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02 avr. 2015 - MMC Divers

Hektor, retrouverez-vous votre chemin ?

Hektor, retrouverez-vous votre chemin ?

Il y a quelques jours sortait sur Steam le jeu d'horreur Hektor, développé par le petit studio Rubycone, inconnu jusqu'ici, et édité par Meridian4, à l'origine notamment de la série Syberia et d'un bon paquet d'autres jeux d'aventure. Vingt euros, quinze avec la promotion de sortie (encore valable et ce pour une poignée de jours), le jeu promet un nouveau souffle dans le genre de l'horror. Avec les bases bien posées sur la catégorie du jeu PC, à l'aide d'Amnesia, Dead Space, Slenderman ou plus récemment Alien Isolation, le genre du jeu d'horreur est pourtant varié et inventif. C'est donc avec une certaine circonspection sur les promesses marketing que je me suis mis sur ce jeu.

Une claque !

Quelques heures plus tard, et après une série de sursauts et deux soirées de sueurs froides, le jeu est fini. Et une fois n'est pas coutume, penchons-nous d'abord sur son principal défaut : il est court. Très court. Je l'ai, pour ma part, fini en trois heures, mais j'avoue avoir beaucoup couru, et avoir peut-être compris le fonctionnement plus vite que la moyenne. Certains le finiront peut-être en une heure, il y a un succès pour ça, d'autres y passeront sûrement quatre ou cinq heures. Mais cela reste court. Et le sentiment qui en résulte se résume en un mot : dommage !

« Dommage ! » parce que le reste du jeu est génial. Pour commencer, les graphismes sont aussi précis et soignés qu'il le faut, de sorte qu'à aucun moment vous ne sortirez du jeu par leur faute. Les effets sont particulièrement travaillés et vous enlèvent ce qu'il vous restait de courage à chaque fois. On pourra simplement reprocher quelques approximations sur les effets de lumière, car il arrive, de temps à autre, que les ombres soient faussées. Ce n'est toutefois pas dramatique, car cela ne concerne que des instants mineurs, des recoins reculés que vous auriez le courage d'aller explorer, et pour rien qui plus est. En définitive, vous obtenez une ambiance rétro (car les bureaux sont vétustes et les salles font très « années 50 ») très réussie, avec une forte inspiration Bioshock perceptible, mais aussi Cthulhu ou encore SCP-087-B.

La musique est géniale, tout simplement, le type de musique instrumentale qui vous prend aux tripes et ne vous lâche plus, avec des effets très réussis de grincements, de bruits étranges, de grognements. Et les voix... Réalisées avec un soin magnifique mais malheureusement en exclusivité anglophone, vous allez en prendre plein les oreilles : des plaintes, des réminiscences, des pleurs, des appels à l'aide... La totale. Le jeu pourrait presque être aussi effrayant sans la musique angoissante, tellement ces voix ne vous lâchent jamais (et elles ne venaient pas de ma tête).

Une promesse tenue

Enfin, cerise sur le gâteau, le jeu tient sa promesse de réinventer le genre en réussissant l'exploit de trouver un nouveau moyen majeur de faire peur au joueur. En plus des classiques apparitions, effets optiques et bruitages, le jeu se base sur une toute nouvelle façon de penser le Level Design. Et j'encourage ceux qui voudraient la surprise à sauter directement au prochain paragraphe, la conclusion donc. Cette création de gameplay est le cœur du jeu, comme le fait d'être désarmé (repris d'ailleurs ici) était le cœur d'Amnesia, ainsi que la gestion de la lumière.

Mais dans cet opus, point de problème de lumière. Imaginez : vous lancez le jeu pour la première fois, vous vous retrouvez dans un couloir, dos à une porte fermée, et commencez à explorer les environs. Après avoir traversé peut-être une demi-douzaine de salles, vous arrivez devant une grille. Elle est fermée par un mécanisme et vous entendez des pleurs et des grognements au-delà. Alors vous faites demi-tour en vous disant que vous avez raté la clé. Vous étiez arrivé par un coude à droite, et vous repartez... Et non ! Par un coude à droite également. Vous ré-atterrissez dans la salle où vous étiez entrée en premier. Ou la troisième. Ou une autre. Les salles ne sont jamais reliées de la même façon et un demi-tour ne vous emmènera jamais dans la salle d'où vous veniez. Ou peut-être que si, sur un coup de chance.
Pa. Ni. Quant.

Un incontournable trop court

Dommage donc que le jeu soit court, et que le scénario, bien qu'amené avec un talent indéniable (en fait, j'ai rarement vu une narration aussi réussie) soit un peu « cliché ». Malgré cela, Hektor s'en sort avec les horreurs. Pardon, les honneurs. Si vous aimez les jeux d'horreur et êtes anglophone, sautez dessus, n'hésitez pas, vous passerez un salement bon moment. Je conseillerais néanmoins d'attendre une promotion, je le considère un peu cher pour sa durée de vie actuelle. Encore une fois, ce furent trois heures proprement monstrueuses, mais seulement trois heures. C'est peu.

Hektor 810Points positifs
  • Graphismes soignés et effets impeccables
  • Musique et ambiance sonore majestueuse, chapeau
  • Un concept original et horriblement réussi
  • Narration de haute volée même si le scénario est cliché
Points négatifs
  • Anglais uniquement, et sans sous-titres
  • Court
  • Jamais réellement en danger, mais avoir peur dans ces conditions est encore plus génial
  • Course et lumière perpétuelles, ce qui est bien dommage pour l'ambiance, même si ça ne suffira pas à vous éviter les sueurs froides

Je fais le souhait que Rubycone nous offre un joli DLC contenant l'autre version de l'histoire, la féminine (ceux qui feront le jeu comprendront). Dès lors, pour 25 € par exemple et cette double histoire, nul doute que le jeu méritera une place de classique du genre sur PC. En attendant, il reste un incontournable, bien qu'un peu court.

 

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