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13 juin 2018 - Perco Battle Royale

Fortnite : De l’e-star et de l’e-sport ?

Fortnite : De l’e-star et de l’e-sport ?

Fortnite a – encore – battu un record d’audience sur Twitch lors d’un gala d’exhibition en marge de l’E3. Le studio Epic en a profité pour donner quelques précisions sur le futur volet e-sport du jeu.

Oubliée l’ex-hégémonie de PUBG, dépassée la question de savoir si le battle royale attend un messie. Fortnite domine de la tête et des épaules et compte bien rester tout en haut, que ce soit sur le divertissement de masse ou sur une future scène compétitive. Avec 120 millions de joueurs ayant lancé le jeu au moins une fois (oui oui...) selon Epic Games, on ne voit plus trop ce qui pourrait les arrêter.

Sans concurrence ?

Pendant l’E3 de Los Angeles, la grand-messe annuelle du jeu vidéo, la moitié des éditeurs s’échinaient à expliquer pourquoi leur jeu battle royale / mod battle royale / système-de-jeu-révolutionnaire-ah-non-c’est-du-battle-royale (rayez la mention inutile) était le meilleur. Sûr de la supériorité populaire de Fortnite, Epic Games a préféré laisser tout le monde s’écharper tout en organisant, dans l’enceinte du stade Banc of california stadium (le stade de football… pardon, de soccer de Los Angeles), le Fortnite pro-AM, une série de matchs d’exhibition dans laquelle une ribambelle de joueurs ou de streamers professionnels étaient appariés à des célébrités diverses pour former des duos improbables.

Dans le lot, trois francophones bien connus : Le « french monster » Gotaga, Skyyart et le Suisse Kinstaar. Côté américain le streamer Ninja restait la tête d’affiche.
 


Un timing bien calculé, alors que le jeu débarque aujourd’hui sur Switch. Déjà disponible sur toutes les consoles, sur PC, sur iOS et sur Android, il ne manque plus qu’un portage sur minitel et calculatrices scientifiques.

On s’y attendait, les compteurs se sont affolés sur Twitch et sur toutes les plateformes de diffusion en ligne. Avec un pic de spectateurs à près d’un million et demi, la soirée d’hier se classe légèrement au-dessus des plus grosses audiences e-sportives classiques, selon Gamoloco.
 

 

L’école des fans

L’événement se voulait bon enfant, jovial et, si l’on avait parfois un peu l’impression de regarder une énorme émission jeunesse, avec imitation des danses du jeu par le public à l’antenne, il s’est déroulé sans grosse anicroche.

Trois parties en tout, mais seule la dernière comptait vraiment et couronnait les vainqueurs de la journée. Une en solo, une en duo puis, enfin, la partie en duo finale. L’occasion pour nos francophones de s’illustrer. Dès les premières minutes de la première partie, Gotaga croise Ninja, le scénario est parfait et le français de Vitality ne laisse pas passer l’occasion.
 


La journée fut surtout belle pour Kinstaar, avec un top 2 dans la première partie et une victoire en duo avec Sean O'Malley, jeune combattant de l’UFC, lors de la seconde, après un duel épique avec l’équipe de…Ninja, encore une fois !
 


Un bilan globalement très positif pour notre caster Rivenzi : « J'ai trouvé les francophones très bons, ils ont tenu leur rang, faisant top 4, top 3 et top 1 sur la deuxième partie notamment. Ils ont, pour moi, montré la supériorité de la scène française sur la scène américaine à l'heure actuelle. Les joueurs pro américains comme King Richard (envyus), SypherPK (Luminosity) ou Myth (TSM) n'ont pas brillé, ou seulement par intermittence. Le bilan est extrêmement positif ». Même son de cloche pour son comparse Ionix, pour qui le résultat est « globalement très bon, avec un Kinstaar au-dessus des autres et qui joue une seconde game insane avec un top 1 et 10 kills. Le duel de fin où il tue dans l'ordre Gotaga, Skyyart puis Ninja et finit à 20 points de vie était fou ! Une très belle perf' ! ».

Pour l’anecdote, et la plus grande joie du public américain, ce sont finalement Ninja et le DJ Marshmellow (plus doué qu’on aurait pu le penser) qui s’imposent dans la troisième partie en duo et remportent un million de dollars pour l’œuvre caritative de leur choix (la dotation globale de trois millions de dollars partagée entre les 100 concurrents sera également reversée entièrement).

Et l’e-sport ?

Ce Fortnite Pro-AM était surtout attendu pour deux choses : un premier aperçu du mode « spectateur », pour l’instant le plus gros manque à une expérience agréable pour le public et des précisions sur le ou les futurs circuits e-sportifs.

Sur le premier point, nous sommes un peu restés sur notre faim, avec une réalisation utilisant surtout les vues à la première personne des joueurs (POV), sans arriver à donner une fluidité et une vue d’ensemble nouvelle. « Le mode spectateur présenté hier a comme un goût d'inachevé. », confirme Rivenzi. « Il mélange le mode studio en direct, et un mélange de POV. Pas de grande révolution du côté d’Epic Games ». Ionix est plus convaincu et, surtout, pense qu'Epic games en a gardé sous la semelle : « C'est un début prometteur, même si l'on manque encore de données visuelles, comme la killfeed lors de la caméra libre et d'autres détails présents sur tous les autres jeux compétitifs. Surtout, il me semble que les POV des joueurs venaient de la régie et non du mode observateur donc, pour moi, Fortnite n'a pas encore montré son réel mode obs ».

Sur l’e-sport, c’est un peu plus excitant, même si de grandes zones de flou subsistent. Il faut dire qu’en annonçant, le mois dernier, 100 millions de dollars de dotation annuelle globale pour l’e-sport, Epic Games avait créé un bel horizon d’attente. Point phare des annonces d’hier : l’organisation début 2019 d’une coupe du monde de Fortnite, ouverte à tous, dont les qualifications commenceront dès cette année. En solo et en duo (mais pas en squad), même si le studio américain promet de futures annonces.

Globalement, Epic Games précise que la majorité de ces 100 millions seront répartis sur un ensemble d’événements tiers, en ligne ou sous la forme de tournois « Majors », tels que les connaissent CS :GO ou Dota 2. Pour Rivenzi, c’est le bon choix : « Les annonces sur le circuit compétitif étaient quasi-inespérées » explique le caster. « Ce qui est intéressant c'est que Epic Games parle réellement de compétition. Ils prennent un virage que nous attendions, l'e-sport à grande échelle et ouvert à tous. La preuve, le choix des formats avancés est le duo et le solo, beaucoup plus accessibles que le format squad, que préfèrent les joueurs plus assidus. Pour la suite des opérations, ça reste assez flou encore du coté d‘Epic et on hâte d'en savoir plus ». Une absence d'informations précises sur le futur du jeu en squad qui interroge aussi Ionix : « L'annonce est très importante et pose des questions sur l'aspect squad, que toutes les marques ont mises en avant jusque là. C'était peut être à tort, en tout cas pour le début, vu l'annonce de la World Cup qui ne serait qu'en solo et duo. Mais cela reste une très bonne nouvelle pour le jeu qui montre sa volonté de mettre en avant l'e-sport, et un e-sport de "masse". Reste à voir comment vont se passer les qualifiers, le système de points et, surtout, un mode obs pour pouvoir vivre pleinement la compétition ».

Prenant le contre-pied des stratégies de Riot ou de Blizzard, le studio américain prend le parti de refuser catégoriquement de créer des équipes, des franchises et interdira aux futures ligues tierces de le faire.
 


 

L’avenir dira si Fortnite fait le bon choix mais la capacité d’Epic Games à transformer tout ce qui touche à son battle royale en or fait qu’on ne s’inquiète pas trop pour eux.

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