d

05 déc. 2015 - Zaboutine Divers

Le TGA ou le diagnostic d’une industrie essoufflée

Le TGA ou le diagnostic d’une industrie essoufflée

Nous venons fraîchement d’arriver en décembre, mois structurellement tourné vers le passé où s’effectuent année après année des bilans de l’année écoulée. Notre secteur, celui du jeu vidéo dit « généraliste », possède lui aussi sa petite messe de fin d’année afin de récompenser les meilleurs produits de l’industrie. Cette petite sauterie possède un nom, le TGA a.k.a « The Game Awards » et s’est déroulée dans la nuit du 3 au 4 décembre. Si les résultats ne m’ont pas surpris, ils permettent de mettre encore une fois en avant certains points rugueux de cette industrie du divertissement qui dépense beaucoup trop de temps et d’argent à se tirer une balle dans le pied.

Avant-propos

Bien évidemment, je préfère prévenir le lecteur immédiatement : je n’ai pas pu jouer à l’ensemble des jeux nominés dans chacune des catégories, tout simplement par manque de temps et/ou d’envie. Cependant, il convient de préciser que le jury étant composé de membres éminents de l’industrie, ces derniers ont été au moins tout aussi occupés que moi à concevoir, gérer et administrer leurs business pendant l’année passée. De ce fait, il est important d’écarter le biais de méconnaissance dans la suite de cet article, puisque le fruit de mon jugement est au plus tout aussi inexact que celui des membres du jury.

Par ailleurs, il convient aussi pour une fois de ne pas tomber dans la théorie du complot dorito-mountain-dewesque de l’industrie consanguine où, comme un chat possède parfois le besoin de se nettoyer les gonades, les membres du jury auraient uniquement voté dans un but commercial/business. Peut-être est-ce le cas, mais si l’on part de ce principe, alors tout le reste des idées formulées dans cet article ne serviraient à rien ou presque.

Ces industriels qui savent pertinemment qu’ils se moquent de vous

Lorsque l’on regarde les nominés pour le titre de « Jeu de l’année 2015 » une première chose me frappe : aucune licence annuelle, voire biannuelle. En effet, l’ensemble des jeux mentionnés sont tous plutôt « classiques » dans un style « jeu moderne » à mi-chemin entre le jeu de rôle et celui d’action mais aucun ne fait objet de sorties récurrentes :

- Fallout reste la licence fondatrice du RPG post apoc' bien que s’étant un peu « rangée » depuis le 3e épisode.

- Metal gear solid en est à sa 4e itération « moderne » (je vous conseille de vous réferer à l’émission «Oh my trailer ! » spéciale Metal Gear pour mieux comprendre la saga) donc on est très très loin de la licence pompafric, qui plus est chez un éditeur qui semble se tourner de plus en plus vers le jeu mobile.

- Super Mario Maker est une tentative intéressante de rendre hommage au jeu le plus connu du monde en essayant de proposer au commun des mortels un framework de game design.

- The Witcher 3 est une licence relativement lente puisqu’il aura fallu attendre 8 ans pour qu’une trilogie soit formée, soit presque un jeu tous les 3 ans

- Bloodborne en est à sa première itération et donc sort aussi du système « COD-FIFA-AC »

Qu’est-ce que cela nous apprend ?

La conclusion que l’on peut effectuer là, c’est que le jury fait pertinemment la différence entre un bon jeu et un jeu moyen. À moins d’être un véritable novice dans le milieu et même si tous les jeux sus-cités ne sont pas exempts de défauts, il est relativement aisé d’y observer au moins un des trois critères suivants à un niveau de développement très avancé :

- la profondeur de jeu,

- la qualité de la narration,

- la capacité à offrir des émotions.

 Ainsi, les gens qui ont voté pour ces jeux sont complètement conscients des critères de sensibilité du joueur au produit, ce qui va finalement faire la différence entre un produit « milieu de gamme » et un produit dit « d’excellence ». Alors vient la question : pourquoi ces personnes, journalistes, développeurs ou gérants d’entreprises, parfaitement capables de classer/noter des jeux, continuent de produire des jeux lisses et répétitifs qui seront eux-même surcotés par la critique ? Où finalement se situe l’excuse de « ne pas savoir » que le produit est finalement sans goût ? Et dans le cas contraire, qu’est ce qui va à l’encontre du fait de laisser un jeu moyen sortir ?

 

"la presse se félicite elle aussi de pouvoir noter d’une note plus que complaisante une énième production annuelle sans saveur et sans profondeur"

 

Bien évidemment, je laisse au lecteur le plaisir de répondre à cette question, mais cela montre que les réflexes d’achats générés par un marketing intrusif, relayés massivement par les youtubeurs et streamers sur les plateformes sociales via du brand content ou des jeux concours, contribue massivement à l’assouplissement des critères de sélection des membres de l’industrie, et ce à tous les niveaux.
Car oui, il serait trop facile de critiquer les studios et les éditeurs alors que la presse se félicite elle aussi de pouvoir noter d’une note plus que complaisante une énième production annuelle sans saveur et sans profondeur. Nous, joueurs, industriels, éditeurs, développeurs, marketeux, sommes englués dans un système où finalement tout le monde fait la différence entre le bon et le mauvais fromage, mais où  refuser de manger le mauvais même râpé dans des pâtes semble être un détour par la case prison sans passer par la case départ.

 

une bonne partie des cerveaux créateurs de l’industrie resteront dans des bureaux pendant les 10 prochaines années à réfléchir au maquillage de la prochaine itération de « Qalle Auf Dutie »

 

En gros, ce que ce paragraphe vous apprend, c’est que tout le monde sait pertinemment que The Witcher explose toutes les licences annuelles, mais il reste fort probable qu’une bonne partie des cerveaux créateurs de l’industrie resteront dans des bureaux pendant les 10 prochaines années à réfléchir au maquillage de la prochaine itération de « Qalle Auf Dutie » au lieu de s’affairer à offrir du vrai contenu de qualité, que ce soit par sa profondeur ou sa nouveauté. Et en parlant de nouveauté, ce TGA nous montre aussi quelque chose de très intéressant.

Faites de l’eSport et de l’indé.

Dans cette seconde partie de l’article je vais parler du concept de « nouveauté » dans le milieu du jeu vidéo et je vais commencer par vous expliquer comment j’ai lancé rocket league pour la première fois. J’étais en stream à quelque chose comme 2h du matin avec de vieux potes de jeu lorsque l'un un de mes potes me parle du potentiel de « Games of Glory » jeu pour lequel O’Gaming a effectué une émission sponsorisée. Le point de vue de mon pote était le suivant : le système de jeu était profond, bien léché et pouvait largement offrir à un public pour qui League et Dota était trop conventionnels une alternative intéressante et qu’il ne fallait pas enterrer le jeu avant de voir. De mon côté j'étais persuadé que dans un contexte où deux des quatre jeux majeurs de l’eSport (LoL DotA CSGO HS) sont des MOBA, il est complètement suicidaire d’investir beaucoup d’argent pour faire presque la même chose dans un marché saturé et qu’il aurait été carrément plus intéressant de faire un style de jeu complètement différent.

 

il est complètement suicidaire d’investir beaucoup d’argent pour faire presque la même chose dans un marché saturé

 

Si la question de savoir qui a raison est secondaire, la discussion a finalement bifurqué lorsqu’un viewer nous a parlé de Rocket League qui était en train de « tout déchirer sur twitch ». Du coup, sur un coup de tête nous avons acheté le jeu « pour tester » et 100 heures de jeu plus tard, je peux affirmer être encore scotché à Rocket League avec mes potes, si bien que je pousse pour faire un tournoi intra O’Gaming sur le jeu !

Ce qui fait la différence dans cette histoire ? Rocket League innove.

Le concept du jeu est ultra basique, marquer un but en frappant une balle avec sa voiture. Modes de jeux ? 1v1 2v2 3v3 4v4. Fin. Pas de fioritures si ce n’est offrir une nouvelle expérience de jeu, avec une courbe de progression intéressante le tout avec le dynamisme et la réactivité nécessaires (mais non suffisants) pour avoir un bon jeu.

Après ce paragraphe qui permet au travers d’une anecdote de mettre en avant la difficulté des créateurs de jeu à revisiter des concepts vus et revus, regardons en détail un sous ensemble des jeux primés pendant ce TGA :

-Rocket League (Indé)

-Her Story (Narration)

-Life is Strange (Jeu pour le changement)

-Super Mario Maker (Familial)

-Splatoon (Jeu de tir)

-Ori and the Blind Forest (Direction artistique)

Alors si vous vous réserviez de douter des arguments subjectifs que j’ai exposés plus tôt concernant Rocket League, ce petit extrait de palmarès montre à quel point l’apport en idées et en concepts améliore significativement la qualité du produit final. Que ce soit sur l’interaction avec le joueur (Her Story/Life is Strange) ou la rejouabilité du titre (Mario Maker/Splatoon/Rocket League) ces jeux donnent tous l’impression que leurs studios créateurs respectifs ont tout donné jusqu’à la dernière goute de créativité pour offrir la meilleure qualité de produit final. Chose qui finalement se retrouve assez  peu dans les licences phares du secteur.
Pour s’en rendre compte il suffit de regarder Far Cry 4, qui reprend exactement la recette du 3 en ne changeant que le lieu géographique, ou Just Cause 3, ou le dernier Tomb Raider…

 

"des gens qui, conscients que le meilleur jeu de tir de l’année est Splatoon, font sortir au bas mot une vingtaine de FPS identiques cette année"

 

Je crois que le pire dans tous cela c’est qu’encore une fois ce sont des votes effectués par des spécialistes, des gens qui, conscients que le meilleur jeu de tir de l’année est Splatoon, font sortir au bas mot une vingtaine de FPS identiques cette année. Ce constat est pour le moins gênant, car hormis Nintendo qui place deux jeux « homemade » dans ce palmarès, aucun éditeur « triple A » n’a réellement proposé de nouveauté cette année…

Et c’est là d’où vient la devise « faites de l’eSport et de l’indé ». Les jeux eSport sont incroyablement riches de par leur capacité à forcer le joueur à donner le meilleur de lui-même en offrant un skill cap à la limite de l’inhumain pour créer une hiérarchie. De plus, les joueurs ont de grandes chances de vivre des expériences sociales au travers du jeu et peuvent aussi devenir spectateurs depuis l’avènement du streaming. Mais une fois que l’on a terminé de jouer à LoL, Counterstrike ou Starcraft, et que l’envie de regarder quelqu’un d’autre jouer en streaming est absente, vers quel type de jeu se tourner ? Le dernier Assassin’s Creed ? Le dernier Tomb Raider ? Le dernier Call of Duty ?

 

"répéter ce genre d’inepties pour tenter de nous faire manger la dernière version de leur tarte aux pommes."

 

Sans moi ! Cela fait maintenant près de 25 ans que je joue et je suis lassé de voir que la seule chose que certains ont à m’offrir c’est une expérience de jeu PS1 en version ++++ grâce à la puissance des machines de génération suivantes. Un jeu vidéo n’est pas bon parce qu’il propose « un open world gigantesque et des quêtes annexes » ou parce qu’il possède « un système de pouvoirs permettant au joueur d’interagir avec le décors » ou encore « un éventail d’armes customisables ». Cela fait maintenant une dizaine d’années que j’entends des gens sur des scènes de conventions et autres salons répéter ce genre d’inepties pour tenter de nous faire manger la dernière version de leur tarte aux pommes.
Je veux faire du foot en fonçant avec mon bolide, gagner mon jeu de tir en peignant des murs, je veux me creuser la tête pour ne pas perdre mes lemmings ou alors me rendre compte que même en ayant la possibilité de remonter le temps, aucun de nos choix ne nous épargne. J’aimerais que les gamins d’aujourd’hui n’aient pas que des suites à manger, et qu’il ne faille pas être un hipster pour vivre de vraies expériences vidéoludiques. Pourtant, 2016 ne sera pas différent, et dès le mois de janvier, j’aurais le droit aux même concours Twitter afin de gagner un jeu qui ne sera probablement même plus dans les mémoires du jury pour le TGA 2016…

 

18 commentaires

LixyZ
LixyZ - 05/12/2015 15h03

Très bon article Zab', tellement bon que je me suis inscrit exprès pour te le dire !
Tout ce que tu dis est vrai pour moi, et j'ai exactement le même point de vue quand au renouvellement annuel des licences qui ne savent plus innover.
Sinon, je pense que tu devrais faire plus d'articles de ce genre, ça change ! :)

xpressraph87
xpressraph87 - 05/12/2015 15h33

Entièrement d'accord avec toi ! Je penses que tout les joueurs cherchant l'originalité et jouant depuis déjà quelques années constatent avec tristesse depuis plusieurs années les méfaits du côté business de l'industrie du jeu vidéo actuel ! Pourquoi s’embêter à penser et à proposer un jeu original voir révolutionnaire si le fait de faire un copier coller d'un opus précédent d'un succès établit rapporte tout autant ses fruits ?! Et bien pour moi je penses que cela amène à épuiser le filon ! AC en est un exemple probant où son manque d'originalité l'épuise peu à peu là où cela est moins évidemment avec FIFA ou COD qui injectent chaque année une MAJ qui satisfait (ou non d'ailleurs) les joueurs tout en s'assaillant sur les 60 euros qu'ils dépensent chaque année pour une MAJ sans compter les DLC divers et variés. J'ai l'impression que les 2 géants du jeux vidéos que sont FIFA et COD ont tellement créait un courant fort sur leurs licences avec des ventes et des recettes astronomiques qu'elles se sont partagés les joueurs consoles tout en montrant à l'industrie entière jeu vidéo ludique qu'il ne servait à rien de se creuser la tête mais qu'il fallait mieux sortir des suites tout les ans pour ramasser du fric en masse ! Je penses que ce message fort à influencé grandement cette industrie empêchant beaucoup de grand éditeurs de prendre des risques en surfant sur l'originalité ! Seul les studios indépendants ou ceux au fond du trou et n'aillant rien à perdre de plus ce sont permis cela, malheureusement pour la plupart le manque de moyen à impacté sur la duré de vie du jeu donc sur la fidélité des joueurs. Après cette facilité et cette suffisance va t'elle s’arrêter avec l'épuisement des grosses licences qui durent depuis une décennie ou avec la démocratisation des free to play , de l'esport ou encore des jeux qui sont des mixes de genres appréciés comme Rocket League ? Je penses pour finir que le manque d'originalité de certains éditeurs sur leurs licences phares va amener tout simplement les joueurs à se lasser et obliger par l'appel du gain, les éditeurs à se remuer les méninges !

Necrominou
Necrominou - 05/12/2015 15h37

Très bon article mais malgrès tout j'attendais un petit mot chauvin pour un KennyS Esportif de l'année (devant godFaker)

Baby6steR
Baby6steR - 05/12/2015 15h46

Très bon article ! C'est le réchauffé booster à la com qui fonctionne, c'est exactement comme au cinéma avec les suites de films à ne plus savoir quoi en foutre !!

pinacoladaaaa
pinacoladaaaa - 05/12/2015 18h44

bon je sais que c'est facile mais je suis a 50 % d'accord avec toi , si on prend l'ensemble des jeux et non seuelement ceusx du TGA il y a un paquets de gros studios et développeurs qui essaient d’innover "Evolve 'jeux au gameplay super intéressant pour le compétitif mais ruiner par le marketing et le business_model du jeu ) la les dévs n'y sont pour rien , Destiny , Star Citizen qui arrivent , Overwatch ( peut être qualifier de Reskin de TF2 mais pour moi c'est un vrai mix entre le FPS/moba ) , Horizon Zero Dawn qui va arriver sur PS4 ,même H1Z1 ou DayZ donc je suis pas trop d'accord car pour moi ces jeux sont bien plus que des PS1 ++++ et ont vraiment quelque chose a offrir " Cela fait maintenant près de 25 ans que je joue et je suis lassé de voir que la seule chose que certains ont à m’offrir c’est une expérience de jeu PS1 en version ++++ " donc je reste persuadé que les dév des gros studios ont toujours des bonnes idées , après si les gens gueules sur le prix , c'est pas les dev qui, le fixe , donc non les gamins d'aujourd'hui n'ont pas que des suites à manger .

pinacoladaaaa
pinacoladaaaa - 05/12/2015 18h48

et dsl d'avoir écris comme un chien :)

Patrick_Biales
Patrick_Biales - 05/12/2015 23h33

"Diagnostique" pour un adjectif, "Diagnostic" pour un nom ! Sinon je suis tout à fait d'accord, on veut plus d'innovation dans le Jeu vidéo: les poids lourds se reposent trop sur l'amélioration graphique et l'ajout de peu de contenu pour justifier un nouvel opus...

ViCoach
ViCoach - 06/12/2015 14h31

"Cela fait maintenant près de 25 ans que je joue et je suis lassé de voir que la seule chose que certains ont à m’offrir c’est une expérience de jeu PS1 en version ++++ grâce à la puissance des machines de génération suivantes"

Hormis le 25, qui est pour moi un 15, tout est dit.

Sinon, Zab' n'a pas abordé la question du MMORPG qui est clairement, lui aussi, en stagnation complète (voir en régression totale...) en terme de design depuis plus de dix ans. Après, le soucis étant qu'un MMORPG est encore plus risqué, et largement plus coûteux qu'un TripleA, donc s'il n'y a pas de prise de risque dans le second, je doute qu'il y en ai dans le premier...

Et pourtant de ce côté il y a tellement de choses à faire..! Que ce soit en terme d'infrastructures réseau, d'interactivité joueur-monde, d'intelligence artificielles, de modèles d'interactions sociale, et j'en passe...

Seulement pour un éditeur, a-k-a un investisseur, la dernière chose à faire est de risquer de bousculer, voir de vexer le joueur. Pourtant c'est ce que le public vieillissant des gamers attend, d'être bousculé, surpris, frustré. D'avoir envie d'en découdre avec la machine, à défaut on en découd uniquement avec les autres dans les jeux PvP en attendant...
Du coup on assiste à quoi? Des jeux indés avec des idées intéressantes qui n'aboutiront jamais faute de moyens, des early-access/alpha/beta/gamma/nanana qui meurent en couche faute de débouchés économiques ou d'investissement créatif.

Après il reste les TripleA, qui pioche des idées ici et là dans celles de ceux dont j'ai parlé plus haut. Il y a aussi les belles histoires comme Riot Games. Et les histoires pas finies comme Star Citizen. Pour ce dernier, j'attend vraiment de voir, et je pense que la réussite ou non du projet (je parle d'une réussite en terme d'innovations, pas économique) conditionnera sûrement les modèles de production de demain, dans une certaine mesure.

Mais ne perdons pas espoir, quand il reste tout à inventer il y a toujours des fous pour se lancer dans l'aventure! (O'Gaming en a fait partie, non?:3)
L'avantage, c'est qu'il reste toujours tout à inventer.

ODP
ODP - 06/12/2015 14h31

Je trouve tout ça très naïf. Ce serait un peu comme si après les oscars (ou plutôt après Cannes/Venise/Berlin en fait) un critique ciné écrivait que bon sang de bon soir! puisque les professionnels savent manifestement reconnaître les meilleurs oeuvres, pourquoi diable mettent-ils tous les moyens dans les licences DC/Marvel/StarWars/HungerGames, ... (ou des comédies pas terribles pour le marché français) ?

Ben... parce que c'est ce qui vend. Si Her Story était susceptible de faire des bénéfices dignes de CoD : EA/UBI/Activision ferait du HerStory-like jusqu'à nous en faire pré-commander puis nous en dégouter.

flonou
flonou - 06/12/2015 14h33

De là à faire le lien avec l'industrie du cinéma, il n'y a qu'un pas à mon avis !

Coloscopie
Coloscopie - 06/12/2015 15h01

Je suis d'accords avec toi Zab MAIS non pas complètement :

Si une mécanique de jeu, si un modèle de game design plaît au point que l'on peut le ressortir durant des années en le remettant simplement à jour offre du plaisir à un grand nombre de joueur, je ne vois pas ou est le problème.
On a tous un pote 'honteux' qui joue à CoD ou Fifa, qui achète tout les ans le nouvel opus, et qui s'éclate juste parce que ce qu'il aime c'est avoir le même jeu, mais en plus beau.

J'ai envie de dire "tant mieux pour lui". Et tant mieux pour l'industrie.

"une bonne partie des cerveaux créateurs de l’industrie resteront dans des bureaux pendant les 10 prochaines années à réfléchir au maquillage de la prochaine itération de « Qalle Auf Dutie"

On s'en branle, ou plutôt tout le monde s'en branle, il y a des lustres que les joueurs de Call of savent qu'ils achetent la même soupe. Et qu'on leur offre juste un nouvel emballage. Ils le savent. Ils ne se font donc pas niqué par la com' ou le marketing.
Ils aiment juste cette soupe, aussi mauvaise puissent elles paraître aux yeux du puriste qui bouffe du "bio" ou qui achètent "leur choux de bruxelle délicieux chez un petit producteur du nord pas de calais qui ne se déplace qu'une fois par an à la capital, et qui sont tout à fait délicieux contrairement à ceux que l'on trouve dans les super-marchés.

Coloscopie
Coloscopie - 06/12/2015 15h02

Ou est la fonction EDIT T.T j'ai fait trop de fautes :'(

Hyxperion
Hyxperion - 06/12/2015 15h05

Très très bon article ! Par contre quand tu dis :" où deux des quatre jeux majeurs de l’eSport (LoL DotA CSGO HS) sont des MOBA", tu es obligé de citer SCII dans le lots. Surtout quand tu place HS dans le top 4 des jeux compétitif majeurs alors que SCII écrasé HS question visionnage, cash price et visibilité ..

Mais sinon entièrement d'accords, surtout sur les interminable suite sans nouveauté tel que les COD/FIFA/FARCRY ...

Jace
Jace - 06/12/2015 15h07

Lol Zab qui écrit en gros certaines de ses propres citations, c'est du troll?

Généralement on fait ça dans un journal quand on interview quelqu’un d’extérieur (du moins il me semble), la c'est vraiment de la raclerie pure et dure.

Korlis
Korlis - 06/12/2015 17h23

C'est pour les gens qui ne lisent pas tout l'article.

Hypotypose
Hypotypose - 06/12/2015 18h45

Excellent ! Belle analyse !

Jace
Jace - 06/12/2015 20h04

> J’aimerais que les gamins d’aujourd’hui n’aient pas que des suites à manger, et qu’il ne faille pas être un hipster pour vivre de vraies expériences vidéoludiques.

Heu? En gros tu veux changer la terre entière? C'est pas de la faute de l'industrie du jeu vidéo ça, c'est juste que la majorité des gens ont des goûts peu éduqués et simples, donc forcement il faut être un hipster pour avoir des jeux originaux.
C'est valable partout, si tu prend les truc qui se vendent alors :
En musique, tu te tape un n-ieme son de david guetta, identique aux précèdent.
En littérature, une histoire d'amour à la con par Marc Levy.
Au cinéma, The Return Of Super-Machin Darkness On New York

Legoury
Legoury - 07/12/2015 16h05

Bien que j'apprécie beaucoup ta manière de présenter et d'intellectualiser les jeux vidéos, Zab, je trouve ta présentation assez simpliste. Bon déjà, on sent que ça vient du coeur et des tripes et j'ai pas trop de choses à redire à ça. Mais si j'intellectualise moi aussi un peu, les jeux vidéos, je dirais pour résumer qu'on a les jeux qu'on mérite.
Je prends un exemple tout simple : cette année est sortie le jeu "Divinity Original Sin" qui est un RPG qui innove peu, mais reprend de bons concepts et rend une copie très soignée et agréable. Et bien que pensons-nous une fois le jeu terminé ? Vivement le 2 !!!
Ce n'est pas pour rien si on a vu ressortir des jeux comme "Pillars of Eternity", suite autoproclamée de "Baldurs Gate 2". Les joueurs les attendent et les demandent, et les industries vidéo-ludiques savent qu'il y a du pognon à se faire dessus (en plus du fait que ce sont des passionnés qui veulent faire un bon produit).
Qu'est-ce que sont toutes les suites que tu cites ici : Fallout, The Witcher,... ? Avant tout, c'est un épisode un qui a révolutionné le genre !!! Et dont les joueurs ont ensuite réclamé un numéro 2, puis peut-être un 3 !!!! On ne peut pas accuser les industries de créer des suites, quand les joueurs les demandent et les attendent avec autant d'impatience. C'est facile de mettre tout ça sur le dos des boites de jeux vidéos, mais c'est aussi de notre responsabilité de joueurs, si les jeux proposés sont ceux-là. Il ne faut jamais oublier la force de la nostalgie qui touche notre génération, et qui fait qu'on a bien envie de se laisser tenter par la nouvelle version de FF7....

Poster un commentaire

Vous devez être connecté pour pouvoir poster un commentaire.