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21 avr. 2016 - Mandark Divers

Hitman

Hitman

Marrant ça. Quand votre serviteur joue le rôle de Snake dans Metal Gear Solid, ou même Corvo Attano dans Dishonored, il y a une vraie gêne à assassiner froidement un ennemi plutôt que de juste le neutraliser. Mais quand il s'agit de se glisser dans la peau d'un tueur à gages froid et méthodique, pas de problèmes et dommage pour les victimes collatérales. Well you see, in Hitman it's strictly business, et s'il y a autre chose que le tatoué code-barré le plus célèbre du JV et moi-même avons en commun, c'est qu'on sait prendre notre temps, au point que cette review des derniers exploits de l'agent 47 n'arrive que maintenant. Mais je ne te cacherai pas, amie lectrice, ami lecteur, que cela valait la peine de traîner un peu.

Essential killing

La grande force de cette nouvelle cuvée, disons le franco, c'est de trouver le juste équilibre entre le gameplay des quatre premiers softs et celui, plus controversé mais néanmoins extrêmement efficace niveau fun, du précédent volet, Hitman Absolution. Et d'ailleurs si celui-ci s'était attiré les foudres de certains fans de la première heure c'était plus pour son level-design « dirigiste » que pour sa jouabilité, qui elle permettait de se montrer plutôt inventif dans l'art de disposer – de façon permanente ou non – de son prochain.

Hitman reborn fait donc la synthèse de tout ça et revient aux bonnes bases des premiers épisodes, à savoir incarner un tueur à gages implacable et froid et laisser au joueur une totale liberté quant au modus operandi pour parvenir à ses fins, tout ça au sein de niveaux bien pensés et particulièrement riches de possibilités (et aussi, ils sont bô).

À la différence d'Absolution, la dernière itération proposée par Io-Interactive ne s'embarrasse plus d'un scénario chiadé aux dialogues ciselés et servi par un casting de pointures du petit et grand écran et envoie directement le chauve qui ne sourit jamais à la case action sur fond d'intrigue plutôt minimaliste qui a le mérite d'être à la fois sobre et claire, ce qui est parfait pour laisser rapidement place au jeu.

Le défilé (de cadavres) va commencer !

Be bald !

Pour celles et ceux qui ne le sauraient pas, ce Hitman nouveau a choisi le format épisodique pour nous narrer les nouvelles péripéties de la boule de billard numéro 47, et à l'heure où j'écris ces lignes il n'y a que trois niveaux disponibles, les deux premiers faisant surtout office de tutoriels (le prochain épisode sera de sortie le 26 avril prochain, soit dans une petite semaine et les suivants débouleront au rythme d'un tous les deux mois). On pourrait penser que c'est peu de prime abord mais ce serait compter sans tout un tas de bonus destinés à gonfler – et pas artificiellement je précise – la durée de vie du soft en l'état.

Pour la faire courte, on va dire que l'on se retrouve un petit peu dans un cas de figure similaire à celui de Metal Gear Solid V : Ground Zeroes, ou le cas d'un immense niveau que l'on peut refaire à l'envi, selon qu'on désire expérimenter d'autres façons d'arriver à ses fins ou se soumettre à des impératifs de missions particuliers (sur ce dernier point d'ailleurs, on sera content de constater que les développeurs n'ont pas eu la main molle).

Ce qui est la parfaite définition du terme « sandbox », que joue à balle cette nouvelle mouture des tribulations du crâne d’œuf qui ne fait pas de taches, à tel point que Hitman ne se prive pas de constamment rappeler au joueur qu'il a à sa disposition mille et un moyens de laisser s'exprimer ses instincts de crotale. Cela dit il convient aussi de préciser que pour vraiment profiter de l'expérience il est à mon avis impératif de désactiver TOUTES les aides de jeu.

Décrocher un projo afin de créer un malencontreux accident sur le show-floor ? Check !

Car depuis Absolution, et comme ce fut le cas pour quelques titres orientés infiltration à cette époque, Dishonored par exemple, on peut se faciliter le boulot en activant un sixième sens, dans les faits une aide visuelle faisant fi des murs et mettant en surbrillance pire qu'une enseigne au néon de maison-close Suisse les objectifs et/ou cibles du jeu. Privés (soulagés ?) de cette commodité Hitman devient férocement immersif, puisqu'il faut vraiment tout faire soi-même, du repérage de la/les cible/s au milieu de la foule à la mise en place d'un plan d'action préparé dans les plus petits détails, sans oublier de penser son évacuation des lieux. Bien sûr et là où ça devient vraiment funky, c'est quand un élément imprévu oblige à revoir tout son plan et qu'il faut alors improviser, parfois pour le meilleur, d'ailleurs.

C'est cette impression de véritable incertitude quant à la progression des événements qui donne à ce premier épisode de la saison 6 de Hitman une force de séduction indéniable, d'autant plus que le décor de la première vraie grosse mission, celle du défilé de mode à Paris, est juste incroyablement étendu et qu'il faut être sur ses gardes en permanence si l'on veut éviter l'impair qui pourrait tout faire foirer. Et comme on n'est pas bien résistant, mieux vaut éviter de se faire proposer une soupe au pruneaux rapidement indigeste. Oh bien sûr on peut aussi se la jouer violent et sulfater gaillardement, il y a l'arsenal qu'il faut pour ça dans Hitman, mais vu les forces de sécurité en présence ça relève plus de l'instinct de mort qu'autre chose, sans oublier que lors de la panique générale engendrée par un soudain chaos armé on risque de perdre la trace de sa ou ses proies.

Suit up !

Se fondre dans la masse, voilà bien le kiff dans Hitman ! Et pour se faire discret rien de tel qu'enfiler moult déguisements selon la nécessité du moment (si par exemple on compte empoisonner sa proie, rien de mieux que de se saper en serveur et préparer un cocktail décapant). Par contre il sera difficile de passer inaperçu dans certains lieux si l'on porte l'accoutrement de quelqu'un qui n'a rien à y faire. Mais il ne faut pas croire pour autant que se recouvrir des bons oripeaux au bon endroit assure d'être constamment sous le radar ; certaines I.A sont plus suspicieuses que d'autres (et peuvent vous coller bien au train si elles sont persuadées qu'il y a un loup avec vous) et si vous vous mettez à vous comporter de façon inappropriée au milieu de la foule, ça risque de vite tourner à l'aigre. Mais quand on calcule bien ses risques et qu'on fait attention aux petits détails, comme planquer les corps des malheureuses/malheureux qu'on aura assommés ou occis, on se retrouve avec un max d'opportunités qui garantissent à coup sûr une grande liberté de manœuvre.

Non mais matez-moi ça si c'est pas beau !

Reste que pour ce qui est de la discrétion ultime, l'ami 47 serait tout de même bien avisé de faire effacer son code-barre à la base du crâne : c'est visible comme le nez au milieu de la figure et ça prête tout de même à sourire un peu quand on sait que le but est de passer inaperçu. Peut-être qu'il devrait considérer la question de l'usage de perruques (genre mulet) ?

Ambiance

Visuellement parlant le jeu en impose, pas forcément au niveau d'une finesse exacerbée des détails graphiques, mais surtout en ce qui concerne l'atmosphère et l'impression de se trouver dans un lieu bien vivant. Ici comme dans Absolution on tire son chapeau devant la gestion de la foule (même si on a tendance à retrouver souvent les mêmes skins parmi les éléments qui la composent) et des nombreux espaces composant le level-design, superbement conçus et éclairés. Et très beau boulot également du côté de la bande son, alors kudos ici aussi.

Bref, ce Hitman en kit remplit largement son contrat et si ça continue dans cette voie c'est avec un bonheur certain qu'on accueillera les chapitres suivants.

 

8 million ways to kill! 810Points positifs
  • Ultra-riche en possibilités et diablement immersif
  • La tension procurée par le facteur "hasard"
  • Level-design beau, maîtrisé et intelligent
  • L'atmosphère vraiment prenante
  • Gestion de la foule et des I.A aux petits oignons
  • Un bon gros paquet de missions annexes
Points négatifs
  • Bloquez-moi ces aides de jeu, rogntudju !
  • Les sauvegardes online/offline non compatibles entre elles
  • Cachez ce code barre que je ne saurais voir

Difficile de bouder son plaisir devant le Hitman nouveau, pour peu qu'on soit dans le trip furtif bien entendu. Io-interactive a vraiment placé la barre très haut en termes d'immersion tant le jeu est permissif, imprévisible, beau et intelligemment conçu, et c'est constamment sous tension qu'on tente de remplir ses contrats. Pour faire simple, moi j'serais Kojima, je serais jaloux !

 

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