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14 oct. 2015 - Mandark Divers

Dishonored Definitive Edition

Dishonored Definitive Edition

Véritable surprise lors de sa sortie fin 2012, l'excellent Dishonored s'est payé il y a quelques semaines le luxe d'un retour en version hachedé sur les consoles new gen de Microsony. Une version qui, selon la formule non-écrite mais néanmoins désormais consacrée, est affublée du sous-titre Definitive Edition. Et qui dit Definitive Edition dit forcément Mandark (suivant une autre convention non-écrite mais tout aussi consacrée).

Car oui amie lectrice, ami lecteur, je kiffe les Definitive Edition, que je suis très loin de considérer comme des attrape-couillons, n'en déplaise aux haters de tous bords.

Déjà parce qu'il convient de ne pas oublier qu'un grand nombre de possesseurs de Xbox One et PS4 aujourd'hui ne possédaient pas leurs grandes sœurs hier, et n'ont par conséquent pas pu s'essayer à certaines merveilles. Ensuite parce que ces portages magnifient souvent des œuvres déjà impressionnantes sur les consoles de la génération précédente (The Last of Us, GTA V ou Tomb Raider, pour ne citer que ceux-là, sont de parfaits exemples). Et bien entendu, comme ce ne sont souvent plus des perdreaux de l'année, les éditeurs les complètent généralement avec l'ensemble des DLC sortis entre-temps, en mode GOTY comme on dit pour faire éducationné.

Dishonored Definitive Edition ne déroge évidemment pas à cette règle et propose au joueur de prolonger l'aventure principale avec trois extensions, The Knife of Dunwall et The Brigmore Witches, qui complètent l'intrigue, et Dunwall City Trials qui regroupe une série de défis mettant à contribution les capacités hors-normes de Corvo Attano, le protagoniste principal et pas bavard de Dishonored.

Dunwall, ville ouverte

Au niveau technique on ne note pas une grande différence avec la version sortie il y a trois ans, si ce n'est une résolution full 1080 et un rendu, forcément, plus net. Il faut dire que techniquement et artistiquement parlant Dishonored ne faisait déjà pas office de vilain petit canard dans sa version d'origine, grâce notamment à la patte particulière appliquée aux graphismes, inspirée d’œuvres de peintres anglais de la fin du XIXème et, surtout, grâce à la ville de Dunwall, véritable personnage à part entière de la trame de Dishonored et fruit du superbe travail de Viktor Antonov, une pointure dans le monde du design (et pas que dans le jeu vidéo) à qui ont doit entre-autres une grande partie des environnements de Half-Life² (baissez-tous la tête en signe de vénération !).

Artwork préparatoire de Viktor Antonov (The Dunwall Tower)

La ville, qui rappelle fortement le Londres du début du siècle dernier mais où la ressource principale de l'industrie serait l'huile de baleine et non pas la vapeur, offre de saisissants contrastes, entre les bas-quartiers où suinte la peste, peuplés de rats et de laissés-pour-compte rendus fous par la maladie, et les beaux-quartiers ou les centres du pouvoir, tour à tour indécents de fastes et d'opulence ou de démesure écrasante. Et si Dunwall n'est pas une ville ouverte façon open-world, la construction de ses différents quartiers donne la possibilité d'emprunter moult passages différents.

Le point commun qui relie les différentes zones du jeu, c'est la forte présence policière (genre plutôt kaskapointe) déployée pour maintenir le contrôle sur la population et, accessoirement, vous transformer en gruyère si l'occasion se présente. Car (pour celles et ceux qui l'ignoreraient), le « déshonoré » du titre, c'est vous ! De retour d'un long voyage entrepris dans le but de trouver un remède à l'épidémie de peste qui ravage la ville de Dunwall, Corvo Attano, maître espion émérite et bras-droit de l'impératrice Jasmine Kaldwin, assiste impuissant à l'assassinat de cette dernière. Retrouvé seul sur les lieux il est accusé du sort funeste de l'impératrice et de l'enlèvement de sa fille, Emily, héritière légitime de l'Empire.

À grands pouvoirs, grosses possibilités !

Croupissant depuis lors dans un cachot bien sordide entre quelques séances de torture, nécessaires pour justifier son futur de héros badass, et pour apprendre qu'il est en fait le bouc-émissaire d'un odieux complot ourdi par certains des plus hauts représentants du régime, Corvo parvient à s'évader à l'aide d'amis-qui-lui-veulent-du-bien, et qui veulent surtout que le déchu taciturne mette ses capacités hors-norme à retrouver Emily afin de la rétablir sur le trône et donc éliminer les usurpateurs qui y ont posé leurs sales fesses à sa place. Payback is a bitch et ça va chier !

Car ce qui fait tout le sel de Dishonored, hormis sa direction artistique unique et irréprochable, c'est son gameplay, composé sur la base d'un habile cocktail de mécaniques empruntées à quelques-uns des meilleurs titres first-person basés sur l'action et/ou l'infiltration, Bioshock, Deus Ex et Thief (les premiers) en tête.

Y'aurait presque comme un p'tit air de Bioshock, s'pas ? Une mission mémorable !

On y trouve (outre une trame narrative solide - bien qu'ici un peu convenue et manquant un poil d'ambition - campée par des personnages fouillés) l'utilisation de pouvoirs surnaturels assignés à la main gauche, pouvoirs utilisables en parallèle, voire en combinaison, des actions dévolues à la main droite, qui elle manie tout ce qui tranche, lamine, perce, truffe de pruneaux, disperse aux quatre-vents...

On peut aussi fouiller partout, et ça c'est coule parce qu'il y a toujours quelque chose à embarquer : du cash, de la bouffe, des potions, des munitions, des pièges, et aussi des pages de livres et des enregistrements sonores qui, subtilement, apportent une profondeur supplémentaire à l'univers du jeu tout au long de l'aventure.

Dis-moi comment tu trucides et je te dirai qui tu es

Enfin, il y a la possibilité de choisir sa façon de procéder pour mener chaque mission à bien, que ce soit dans le choix de l'approche (discrète et subtile ou comme un boucher de Rungis ? Ou les deux ?), les itinéraires à emprunter, les réponses à donner parfois à certains protagonistes. Et il y a également un petit côté « leveling » puisqu'on a l'opportunité tout au long du jeu et après avoir accumulé suffisamment de pèze, d'artefacts et autres talismans (les monnaies d'échange spirituelles de Dishonored) de booster les capacités de Corvo ; des améliorations dont la priorité d'activation est laissée au joueur suivant les compétences qui avantageront au mieux sa façon de jouer).

Les tall-boys ! De vraies crevures, mais loin d'être invincibles quand on sait s'y prendre !

Et c'est là que se trouve la vraie beauté de Dishonored, cette possibilité de constamment choisir « sa voie », et donc de conférer beaucoup de sa personnalité propre dans le personnage de Corvo, qui pour le coup n'est pas un grand taiseux par hasard ! Et les possibilités d'actions se révèlent tellement multiples que revenir sur le jeu après un premier run est totalement jouissif, maintenant que, aguerris, on va pouvoir s'amuser à tenter tout un tas de trucs sympas qu'on n'avait pas pensé à essayer avant (et on est rarement déçus, parole du gars qui l'a déjà fait quatre fois). À ce titre-là on ne s'étonnera d'ailleurs pas de trouver dans la liste des DLC qui ont suivi la sortie de Dishonored une extension entièrement dédiée au « challenge-breaking » (Dunwall City Trials, donc).

Seul bémol – très subjectif j'en conviens – de cette Definitive Edition : elle ne contient chez nous (comme pour l'original) que la version française du jeu, ce qui est souvent une constante, hélas, chez Bethesda. Et même si celle-ci est loin d'être mauvaise, elle ne soutient pas la comparaison avec la version anglaise, en grande partie parce que cette dernière se payait le luxe d'inclure au casting des pointures (Susan Sarandon, Michael Madsen, Brad Dourif, Carrie Fisher, Chloë Grace Moretz, Lena Headey, Roger L.Jackson... pas d'la p'tite bière) qui n'étaient pas venus pour gonfler des ballons !

Pour le reste et si on aime les aventures inspirées, immersives et badass, Dishonored est à faire et à refaire, quel que soit le support qui vous fait triquer. Son ambiance colle à la peau, et dès lors, difficile de l'oublier de sitôt !

Rehonored ! 810Points positifs
  • Level-design d'excellence
  • Le gameplay qui permet toutes les excentricités
  • Le travail sur l'environnement sonore mérite le respect et la bande originale de Daniel Licht colle parfaitement à l'ambiance
  • La lumière
  • La ville de Dunwall, un des théâtres du jeu vidéo les plus inspirés et organiques qui soient.
  • Une bonne remasterisation et des DLC qui ne prennent pas le joueur pour un jambon !
Points négatifs
  • La trame narrative qui aurait gagné à être plus "audacieuse" sur la durée
  • Version française uniquement

Non seulement Dishonored n'a pas pris une ride, mais on peut même dire qu'il s'est bonifié avec le temps ! Voilà un titre qui a laissé un souvenir ému à bon nombre de joueurs (si j'en crois les bananes que je vois se graver sur les faces des "initiés" à qui j'en parle...), et pour cause : avec un décor et un gameplay pareil - certes sous influences, mais qui réussissent l'exploit de transcender leurs modèles, ce qui n'est tout de même pas rien -, Dishonored peut se targuer d'être immédiatement devenu un classique instantané. Rien que ça !

 

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2 commentaires

liclic
liclic - 15/10/2015 15h34

Pour le casting anglais, à part Susan Sarandon que je connaissais pour son rôle de Janet dans the Rocky Horror picture show en 1975, les autres me sont complètement inconnus. De L. Jackson, je connaissais Samuel mais Roger mais je dois admettre qu'avoir recherché sur wikipedia j'ai vu que s'il a joué dans les screams notamment, il est plus connu pour ses rôles de doubleur de jeux vidéos.

Mandark
Mandark - 17/10/2015 11h28

Ah, mais doubleur de JV, c'est une vraie profession et qui commence à être reconnue, notamment grâce à l'apport de "têtes de gondoles" comme Nolan North ou Troy Baker.

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