d

13 sept. 2016 - Mandark Divers

Dragon Quest VII : les vertiges du passé !

Dragon Quest VII : les vertiges du passé !

Amie lectrice, ami lecteur, ce n'est pas tous les jours que je me prend un coup de vieux qui me fait me sentir plus jeune ! Et pourtant c'est arrivé avec Dragon Quest VII, un J-RPG tellement old-school que, à nouveau, je me suis retrouvé en un temps où mes poils blancs n'étaient qu'une menace aussi improbable qu'un nouveau Independance Day réalisé 15 ans plus tard par le même mauvais réalisateur du premier opus (si si, cherche pas : cinématographiquement parlant, Roland Emerich est rien moins qu'une purge. Une purge sympathique, mais une purge quand même) !

S'il y a bien deux séries qui ont toujours été et seront toujours emblématiques du J-RPG – le jeu de rôle « à la japonaise », c'est Final Fantasy de Square et Dragon Quest de Enix (Dracoué pour les intimes). La naissance du second a précédé de peu celle du premier, mais grosso-modo les deux licences se sont tiré la bourre, avec néanmoins toujours un avantage concédé à Dragon Quest sur l'archipel, jusqu'à ce que les frères ennemis fusionnent pour créer l'éditeur unique que l'on connait aujourd'hui. Et de même que, jusqu'au septième volet de la saga, le nom Final Fantasy était associé au trio de créateurs Sakaguchi Hironobu-Amano Yoshitaka-Uematsu Nobuo (respectivement créateur/réalisateur, lead designer et compositeur), tous les opus de Dragon Quest sont, jusqu'à aujourd'hui encore, portés par le trio Horii Yuji-Toriyama Akira-Sugiyama Koichi. La différence étant que là où Final Fantasy fait le choix de remodeler son système de jeu à chaque nouvelle itération, Dragon Quest reste lui d'un classicisme inébranlable.

Vieilles marmites et (vachement) bonne soupe

Et c'est bien ce qui risque de déstabiliser celles et ceux qui ne connaissent pas Dragon Quest, car depuis le milieu des années 2000 le visage du RPG a énormément changé. Du coup ce septième Dracoué fait un drôle d'effet quand on se lance – ou se relance, si on a déjà tâté de la bête lors de sa sortie originelle sur Playstation en 2000 au Japon, ou en 2001 pour la version US (sous le titre Dragon Warrior VII), le jeu n'étant jamais sorti en Europe à cette époque –, et attention, il ne s'agit nullement ici d'une remarque négative mais bien d'un constat !

Ça, c'est de la world-map !

Car pour ce qui est du jeu on a ici à faire à un pinacle du genre, un vrai monstre de RPG dont on ne voit le bout qu'au terme d'un rocambolesque périple qui excède sans soucis le cap des 100 heures de jeu, même en ne s'embarrassant pas des quêtes secondaires. Un monument qui compte une des maps les plus imposantes du genre et une histoire riche en rencontres, rebondissements, et bien sûr affrontements.

Comme toujours dans un Dragon Quest l'ambiance est plutôt lumineuse et les protagonistes principaux attachants, gouailleurs (à part le héros, archétype silencieux du personnage qui est avant tout un avatar destiné à ce que le joueur se projette dans l'aventure, et qui n'a d'ailleurs pas de nom, bien que le site officiel de Big N lui donne le blase d'Auster, probablement en rapport avec le manga tiré du jeu) et positifs. Ah ça, en est loin des héros torturés qui règnent généralement en maîtres sur le casting d'une bonne partie des jeux de rôle !

Mieux vaut tard que jamais

Bon ok, cette version 3DS aura mis un peu plus de trois ans pour nous arriver du pays de Mishima, mais on ne va certainement pas bouder son plaisir, d'autant plus que ce « remaster » en met quand même plein la vue, et les oreilles aussi d'ailleurs, et ce dès les premières secondes où le thème emblématique de la série claque incroyablement sur les enceintes de la portable (casque recommandé, et dans les transports c'est le bonheur : on n'entend soudain plus l'inévitable bébé qui braille !). Réorchestrée pour l'occasion, la superbe bande-son de Sugiyama san gagne en relief comme jamais, totalement au diapason de la refonte graphique du jeu, now in glorious 3D !

Question donjons, c'est du tout bon !

Il faut dire que 16 ans après sa sortie, ça aurait tout de même été dommage que Square-Enix se contente d'un bête portage, surtout pour un titre qui en fin de vie de la Playstation faisait un pied de nez aux canons de la production du moment en optant pour un rendu visuel très proche d'une SNES. Ici la refonte graphique est totale, et elle fait vraiment honneur aux capacités de la 3DS. Les personnages sont merveilleusement détaillés, leurs animations bien fluide et les divers environnements soignés et fignolés, même si certains esprits chagrins ne manqueront pas de tiquer sur quelques pop-ups de végétation ça et là.

Le gameplay lui reste fidèle jeu originel. Les combats ont toujours lieu avec les ennemis de face (à la différence d'un Final Fantasy qui opte pour une caméra décalée pour garder tout le monde dans le cadre), on la joue comme Link et on rentre chez les gens sans y avoir été invité pour fouiller les tiroirs, les armoires, les coffres et péter leurs tonneaux et leurs vases (sans nettoyer après, vilain !)...

On retrouve également le casino, élément propre à la série, et un système de classes, propre lui à cet opus et qui sera accessible au bout de 20-25 heures de jeu. Les monstres à enrôler sont également de l'aventure mais on ne pourra les faire combattre que dans un lieu spécifique, le Monster Park, un endroit que l'on pourra d'ailleurs faire évoluer au cours du jeu grâce à des plans de construction.
La seule différence notable en fait consiste en ce que les ennemis sont maintenant visibles là où en 2000 ils apparaissaient aléatoirement, et qu'on peut donc éviter le combat, à condition bien entendu de ne pas se trouver pile-poil sur un emplacement où ils spawnent.

Grotesque et dangereux : le boss de fin de donjon selon Dracoué

Quant à la durée de vie, j'en ai déjà touché un mot mais je le redis une fois de plus : elle est juste phénoménale, et non seulement le terrain de jeu dans Dragon Quest VII est immense, mais en plus il est doublé (je n'en dirai pas plus pour éviter de spoiler celles et ceux qui vont jouer pour la première fois, car c'est toujours mieux de découvrir ça chez soi) !

Le doux parfum du passé

Mais il y a aussi certains aspects du jeu qui, sans pour autant que cela coince, choquent un peu aujourd'hui de par leur côté old-school un peu suranné. La progression de l'aventure par exemple, faite de nombreux allers-retours, engendre parfois une certaine lassitude due à la répétitivité des trajets. Ou encore les bruitages de passage de portes, identiques à ceux de la version originelle et qui forcément détonnent un peu quand ils se font entendre sur la toute nouvelle bande-originale.

Un élément plus subjectif mais qui peut aussi surprendre : les skins identiques pour chaque catégories de PNJ. Tous les archétypes de personnages auront en effet la même apparence, le roi, le noble, le savant, le vieillard, les gamins, la matrone, etc. Seuls les « acteurs » décisifs auront droit à un look particulier. Là encore il faut bien comprendre qu'il ne s'agit nullement de fainéantise de la part des développeurs – il n'y a qu'à prendre en considération l'ampleur du travail accompli sur le jeu dans sa globalité pour ne pas en douter – mais bien d'un choix artistique. Simplement, en ces temps de démesure visuelle à gogo ça peut surprendre, tout comme les villages composés de cinq baraques (dont les classiques auberges, armureries et magasins de potions) entourés de vastes espaces très dégagés.

Un héros, un roi, un noble

Rendons à Enix ce qui appartient à Enix !

Que cela ne te rebute pour autant point, amie lectrice, ami lecteur, car si tu aimes le RPG et que tu ne connais pas encore Dragon Quest, tu découvriras avec ce septième épisode un esprit certes un peu éloigné de ce qui se fait aujourd'hui, mais dis-toi bien que sans l'esprit en question et cette série mythique, ce qui se fait aujourd'hui n'existerait sans doute pas.

Et le meilleur ? C'est que Dragon Quest VIII (mon préféré) arrive lui aussi bientôt remasterisé sur 3DS. Youhou !

Passé recomposé 810Points positifs
  • Vraiment long !
  • Vraiment grand !
  • Vraiment prenant !
  • Vraiment bien lifté !
  • Vraiment un bonheur pour les esgourdes !
  • Vraiment un monument !
Points négatifs
  • Parfois lassant car répétitif dans ses mécaniques
  • Quelques éléments old-school qui pourront ne pas plaire à celles et ceux qui ont découvert le RPG après 2010

"Les vestiges du passé"... Quelque part Dragon Quest VII porte vraiment bien son sous-titre. Avec son core-gameplay très inspiré de Wizardry et Ultima, la série a toujours été synonyme de classicisme, et cet épisode en est la parfaite illustration, tout bô et relooké qu'il soit. Mais comme chacun sait, c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes, et (re)découvrir 15 ans après sa sortie ce mets de choix ne peut que faire saliver ! Il faudra juste pour certains attendre un peu que l'eau vienne à la bouche.

 

Acheter vos jeux avec notre partenaire G2A.com

 

Poster un commentaire

Vous devez être connecté pour pouvoir poster un commentaire.