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06 sept. 2017 - Perco League of Legends

Deux jours avec les fans de League of Legends

Deux jours avec les fans de League of Legends

Durant deux jours, le temps d’un week-end exceptionnel pour l’e-sport en France, les fans de League of Legends se sont parlés, connus, croisés dans l’AccordHotels Arena. Petit florilège de nos rencontres avec quelques supporters dans la foule.

Certes, le public est encore très majoritairement masculin. Pourtant, d’année en année, les choses changent. On n’irait pas jusqu’à parler de parité, mais la part de femmes dans les gradins n’est désormais plus famélique. Et l’attitude du public lorsqu’une femme est présente sur scène – Laure « Bulii » Vallée ou encore Eefje « Sjokz » Depoortere – est respectueuse.

Alors on se dit qu’il y a peut-être enfin un peu plus de diversité, que l’archétype du fan pourrait avoir pris un peu de plomb dans l’aile et que, malgré la jeunesse générale de l’audience, tous n’ont plus le même profil. C’est le cas. Certains viennent en couple, d’autres en famille, la plupart entre amis. Pour une fois, parlons un peu de ceux qui regardent l’e-sport plutôt que de ceux qui en font.

« Un événement immanquable »

Tous ou presque, bien sûr, sont férus du jeu de Riot Games et arpentent l’AccordHotels Arena en espérant croiser le regard d’un joueur, d’un streamer ou d’un commentateur connu. C’est le cas de Jonathan, qui vient de rencontrer par hasard YellOwStaR dans les coursives et regarde, ravi, la photo qu’il a pu prendre avec l’une de ses idoles. « C’est génial, il a été vraiment très sympathique, plus accessible que je ne le pensais. On a même discuté un peu… enfin, une ou deux minutes ». C’est vrai qu’il y a du monde qui patiente pour l’imiter et que le temps manque.

Pour certains, c’est mettre l’ambiance qui compte, à l’image de Valentin, Basile et Théo, d’Orléans, qui sont venus samedi pour voir la petite finale entre Fnatic et H2K. Ils sont un peu déçus de ne pas revenir le lendemain – la faute aux cours qui ont la mauvaise idée de reprendre le lundi suivant pour eux – mais pas de quoi grignoter leur enthousiasme. « League à Paris, c’est immanquable ! », explique Léo comme une évidence ;  « Il faut reprendre le titre de meilleur public du monde », ajoute son ami Basile. Presque en confidence, Léo nous glisse à ce sujet : « On a pratiqué les chants, on est prêts ». Visiblement, les trois comparses se sont donnés une mission et comptent bien la remplir.
 


Valentin, Basile et Théo


Au sujet des commentaires à venir, en français dans la salle, tous les trois sont curieux de voir ce que va donner le « tricast », mais font confiance aux commentateurs d’O’Gaming : « Si Noi est ne serait-ce qu’aussi bon qu’aux DocksPulman en 2015, ce sera génial » (O’Gaming y commentait la phase de poules des championnats du monde de la saison 5 de League of Legends). 

 Pour Marc et Jenny non  plus, pas question de rater l’événement. Ce jeune couple d’Anglais n’est pas venu à Paris exprès pour la grande finale du dimanche mais en profite pour faire d’une pierre deux coups. « On a profité de nos vacances ici », explique Marc, « comme on est tous les deux fans du jeu, on a à la fois Paris et League of Legends, c’est parfait ». Et quand on demande qui est le plus fan, Jenny précise : « Il jouait quand on s’est rencontré, j’ai essayé aussi et j’ai bien accroché. Aujourd’hui, je crois que je crie plus fort que lui dans la salle (rires) ». Au sujet des commentaires en français, Marc est plus embêté : « Je parle un peu français mais j’avoue que j’ai du mal à bien entendre et à tout comprendre dans la salle… mais les commentateurs ont l’air un peu dingues, c’est marrant. Et puis il y a l’ambiance du public, ça suffit ».

« C’est génial, quelle ambiance ! »

Parfois, on vient en famille, et de loin ! Laurence et Didier sont venus depuis les Landes passer tout le week-end à Paris pour accompagner leur fils de 14 ans, Anthony. Pour faire bonne mesure, ils ont emmené Benji, un copain du fiston. Anthony vient surtout voir une équipe : « Je suis Fnatic à fond », mais il espère bien aussi croiser ses joueurs et streamers préférés. On n’a pas trop eu le cœur de lui dire que les rencontrer était assez improbable.
 


Laurence, Didier, Anthony et Benji


Pour les parents, c’est un peu la planète Mars mais pas de quoi entamer leur bonne humeur. S’ils avouent craindre de ne pas y connaitre grand-chose, aucune importance : « On en entend parler souvent, mais on est quand même un peu surpris de l’importance de l’événement. Mais c’est génial, quelle ambiance ! ». Tout ce petit monde s’est fait tatouer en entrant – « Fnatic » bien entendu – et repart vers la salle avec un enthousiasme communicatif.

À l’inverse, le dimanche, on croisera Quentin, seul. Quand on s’étonne de le voir en solo, le jeune parisien de 21 ans nous explique : « Hier, j’étais avec un pote mais il ne pouvait pas venir aujourd’hui. Cela dit, même seul c’est super ; à la limite je parle même avec plus de gens aujourd’hui, le contact est facile. Il y a un effet générationnel et un dénominateur commun, LoL, on peut parler à plein de gens sans problème ».
 


Quentin, en solo dimanche mais heureux d'être là.


Pour lui qui a même fait partie des « Wildest Fans » lors des finales LCS Europe précédentes, en février dernier à Hambourg, ne pas venir à celles se déroulant dans sa propre ville était impensable. Habitué des commentaires en anglais, il avoue sa surprise devant la prestation des équipes d’O’Gaming : « Ils rattrapent certains points sur le cast anglais, je suis surpris par certaines analyses vraiment intéressantes, et ils gardent leur côté fun ».

« Autant d’ambiance que des gros concerts »

Dans le public, question fun, on n’a pas trouvé mieux qu’Abraham. Tout le week-end, il était au premier rang sans jamais quitter son costume d’ « Alistar meuh meuh ». « C’est une blague de Noi, c’est le meilleur skin du jeu », souligne t-il.
 


Abraham et sa cloche. 


Et lorsque Abraham sonne sa cloche, on note le souci du détail : elle produit exactement le même son que celle du jeu. Sans qu’il nous remarque, on le croisera en costume dans le métro du retour dimanche soir, et force est de constater que son « Alistar meuh meuh » avait encore de l’énergie malgré deux jours à tinter et à se démener comme un beau diable.

Non loin de la scène, un trio hilare attire l’attention des passants. En s’approchant on comprend : ils ont clairement bu un petit coup… au moins. On s’excuse d’avance du cliché mais Emmett et Jamie sont Irlandais et arrivent tout droit de Dublin. Ils invitent quiconque passe sous la rambarde qui leur sert de vigie à leur taper dans les mains ou à « checker » du poing.

« Je suis un énooooorme fan de Fnatic, le plus grand fan du monde », difficile de saisir autre chose dans la bouche d’Emmett, qui n’a plus les idées très claires.
 

 
Jamie, Emmett et Tarik.


« Faut l’excuser, il est fatigué mais il est très sympa » nous dit, en français, le troisième larron, qui l’est un peu aussi. C’est Tarik, lui est parisien et tout aussi fan de Fnatic. « On s’est rencontré ici avec les deux autres, ils sont marrants alors on reste ensemble tout le week-end », poursuit-il. « Moi j’aime les LCS alors merci Riot pour ça, et merci O’Gaming pour le travail sur la communauté française. C’est grâce à eux si on en est là aujourd’hui ».

Même quand on quitte les fans purs et durs, quand le public a déserté l’arène, on croise Roger et Fortuné, les vigiles. « On a beaucoup aimé, même si on n’a pas trop compris qui attaquait qui », plaisante Roger. Et quand on leur demande ce qui leur a tant plu, ils parlent presque d’une même voix : « L’ambiance ! ». Roger est catégorique : « On a fait pas mal d’événements ici et c’est la même ferveur que pour des gros concerts, c’est très surprenant ! »

Deux fans de plus ?

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