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04 mai 2017 - Camthug League of Legends

G2 : colosse aux pieds d'argile

G2 : colosse aux pieds d'argile

Le 23 avril dernier, G2 a remporté son troisième titre de LCS EU en autant de participations et a confirmé son statut de «Roi de l'Europe». Mais si la structure espagnole domine notre région depuis plus d'un an, ses performances internationales sont en revanche catastrophiques. Pourquoi les G2 affichent t-ils deux visages si différents en Europe et en dehors ? Et qu'attendre d'eux pour le MSI 2017 ? Éléments de réponse.

« Kings of Europe »

En Europe, les G2 marchent sur l'eau depuis le Spring Split 2016 et ne laissent que des miettes à leurs adversaires : l'équipe a remporté les trois dernières éditions des LCS EU et n'a cessé de progresser au fil des splits.

Cette année, les G2 auraient même pu réaliser le split parfait s'ils n'avaient pas chuté contre les Roccat et leur fameuse « Roccatada » lors de la dernière journée du championnat. PerkZ et ses coéquipiers ont ensuite bien réagi en écrasant Fnatic et UOL pour s'installer une nouvelle fois sur le toit de l'Europe.

Et de trois pour G2 ! Crédits : Riot Games.

« G2-8 »

Mais à l'international, le parcours des G2 n'a pas été aussi simple : balayée lors du MSI 2016 puis lors des championnats du monde 2016, l'équipe est devenue la risée de l'Europe et de la planète League of Legends.

G2 à l'international, c'est 7 victoires pour 18 défaites. Pas vraiment digne de leur statut en Europe. Crédits : Riot Games.

Récemment, les G2 ont légèrement rassuré en éliminant deux équipes coréennes lors des IEM Katowice, mais se sont lourdement inclinés en finale face aux Flash Wolves, qui ont donné aux champions d'Europe une véritable leçon.

Les G2 semblent donc afficher deux visages radicalement différents en Europe et sur la scène internationale. Et pour comprendre pourquoi, il faut s’intéresser au style de jeu des triples champions d'Europe.

Un style de jeu taillé pour l'Europe

G2 est une équipe qui aime particulièrement contrôler le rythme de la partie et préfère construire lentement sa victoire, plutôt que de prendre des risques inconsidérés. Des cinq champions de régions majeures présents au MSI 2017, c'est ainsi l'équipe qui a le temps de partie le plus long – avec 37,8 minutes en moyenne cette année contre 35,2 pour la Team WE, équipe la plus « rapide » du MSI.

G2 est une équipe qui snowball « très lentement », mais qui perd « très vite ».

Le mid game des G2 est donc relativement lent, mais n'en demeure pas moins extrêmement performant : durant cette phase de jeu, les triples champions d'Europe commettent très peu d'erreurs et ont une excellente gestion des sidelanes et de la vision. Simplement, plutôt que de « plier » rapidement la partie comme peuvent le faire les KT Rolster ou les TSM, les G2 préfèrent prendre leur temps et épuiser leur adversaire.

Mais alors, pourquoi ce style de jeu convient-il si bien à notre région ? Eh bien parce que les équipes européennes sont pour la plupart très passives et aucune n'est réellement en mesure de prendre G2 à la gorge pour lui faire payer la lenteur de son jeu. Ainsi, les G2 peuvent imposer leur rythme et l'emporter sans réelle résistance.

Mais à l'international, la plupart des équipes sont capables de prendre des risques et de pousser les G2 hors de leur zone de confort. Alors, face à cette agression, les champions d'Europe déraillent, perdent leurs moyens et sombrent à répétition. Les CLG ont par exemple remporté chacune de leurs quatre confrontations avec les G2 et semblent n'avoir eu qu'à prendre l'initiative pour s'imposer.

Et ce n'est pas tout, car face aux meilleures équipes du monde, même quand les G2 parviennent à imposer leur jeu, ils paient au prix fort leurs difficultés à « plier » la partie. S'il est presque sans risque pour eux d'atteindre les 40 minutes de jeu et le seuil du full stuff en Europe, il en est autrement face à des joueurs de classe mondiale qui peuvent à tout moment renverser un combat et une partie.

Après avoir compté 8k gold d'avance face aux Rox Tigers lors des championnats du monde 2016, les G2 perdent pied sur un magnifique ultime de Smeb et laissent échapper la victoire. Le très haut niveau est parfois cruel... Crédits : Riot Games.

PerkZ, le facteur X

Si les G2 arrivent à imposer leur style de jeu en Europe, c'est grâce à la domination quasi systématique de PerkZ sur la midlane. Trick profite alors de cette pression pour prendre le contrôle de la jungle ennemie et asseoir la vision de son équipe (G2 est la meilleure équipe européenne en terme de jungle control cette année, avec 56,3%). Et grâce à ce contrôle et à des sidelanes très souvent dominantes (la botlane Zven/Mithy est considérée comme la meilleure en Occident et Expect n'est que très rarement mis en difficulté en Europe), les G2 arrivent à imposer leur style de jeu « lent mais sûr » et s'acheminent bien souvent vers la victoire.

Mais à l'international, si Zven, Mithy et Expect ont généralement répondu présent, PerkZ a très souvent été mis en difficulté et n'est jamais parvenu à imposer son « lane kingdom » (comme il aime l'appeler) aux meilleurs joueurs du monde. Privé de la pression habituelle sur la midlane, Trick s'est alors montré incapable de dominer son adversaire par lui-même et de prendre le contrôle de sa jungle. Sans ce contrôle, le verrou des G2 n'a pas pu se mettre en place et l'équipe a explosé en vol, encore et encore.

PerkZ n'a été que l'ombre de lui-même lors des championnats du monde 2016 et a même frôlé le ridicule contre les Rox Tigers et les Albus Nox. Crédits : Riot Games.

Qu'attendre des G2 à Rio ?

Comme vous l'aurez compris, pour que les G2 brillent face aux meilleurs équipes du monde comme ils le font en Europe, il faudra qu'ils prennent le contrôle de la partie grâce au duo PerkZ/Trick. Or il semble que PerkZ ait considérablement progressé cette année et soit plus dominant que jamais sur la midlane européenne. Le midlaner des G2 a même donné une leçon à Exileh en finale des LCS EU et on est en droit d'espérer qu'il tienne la dragée haute aux autres midlaners du MSI.

Le Ryze de PerkZ est excellent cette année... Crédits : @Sidoniia.

Les G2 pourraient donc vivre des débuts de partie tranquilles et être en mesure d'imposer leur style de jeu. Il faudra alors que les triples champions d'Europe réussissent à muscler leur jeu en mid game pour éviter d'être débordés ou de devoir disputer un pile ou face en late game. S'ils y parviennent, tout les espoirs seront permis !

Pour suivre l'entrée en lice des G2 dans le MSI face aux SKT T1, rendez-vous le 10 mai sur O'Gaming LoL !

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