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04 avr. 2016 - Hatnuz League of Legends

Fnatic : de zéro à héros

Fnatic : de zéro à héros

C’était écrit. Après son pire spring split en trois ans de LCS, une série de trois défaites sur la fin de la saison régulière jamais enregistrée auparavant et une malheureuse 6e place, Fnatic élève une fois de plus son niveau de jeu pour se défaire des Vitality et avancer en demi-finale. Au-delà de la performance, il serait temps de savoir si Fnatic est réellement lancé ou si l’équipe fonctionne à deux vitesses selon l’enjeu.

Un split désastreux

Au terme des dix-huit matches de la saison, l’équipe que l’on présentait comme extrêmement solide aligne un pauvre 9-9 indigne de son niveau. Mais c’est surtout l’irrégularité du niveau de jeu qui inquiète dès les premières semaines. En fait, traiter la saison des Fnatic’s d’irrégulière c’est un peu comme dire que Rihanna se « dénude légèrement » dans ses clips. Des défaites inexplicables contre des équipes vraiment faibles – notamment une fameuse game néant contre Splyce – un changement de support en pleine saison, des performances individuelles questionnables. Mais une seconde place improbable derrière SKT aux IEM avec des victoires à l’arraché contre les meilleures équipes chinoises. On se dit que la saison des coéquipiers de Rekkles est lancée mais de retour en Europe, les mêmes problèmes apparaissent. Les critiques visent principalement le support suédois Klaj et le toplaner coréen Gamsu, reprochant au premier des erreurs mécaniques et au second un pool de champion trop étroit. Quant au légendaire Spirit, il donne l’impression de choisir ses moments pour briller.

Pour les innombrables fans de la structure, ça commence à bien faire et le passage inédit par les quarts de finale sonne comme une petite humiliation. L’équipe va devoir affronter de solides Vitality’s pour sauver une saison désastreuse.

Le BO de la rédemption

Samedi passé, le quintuple champion d’Europe a donc joué son honneur lors d’un BO lancé à toute vitesse et caractérisé par d’intenses phases de draft. Les Fnatic’s y sécuriseront un Ezreal et un Kassadin, annonçant de ce fait une compo très mobile et orientée vers le late game. Sur le fond la même stratégie que durant la saison régulière, mais c’est essentiellement sur la forme que l’équipe a impressionné. À base de temporisation, d’attaques éclairs grâce à leur avantage de mobilité et de dragons, Rekkles mène ses coéquipiers vers une première victoire modèle. Et durant la totalité du BO, les Fnatic’s donneront l’impression d’être un cran au-dessus de leurs adversaires. Début de la deuxième partie, Vitality tente de prendre une composition de late game et...

À l’image de cette deuxième game, les joueurs du coach Deilor n’ont pratiquement rien laissé à leurs adversaires du jour.

La troisième manche redonnant un peu d’espoir à kasing et ses coéquipiers, elle ne permit pas à ses derniers d’endiguer la stratégie mise en place par Deilor. Car si les joueurs remis en cause durant la saison ont bien su élever leur niveau de jeu, une équipe ne peut modifier son système de jeu que d’une seule manière : le travail. C’est d’ailleurs cet aspect-là que Febiven et Spirit se sont empressés de mettre en valeur dans l’interview d’après-match. Le midlaner Fnatic, élu MVP de ce quart de finale, déclare notamment que ces deux dernières semaines de boot-camp n’ont été consacrées qu’à la préparation de ce duel et la mise en place de cette stratégie qui leur a si bien réussi. On peut sans mal imaginer le programme militaire concocté par papa Deilor à ses joueurs.

Deilor, stratège et travailleur de l'ombre chez Fnatic (crédit photo : Lolesport).

Ce dernier ne s’est d’ailleurs pas limité au travail dans la gaming house puisqu’il a très certainement eu un rôle important entre les games en indiquant les modifications à apporter, un des avantages de ces play-offs sur la saison régulière mis en avant par Rekkles.

Et voilà qu’en quatre petits matchs, tous les doutes d’un split semblent s’évanouir. Gamsu ne sait jouer que des tanks ? Ce n’est pas grave on va s’orienter sur des compositions de teamfight late-game. Klaj n’est pas bon avec son Braum ? On va le mettre sur Alistar ou Trundle. L’équipe semblait fébrile avec le système des BO1 ? Il n’y aura plus aucun BO1 en LCS Europe puisque l’on passe en BO2 dès la reprise du summer split.

S’il ne faut évidemment pas s’emballer pour les joueurs Fnatic’s, chaque zone d’ombre a été éclaircie et cette équipe-là vise la finale, bien que leur chemin soit pour l’instant barré par les Gamers 2.

Vers des lendemains qui chantent

L’avenir à moyen et long terme qui se dessine devant Fnatic est-il un avenir radieux ? Eh bien on a pour l’instant toutes les raisons de le penser.

Tout d’abord comme expliqué plus haut, le système de BO2 qui approche à grand pas ne peut qu’être bénéfique (comme à toutes les grosses écuries par rapport aux équipes plus modestes) car un cheese sur une partie ou un pick sorti de nulle part sera moins bien récompensé. Mais c’est également un système qui va augmenter drastiquement le nombre de matchs, et donc favoriser les joueurs et les équipes ayant de la marge de progression et besoin de temps pour se trouver à niveau compétitif. Et de la marge de progression, Fnatic en a à la pelle. Chaque match va améliorer la coordination et la communication entre les joueurs.

Un bel exemple de cette marge de progression c’est effectivement le cas Spirit. En début de split, il axait principalement son jeu autour de la toplane et essayait de prendre l’avantage direct sur son vis-à-vis en jungle. Mais ce style de jeu contrastait avec la midlane et la botlane qui n’avaient pas ce même désir d’agression tous azimuts. Résultat : un fossé se creusait entre les différents postes.

Le Spirit que l’on a vu ce week-end était impressionnant. A-t-il tué son adversaire au niveau trois ? Non, il lui a pris quarante creeps en une dizaine de minute. Il se concentre principalement sur son farm, choisissant avec minutie ses ganks guidé par un Gamsu bien meilleur que Cabochard dans un duel que l’on annonçait pour le Français. L’agressivité du Coréen s’est redirigée vers les monstres de la jungle avec une efficacité déconcertante. Spirit ne joue plus AVEC les Fnatic’s, il joue POUR les Fnatic’s.

Les joueurs euphoriques après une victoire méritée, des moments trop rares cette saison pour Fnatic (crédit photo : Lolesport).

Le dernier point qui présage du bon pour Deilor et ses joueurs est cette méta qui a glissé vers des compositions plus orientées vers le teamfight. Fiora a dû ranger son fleuret pour faire un peu de place à Maokai, et l’arrivée en grande pompe de Sivir, Azir ou même Jhin favorise ces batailles à cinq contre cinq.

Fnatic se réveille au meilleur moment et, à quelques jours d’une demi-finale contre la surprenante mais très solide équipe Gamers 2, peut enfin offrir à ses supporters le niveau de jeu attendu depuis trois mois. Avec le système de BO et une méta plus confortable, cette équipe a toutes les cartes en mains pour récupérer le trône européen auquel elle s’était habituée.

 

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2 commentaires

liclic
liclic - 05/04/2016 12h25

Franchement, actuellement la méta est chiante car trop à base de sacs...

Baby6steR
Baby6steR - 06/04/2016 13h34

Du positif à ce point avant d'affronter Gamers 2 ne peut être que bénéfique. Mais attention, en terme de caoching, ce sera Deilor contre YoungBuck et les deux sont vraiment impressionnant en phase de draft. EtYoungBuck à été élu meilleur coach du split et à fait des merveilles avec G2 ! Un très beau B.O en perspective, Go Fnatic !!

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