d

03 déc. 2019 - Hatnuz League of Legends

Ils ont construit League of Legends !

Ils ont construit League of Legends !

Il y a dix ans démarrait l’une des plus fabuleuses aventures du jeu vidéo compétitif. D’abord balbutiant, hésitant, puis éclatant, l’Esport sur League of Legends a tracé sa propre route à travers les métas, les champions, les joueurs et les équipes. Tout au long de ce parcours, le destin du jeu fut façonné par des joueurs qui, par leur intelligence, leur domination ou leur personnalité, ont marqué de leurs empreintes ces dix années de compétition. Sans exhaustivité et en objectivité relative, rendons aujourd’hui hommage à dix figures emblématiques du jeu qui ont participé à sa construction en créant de nouvelles façons de jouer.

Bebe

Il y a des noms comme ça qui semblent faire partie d’un passé qui nous semble si lointain qu’on en oublierait presque qu’il fut champion du monde avant de prendre sa retraite en 2014. Pourtant, Chang Bo-Wei marquera moins le jeu par son titre mondial que par le build dit du « Blue Ezreal », popularisé lors de cette phénoménale épopée de 2012 et dont l’héritage se trouve encore dans chacune des parties où évolue un Ezreal.

Le champion fétiche de bebe immortalisé à jamais par un skin en jeu.

En 2012, la compétition n’en est qu’à ses balbutiements. Les ligues régionales n’existent pas hors Corée et il est donc plus difficile de prévoir les stratégies et les habitudes de jeu d’équipes aux quatre coins du globe qui ne se rencontrent que lors des rares tournoi Intel Extreme Masters, ou lors des Worlds. L’équipe taïwanaise Taipei Assassins usera pleinement de ce brouillard pour amener lors de ces mondiaux une stratégie unique, que personne n’avait vue venir, consistant à construire le jeu autour d’un ADC dont la principale caractéristique ne serait pas de faire le plus de dégât possible, mais bien de tuer lentement et sûrement ses adversaires. C’est là tout l’intérêt du « Blue build », des objets prévus pour maintenir l’ennemi à bonne distance en abusant de la mobilité extrême du champion et en lui fournissant mana et réduction de délai de récupération (à l’heure où on jouait davantage de la Caitlyn, du Kog’Maw et de la Vayne en cherchant le maximum de DPS).

Le « Blue build » originel, appelé par la teinte bleutée de chaque objet le composant.

Si bebe n’a pas joué qu’un seul champion, on retiendra bel et bien qu’il était le seul à maîtriser son sujet et à dominer le jeu grâce à cette nouvelle façon de jouer. D’une certaine manière, TPA a pour la première fois proposé une variante macro pour gagner des games qui ne se résumait pas à « plus de dégât pour tuer plus vite », y compris en finale contre les Coréens d’Azubu Frost. Aujourd’hui, les Worlds du cru 2012 sont peut-être davantage connus pour le BO de la mort entre WE et CLG (10 heures de live entrecoupés de problèmes techniques, des matchs qu’il faut recommencer, des joueurs et commentateurs à bout, etc.), mais ce serait bien mal rendre hommage à l’ADC taïwanais qui démarra la mode du « Ezreal Blue Build »,un tireur qui se joue pratiquement comme un midlaner et qui fut depuis présent lors de toutes les saisons du jeu. Si petit à petit, les variantes sont venues optimiser la recette de départ, le fond reste sensiblement le même et aujourd’hui personne ne sait ce à quoi ressemblerait la botlane si Bebe n’avait pas été là pour apporter sa pierre à l’édifice.

Bengi

« Général Bengi », l’homme qui voit tout. Si Faker (qui ne se trouve pas dans cette liste) rafle incontestablement tout l’honneur chez SKT, un seul joueur semble pouvoir se tenir à ses côtés. Le jungler Bengi, leader technique et stratégique de son équipe, shotcaller implacable et sauveur de la machine SKT lorsqu’elle en a eu le plus besoin.

 

Loin des projecteurs, Bengi écrira son histoire à la sueur de son front et à l'intelligence de son jeu.
 Crédits :  Invenglobal.com « Haao »

L’aura du joueur SKT commence en à se forger en 2013 où il créé sa légende autour de Lee Sin, d’abord en surclassant un autre Lee Sin en match miroir lors de la 5e partie de la finale de l’OGN contre KT, puis en sortant le grand jeu en demi-finale des Worlds contre Najin Black Sword  (parties n°4 et 5) et en finale contre Star Horn Royal Club. Le meilleur Lee Sin du monde, c’est lui. En 2015 pourtant, les choses se gâtent avec la fusion des deux équipes SKT T1 K et S. Bengi partage son poste avec Tom et a alors le loisir d’observer confortablement le jungler adverse depuis les loges, avant d’entrer si besoin en scène et de détruire ce dernier. Pour nous, Européens, ce moment où le Nunu de Bengi annihile complètement Fnatic dans l’ultime manche de la demi-finale reste encore gravé dans les esprits. Plus tard dans l’année, Rox Tigers subira le même sort et le jungler empoche un deuxième titre mondial, qui ne sera même pas le sommet de sa carrière. Car sa légende, il l’écrira un an plus tard, lors des Worlds 2016. Ce jour-là, contre Tigers, Bengi attend patiemment son tour dans les loges, scrutant son adversaire, puis frappe là où ne l’attend pas, avec une Nidalee que personne n’avait vu venir, pour porter son équipe vers un troisième sacre. Les trois étoiles accrochées au maillot de Bengi, il les a méritées plus que quiconque.

Diamondprox

Que retiendra-t-on de ces dix ans dans un futur plus ou moins lointain ? Quels moments seront chéris ? Quelles histoires seront racontées ? S’il y en a une qu’on a peut-être plus envie de raconter qu’une autre, c’est probablement celle d’une petite équipe de cinq russes qui mis au tapis la Corée. C’est essayer de transposer l’atmosphère incroyable qui entoura l’ascension de Moscow 5 et de son jungler : Diamondprox.

Dans un contexte de compétitions irrégulières où il était difficile de dégager des tendances de jeu, le joueur russe bouscule la physionomie des parties dès 2012 avec un jeu extrêmement agressif basé sur la mécanique du counter-jungle. Jouer chez l’adversaire, c’est risqué et il faut souvent improviser, mais cela rapporte très gros. Diamond traumatisera ainsi l’Europe mais également la Corée dans ces fameux IEM « Worlds Championship » où Moscow 5 ne perd aucune partie et bat les deux équipes Azubu Blaze et Frost (et qui était donc jusqu’à octobre dernier la seule équipe occidentale à avoir battu deux formations coréennes dans un tournoi international).

Les tueurs de Coréens.
Crédits : IntellExtremeMasters

Parmi l’arsenal du jungler, on trouvait l’inévitable Lee Sin, mais aussi et surtout Evelyn dont la capacité passive d’invisibilité donnera de nombreux cauchemars à ses adversaires. Ce style de jeu, Diamond sera l’un des premiers joueurs à le porter de manière systématique à haut niveau, bientôt suivi par d’autres grands noms de la jungle comme Meteos, Bengi, Kakao, Insec. Ces derniers perfectionneront la stratégie et perpétueront la tradition agressive de la jungle qui n’a depuis que rarement quitté sa fonction offensive. Si l’équipe Moscow 5, devenue Gambit Gaming, s’essouffle largement à partir de 2014, on se souviendra de ce groupe de potes dont l’assurance parfois teintée d’insolence (si aujourd’hui elle se marque par quelques tweets, Diamond a fait plus direct autrefois en adressant un bras d’honneur à l’équipe qu’il venait de battre, une vraie légende) a caractérisé le paysage compétitif européen et lui a probablement donné sa tradition d’un jeu offensif.

InSec

Si vous avez découvert la scène esportive de LoL après 2014, vous n’avez probablement pas vu inSec à l’œuvre. Probablement l’une des plus grandes légendes coréennes du jeu, au premier sens du mot. Une légende, c’est quelqu’un dont le nom perdure au-delà du rationnel, et dont l’aura ne fait que se renforcer à chaque mention de son nom. Peut-être vous dites-vous qu’on en fait un peu trop pour inSec. Pour n’importe quel autre joueur vous auriez raison, mais pas lui. Figure emblématique de la jungle coréenne en 2013, il participe aux All-stars lors desquels il affronte l’Europe. Alors que la partie se stabilise, le Varus de Yellowpete, protégé par ses équipiers, s’avance sur la botlane.

InSec qui attend sa proie, quelques secondes avant le drame. Notez que le mouvement était tellement peu prévu par la caméra qu’il de déroule à moitié hors-champ. La première Insec compétitive a été loupée par l’observateur…
Crédits : Lolesports.com

Parfaitement positionné, le Lee Sin d’inSec fend les airs et se place derrière l’ADC avec une habileté folle avant d’envoyer le malheureux au milieu de l’équipe ennemie par un pied-bouche magistral. Le temps que l’Europe se demande ce qui est arrivé à son Varus, la partie est pliée. Les observateurs tentent de comprendre l’enchaînement du joueur coréen que personne n’imaginait possible. Aujourd’hui, on a généralisé et rendu commun le nom d’inSec pour parler des compétences permettant d’envoyer l’ennemi vers son équipe. Et vous, vous avez donné votre nom à quoi ?

Insec, c’est également un personnage hors du commun qui laisse toujours une impression indélébile. Il est également l’un des premiers joueurs à s’être exporté hors de Corée pour atterrir en Chine chez Star Horn Royal Club en 2014. Il s’y sent immédiatement comme un poisson dans l’eau et ouvrira la voie à l’exode qui aura lieu l’année suivante, montrant que la succes-story est possible. Cette année-là, l’équipe emmenée par inSec et Uzi est la seule à concurrencer l’armada Samsung en se hissant en finale des Worlds après une incroyable victoire contre Oh My God. Une demi-finale légendaire de la part d’inSec qui sort un Fiddlestick-autoroute de gala en troisième manche et un Pantheon pour la victoire décisive, alors que le score est de 2-2.

Un dernier « pin-pon » pour mettre en déroute OMG, inSec a complètement survolé ce duel chinois.
Crédits : Lolesports.com

Si la suite est moins éclatante, tout est déjà écrit. Son ward-trick sur Lee Sin (ainsi que la variante du kick-flash) est aujourd’hui la composante essentielle de n’importe quel Lee Sin joué à haut niveau, à tel point que l’on n’imagine pas comment on pouvait jouer ce champion avant cette découverte. Il a transformé un sort à vocation défensive en une arme d’annihilation de carry. Le créateur.

Madlife

Disons-le tout de suite, Madlife est un génie. Le premier joueur à avoir porter le rôle de support sur le devant de la scène, à montrer toute l’étendue et la richesse d’un poste souvent dénigré et relégué au second plan. Le petit Einstein de la Corée fait les belles heures de sa région aux All-stars, aux Worlds 2012 avec une finale contre TPA mais c’est surtout dès 2013 qu’il explose. Alors que les Sona, Alistar, Taric essaiment, Madlife propose du Blitzcrank et du Tresh avec une efficacité redoutable.

Les montages de plays de Madlife sont légions et font toujours vivre le mythe du joueur aujourd'hui.
Crédit : Thecarry

Parce qu’il réfléchit plus vite que son adversaire, qu’il a un coup d’avance et juste ce qu’il faut de folie, le joueur coréen restera dans les mémoires pour ses flash-grabs venus du futur, anticipant les mouvements paniqués de sa proie (notez qu’aujourd’hui faire une « madlife », c’est prédire le flash de l’adversaire avec un sort). C’est une chose de le faire dans sa chambre, c’en est une autre de le faire sur scène et c’est pour cela que Madlife sera considéré comme un dieu pendant le pic de sa carrière. C’est également l’un des seuls joueurs à tenter (et réussir) des engagements « à l’instinct », sans vision, basé uniquement sur le timing probable de l’adversaire. Se positionner sur une lanterne ennemie pour empêcher que quelqu’un ne la prenne ou, si cela ne marche pas, l’attraper directement au vol. Des choses communes aujourd’hui ont été expérimentées et perfectionnées par Madlife, un homme dont on peut sans conteste dire qu’il était trois ans en avance sur son temps et qui résolument, pour citer ESPN, « changeait le concept de support ».

Mata

Ne quittons pas tout de suite le poste de support, car il serait insultant de prétendre en avoir fait le tour sans mentionner le joueur que beaucoup considèrent comme le meilleur à ce rôle : Mata. L’hégémonie du joueur sur la botlane sera sans égal et ses partenariats avec les meilleurs ADC ont donné lieu à des duos mythiques comme le Imp-Mata de 2014, ou le Deft-Mata de 2018. Le petit génie à la bouille sympathique et aux petites lunettes rondes a rallié tout le monde à sa cause dès 2014 et son titre de champion du monde avec Samsung White. Difficile d’expliquer comment avec des mots, mais le support coréen était tout simplement partout sur la carte (dans une méta souvent centrée autour de Twitch qui favorisait les mouvements dans la Faille de l’Invocateur). On le retrouve soudainement au top pour punir un positionnement adverse, ou au mid pour attendre le jungler adverse. Sa science du timing l’a rendu célèbre au point de qualifier par après les excellents mouvements des supports de « roam à la Mata », et son Tresh est devenu légendaire. Il trouvait la faille à chaque fois quelle que soit la situation et n’a rien perdu de sa superbe lorsqu’il revient en Corée après un périple chinois de trois ans. Chez KT, son rôle glisse petit à petit vers le shotcall et l’analyse stratégique, ce qui ne l’empêche pas de se révéler décisif sur Alistar en finale de la LCK Summer 2018 où il permet à KT de décrocher son premier titre régional.

Crédits : Riot Games.

Respecté et craint de tous, Mata a largement contribué à l’évolution du rôle de support et s’impose, au moment de faire le bilan, comme un maestro de League of Legends.

Smeb

S’il y a bien un rôle qui n’a pas encore été abordé, c’est le toplaner. Autrefois dévolu à la fonction de sac à points de vie, le poste s’est petit à petit mué en un lieu décisif sur l’enjeu de la partie où des champions de plus en plus agressifs élisaient domicile. Cette transition s’est effectuée dans le sillage d’un joueur, l’un des premiers à avoir franchi le pas au plus haut niveau : Smeb.

En 2015, la toplane subit une petite révolution après un an de Shyvana-Renekton-Gnar-Lulu par l’arrivée de joueurs au caractère bien trempé qui n’hésitent pas à prendre des risques. C’est ainsi que l’on croise du Gangplank, mais aussi de la Fiora et même du Ekko. Tant de champions résolument offensifs.

Rappelons que Koo Tigers, c'est surtout un état d'esprit à venir déguisé en lapin écraser l'équipe adverse.
Crédits : OneGameNet

Positionné au top de la sulfureuse équipe KOO Tigers, Smeb fait partie de cette nouvelle vague de joueurs qui vont proposer un nouveau style de jeu basé sur la domination pure et dure de la lane en vue de déséquilibrer complètement la carte. Cette technique du 4-1, le joueur coréen s’en est fait une spécialité. Considéré comme la meilleure Fiora du monde en 2015, il n’est pas moins dangereux sur Riven ou Hecarim avec qui il écrase la concurrence aux Worlds de cette même année.

Crédits : Gamesoflegends.com

S’il échoue cependant en finale contre SKT, son style de jeu fait des émules et on ne compte pas le nombre de joueurs s’étant inspiré de Smeb dans les années qui ont suivies. Des joueurs comme Khan ou TheShy par exemple, perpétuent avec brio cette tradition de toplaner rouleau-compresseur à succès dont Smeb fut le premier représentant.

Uzi

Y a-t-il sur terre un joueur qui mériterait plus un titre mondial qu’Uzi ? En 2013, il était déjà là pour tenter de s’emparer du précieux sésame après un tournoi démentiel où il pose la référence de « Dieu mécanique » sur Vayne. Sa fidélité à l’équipe RNG lui aura probablement coûté quelques titres régionaux tant il était convoité dans et en dehors de la Chine, mais il aura en contrepartie gagné un respect immense. Un respect que l’on doit à chaque joueur qui travaille aussi dur que lui, année après année, tout au long de la saison. Jamais satisfait, insatiable, double finaliste des Worlds et homme des grands rendez-vous, sa légende se construit par ses incalculables teamfights menés en LPL où tout le monde se bat, tout le temps. Tel un enfant qui a grandi dans le combat, Uzi fait ce qu’il sait faire de mieux notamment sur Kaï’sa avec qui il se bat jusqu’au dernier point de vie. En 2018, il gagne le MSI dont il est élu meilleur joueur et fonce tout droit vers le « Grand Chelem » jamais réalisé (gagner toutes les compétitions d’une saison).

Le poing levé, symbole de victoire pour Uzi qui décroche enfin le titre de la LPL en 2018, notamment en été au terme d'un BO5 complètement fou.
Crédits : Riot Games.

Si la suite est moins grandiose avec l’élimination en quart de finale des Worlds 2018 et un échec en poule à l'édition 2019, cela ne fait qu’accroître l’immense respect qu’il faut donner à un homme qui fait hurler la foule de ses outplays depuis 2013. S’il existait un prix d’honneur à remettre pour l’ensemble d’une œuvre à un joueur dans le jeu, par pitié qu’on le donne à Uzi.

Cette image qui a fait tellement parlé d'elle est d'une puissance incroyable. Même les dieux pleurent...
Crédits : Riot Games.

xPeke

Alors que l’on approche de la fin de cette liste, il est enfin temps de revenir en Europe qui a certes moins brillé que la Chine ou la Corée durant ces dix années, mais qui a fourni de belles histoires et surtout, d’incroyables légendes. Qui de mieux en Europe personnifie mieux la légende que Señor xPeke ?

Enrique Cedeño Martinez est le passé et le présent de l’Europe. Une aura démesurée et une image extraordinaire pour un joueur qui a toujours pris les choses avec légèreté. Il a tout fait, joué tous les postes, connu tout le monde avec un premier chapitre chez Fnatic où il remporte trois titres régionaux et décroche une demi-finale tout en créant au milieu de cela un mouvement qui portera son nom (la « Peke ») aux IEM Katowice en 2013, contre Ocelote (qu’on aurait aimé mettre dans cette liste) et SK Gaming.

Un moment pour l'éternité, point de départ de la rivalité Peke-Ocelote en quart de finale des IEM Katowice. Kassadin d'un côté, Olaf de l'autre, le destin est déjà écrit.
Crédits : IntellExtremeMaster

À ce niveau-là, on a déjà de quoi faire. Et pourtant vous le connaissez très certainement pour sa deuxième partie de carrière à partir de 2015 et la success-story d’Origen, structure créée de toutes pièces par xPeke qui démarre de zéro en janvier et qui fait top 4 aux Mondiaux d’octobre durant lesquels le midlaner espagnol se rend célèbre pour une shockwave d’Orianna qui résonne encore dans les travées du Dock Pullman. Face aux difficultés des années suivantes, Enrique ne capitule pas et tente de boucher les trous. Il se retrouvera ainsi ADC, puis jungler, avant de passer définitivement au second plan et de se consacrer à la gestion de son bébé Origen.

Durant ses mille vies, xPeke a été midlaner, jungler, ADC, coach, analyste, commentateur, directeur de structure et égérie d'une marque de rasoir. Et il n'a pas 30 ans.
Crédits : Riot Games

Très actif sur les réseaux sociaux, n’hésitant jamais à faire une apparition en public et principalement connu pour sa rivalité avec l’autre figure espagnole de LoL Ocelote, xPeke fait partie des meubles en Europe et a contribué, à tous les stades de sa carrière, à faire rayonner l’Europe bien au-delà des frontières du jeu vidéo.

Yellowstar

Qui de mieux que Bora Kim pour clôturer cette liste faite de grands noms du jeu durant ces dix années ? L’ancien joueur Fnatic aujourd’hui coach chez LDLC est loin d’avoir volé sa place même si, depuis 2016, les évènements ne plaident pas spécialement en sa faveur.

D’abord et avant tout, Yellowstar c’est un palmarès de fou furieux. Vice-champion du monde de la saison n°1, double demi-finaliste en 2013 et 2015 ainsi que cinq (!) titres régionaux. D’abord officiant au poste d’ADC, il passe sur son rôle définitif en vue de la venue de Rekkles et se plaît immédiatement dans ce rôle qui magnifie la prise de décision et la vision de jeu plutôt que les réflexes. Jusqu’en 2015, il sera considéré comme un très bon support. Mais lors de cette cruciale année où toute l’équipe doit se reconstruire, Yellowstar entrera dans une nouvelle dimension. À la manœuvre de l’éclatante équipe Fnatic de 2015 qui révéla Febiven, Huni et Reignover, il s’impose comme le stratège qui comprend où se passera l’action une minute à l’avance et reçoit notamment les louanges de Mata.

Crédits : Riot Games

 Il faut dire que l’on retrouve un style très coréen dans les déplacements du joueur français sur la carte, parfois là où personne ne l’attend et surprenant l’adversaire avec sa Annie.

La lancé de Tibbers par-dessus le mur des corbins pour sceller le sort d'Origen en finale du Summer split de 2015 pour arracher la victoire 3-2, un classique de Yellowstar.
Crédits : Lolesport.com

En plus de réaliser le split parfait (18-0), l’équipe sera, des dires des joueurs professionnels, la seule à réellement rivaliser avec SKT à ce moment-là. À l’instar de son ancien coéquipier xPeke, Yellow aura prouvé que l’on peut arriver à de grandes choses à force de travail et d’abnégation. Personnalité immensément appréciée en Europe, il revient en 2017 en tant que coach de PSG-Esports, puis de LDLC qui lui réussira mieux.

Loin de se prétendre exhaustif ni reflet d’une quelconque objectivité, ce parterre de joueurs représente l’évolution d’un jeu qui n’a cessé d’être modelé, construit par les joueurs. À l’instar d’autres sports et esports, League of Legends est aujourd’hui le produit des évènements, joueurs de légendes, tournois extraordinaires passés. Ces joueurs, comme bien d’autres, se sont engagés corps et âme dans un jeu auquel ils croyaient et, sans s’en rendre compte, ils ont fait évolué ce dernier bien plus que ce qu’ils imaginaient. Qui seront les légendes de demain ? Quels noms resteront ?

Poster un commentaire

Vous devez être connecté pour pouvoir poster un commentaire.