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28 mai 2019 - Kammelinn League of Legends

G2 Esports : Les clés de leur réussite

G2 Esports : Les clés de leur réussite

Tout juste couronnés du titre de champion au MSI 2019, G2 Esports figure désormais parmi les équipes favorites pour le titre de champion du monde en fin d'année. Même si la route est encore longue avant que l'Europe et ses soldats n'atteignent le Graal de la compétition de League of Legends, force est de constater que G2 a convaincu le monde entier en sortant SKT T1 de la compétition, juste avant d'éteindre les espoirs nord-américains dans une finale remportée en un temps record. Caps et ses coéquipiers brillent en cette première moitié de saison, et ce sur plusieurs points importants qu'il convient aujourd'hui d'éclaircir pour tenter de mieux comprendre pourquoi le style de jeu G2 Esports fonctionne aussi bien.

Crédits: lolesports

 

De fortes individualités

Ce n'est plus un secret pour personne, mais les meilleures équipes compétitives sur League of Legends reposent aujourd'hui sur des talents individuels forts, souvent mis en avant par une phase de lane brillante qui enclenche un snowball inévitable. Même si sa prestation déçut quelque peu, Kang « TheShy » Seung-Iok fut ce genre de dénominateur commun lors du titre mondial des IG, pour la bonne et simple raison que personne ne parvint à contester son écrasante domination sur la toplane. Martin « Wunder » Hansen, Gabriël « Bwipo » Rau, autant de bons joueurs et autant de difficultés à venir contester TheShy dans ses œuvres, ce qui amena – entre autres – IG à réclamer le titre de meilleure équipe de l'année. Pour G2, nous assistons ici à la mise en exergue d'un style relativement similaire à celui d'IG : des solo laners en jambe et prêts à tenir leur lane, une botlane solide et proactive qui n'hésite pas à venir en soutien à ses coéquipiers isolés lors des premières escarmouches, et un jungler tout aussi confiant et efficace qui joue de la force mécanique de ses lanes pour contester les objectifs et arracher de précieux kills en début de partie. De toute évidence, ce style de jeu s'apparente fortement à celui d'une équipe solidaire et un peu utopique, puisqu'aucune faille apparente ne vient entâcher le fort potentiel du roster. Cependant, les G2 maîtrisent ce style de jeu à la perfection et savent jouer des fortes têtes qui composent leur groupe.

 

Pour commencer, Rasmus « Caps » Winther. MVP du MSI et perdant malchanceux des derniers Worlds, il s'est imposé dans ce tournoi comme une des menaces principales de l'engin offensif des G2. Fort de son niveau mécanique et de ses bonnes prises de décisions en teamfight, Caps brille sur sa midlane et apporte une grosse pression sur l'équipe adverse lorsqu'il parvient à jouer de son avantage. Souvent présent dans les tout premiers kills de son équipe et lors des prises de position autour des objectifs neutres, Caps arbore un rôle de midlaner plus altruiste et moins dispersé que lors des dernières compétitions internationales, souvent grâce à la très bonne vision apportée par Jankos et par Mikyx lors des dix premières minutes. Les plus assidus d'entre nous se rappelleront son combat engagé en 1 v 2 sur la midlane lors de la grande finale, qui se soldera par un double kill pour l'écurie européenne et par la mise en action de l'évidente maitrise du midlaner danois face à son homologue de Team Liquid. Cependant, n'oublions pas que sa gourmandise en lane peut parfois lui jouer des détours, et que ses Valkyries de Corki lancées en pleine figure d'une Leblanc au niveau 3 témoignent encore de certaines faiblesses à combler avant de se mesurer aux poids lourds des championnats du monde. 

Au même titre que son midlaner, Martin « Wunder » Hansen excelle aujourd'hui dans son rôle de toplaner. Au terme du Spring Split, beaucoup s'accordaient à dire que Wunder était un des meilleurs joueurs western en plus de pouvoir prétendre au titre de dauphin de la toplane derrière TheShy. Ceci étant dit, le joueur danois a une fois de plus prouvé sa valeur grâce à son excellente tenue de lane et à sa capacité de 1 v 1, même si certains continuent encore aujourd'hui de penser que Wunder excelle avant tout face aux joueurs moins forts que lui, et que cet effet boule de neige repose sur sa capacité à exploiter les erreurs adverses. Il lui a donc suffi d'une Vayne top et de quelques games passées à subir la pression adverse pour reprendre du poil de la bête et développer son jeu aussi agressif qu'intelligent au fil de la deuxième moitié de la phase de groupe et des phases finales. Souvent pointé comme le joueur fort des G2, Wunder excelle dans les prises de décisions risquées et dans les match up équivalents voire désavantageux. Alors que la toplane s'est très largement résumée à un duel répété entre Sylas et Ryze (malgré la présence succinte de quelques Kennen et Gangplank) tout au long du MSI, Wunder s'est illustré en sortant un Pyke top ravageur, jusque-là grandement ignoré de la méta. Nous nous rappelons encore aujourd'hui de sa 5e game contre les SKT T1 et de son KDA scandaleux en fin de partie, symbole de sa fiabilité face à de sérieux clients comme Khan. ou Faker.  

 

Crédits: lolesports

 

Vétéran de l'équipe et autrefois Némésis de son AD Carry, Marcin « Jankos » Jankowski figure une fois de plus parmi les meilleurs junglers de sa région mais aussi à l'international. Même si son apport brut n'égale pas celui de ses solo laners, Jankos a su se greffer au style de jeu atypique de G2 et faire en sorte que la mayonnaise prenne à tous les niveaux, quitte à jouer Braum ou Morgana dans la jungle. Au cours de ce MSI, le joueur polonais a su démontrer une nouvelle fois de son potentiel macro et son bon niveau de shotcalling, notamment lors de la 3e manche des demi-finales face aux SKT. Jankos est souvent décisif bien qu'encore perfectible dans ses prises de positions, aussi son nom apparaît désormais parmi ceux des junglers les plus plébiscités de la saison 9 en attendant que d'autres rencontres décisives viennent nous confirmer que le « Stay Cool « jungler est bien à sa place en champion international.  

Ensuite, parlons de Perkz. Luka Perković de son vrai nom effectue ici sa toute première année compétitive au poste d'AD carry, l'arrivée de Caps ayant été convenue à condition que l'ancien midlaner croate abandonne son rôle de cœur pour la botlane. On ne va pas se mentir, Perkz surprend par son efficacité malgré son manque évident d'expérience à ce poste. Bien que certains de ses picks peinent encore à tenir la longueur face à des dinosaures de la botlane, force est de constater que sa Xayah n'a rien à envier à ses homologues internationaux, sans oublier que son Ezreal reste plutôt solide. Cependant, une des plus grandes forces du joueur croate reste sa versatilité en termes de champions potentiels sur la botlane. En tant qu'ancien midlaner, Perkz montre régulièrement sa très bonne capacité à sortir un mage (Syndra, Zoé, Ryze...) sur sa ligne du bas, le rendant ainsi très difficile à museler lors de la phase de ban. Outre le fait que ce dernier reste plus à l'aise sur certains de ses anciens choix sur la voie du milieu, Perkz continue de surprendre sur certains tireurs en vogue dans la meta, sans oublier que son shotcalling permet souvent de débloquer des situations délicates. Forte tête et grande bouche, Perkz est un joueur de charisme qui a joué de son expérience des grandes rencontres pour faire pencher la balance en faveur des G2, et sa tenue de lane lors du tournoi a souvent permis à son équipe de rentrer dans le match avec un bot solide sur ses appuis. 

 

Crédits: lolesports

 

Enfin, Mihael « Mikyx » Mehle, support émérite d'un AD carry encore inexpérimenté s'est imposé comme un des meilleurs joueurs internationaux à son poste tout au long de ce MSI. Il est assez difficile de cerner précisément toutes les forces du support slovène, pour la bonne et simple raison qu'il n'a démontré aucune faille béante dans son style de jeu et que ses actions décisives se comptent désormais à la pelle. Souvent proactif et toujours intelligent dans sa manière d'aborder les phases de jeu, Mikyx a tenu tête aux meilleurs supports du monde sans baisser les yeux, notamment grâce à ses parties de Rakan qui emportèrent avec elle les espoirs de victoire de Team Liquid, sans oublier son énorme performance lors de la première journée de la compétition face aux SKT T1. 

L'importance du counter pick et des match up favorables

Comme nous l'avons expliqué précédemment, la meta met un point d'honneur à favoriser l'existence de champions complémentaires qui se répondent dans leurs forces et dans leurs faiblesses. Malgré les présences systématiques de Ryze, Sylas, Jayce ou encore Irelia dans la phase de pick et ban, aucun de ces champions ne s'est avéré être purement gamebreaker pour l'équipe qui mettait la main dessus, aussi nous les avons vu s'entretuer dans toutes les parties de ce MSI. De ce fait, le talent des joueurs et leur capacité à jouer des phases de ligne souvent portées sur qui aura le choix de champion ascendant a permis à G2 de faire étal de toute sa puissance de feu. Qu'il s'agisse de Caps ou de Wunder, l'accent fut mis sur leur avantage de la ligne en leur attribuant un champion dominant, souvent synonyme de stomp global en faveur de l'écurie européenne. Lors de leur première partie face à SKT T1, Wunder fut doté d'un Jayce tandis que Caps hérita de son Ryze. Outre l'excellent potentiel de splitpush offert par leur choix de champions, chacun des deux solo laners bénéficiait d'un avantage sur son homologue direct, et la force mécanique des deux joueurs fit pencher la balance en faveur du style de jeu agressif des joueurs G2. Comme l'expliquaient Chips et Noi lors de la déroute de G2 face à PVB lors de la dernière journée des phases de poule, les joueurs européens aiment tamponner l'équipe adverse en profitant des powerspikes de leurs champions couplés à leurs bonnes intuitions d'engagement. Ceci étant dit, le problème vient du fait qu'ils adoptent ce style de jeu aussi bien quand ils jouissent de deux joueurs à 5/0/0 que quand ils essayent de défendre leurs inhibiteurs à nu au bout de 18 minutes. Aussi les joueurs et leur head coach Grabbz privilégient souvent le confort de leurs solo laners, le tout en gardant à l'idée que Jankos et Perkz peuvent être mis sur des picks un peu plus lents pour venir en aide à leurs coéquipiers. 

 

Crédits: lolesports

 

Une excellente versatilité 

Enfin, au terme de ce MSI, il nous apparait que l'arme principale de G2 Esports reste son style de jeu très versatile, souvent impossible à anticiper. Outre leur très bon niveau mécanique, les joueurs d'Ocelote brillent dans leur capacité à sortir tout et n'importe quoi du moment qu'ils choisissent un champion sur lequel ils sont à l'aise. De ce fait, il fut très difficile voire presque infaisable de préparer correctement un match contre G2 Esports tout au long de ce MSI, la faute à un champion pool global très large et à leur volonté de toujours rester sur un champion qu'ils maîtrisent et qu'ils aiment jouer. Dans le cas contraire, nous avons pu observer un Wunder totalement démuni avec sa Vayne top qu'il n'avait pas joué depuis presque trois mois. Résultat, le joueur danois termina sa phase de lane en 0/3/0 avant de continuer à subir l'avantage de l'équipe adverse sans aucune possibilité de réponse. 

Comme l'expliquait le head coach des Invictus Gaming Kim « Karam » Ga-ram, les joueurs G2 Esports faisaient office d'éléctrons libres, ils étaient très difficiles à cerner. Que ce soit en scrim ou sur scène, l'équipe européenne profitait souvent de champions flexibles qui pouvaient être joués sur n'importe quelle ligne. Finalement, la préparation contre G2 relevait plus du pari que de réelles anticipations, rendant ainsi leur draft et leur style de jeu aussi imprévisible qu'efficace. 

 

Nous sommes aujourd'hui en train d'assister à l'évolution d'une des meilleures équipes western de l'histoire de League of Legends, et ce tournoi du MSI sonne comme la première étape d'une série de victoires qu'on leur souhaite longue. Les joueurs G2 Esports brillent par leur style de jeu et continuent encore aujourd'hui de surprendre toutes les équipes qui leur font face. Nos champions européens assurent un beau jeu permanent, attendons maintenant de voir si leur folle lancée les conduit jusqu'aux sommets du League of Legends mondial dans les mois à venir. 

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