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06 mars 2017 - Shoam Divers

Horizon : Zero Dawn

Horizon : Zero Dawn

Dire que le titre de Guerrilla était attendu relève de l'euphémisme. Depuis son annonce lors d’E3 2015, de nombreux fantasmes des joueurs ont fleuris sur le net et les réseaux sociaux. Il faut dire que le jeu a de quoi séduire avec sa promesse d’un monde ouvert complètement nouveau, peuplé uniquement de robots géants où l’on incarne une rousse sauvage armé d’un arc et d’une lance. Le rêve semble trop beau pour être vrai. Aujourd’hui que cette nouvelle exclusivité Sony est dans tous les bacs, ce rêve pourrait bien être une réalité.

S’il y a bien un genre dans laquelle nous n’attendions pas le studio Guerrilla, c’est bien sur un jeu à la troisième personne. Les créateurs de la série Killzone nous avaient habitué à du FPS d’une qualité plutôt inégale. Raison pour laquelle de nombreux joueurs attendaient au tournant ce Horizon: Zero Dawn avec impatience teinté de crainte. Mais dès les premières minutes de jeu, tous ces doutes sont balayés d’un coup de cinématique.

Il est beau mon robot, il est beau !

La première chose qui frappe, ce sont les graphismes. La PS4 nous avait pourtant habitué à du sublime, avec notamment le dernier Uncharted 4, mais cette fois le niveau est monté d’un cran, même sur une PS4 classique. Autant le dire, la promesse d’un environnement immersif est réellement tenu. Le moindre petit détail dans l’environnement est un plaisir pour les yeux. C’est d’autant plus une performance que nous avons affaire à un open world où l’on parcoure des kilomètres sans un seul temps de chargement. Que ce soit dans une forêt dense d’un vert cristallin, dans un désert avec son rouge orangé vif, ou bien dans les montagnes enneigées où l’on peut ressentir la morsure glaciale, les créateurs ont su trouver le ton juste pour nous émerveiller.


Oui, on peut aller jusqu'au bout la bas

L’héroïne principale est véritablement iconique. Cette belle rousse sauvage parée d’une lance et d’un arc semble à première vue déterminée, coriace et charismatique et elle l’est. Difficile de résister à Aloy, dans tous les sens du terme. Cette jeune paria doit se battre pour être reconnue par ses pairs et toute sa vie consistera à rechercher la vérité sur son existence. Sans trop en dévoiler, elle découvrira beaucoup de secrets sur son passé, mais également celui du monde dans lequel elle vit. Une autre bonne surprise de l’univers : sa richesse et sa justesse sur certains éléments scénaristiques. Cela faisait longtemps que l’on avait pas eu un traitement à la fois complètement original et bien retranscrit. Tout ne sera pas dévoilé en une seule fois. Les éléments du puzzle qui justifient la place de chacun sont parsemés au fur et à mesure nous obligeant à voyager dans les quatre coins de l’immense carte.

Et du paysage, on en voit énormément, aidé par les nombreuses missions annexes qui sont proposées et je conseille vivement de tous les faire. Certaines permettent de dévoiler de nombreuses anecdotes scénaristiques à la fois sur le monde actuel d’Aloy, mais également sur son passé. Ces missions nous font également découvrir les différents personnages secondaires avec, pour la plupart, une personnalité et une histoire propre. Les nombreux dialogues inspirés des titres de Bioware aident à une immersion totale et un attachement aux personnages. On aurait apprécié un peu plus de conséquences dans nos choix de dialogue comme The Witcher 3, mais cela devait être trop complexe à intégrer.


Chaque plan est une œuvre d'art.

Mecha de force majeure.

Le jeu nous invite ainsi à découvrir de nouveaux endroits, de nouvelles régions et par conséquent de nouvelles bestioles. Ces robots-bêtes étaient l’argument marketing tout le long des annonces du jeu. Ils ne faillissent pas à leur réputation. Ils réussissent à la fois à être inquiétants, dangereux, toujours fascinants, mais également d’un réalisme jusqu’alors jamais vu dans un jeu vidéo. Aussi, les affronter est loin d’être une partie de plaisir : avec le temps, vous allez apprendre à les découvrir, connaître leurs patterns, leurs mouvements pour mieux les esquiver, toucher leurs points faibles et en venir à bout. Dans bien des cas, il faut agir avec ruse et délicatesse, car bien souvent, la méthode brutale et directe se termine bien souvent par une mort assurée.

Pour vous aider dans votre périple, Aloy use de tout l’équipement qui lui sera mis à disposition. Sa lance et son arc s’amélioreront au fur et à mesure, lui permettant d’être à la fois efficace à distance et au corps à corps. S’ajoutent à cela de nombreuses autres armes comme un gros lance-pierres qui fait office de lance-grenades où le fameux lance-cordes qui permet d’immobiliser les plus gros robots et les achever à terre. Les combats sont dynamiques et bien pensés, notamment la possibilité de ralentir le temps lorsque Aloy effectue un saut ou un dérapage, ou lorsqu’elle se met à viser quelques secondes afin d’optimiser son tir.


Pour une fois que l'on peut se prendre en photo devant des prises de chasse légalement !

Archère et tendre.

Pour compléter le tableau du gameplay, une partie RPG a été incluse. Aloy gagne en expérience à chaque mission et ennemi abattu. En plus de gagner des niveaux pour améliorer sa barre de vie, des points de compétence sont à répartir sur trois arbres : combat, discrétion et survie. Toutefois, attendez vous en fin de partie à débloquer toutes vos capacités grâce à la montée fulgurante des niveaux. Ajoutez à cela la possibilité de modifier son équipement pour y ajouter des modifications augmentant votre force d'attaque ou absorption de dégâts, vous avez un système complet d’optimisation pour vos combats. Enfin, la chasse aux petits animaux – bien vivant ceux là – permettra à la fois de créer des potions, mais également d’agrandir son inventaire à la manière de la série Far Cry.

Si cette montée en puissance est la bienvenue, seul le « skill »  fera la différence. Les combats vont mettre à rude épreuve de nombreux joueurs surtout en mode difficile tant les robots sont coriaces. Le monde est parsemé de hordes mécaniques en tout genre et courir comme un dératé dans les plaines sauvages est quasi suicidaire. Bien souvent, il faut prendre le temps de se déplacer de fourrés en fourrés et de toujours vérifier qu’un robot ne vous repère pas pour vous tomber dessus par surprise. Cette pression, cette menace permanente fait réellement partie de l’immersion du jeu. Même sur la fin, Aloy n’est jamais suffisamment surpuissante pour venir à bout d’un groupe de plusieurs robots simultanément.


Voir Aloy découvrir un nouveau lieu est toujours un enchantement.

Mécanique du succès

Un des points discutables reste la gestion du soin qui se fait de deux manières : soit par le biais de potions accessibles via un raccourci, soit via un sac médicinal symbolisé par une barre verte sous la barre de vie qui se remplit uniquement en cueillant des plantes. Le problème est qu’au fil du jeu, on passe le plus clair de son temps à la cueillette, cassant la continuité du jeu quitte parfois à se mettre en danger, certains endroits étant peuplés de groupes de robots mortels. On finit donc par se contenter des potions, mettant de côté ce sac médicinal pourtant bien pratique en combat.

Un autre élément important, c’est la possibilité de pirater les robots. Vous pouvez non seulement les pacifier, mais aussi les rallier à votre cause. Cela vous permettra de vous procurer une monture, mais également des alliés qui se retourneront contre les autres, bien utile dans certains combats. Si au début, seuls quelques petits robots sont piratables, vous devrez découvrir comment pirater tous les type de robots, même les plus gros. Je laisse la surprise sur la manière d’y arriver.


Ceci n'est pas un screenshot de Mass Effect

Enfin, comme tout open world qui se respecte, de nombreux éléments cachés sont à découvrir, notamment des objets disséminés à ramasser puis à revendre dans la ville principale, mais aussi des points de vue en hauteur qui vous montreront des images d’un passé glorieux. Les amateurs de défis pourront s’essayer aux épreuves de chasse qui en remplissant certaines conditions en un temps record permettront débloquer les armes les plus puissantes du jeu. Autre défi : les camps d’humains à éliminer qui à la différence des robots sont d’une facilité déconcertante. Que ce soit en s’infiltrant avec son arc accumulant les headshot discrets, ou bien en fonçant dans le tas, l’IA des humains ne sont ni crédibles et d’une grande stupidité. Heureusement, ce n’est vraiment pas le cœur du jeu.

Tous ces éléments associés font d’Horizon : Zero Dawn un ensemble agréable et plaisant à jouer, où le joueur ne s’ennuie jamais. Tout l’invite à aller plus loin, à en découvrir plus sur l’histoire, le monde et les nouveaux défis qui l’attendent. Et si l’on en croit sa fin ouverte, il est fort probable que l’on est loin de vivre la seule et unique aventure d’Aloy. Nous avons déjà hâte de découvrir sa suite, réalisée avec autant de brio.


Pas sûr que je puisse sauter

Rage against the machine 910Points positifs
  • L’univers immensément riche
  • Graphismes à tomber par terre
  • L’histoire et son passé passionnant
  • Les robots géants
  • L’immersion totale
  • Aloy <3
Points négatifs
  • L’IA des humains
  • La cueillette inutile
  • Dialogues interactifs sans réelle conséquence
  • Doublage français assez inégal

Sans conteste l’un des titres les plus attendus de l’année 2017, Horizon : Zero Dawn est sans doute aujourd’hui l’un des titres les plus réussis de cette année. Avec son premier jeu, Guerrilla a réussi la prouesse de le faire entrer dans le panthéon des grands jeux open world de cette décennie grâce un univers riche, grandiose, sublime et immersif, rempli de dangers et de défis. Le personnage d’Aloy est à la fois touchante et vaillante et pourrait devenir sans aucun doute une icône du jeu vidéo moderne. La PS4 se dote une fois encore d’une exclusivité qui fera sans doute beaucoup d’envieux, mais qui justifie à nouveau l’achat de cette console qui tient une fois encore toutes ses promesses.

 

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