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18 mars 2017 - Hatnuz League of Legends

LCS EU : tout est-il déjà fait ?

LCS EU : tout est-il déjà fait ?

Alors qu’il reste deux semaines et quelques matchs par équipe à disputer dans chaque groupe, il est déjà l’heure de tirer un bilan de ce Spring Split avec six prétendants aux playoffs qui n’ont pratiquement jamais bougé de place. Petit tour des questions qui restent et des questions qui fâchent…

Quel est l’enjeu de ces deux dernières semaines ?

Tant pour le groupe A que pour le groupe B, l'enjeu sera clairement limité. Pas question ici d'avoir une dernière semaine avec seulement des matchs « couperets », comme cela avait pu être le cas les dernières saisons, puisqu'avant même le début de la huitième semaine : G2, Misfits, H2K et UOL sont assurés de playoffs. Le format de ces derniers n'a pas changé et la première place assure toujours un ticket direct pour les demi-finales, tandis que le deuxième d'un groupe affrontera le troisième de l'autre groupe.

L'état des lieux à la fin de la huitième semaine avec, comme on peut le voir, un seul point de contestation au niveau du bas de tableau dans le groupe A. Note : résultats de Splyce-Origen non pris en compte. Crédits : Lolesport.

Concernant le haut de tableau et au regard du niveau globalement homogène des équipes du top, c'est donc avant tout une course à la première place qui est lancée. À ce titre, les matchs de ce vendredi ont été déterminants puisque, dans chaque groupe, les deux prétendants se sont affrontés.

Alors qu’UOL a confirmé sa supériorité sur H2K par une victoire 2-1, Gamers2 a eu un peu plus de mal contre Misfits, mais a pu compter sur un Zven étincelant qui gagne haut la main son duel contre Hanssama.  Les deux premiers de groupe semblent désormais imperturbables.

Outre les incroyables performances de Zven sur Kalista et Caitlyn, on a eu droit à un très rafraîchissant matchup Kalista-Lucian, profitant tous deux de l’up de la Lame du Roi Déchu.

Le bas de tableau, quant à lui, risque d'être beaucoup plus stressant pour les joueurs car, si Vitality s'est sauvé en battant Origen jeudi, la bataille est toujours acharnée entre Roccat et Giants pour savoir qui devra affronter le Promotion Tournament et ses équipes très prometteuses. Même si Roccat a remporté hier son match – justement contre Giants – n’oublions pas qu'ils ont un match de retard.

Pour Fnatic et Splyce, les deux équipes faisant office de ventre mou de chaque groupe, la situation est légèrement différente. Fnatic n'est toujours pas à l'abri d'une remontée Roccat et la fin de saison régulière risque d'être stressante (avec notamment les deux derniers matchs contre G2 et Misfits).

Quant à Splyce, il suffira d'éviter le piège contre Vitality la semaine prochaine pour garantir des playoffs.

Existe-t-il un scénario improbable ?

Le règlement stipulant toujours qu'en cas d'égalité au score, les confrontations directes entrent en compte avant un éventuel tie-break, Origen n'a plus rien à espérer. En revanche, Vitality comme Giants ou même Roccat peuvent tenter une remontada, qui semble être dans l'air du temps en ce moment. Pour les scénarios improbables, c'est à peu près tout. À noter qu'en confrontation directe, Roccat et Fnatic sont à un partout.

Qui ressort gagnant de ce nouveau système de split ?

Pour la première fois depuis l'instauration des LCS, l'Europe intègre un nouveau système en Bo3 comparable à ce qui se fait en Chine, avec pas mal de changements dans le « qui joue contre qui ». Pour résumer succinctement : chaque équipe joue deux fois contre les équipes de son groupe, et une fois contre celles du groupe adverse, pour un total de treize rencontres.

Les deux autres ligues majeures proposent un système plus classique et dix-huit Bo pour chaque structure. En revanche, la Chine arbore quelque chose de beaucoup plus proche de l'Europe – déjà utilisé l'année passée – avec deux groupes de six équipes et treize Bo par équipe.

On a donc sur une saison régulière entre vingt-six et trente-neuf matchs pour une équipe : c’est sensiblement plus que les dix-huit matchs du Summer Split passé. Mais ce qui change, c’est que l’on joue beaucoup plus contre les mêmes adversaires. On favorise de ce fait la capacité d’adaptation et les stratégies spécifiques pour contrer une équipe en particulier. Couplé avec le système de Bo3 et les cinq bans par équipe, les coachs ont beaucoup plus de travail à fournir.

Un autre aspect de cette polarisation en deux groupes distincts est qu’il est plus difficile d’avoir une réelle idée de la hiérarchie de niveau. Par exemple, où se situe Misfits par rapport à H2K et UOL ? Et Splyce par rapport à Fnatic et Roccat ? Difficile de juger sur un Bo. Ce n’est que lors des playoffs que nous aurons une réponse définitive.

Pourquoi a-t-on l’impression que rien n’a bougé dans le classement  depuis le début ?

Quittons un moment le domaine du descriptif pour rendre compte d'un phénomène plus global, et qui a touché l'entièreté de la compétition européenne depuis janvier : l'immobilité criante du classement.

La saison n'est pas encore terminée et, comme vu plus haut, des équipes peuvent encore échanger leur place. Mais globalement, ces huit premières semaines de compétition ont arboré le même profil depuis les premiers matchs. Les plus forts ont gagné contre les plus faibles, et très vite les écarts se sont creusés, polarisant dans chaque groupe un peloton de trois équipes jouant les playoffs, et un duo de poursuivants se battant contre la relégation.

Seul le sursaut de Roccat en cette fin de saison régulière, couplé à de larges contre-performances de Fnatic, viendra sans doute amener – enfin – un peu de suspense pour la troisième place.

Le midlaner Roccat, souvent pointé du doigt au début de championnat, vient d’aligner une quatrième victoire d’affilée avec son équipe. Crédits : Riot Games.

Un chiffre illustrant l'aspect figé de la compétition ? Cinq. C'est le nombre de parties gagnées des six équipes les moins bien classées contre les quatre équipes les mieux classées. Si on se limite au nombre de Bo3 gagnés selon le même principe, le chiffre tombe à zéro. Concrètement cela signifie quoi ? Tout simplement qu'il n'y a eu aucune grosse surprise en LCS Europe. Par comparaison, l'équipe coréenne Afreeca Freecs (classée 6e) a perdu contre l'avant-dernier de la LCK (Jin Air) et, quelques jours plus tard, a renversé les SKT T1. Cette notion du « tout le monde peut battre tout le monde » est un des aspects de base de n'importe quelle compétition qui se veut attractive.

Et attractifs, les LCS EU sont loin de l'avoir été.

Que peut-on réellement espérer sur la scène internationale ?            

Les playoffs permettront sans doute d’avoir une plus claire idée du niveau européen. Avec la baisse de régime des UOL, il semble se dessiner une trinité G2-UOL-Misfits : trois équipes au style de jeu très différent (centré au tour de Zven, d’Exileh ou de KakaO), mais une seule sera envoyée au Mid-Season Invitational.

Mais où se place l’Europe sur la scène internationale ? Par rapport aux NA ? L’équipe qui s’envolera pour le Brésil aura encore à l’esprit le spectre des IEM Katowice où les Flash Wolves s’étaient imposés au nez et à la barbe de nos meilleures équipes. De plus, cette édition 2017 accueillera de nombreuses équipes Wildcard, des joueurs qui joueront certainement leur va-tout et qui auront tout à gagner contre des Européens réputés pour leur irrégularité chronique sur la scène internationale.

Il y a un an, le MSI avait été un douloureux souvenir pour la première sortie hors Europe de Gamers2, qui avait terminé avant-dernier (deux victoires et huit défaites), juste devant l’équipe SuperMassive. Crédits : Riot Games.

Mécaniquement, des joueurs comme Mithy, Hanssama ou Febiven n’ont rien à envier aux meilleurs – quoiqu’on soit en droit d’attendre au moins une shockwave réussie sur une partie… – mais les récents matchs entre les équipes du top ont révélé des grosses lacunes en termes de plan de jeu, de synchronisation et de stratégie.

Cette fin de saison régulière doit permettre aux équipes de se rassurer et d’enfin trouver le niveau de jeu à la mesure de son ambition. Messieurs, il va être l’heure de montrer que l’Europe, à défaut d’avoir un championnat attractif, possède des qualités et sait faire sauter des Nexus avant les 45 minutes de jeu.

1 commentaire

Coolback
Coolback - 03/04/2017 12h12

La Corée a l'air plus forte que jamais, alors que toutes les autres régions, c'est de la clownfiesta.

Aussi bien l'EU que les NA, n'en déplaise aux rageux, quand TSM perd contre le top 2 des équipes les plus nulles de sa région, cela n'augure rien de bon.

Les Worlds sont déjà joués.
La finale, sauf malchance dans l'arbre final sera SKT vs SSG, remake de l'année passée, avec encore, un 3-2 pour SKT et un quatrième titre de champions.

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