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22 août 2014 - Mandark Divers

CounterSpy : l'espion qui m'a botté !

CounterSpy : l'espion qui m'a botté !

Amie lectrice, ami lecteur, autant te le dire franco, j'ai eu un vrai coup de cœur en jouant à CounterSpy (ContreEspion, tabarnac, pour nos amis québécois !). Est-ce à cause de son ambiance fortement marquée par des références aussi incontournables que No One Lives Forever, Metal Gear Solid ou – surtout – Des Agents Très Spéciaux (The Man From U.N.C.L.E, en vého), où Napoleon Solo et Illya Kuryakin passaient leur temps à sauver le monde libre des griffes du péril rouge, dans une ambiance pour le moins décontractée du gland ? Sauf que dans CounterSpy le « héros » - que par commodité nous appellerons Monsieur X, tellement son identité est tenue secrète même pour le joueur - joue lui sur les deux tableaux.

Car dans cette relecture uchronique du conflit qui rythma la période dite « de guerre froide », Monsieur X est un espion qui n'a pas véritablement d'allégeance, du moment qu'il arrive à maintenir un certain status-quo entre deux superpuissances, aussi les missions d'infiltration auxquelles il devra prendre part vont se faire indifféremment à l'est et à l'ouest, la finalité étant qu'aucune des deux nations ne commette l'irréparable.

Agent trouble

Dans CounterSpy, il est avant tout question d'endiguer une vieille menace : celle du lâcher de missiles un peu trop facile, pour peu que l'on aime se faire frissonner avec le spectre de paranos accros au bouton rouge. Le rôle de Monsieur X sera donc d'éviter l'escalade, et chacune des missions qu'il va devoir accomplir tend vers un objectif et un seul : empêcher le décollage de missiles destructeurs vers la Lune que, pour les besoins de l'histoire, chacun des deux blocs s'est mis en tête de vouloir détruire (ce qui constitue sans le moindre doute un bien bel hommage à Austin Powers : L'Espion Qui M'a Tirée).

Et pour ce faire, tous les moyens sont bons, que ce soit à la screud, à la speed (on n'est pas obligé de dézinguer absolument tout le monde, pour peu qu'on ait un bon sens du timing) ou à la fils-à-personne (excellent bodycount in the end).

CounterSpy, ou un sens certain du décorum !

Dans les faits, CounterSpy se présente comme un bon vieux jeu en scrolling 2D pour ce qui est du gameplay, mais avec un background 3D pour ce qui touche au décorum, et ce genre de mélange a déjà prouvé qu'il pouvait être diablement efficace, comme par exemple et au pif dans le récent et excellent Trine 2, et comme pour beaucoup de bons jeux du genre la jouabilité est diaboliquement simple ce qui, amie lectrice, ami lecteur, ne veut pas dire simpliste pour autant. Car CounterSpy, en plus de faire dans le joli pour les mirettes, utilise à bon escient la profondeur de champ visuelle dès lors qu'il s'agit de se planquer.

En effet, presque tous les tableaux du jeu offrent l'opportunité d'une ou plusieurs caches, et à ce moment là la caméra bascule en mode TPS, ce qui permet à Monsieur X de prendre le temps d'évaluer la situation en profondeur, de sélectionner ses cibles et accessoirement aussi de se protéger d'une éventuelle distribution de soupe aux pruneaux.

Une mécanique visuelle qui n'est pas sans rappeler Metal Gear Solid, auquel CounterSpy se réfère d'ailleurs bien volontiers (notamment le troisième épisode, période de guerre froide oblige), jusque dans l'utilisation d'un bruitage particulier, que les amateurs de la saga ont toutes les chances d'apprécier.

Countdown to extinction!

Le vrai danger, dans CounterSpy, c'est de déclencher un niveau d'alerte maximal, sachant que si ce dernier est atteint, un compte-à-rebours se lance et que, comme l'indique un des « tips » inter-écrans (c'est à dire pendant le chargement des niveaux) « en période de guerre froide, un compte à rebours ne peut qu'être synonyme d'emmerdes » (ok, là, j'ai embelli un brin la trad'). Et si tel est le cas il n'y a pas à tortiller : il reste une minute à l'espion qui flippait pour atteindre la fin du niveau et valider ses acquis.

Car l'intérêt du jeu réside non seulement dans le fait d'atteindre l'ordinateur contrôlant la mise à feu des missiles à chaque mission, mais aussi et surtout de récupérer dans la foulée moult plans pour augmenter ses capacités d'infiltration (qu'elles soient discrètes ou pas), ce qui se révélera – forcément – être un atout par la suite. Et pour être certain de ne rien rater, il ne faudra pas hésiter à explorer les lieux de fond en comble, ce qui est bien entendu très motivant, d'autant plus que dans CounterSpy les niveaux sont générés aléatoirement, ce qui veut dire qu'on ne suivra jamais deux fois de suite la même progression, y compris en cas de game-over, et que par conséquent les percs et autres bonus (kits de soins, réassorts de munitions) ne se trouveront jamais au même endroit.

Trois trouffions vont morfler !

Une idée carrément bien sentie donc, en cela qu'elle permet d'éviter la lassitude en cas d'échec de la mission, et d'y retourner gaiement en restant constamment sur le qui-vive. Et, autre bon point, les niveaux ont beau être différents à chaque passage, ils restent toujours cohérents et bien fichus.

Visuellement, CounterSpy claque bien sa maman, que ce soit pour les décors qui font la part belle aux infrastructures fantasmées façon James Bond (ahhh, ces silos de missiles à perte de vue) ou pour le look et l'animation des personnages, Monsieur X et sa démarche féline en tête, franchement réussies. Les plus observateurs remarqueront d'ailleurs que l'image affiche discrètement mais constamment tout un tas de petits « défauts visuels » donnant l'impression de regarder un film des années 60, un gimmick qui fonctionne plutôt très bien, puisque utilisé ici avec la même finesse que dans les épisodes 2 et Shattered Memories de la série Silent Hill.

Quant au côté son, c'est aussi la fête pour les portugaises, grâce à une B.O située à mi-chemin entre No One Lives Forever et Space Channel 5, et des bruitages mettant à donf l'accent sur l'ambiance complexe militaro-industriel façon S.P.E.C.T.R.E (ou S.M.E.R.S.H, pour les puristes, à tel point qu'on est presque étonné au bout d'un temps de ne croiser ni Blofeld et son blanc matou, ni le Docteur d'Enfer et son abruti de fiston).

Conclusion

 

Entre son contexte uchronique diablement bien huilé, un level-design plus ambitieux qu'il n'y paraît à première vue, des animations et un chara-design au top, le tout saupoudré d'une jouabilité simple mais efficace et d'une touche visuelle « à l'ancienne », CounterSpy séduit instantanément de par ses partis pris graphiques et son gameplay qui, bien que certains ne manqueront pas de fustiger – à tort – une certaine redondance, reste constamment équilibré et fun.
Bref, CounterSpy fait honneur au PSN et ne déçoit jamais, en plus de ne finalement pas coûter grand chose pour ce qui te sera rendu, amie lectrice ou ami lecteur.

 

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