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23 avr. 2016 - Shadrood Divers

Far Cry Primal à deux crocs de la réussite

Far Cry Primal à deux crocs de la réussite

Seulement un peu plus d'un an après la sorti de Far Cry 4, Ubisoft revient avec un nouvel opus, celui plus ambitieux. Mais que nous réserve cette nouvelle aventure dans le mésolithique ?

Retour vers le passé

Nous voici plongés dans un tout autre univers que ceux dont nous avons l'habitude avec Far Cry, puisque cette fois-ci c'est 10 000 ans avant notre ère qu'Ubisoft nous propose d'aller faire mumuse. Ici la politique et les idéologies sont simples, tribu amie ou ennemie. Nous voilà donc plongés au milieu d'une guerre de territoire sans pitié où arc et gourdin prennent le pas sur grenade et Ak-47. Mais bien vite on se rend compte qu'il nous est impossible de mettre de côté les ressemblances avec le quatrième opus de la série, tant cela vient nous crever les orbites telles des flèches bien affûtées. Bien que visuellement satisfaisant, le monde d'Oros et ses différents biotopes ne sont pas sans nous rappeler d'étranges impressions de « déjà vu ». Les animations sont réussies, et sont accentuées par l'omniprésence de faune, et ont aura le plaisir au fil de notre progression dans l'aventure et dans notre arbre de talent de pouvoir multiplier les interactions avec elle, allant jusqu'à monter des tigres à dent-de-sabre ou autres mammouths. Cela change de la wingsuit, même si le retour du grappin m'a fait esquisser un sourire.

C'est plus ce que c'était les Na'vi...

Seul au monde

Pas de mode multijoueur dans cet opus, vous êtes seuls dans la nature. Takkar, le héros de cet épisode, est donc à la fois le chasseur et la proie. Et si vous allez vite trouver les combats contre les tribus adverses assez faciles, la faune quant à elle saura vous rappeler votre place dans l'écosystème, et c'est l'une des plus grande réussite du titre. À la fois réaliste et agressive à l'image des meutes de loups que vous rencontrerez. Vous vous surprendrez parfois à regarder un herbivore se faire attaquer en vous félicitant d'avoir eu la bonne idée de vous cacher le tout en jetant un rapide coup d’œil à l'avancement de la journée afin de ne pas vous faire surprendre par le coucher du soleil et les prédateurs qui rôdent. Car oui Takkar, aussi courageux qu'il soit, n'a qu'une armure en peaux à opposer à ses attaquants, et lorsqu'un lion vous prend pour cible, votre seule défense est de réussir à le tuer avec votre gourdin.

C'est pas le moment d'éternuer !

Ici c'est chez moi

Vous en avez l'habitude si vous avez joué à Far Cry, la map pullule de camps et autre fortifications qu'il vous faudra reprendre afin d'étendre votre territoire et celui de votre tribu. Amis archers, vous allez adorer ça. Utilisez votre chouette pour repérer les lieux depuis les airs et marquer les ennemis, puis d'une position avantageuse, faites pleuvoir le feu et la destruction sur vos opposants. L'IA manque malheureusement de finesse, comme si Ubisoft avait misé sur le fait qu'on puisse se dire que les tribus adverses sont moins évoluées que la nôtre, mais le résultat est parfois assez embarrassant. En effet, se sortir d'un combat contre plusieurs ennemis à la fois peut-être assez bordélique et franchement rarement complexe. Il en ressort des phases sans profondeur, parfois même sans grande immersion, qui est ce que l'on attend d'un jeu qui nous ramène à la préhistoire. La possibilité de la jouer en infiltration cependant est quant à elle très réussie, si bien que j'ai pour ma part renoncé aux combats frontaux pour la jouer archerie et assassinats des plus redoutables. Comme dans ses prédécesseurs, les ennemis étant pour la plupart spécialisés, la force brute est rarement la meilleure solution. Par chance, votre chouette vous indique lors d'un repérage les classes de vos adversaires, et avec quelques améliorations, elle sera ravie de réaliser à votre commandement un plongeon brutal sur l'un d'eux, le tuant sur le coup. Takkar peux aussi dompter des animaux, chacun d'eux ayant ses caractéristiques propres et ses particularités. Par exemple un joueur qui aime s'infiltrer aura recours au jaguar, le plus silencieux des prédateurs, qui marchera dans votre ombre et réalisera des exécutions aussi silencieuses qu'efficaces. D'autres opteront pour un félin plus robuste tel un lion ou un tigre à dent-de-sabre, moins discret mais plus résistant, qui encaissera pour vous une grande quantité de dégâts. Comme je le disais au dessus, vous pouvez monter certains animaux et cela s’avérera très pratique pour aller dans une région d'Oros encore inexplorée, ou éloignée d'une zone de voyage rapide.

C'est quand même vachement mieux que prendre le bus.

J'suis la carte j'suis la carte... j'suis la carte !

Exploration, missions secondaires rébarbatives au possibles, bref vous connaissez le topo des anciens Far Cry, et bien vous serez ravis – ou pas – de les retrouver ici aussi, car après tout ce n'est pas parce qu'on est dans la préhistoire qu'on sait pas cartographier convenablement. La liberté est très présente et très agréable, et la chasse aux ressources est intelligemment pensée, certaines d’entre elles se trouvant dans des zones dangereuses ou difficilement accessibles en début de partie. Ces ressources, en plus de vous permettre de crafter votre équipement et de vous soigner, vous permettront d'améliorer votre village en construisant huttes et autres pour vos résidents. Comptez une vingtaine d'heures pour en terminer avec l'histoire et une bonne partie des missions secondaires.

L'exploration aura le mérite de vous proposer de somptueuses visions.

Far Cry Primal, Croc-mignon 710Points positifs
  • le mésolithique, excellent choix
  • l'ambiance générale au poil
  • une progression très réussie
  • les différentes possibilités de gameplay
  • le craft
  • dompter et chevaucher
  • des séquences hallucinatoires très immersives
Points négatifs
  • redondance des objectifs secondaires
  • le scénario ne va pas bien loin
  • l'IA, toujours aussi affreuse
  • pas de multijoueur

Le jeu est bon, l'idée est originale, mais le concept n'est pas assez poussé. Ubisoft, sûrement par crainte d'en faire trop, limite les prises de risques et reste très prévisible. Le monde d'Oros reste cependant une bonne expérience mais ce n'est pas cet épisode qui chamboulera la licence. Les mécaniques sont déjà vues, l'interface par défaut (un nouveau mode, le mode survie, vous propose de jouer sans interface) affiche trop d'informations et la vue du chasseur est un véritable cheat code omniprésent qui brise l'immersion oppressante de l'univers préhistorique. En tout cas, le choix audacieux d'Ubisoft quand à la période choisie est une bonne chose, il n'y a plus qu'à espérer que pour le prochain, ils oseront plus. Du bon mais on aurait pu être sur du très bon.

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