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15 mars 2018 - Biggy League of Legends

Dieuponey : "Les playoffs sont à notre portée"

Dieuponey : "Les playoffs sont à notre portée"

Avant la dernière semaine de ce spring split, Mathias 'Dieuponey' Klein, le manager des Unicorns Of Love (UOL), a bien voulu nous accorder une interview. Loin des strass et paillettes des LCS EU, celui-ci revient une première partie de saison mouvementée, tant pour l'équipe que pour lui-même.

En fonction de ses résultats, UOL peut encore se qualifier pour les Playoffs, comment abordez-vous cette dernière ligne droite?

Effectivement, compte tenu des résultats précédents et du classement actuel, tout va se jouer cette semaine. On ne peut pas se permettre de se relâcher sur l’entrainement. Toute l’équipe a eu une très grosse conversation samedi soir, après les deux défaites du week-end dernier. Il y’avait beaucoup de chose à dire afin de comprendre ce résultat après notre série de victoire et remobiliser les troupes pour aborder la dernière semaine. Mais les maîtres mots restent les mêmes quel que soit le résultat : travailler sans relâche et être exigeants, que cela soit envers soi-même ou envers les autres.

 

Vous allez jouer votre qualification face à G2 et Misfits, qui sont des gros clients, comment le sens-tu?

Le week-end dernier Vitality était à notre portée, j’avais plus de doute sur Fnatic, qui montre des performances vraiment solides actuellement. Pour en revenir à Misfits et G2, quand je les vois jouer, je me dis que c’est clairement faisable. Après, tout va dépendre du niveau de jeu qu’on arrive à afficher. On a montré qu’on était une équipe à deux visages, à nous de montrer notre bon côté. Personnellement, je crois en mes garçons pour franchir ce palier. Les playoffs sont à notre portée.

 

UOL a connu un début de split assez compliqué avec notamment une seule petite victoire en 9 matchs avant de connaître une folle série de 5 victoires qui laisse espérer cette qualification, quelle a été la recette de cette « remontada »?

C’est une question que beaucoup de gens nous posent. Je ne pense pas qu’il y’ait de recette miracle. Ce sont de petits changements, de petits ajustements qu’on a effectué au fur et à mesure. On a travaillé sur les conditions d’entrainement avec Sheepy [ndlr : coach et fondateur de l'équipe]. Cela a permis de créer une synergie entre les joueurs, notamment au niveau des shotcalls et du lead de la game.

 

Symbole de cette « remontada », Exileh, qui a progressé tout au long du split. Comment expliques-tu cela? Y’a-t-il eut un changement d’attitude ou est-ce tout simplement le travail qui a payé?

Exileh a gardé le même état d’esprit tout au long de la compétition. C’est l’un des joueurs les plus travailleurs et le plus exigeants envers lui-même. Ses coéquipiers ont eu une forte influence sur lui, ils ont montré qu’ils avaient confiance en lui et ses performances, même dans les parties difficiles. C’est cette foi qu’ils ont eu en Exileh qui lui a permis de retrouver son assurance.



Source : LolEsports

Vous avez connu un split assez mouvementé, avec des hauts et des bas, quel est ton ressenti sur cette première partie de saison?

Ça a été réellement intense, ce sont des moments inoubliables, que ce soit le premier studio, la première victoire, ou encore cette remontada. Tu vis ta semaine au rythme des LCS, en n’attendant qu’une seule chose : te lever le vendredi matin pour aller au studio. C’est deux fois quatre heures qui vont permettre de savoir si le travail a payé ou non. Et c’est le côté difficile du boulot, tu peux arriver aussi prêt que possible en début de week-end... et le finir en 0-2 ! Ce n’est pas forcément évident pour le moral, mais c’est notre rôle de coaching staff d’être présents pour les joueurs. C’est d’ailleurs plus facile pour Sheepy, qui fait ce métier depuis un moment. C’est difficile, par moment, de faire la part des choses entre l’émotion et le travail de soutien des joueurs. Je pense que cette magie de l’e-sport est vraiment quelque chose d’unique.

 

Sur le plan personnel en quoi consiste ton rôle de manager chez UOL?

Étant père, le rôle de manager ne s’éloigne pas énormément de ma vie de famille. Il faut surveiller que le frigo soit toujours plein, faire à manger, poser des règles de vie… Les joueurs restent des grands enfants, qui n’ont pas connu certaines étapes de la vie comme avoir un appartement ou payer un loyer. Je gère donc énormément de chose pour eux. J’ai eu l’occasion de discuter avec Clément Laparra, de chez Vitality, et on partage la même anecdote des rouleaux de papiers toilettes vide qui restent dans la salle de bain. Je suis d’ailleurs convaincu que les joueurs ont organisé un complot vis-à-vis de cela [rires]. Au quotidien, je m’occupe des relations de l’équipe, que ça soit avec les sponsors ou avec Riot. Les demandes sont ponctuelles et variées : organiser l’emploi du temps des joueurs, s’occuper des formalités vis-à-vis de Riot, programmer une interview…



Source : LolEsports

Grand inconnu du public il y’a un an, comment tu es arrivé à décrocher ce poste chez UOL?

C’est l’ensemble de mon parcours post-bac qui m’a mené ici. Je passe mon bac en juin 2010, en septembre je suis en fac de médecine et c’est à ce moment que les premières vidéos de Pomf et Thud sortent sur Youtube. Je vais m’acheter StarCraft II et, à partir de là, c’est la fin de mes études de médecine. Je joue beaucoup et atteint un bon niveau, je commence à faire des tournois online, je trouve une équipe et je fais mes premières LAN. Et puis s’est posé un choix : continuer à jouer ou continuer mes études, j’ai choisi la voie scolaire mais j’ai continué à suivre la scène e-sport. Je me suis même lancé dans le streaming de League of legends. J’ai fini mes études de web développement et de business management, j’ai monté ma boîte. La boîte a bougé à Paris, j’ai décidé de ne pas la suivre. J’ai commencé à chercher un nouveau travail, avec les Worlds je me suis reconnecté sur twitter et c’est là que j’ai vu « Romain Bigeard quitte Unicorns of Love » et « Unicorns of love cherche un nouveau team-manager ». J’ai tenté ma chance sans trop y croire, et puis ça leur a plu, ils m’ont recontacté et je décroche le job en moins d’un mois. J’arrive le 1er décembre chez UOL et 3 jours plus tard je suis dans un avion pour le BootCamp en Corée. C’était assez fou.

 

Tu as une chaine twitch sur laquelle tu es actif, on a aussi pu t’apercevoir co-présenter avec Aeterna un stream pour une association caritative GamersForHope, chose assez rare pour un manager, est-ce que ce sont deux choses qui te tiennent à cœur?

Au début je ne connaissais pas ma charge de travail chez UOL. Avec le temps j’ai trouvé du temps pour moi en soirée et, plutôt que de regarder une série ou jouer seul dans mon coin, je voulais retourner à mes premiers amours. Le streaming est une période de ma vie que j’ai beaucoup appréciée. J’aime beaucoup cet aspect théâtral et « mise en scène », même si j’ai beaucoup plus de mal en anglais. Ce stream avec Aeterna a vraiment été un coup de chance et une belle expérience. À la base, c’était Laure (Bulli) qui devait co-présenter, mais elle est tombée malade et je l’ai remplacé au pied levé. Le faire pour une association caritative était vraiment une super expérience. Je ne me dis pas grand défenseur des causes humanitaires, mais ce sont des sujets auxquels j’ai été sensibilisé dès le plus jeune âge.

Je ne sais pas ce que le futur me réserve, je ne sais pas comment je peux envisager le stream. Pour l’instant je le prends sur mon temps libre, mon emploi du temps de team manager étant déjà bien rempli, mais effectivement c’est un aspect que j’aime beaucoup.

 

On remarque que tu es très expressif lors des victoires d’UOL, sautant partout sur scène, le visage un peu plus fermé en cas de défaite, prêt à réconforter tes joueurs. Est-ce que c’est difficile pour toi de gérer tes émotions en tant que manager ?

Ce n’est pas une réflexion que j’ai eu avant d’aller au studio, j’y vais en voulant vivre l’instant présent. Je veux être à fond avec l’équipe, et je laisse libre court à mes émotions. Je ne veux pas passer par la rationalité. C’est ma façon de me connecter à mes joueurs et de m’immerger dans la partie avec eux. Que ça soit dans la victoire ou dans la défaite, je vais toujours serrer la main de mes adversaires avec le sourire, car c’est ma vision du sport et du fairplay.



Source : LolEsports

Comment réagissent tes joueurs à ces effusions de joies ?

J’ai appris que ça leur faisait peur un peu, on m’a demandé d’être un peu moins émotif dans mes réactions. Il faut trouver un équilibre, et j’essaye d’être un peu plus mesuré dans mes entrées en scène. Mais cette victoire et ce moment de joie ne dure que 5 petites minutes après la tombée du nexus, et je veux profiter pleinement de cet instant pour ne rien louper de toute cette magie. En cas de qualification pour les playoffs, je ferai juste attention à ne pas briser la nuque de mes joueurs [rires].

 

Il y’a eut énormément de chamboulement chez UOL cet été, 3 joueurs sont partis dont 2 figures historiques (Vizicsacsi et Hylissang), il y’a aussi eu le départ de Romain Bigeard que tu remplaces, comment c’est passé l’intégration de toutes ces nouvelles personnalités?

Non, pas tant de chamboulement que ça. Dès décembre, il y’a eu le voyage en Corée. On a mis toutes ces nouvelles personnes dans un avion direction la Corée. Ça a permis de créer un environnement favorable, un terrain neutre où tout le monde apprenait à se connaitre à travers des moments de partages, comme le premier BBQ coréen. Je n’ai pas l’impression que cela ai été difficile pour qui que ce soit, tant côté staff que coté joueurs. L’intégration s’est très bien passée. Quand j’entend des joueurs parler d’anciens coéquipiers, il n’y a pas toujours que des bons feelings, mais chez UOL on se trouve dans un cadre agréable, tout le monde accepte la critique, propose des idées.

Actuellement les figures publiques d’UOL ont changé mais l’esprit de l’équipe reste le même. C’est l’avantage d’avoir Sheepy comme coach et comme fondateur. Celui-ci insuffle un état d’esprit et des valeurs à chaque promotion de joueur d’UOL. Sheepy est clairement le pilier de tout ça, pour pouvoir guider les joueurs. Que ce soit leur mentalité, leur jeu, il travaille avec eux au quotidien. J’ai la chance de beaucoup apprendre à ses côtés.



Source : LolEsports

Le mot de la fin ?

Merci à O'Gaming de s’intéresser à UOL, d’avoir posé des questions sympathiques. Merci aux fans français pour le soutien que vous pouvez apporter au quotidien, dans les défaites comme dans les victoires, c’est quelque chose qui nous porte. On espère se qualifier pour les playoffs et on va tout faire pour. UOL 2018 c’est une belle histoire qui s’écrit et qui est loin d’être terminé.

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