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28 juin 2014 - FatalBoobs Divers

Le coin des dev's #1 : focus sur... Atari

Le coin des dev's #1 : focus sur... Atari

L'histoire des jeux vidéos, qui commence en 1952 avec la création d'Oxo – un morpion sur ordinateur – est marquée par nombre de grands noms, qui ont permis le développement des jeux, et dont le souvenir peut rendre plus que nostalgique nos cœurs de gamers. Qu'il s'agisse de Nintendo, d'Activision, de Blizzard ou encore de Valve, leur rôle en tant de développeurs mérite que l'on se penche sur le travail de ces différentes compagnies. Intéressons-nous donc avec cette chronique à ces piliers fondateurs de l'univers du jeu vidéo, en commençant aujourd'hui par Atari !

 

Je vous entends bien me dire : « Atari, c'est mort, la société n'a rien fait depuis les années 1980 au moins... », et je dirais volontiers « détrompez-vous ». J'aurais en partie raison, car la société existe toujours ! Atari est encore vivante aujourd'hui, et bien que ses plus grands succès aient effectivement été dans les années 1970-1980, elle n'a pas totalement disparu. Mais laissez-moi vous présenter ses forces et ses faiblesses, en vous parlant un peu de son histoire.

 

Jeux sous Atari

Quelques jeux sur Atari

 

Les années arcades et le jeu Pong

Je vous rappelais un peu plus tôt que les premiers jeux vidéos étaient apparus dans les années 1950, notamment avec Oxo en 1952 considéré comme LE premier jeu jamais créé. L'histoire d'Atari commence vingt ans après, lorsque la société est créée aux États-Unis en 1972 par Nolan Bushnell et Ted Dabney.

Replaçons cette entreprise dans son contexte : la naissance des jeux vidéos, et surtout leur essor, ne s'est pas faite en deux jours, ni même en dix ans. Les années 1950 et 1960 ont pour cela constitué une véritable époque de tâtonnements, où les jeux étaient presque créés à titre scientifique, et encore très inaccessibles au grand public. Atari devient en fait la première entreprise à commercialiser les jeux vidéos de manière familiale, ce qui constitue en soi l'une des premières grandes révolutions de cet univers.

Et de ces jeux vidéos, parlons-en : le fameux Pong est développé dès la fin de l'année 1972 sur borne d'arcade, et connaît rapidement un grand succès – plus de 35 000 exemplaires vendus, et l'ajout en 1975 d'une version beaucoup plus familiale appelée Atari Pong proposée sur console de salon – la Ping-O-Tronic. D'autres jeux voient le jour comme Space Race en 1973 ou Breakout en 1976 – notamment développé par Steve Jobs et Steve Wosniak, les futurs fondateurs d'Apple, qui travaillent à l'époque pour Atari ! -, ce dernier s'imposant comme un nouveau succès, mais qui n'égalera jamais celui de l'icônique Pong.

 

Aperçu du jeu Pong

L'interface de Pong, bien connue de tous les joueurs !

 

Pong : un succès sans faille

Avez-vous déjà joué à Pong sur une console Atari ? Si vous avez un jour la chance de l'essayer, ou si vous en avez déjà eu l'occasion, vous ne resterez pas insensible au charme d'un jeu à la fois si désuet et si ingénieux. Le principe est simple : il s'agit d'une sorte de jeu de tennis, avec une balle – ou plutôt un pixel – renvoyé d'un côté à l'autre de l'écran, des barres pour la renvoyer, et l'affichage des scores sur la partie supérieure de l'écran. Un jeu qui peut sembler ennuyeux au premier abord, mais qui pour 1972 constituait une véritable révolution dans le salon ! Rappelons que l'insertion des télévisions dans les foyers date seulement des années 1940 – et encore, on ne peut pas vraiment considérer qu'elles aient été à cette époque-là omniprésentes, loin de là. Développer un jeu accessible au public seulement trente années après a donc bien plus de valeur qu'on ne pourrait le croire. Je vous invite à tester une version améliorée du Pong sur ce site, et vous verrez comme ce simple écran en noir et blanc, constitué d'à peine quelques pixels et des sons « cheaps » peut être prenant ! Voici également une vidéo du gameplay original, et avec la jouabilité de l'époque, je vous laisse imaginer les premiers ragequit !

 

L'époque des consoles et la domination du marché

Grâce à ses succès remportés par les jeux vidéos, Atari Inc. décide de se lancer dans l'univers des consoles, puis des ordinateurs. Mais la société manque de fonds, et Bushnell revend Atari à Warner Communications en 1976 pour la rondelette somme de 28-32 millions de dollars afin qu'elle développe une console capable de faire tourner les jeux Atari de l'époque.

 

L'Atari 2600 : la consécration de la compagnie

En 1977 naît donc l'Atari 2600 – aussi appelé Atari VCS à sa sortie – proposé dans un bundle avec deux joysticks et le jeu Combat, qui sera ensuite remplacé par Pac-Man à sa sortie en 1982, bien qu'il en existe également une version à 200$ proposée avec neuf jeux. Elle sera disponible en Europe à partir de 1980.

 

Atari 2600

Une version « bois » de l'Atari 2600

 

Le succès bien établi d'Atari amène à la fin des années 1970 et tout début des années 1980 l'âge d'or de la société, qui réalise de très bons chiffres d'affaire et propose à ses joueurs des titres à la notoriété déjà bien ancrée, tels que Pong ou Breakout, mais de nombreux nouveaux titres également comme Pole Position, Pitfall, Galaxian, ou Outlaw. La sortie des jeux s'accélère, et l'adaptation de Space Invaders pour l'Atari 2600 renforce grandement le succès de la console, qui se vend alors à plus de quatre cent mille exemplaires en une année. Ainsi jusqu'en 1982, l'Atari 2600 domine 80% du marché : une véritable réussite pour la société, qui arrive alors son apogée et domine l'univers des jeux vidéos.

 

Le marché des ordinateurs, un bilan mitigé

En outre, Atari se spécialise pendant un certain temps dans les micro-ordinateurs, en créant notamment la série de l'Atari 8-bit 400 et 800 en 1979. Le succès n'est pas immédiat car le public associe essentiellement la société aux jeux vidéos et non à l'informatique, mais grâce aux séries XL et XE qui apparaissent en 1982, la société parvient à vendre un grand nombre d'ordinateurs à des particuliers.

 

Atari 800

L'Atari 800, un des premiers ordinateurs grand public du XXe siècle

 

1983, année fatidique pour Atari

Mais le développement rapide des jeux vidéos et de l'informatique amène bien entendu de la concurrence, surtout après un article de mars 1982 publié par The Economist affirmant qu'Atari représente 75% du marché et réalise 400 millions de dollars de profits : de nombreuses entreprises décident de mettre la main à la pâte pour envahir le marché du jeu vidéo et de l'informatique.

Dès le début des années 1980, Atari est donc fortement confrontée à ses concurrents. Commodore est encore leader sur le marché des ordinateurs, et Apple – fondée en 1976 – lance ses premières séries d'ordinateurs à la même période – le premier Macintosh apparaît en 1984. Le krach du jeu vidéo de 1983 aux Etats-Unis rend les choses encore plus difficiles pour Atari, et cette année-là la société est en partie revendue à Commodore International, du moins pour la branche « ordinateur et console de jeu » qui devient alors Atari Corporation. Atari Games, l'autre branche de la société, appartient à Namco pendant quelques mois en 1985, mais récupère son indépendance par la suite.

 

Atari Corporation et Atari Games, deux sociétés désormais séparées

Marble Madness, Paperboy, Super Sprint ou Hard Drivin' renforcent le succès d'Atari Games, mais à la suite de difficultés financières, la branche passe rapidement de mains en mains, et est rachetée par Tengen, puis par WMS Industries en 1996.

L'instant nostalgique : Player Manager (1990)

Player Manager

Ah, la belle époque, quand j'avais 8 ans et que je jouais sur Atari ST à Player Manager (le jeu avait déjà 10 ans à ce moment là, mais qu'importe). Ce jeu est à la fois un condensé d'injouabilité totale et de superbes souvenirs, quand je m'accrochais à mon joystick en courant partout pour qu'on ne me pique pas le ballon. Sorti en 1990, le principe est simple puisqu'il s'agit d'un jeu de foot basique. Mais quelle orientation de caméra ! Une vue du dessus sans savoir où l'on se dirige, malgré un overlay sur le côté permettant d'avoir une idée générale du terrain : mais tout se passe bien trop vite pour faire des passes réellement calculées. Autrement dit, vous passerez la moitié de votre temps à courir comme un dératé et à faire des passes au hasard, pour le plaisir de l'aspect si « derp » de ce jeu. Finalement, une bonne partie de plaisir, mais ne vous attendez pas à devenir des professionnels du football sur Atari de sitôt si vous passez par ce jeu.

 

Pour en revenir à la société : Atari Corporation, de son côté, continue de lancer des consoles et surtout des ordinateurs personnels (comme l'Atari ST, que je citais ci-dessus) ou de nouvelles versions de la gamme XE, qui rencontrent notamment un grand succès auprès des musiciens grâce au principe de Musique assistée par ordinateur (MAO).

 

Atari Lynx

L'Atari Lynx

En 1989, la console Lynx, première console portable en couleur d'Atari, est hélas éclipsée par le succès de la première Game Boy de Nintendo. Atari tentera une dernière évolution de sa gamme ST avec le Falcon, mais l'apparition des premiers compatibles PC empêche la gamme de décoller. Nintendo et Sega s'emparent rapidement du marché dans les années 1990, et Atari Corp. cesse toute activité en 1996.

 

La fin d'Atari : conclusion d'une période révolutionnaire

Atari Games fait définitivement faillite en 2003, et Midway Game qui continue à utiliser son catalogue jusqu'en 2009 fait faillite à son tour avant d'être racheté par Warner Bros. La société, alors bien mal en point, est revendue à d'autres sociétés, et passe par JTS, Hasbro Interactive, et enfin Infogrames Entertainment. Atari Inc. est relancée en 2013 et se concentre désormais sur les jeux mobiles, en lançant notamment Atari's Greatest Hits en 2013, avec la prévision de lancer Atari Casino dans le courant de l'année 2014 : vous pourrez retrouver ces titres sur Android, et notamment jouer aux plus grands succès d'Atari avec les Greatest Hits, à condition de dépenser un peu d'argent pour débloquer tout le contenu.

Mais Atari n'en reste pas moins l'un des plus grands noms dans la longue liste des développeurs de jeux vidéos, et même si la société n'a pas survécu au krach de 1983 et à la concurrence, on ne peut que saluer le travail fourni par ses différents employés pour permettre l'accès aux jeux vidéos au plus grand public possible.

 

Je vous retrouve prochainement pour un nouvel article de cette chronique sur les développeurs de jeux vidéos, n'hésitez pas à demander un focus si vous le souhaitez !

 

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5 commentaires

fufaru
fufaru - 27/06/2014 14h37

J'avais exactement cette Vidéo Computer System et mon jeu préféré était Astéroids. Excellent souvenir ...

Lumantis
Lumantis - 27/06/2014 17h15

Merci pour cet article, plein de souvenirs ! :)

Melekus
Melekus - 27/06/2014 17h45

Pourquoi l'article ne cite pas le tristement célèbre E.T. dans les jeux Atari 2600 ? :D

romrou1
romrou1 - 28/06/2014 01h45

atari ressort de nouveau jeu.

cette année il y aussi roller coaster tycoon 4 sur mobile top 25 aux etats unis et top 10dans de nombreux pays ,Haunted House sur mobile

et surtout le jeu minimum

d'ailleur vous devriez essayer , c'est un fps/moba

https://playminimum.com/

une console est aussi prévu.

leandra
leandra - 02/07/2014 11h26

Haaaa l'atari 2600 des sacrés moments, surtout la déception quand tes potes ont une nes ou une snes et que toi tu reçois ça :D

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