrélation entre le tireur et son support. Depuis la saison 5, le carry AD est passé de 540 dommages par minute à 493.5 lors de ce Spring Split. Alors qu’il faisait 30% des dommages de son équipe en saison 5 il n’en fait plus que 25.7%.  On est donc passé d’une méta centrée autour des ADC, avec des supports qui devaient protéger coûte que coûte leur compagnon, à une méta dans laquelle le tireur est moins omniprésent. On peut d’ailleurs prendre l’apparition de Ziggs AP en botlane comme exemple de ce changement.

Conséquence de cette situation pour le support, les joueurs professionnels recherchent d’avantage des champions avec des dommages ou des gros contrôles. À l’heure actuelle, en ne prenant en compte que les supports étant apparus plus de 50 fois sur les 1536 parties jouées lors de ce Spring Split (toutes ligues confondues), nous avons seulement 345 apparitions de supports conventionnels, (Nami, Tahm Kench et Thresh) soit moins d’une partie sur quatre. Les supports dominant la scène internationale sont Karma et Lulu (champion hybride pouvant être joué sur différentes lanes), Malzahar et Zyra (AP de formation) et, pour finir, Miss Fortune, un ADC jouant le rôle de support.


Ult Malzahar vs. Ulz Zyra : League of Controls (Source : Riot Games)

Si les joueurs professionnels peuvent se permettre des picks plus exotiques, c’est aussi grâce aux nouveautés apportées par Riot au niveau des l’items. Lors des Playoffs du SpringSplit, la Rédemption et l’Iron Solari apparaissent sur environ 90% des parties. Grâce à ces deux objets, tous les supports peuvent maintenant apporter du soin, des shields, indépendamment des sorts de leurs champions. La phase de draft ne se résume donc plus à un choisir champion qui apportera du sustain ou protégera son ADC puisque, indépendamment du héros choisi, le support pourra répondre à ce manque grâce à des objets spécifiques. Les joueurs se focalisent alors sur d’autres besoins comme les dommages ou les contrôles que pourraient leur apporter des champions différents des supports conventionnels. En jetant un coup d'œil rapide aux statistiques, on constate une explosion de leurs dommages sur ce Spring Split, les dégâts de Zyra, Malzahar ou Miss Fortune pouvant atteindre 20% des dommages totaux de l’équipe. Cette nouvelle génération ajoute aussi des contrôles de foule (Zyra) ou des lock safe (Karma, Malzahar) et permet donc aux autres postes de varier leur pool de champions.

Cela a permis à certains héros de revenir sur le devant de la scène. Orianna au mid, par exemple, permet par son bouclier et son stéroïde de vitesse de compenser la disparition d’un support à buff. Ces nouvelles botlanes ont aussi permis la création d’un jungler utilitaire avec Ivern. Celui-ci se couple à la perfection avec une rédemption et un solari, et endosse tout au long de la game le rôle de support « vieille école », tout en ayant un gameplay unique.

Le support est donc le poste le plus influencé par le moindre changement touchant la faille de l’invocateur. Les récentes modifications appliquées à la Lame du Roi déchu ont permis à des supports plus traditionnels de revenir sur le devant de la scène. Braum par exemple a été le grand gagnant du up de cet objet destiné aux ADC. 

La méta support va certainement encore évoluer avec les changements de mi-saison et les supports actuellement présent sur la scène compétitive pourraient ne pas voir les Worlds.

(Source Header : AlexisRayne, https://lolwallpapers.net/artist/alexisrayne)

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