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13 nov. 2014 - Cocacolique Divers

L'envers du jeu : introduction

L'envers du jeu : introduction

Le jeu vidéo, en un demi-siècle, aura envahi notre quotidien et bouleversé à jamais notre société. À travers une série d'articles, je vais décortiquer ses différents aspects. Mettre le doigt sur certains phénomènes, sur des influences, sur cette révolution, pour tenter de comprendre le changement culturel que nous avons connu. Je vous invite d'ailleurs vivement à en débattre ensemble dans les commentaires. Mais commençons par le commencement en introduisant le jeu vidéo, sa définition et son évolution.

Une interaction ludique entre l’Homme et l’ordinateur

Je veux éviter de vous sortir une définition de base toute prête et préférer vous parler de la notion d'art vidéoludique, mais je dois quand même préciser que le jeu vidéo, c’est, comme son nom l’indique, un jeu électronique qui nécessite pour son usage des périphériques et un moniteur. Cela désigne tous les programmes et équipements informatiques qui nous offrent une expérience de jeu. Et c’est déjà énorme. Car ça veut dire que les programmes éducatifs V-Tech de notre enfance sont des jeux vidéo, que le laser game, c’est aussi du jeu vidéo, et que même fermer des pop-ups avant qu’ils ne bougent dans tous les sens est considéré par certains comme une forme sadomasochiste de jeu vidéo.

Voilà, le jeu vidéo, c'est tout ça. Mais le jeu vidéo traditionnel tel qu’on le connaît est d'abord né dans les années 60 par des formes rudimentaires de jeux de tennis peu après l'arrivée des ordinateurs, et est devenu en quelques décennies incontournable, notamment après l’arrivée sur le marché des premiers équipements informatiques grand public et des bornes d’arcade, dans les années 70 et 80. L’aspect artistique était relégué au second plan à l'époque : on se contentait d’un personnage principal dessiné en trois couleurs, de quelques phrases pour accompagner le jeu d’une histoire très bateau (gna gna méchant, gna gna gna princesse, gna gna gna bisou), d’une musique qui tourne en boucle... et c’est déjà tout. Insert coin. Le jeu vidéo n’était encore vu que comme un jeu, même si déjà certains créatifs, presque exclusivement japonais à l'époque, y allaient de leur bon plaisir en essayant tant bien que mal d’arriver à quelque chose de plaisant avec les moyens du bord. C'est après cela qu’on vit arriver les premiers personnages emblématiques du jeu vidéo et les premières mascottes, dont le plombier puceau et le hérisson dopé.

Les contraintes partent, les idées restent

Puis est arrivée la génération de la Playstation. Le format CD permettait d’ajouter du contenu média comme des cinématiques ou de la musique autrement qu’en 8 bits quand les problèmes d’axe Z laissaient place à la 3D et à la guerre des polygones. Alors certes, ces avancées technologiques existaient déjà sur PC, mais ça coûtait très cher à l’époque. Et sinon, il y avait toujours la CD-I, la console de Philips. Mais celle-ci est plus connue pour les cinématiques désastreuses de ses jeux Zelda – devenues sources de parodies sur le net – que pour ses qualités intrisèques.


« J'te crois pas, y a vraiment des gens qui ont acheté cette console ? Tu veux plaisanter ! »

C’est donc dans les années 90 que la subtilité vidéoludique prit véritablement son envol. Les développeurs ayant enfin les moyens d’aller au bout de leurs idées, on vit arriver des jeux tels que Metal Gear Solid, Final Fantasy VII ou encore Gran Turismo, aux sensations prenantes, surprenantes pour l’époque. Ce dernier sera d'ailleurs le jeu le plus vendu de la PlayStation. Ça y est, le jeu vidéo commence à perdre son étiquette de divertissement pour gamins pour quelque chose de plus mature, comme en témoigne l’arrivée de Grand Theft Auto, un jeu (non-érotique) réservé aux adultes qui, avant même l’affaire Hot Coffee, faisait déjà scandale auprès des médias par sa vulgarité, son absence de morale et sa violence, mais qui proposait aussi une vraie histoire, une mise en scène inspirée des films de gangsters – même si c'est loin d'être aussi bon que dans GTA V – et une liberté de mouvements alors inédite dans le jeu vidéo. Tomb Raider, d’une autre manière, visait aussi un public adulte. Mais pas tout à fait pour la même chose, si vous voyez ce que je veux dire.

Un art de plus en plus reconnu

Les années 2000, avec l'arrivée de la PS2, de la Gamecube, de la Xbox et avec un public PC qui devient massif, puis l’apparition de la haute définition, achèveront d’élever le jeu vidéo au rang d’art. Le niveau technologique atteint permet désormais aux développeurs de surmonter quasiment tous les obstacles à la démarque artistique. Certains jeux de cette génération ont autant voire mieux marqué les joueurs par leurs ambiances que par le simple amusement qu’ils procurent. On vit arriver des jeux prenants tels que Resident Evil 4 (les précédents sont bons mais celui-là est excellent), Okami ou Viewtiful Joe, sans oublier le jeu qui m’a personnellement marqué au fer rouge, GTA Vice City. Mais c’est loin d’être le seul, et ce phénomène croît encore et encore avec l'affichage des jeux en haute définition pour en arriver à notre génération de consoles actuelle. Sauf qu’aujourd’hui, pour trouver des innovations, il vaut mieux se diriger vers les petites boîtes, souvent indépendantes, voire chez les créateurs amateurs, qui osent et s'essayent à de nouvelles idées, tant sur le gameplay que sur la patte artistique. C’est comme ça que sont arrivés Super Meat Boy, Mirror’s Edge, Pain, Minecraft et autres Candy Cru... Euh non, les jeux où il faut aligner des bidules colorés, c’est vieux comme le monde ça.


Avouez que la différence est saisissante

Après, les grands acteurs du jeu vidéo apportent aussi des innovations, mais plutôt que d’être le résultat d’un brainstorming intense, elles sont principalement technologiques, comme si on avait fait le tour de ce qu'on peut faire à la manette classique. La réalité augmentée de la PS Vita, la caméra de Kinect, les capteurs de mouvements de la Wii, le tactile des smartphones, le jeu en ligne en haut débit, la 3D de la PS3 : ces innovations proposent des façons alternatives de jouer. Et nous ne savons pas encore ce que nous réserve l’Oculus Rift, appareil financé par un crowdfunding et récemment racheté par Facebook, même si pour l'instant c'est plus un gadget qui donne mal au crâne qu'autre chose. Cependant, comme pour tout, ces nouveautés sont certes attendues, mais surtout redoutées : une fois démocratisées, ces innovations vont radicalement changer le paysage vidéoludique, et pour certains, les grosses entreprises peuvent forcer indirectement les joueurs à s'y mettre. Le jeu en ligne a bien rendu obsolète les campagnes solo de certains jeux, qui sait ce que nous réserve l'avenir ?

Tout est possible

Le jeu vidéo est un sujet très vaste qu’on ne maîtrisera jamais assez. Un art qui a appris du monde et qui nous apprend le monde, un art qui, plus que n’importe quel autre, nous possède, nous transcende, va nous faire gueuler et va nous faire sauter de joie, va nous frustrer et nous rendre violents, va nous... Coucou TF1 ! Euh, non, j’ai pas dit violent, héhé, j’ai dit euh... violet, voilà. L’irrigation du sang, le stress, tout ça, héhé... Mais non, pas violé, violet, comme la couleur de votre visage si vous continuez à déformer mes propos comme vous le faites à chaque fois que vous parlez jeu vidéo.


« Dans les titres de ce journal, un journaliste de notre équipe a été sauvagement agressé par un jeune homme de 21 ans. Le criminel avait l'habitude de jouer aux jeux vidéo, essentiellement à TrackMania et Sim City, deux jeux d’une extrême violence. »

Bref. Je vous invite à un grand voyage à travers les entrailles de notre média préféré via ses origines et ses conséquences, ses subtilités et ses dérives, ses influences et sa culture. Nous allons ensemble explorer des contrées lointaines, méconnues, inexplorées ou simplement négligées du jeu vidéo, de l’eSport à la tendinite en passant par l’architecture, le marketing, la musique, le tool assisted, les easter eggs ou encore la psychologie. J’espère que vous apprécierez. Attachez vos ceintures !

 

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1 commentaire

XarAyanee
XarAyanee - 16/11/2014 01h51

Salut bon article, tu as du prendre du temp pour écrire autant.

C'est vrai qu'on a fait du chemin dans ce domaine. Qui aurais put dire qu'on passerai de Pong à GTA, SC2,LOL, FF,..........................  ?

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