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13 déc. 2014 - Cocacolique Divers

L'envers du jeu n°2 : pourquoi joue-t-on ?

L'envers du jeu n°2 : pourquoi joue-t-on ?

Le jeu vidéo ; une activité au succès croissant. Comme je l’expliquais dans l’article précédent, notre population joue de plus en plus et de plus en plus souvent, parfois jusqu’à ne plus pouvoir s’en passer. Mais, il y a une question qu’on ne se pose jamais alors même qu’elle est primordiale pour bien comprendre le phénomène : pourquoi joue-t-on ? Alors oui, le jeu vidéo est un amusement, et comme l’Homme aime s’amuser, il joue à la Playstation. Cependant, la question est un poil plus profonde.

Liberté, égalité, envie de jouer

J'ai déjà abordé ce sujet en partie la dernière fois : l’avantage du jeu vidéo sur d’autres activités, c’est qu’on peut jouer partout, un peu n’importe quand, et sans avoir forcément besoin de se concentrer. En cours, dans le métro, au tribunal ou pendant un coït, tous les moments sont bons pour éclater du zombie, alors qu’il faut une table pour jouer aux cartes, de la lumière pour dessiner et de l’énergie pour danser. Mais, dans les moments où l'on a le choix, qu’est-ce qui fait qu’on va vouloir prendre sa manette plutôt que de lire ou de se remuer les méninges ?

Réfléchir ? C’est quoi ça ?

Eh bien, d’abord parce que, comme la littérature et le cinéma, le jeu vidéo a énormément de choses à raconter. Les jeux triple A ont, pour la plupart, une histoire aussi intéressante que le dernier film que vous avez vu, quand ce n’est pas, parfois, directement adapté d’un film ou d’un roman. Et les jeux à moins gros budget ne sont pas forcément moins bien lotis, en tous cas, tant qu’on ne parle pas d’un jeu à licence. Par la longueur d’un jeu, les scénaristes peuvent se permettre d'entrer dans les moindres détails, d’ajouter une grande quantité d’histoires secondaires, construisant un univers d’une taille que seules certaines sagas à l’instar de Star Wars ou du Seigneur des Anneaux sauront atteindre. Par exemple, pour ne citer que lui, Skyrim contient plus de lignes de dialogue que tous les films James Bond cumulés.

Un conte pixellisé

Par son point de vue, le jeu vidéo nous conte son récit d’une façon inédite. Mais, il offre aussi une vraie valeur ajoutée : le fait d’être acteur, plutôt que simple spectateur. En contrôlant un des personnages principaux, l’immersion est considérablement augmentée : on a plus de facilité à se voir à travers le héros, puisqu’une partie de ses actions provient directement de la volonté du joueur. Pour ce qui est de l’immersion, la personnalisation peut également beaucoup aider. Certains jeux, principalement les jeux de rôle, proposent au joueur de créer son propre personnage, de A à Z, et de mener sa propre épopée. Là, certains joueurs peuvent passer des heures sur la création de leur avatar, qu’ils se construisent à la manière d’un orfèvre. Ils passent carrément d’acteurs à créateurs.

L’histoire tragique d’un plombier tombé amoureux d’une princesse. Récompensé aux César.

Le jeu vidéo apporte ainsi cette touche en plus : on peut en écrire l’histoire. Beaucoup de jeux vont alors profiter de cette différence et proposent plusieurs dénouements selon les actions et les choix que fera le joueur, chose rare dans les autres médias. Le joueur est en plein dans l’action, excité par le jeu et mis sous pression par l’enjeu. Cet apport d’adrénaline est un véritable bol d’air pour les joueurs vivants dans une certaine monotonie, et plus généralement, c’est une bonne alternative à la banalité du quotidien. Le jeu vidéo a pour habitude de proposer au joueur de le rapprocher de ses fantasmes irresponsables et de ses rêves impossibles. Gagner le Super Bowl, faire des cascades, être dictateur, pilote de F1, utiliser la magie noire ou décapiter un piéton : tout cela est virtuellement à portée de doigt. Acheter une simulation aéronautique sera moins compliqué qu’acquérir un Rafale. Quant au lance-roquette, l’utiliser sur des PNJ - personnages non-jouables - ne vous mènera pas en prison. Le joueur a, alors, accès à des sensations uniques, qui n’étaient pas à sa portée, et ça, ça n’a pas de prix. Enfin si, celui d’une console.

Un plaisir solitaire... mais pas que !

Sans tomber dans la caricature, le jeu vidéo permet aussi à ses plus fervents adeptes - en tous cas, depuis l’arrivée du haut débit - de prendre part à une vie sociale sincère, enlevant une grosse épine au pied des plus frustrés et des plus timides de notre monde. Se retrouver avec des gens qui partagent la même passion est un plaisir que beaucoup d’individus oublient, et je pense surtout à la génération NRJ12, c’est-à-dire, ceux qui pensent avoir une vie épanouie simplement parce qu’ils sortent en boîte chaque samedi soir et qu'ils s’en contentent. Alors oui, les passionnés de jeu vidéo ont mis du temps à sortir du stéréotype mal vu du nolife, mais aujourd’hui, la moitié du pays joue régulièrement. Il existe des forums, des rassemblements, des évènements, des tournois où se retrouvent des centaines, voire des milliers de personnes, pour le même plaisir vidéoludique, et il existe même désormais des bars dédiés aux jeux vidéo : le gamer asocial n’est plus vraiment obligé de le rester.

5000 asociaux sont sur cette photo, sauras-tu les retrouver ?

Après, il y a quand même une explication à ceux qui continuent de jouer seuls : l’évasion. Certains jeux font office d’échappatoire, de portails qui donnent sur d’autres univers, bienvenus quand on a envie d’oublier ses soucis et de faire une pause. On peut laisser sa vie de côté pour prendre part à une aventure, vers de nouveaux horizons, ou plus facilement, à une autre époque. Et avec la recherche effrénée de photoréalisme à laquelle se livrent bon nombre de développeurs, certains joueurs plongés dans ces univers de fiction ont même du mal à en sortir. Pas forcément par addiction comme dirait l’autre ‪#‎TF1‬ mais plutôt parce que ces univers ont plus à offrir que notre propre monde.

Mieux vaut un tu tuas, que deux tu tueras

Enfin, le jeu vidéo détend aussi avec un autre procédé : la catharsis. Pour ceux qui ne le savent pas, la catharsis est un concept vieux comme le monde, selon lequel, à peu de choses près, voir ou effectuer virtuellement une action malsaine enlève l’envie et le besoin de la commettre en vrai. Traduction : dans un moment de colère, fusiller un village nord-coréen, ça soulage. J’espère que vous en voyez les grandes lignes vu l’évidence du procédé, mais au pire, de toute façon, je développerai cette idée dans le prochain article. Cependant, tout le monde n’est pas d’accord avec cette idée, notamment les médias traditionnels et les personnalités politiques, pensant au contraire que les jeux vidéo incitent à la violence en montrant la facilité et le plaisir qui en découlent, prenant au passage des millions de joueurs pour des abrutis. Mais bon, la télévision est obligée de basher un concurrent direct pour garder son audience. Les politiciens, quant à eux, avec quelques billets, on en fait un peu ce qu’on veut, vous savez...
Bref.

Le jeu vidéo a l’avantage de rassembler l’art et l’action au sein d’une même entité, et c’est une des activités qui a le meilleur rapport plaisir / effort au monde, à peu près au même niveau que... le sexe. Cependant, là où les rapports sexuels sont vus comme le sacro-saint objectif, le symbole ultime d’un bon nombre de personnes, le jeu vidéo, lui, est encore vu comme une passion dégradante, simplement au prétexte qu’un gros joueur n’a plus de vie. Mais, c’est là que le gamer vous dira qu’au contraire, justement, il en a plusieurs, des vies.

 

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3 commentaires

Cardey
Cardey - 14/12/2014 09h53

Certains jeux représentent aussi un défi à surmonter , Tout comme quelqu'un qui pratique un sport un joueurs va progresser si il s'entraîne sur un même jeu et enfin surmonter les obstacles qui le bloquaient , que ce soit sur des jeux en ligne ou l'on est confronté à d'autres personnes ou alors à des jeux à jouer seul tels que Dark soul, super meat boy ou cook serve delicious pour donner des exemples varié.

gardial
gardial - 15/12/2014 16h53

"Le joueur a, alors, accès à des sensations uniques, qui n’étaient pas à sa portée, et ça, ça n’a pas de prix. Enfin si, celui d’une console." + le prix du jeu ;) (bon ok... je sors )

"tout le monde n’est pas d’accord avec cette idée, notamment les médias traditionnels et les personnalités politiques, pensant au contraire que les jeux vidéo incitent à la violence en montrant la facilité et le plaisir qui en découlent, prenant au passage des millions de joueurs pour des abrutis."
Très bon article, qui devraient être adressés à cette catégorie d'ignorants, mais comme un moine shaolin m'a dit un jour : Laissons les vieux croûtons et les simples d'esprits penser dans leurs coins... ils pourront mieux se nourrir entre eux comme ça.



Cocacolique
Cocacolique - 22/12/2014 00h31

"+ le prix du jeu" pas forcément ! Démos, free-to-play, jeux piratés ou simplement gratos, le software n'est pas forcément payant.

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