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21 déc. 2017 - Hatnuz League of Legends

Les 20 joueurs qui ont fait 2017 (1/2)

Les 20 joueurs qui ont fait 2017 (1/2)

En cette fin d'année 2017 qui aura une fois de plus vu beaucoup de scènes briller par la compétition, le temps est venu de mettre en valeur les éléments à retenir de cette saison. Contrairement aux années précédentes cependant, la rédaction ne se penchera pas sur les meilleurs matchs mais bien sur les joueurs les plus marquants de la saison. Qui retiendra-t-on de cette année ? Voici, en vrac, les 20 joueurs qui ont construit le League of Legends de 2017.

1) Bdd

Un des aspects de cette septième saison de compétition, c'est l'arrivée de tout jeunes talents sur la scène. Et commencer avec l'une des révélations 2017, peut-être LA révélation de l'année, n'est pas anodin. À 18 ans, le midlaner Longzhu a raflé toutes les louanges en Corée après un Summer Split phénoménal. Opposé à son mentor en finale régionale (l'un des plus beaux BO de l'année), il résiste à la folle pression jungle-mid SKT réputée intenable en Playoffs et permet à son équipe de détrôner Faker & cie de la LCK.

L'équipe Longzhu laisse éclater sa joie après un duel d'un niveau rarement observé, l'émotion témoigne de la tension ressentie pendant le match... Crédits : Lolesport.

En épousant parfaitement la courbe de la méta durant l'été, Bdd a eu un temps d'avance sur tout le monde. En plus de sa Taliyah (82,4% de winrate; 18 de KDA), le prodige coréen ajoute Galio (81,8% de winrate, 26 de KDA) et Orianna  à son pool de champions pour se créer un triptyque solide et impossible à sortir de lane. Il joue juste, il joue bien, et n'a pas craqué sous la pression. Même lors de la débâcle Longzhu contre Samsung en quart des Worlds, il n'a eu que peu de choses à se reprocher.

Aisément placé sur le podium des meilleurs midlaners du monde, Bdd symbolise la tempête Longzhu qui s'est abattue sur la Corée cette année. Avec pour seul changement l'arrivée de Peanut dans la jungle, on peut s'attendre au pire pour leurs adversaires cette saison, et au meilleur pour le spectateur avide de beau jeu.

2) Meiko

Cette saison marque également la hausse de niveau de la LPL par rapport à ce à quoi elle nous avait habitués, coïncidant avec le retour de nombreux Coréens chez eux, et plusieurs joueurs font logiquement leur apparition dans ce top 20. Parmi ces bonnes surprises, on trouve le support de l'équipe Edward Gaming, Meiko, qui s'est longtemps illustré par ses capacités défensives. Shotcaller très précis, il mène EDG vers les sommets de sa région tout en maternant l'ADC Iboy, tout jeune prodige chinois.

Usant de Braum, de Tahm Kench ou d'autres champions défensifs, Meiko met sa grande expérience au service d'une équipe pas toujours cohérente, mais valeureuse. Menée 0-2 en finale du Summer Split  contre RNG, elle s'en sortira grâce à l'appui sans faille de Lulu, Janna et surtout Alistar pour autant de victoires.

Le support s'est notamment illustré à 2-2 en martyrisant la Orianna de Xiye, comme ici juste après un sublime flash-combo. Crédits : Lolesport.

À domicile pendant les Worlds, EDG se loupe complètement et ne fait pas honneur à sa saison.  Mais Meiko reste cependant une très bonne référence à son poste, à la fois solide et excellent roamer.

3) CuVee

Monstrueux, tout simplement. Il y a un an il était considéré comme l'un des meilleurs toplaners du monde, aujourd'hui bien peu de personnes peuvent prétendre être plus solides que lui. Et pourtant la toplane coréenne affiche certainement le niveau le plus relevé depuis le début du jeu. Au printemps, il est l'un des premiers à maîtriser Camille  et à comprendre l'intérêt d'un item comme le Vœu du Chevalier en teamfight.

Mais ce n'est qu'à partir de l'été (comme son équipe) que CuVee déploie son armada sur des picks très agressifs dans un premier temps (Kled, Jarvan, Gnar), puis sur des champions plus massifs. C'est entre autre lui qui a le plus gros boulot lors du passage à vide de SSG en fin de split/début de Playoffs. Il doit rapidement faire évoluer son style de jeu vers Cho'gath sous peine de rater le coche. C'est ce qu'il fera avec une efficacité écœurante... et bien plus ! Car comme tous les génies, CuVee a son champion signature. Ekko l'année passée, il sort de sa boite magique un Kennen... AP (alors que tout le monde idolâtre le Kennen AD depuis le début de la saison) qui lui permet entre autre de temporiser le Jax de Khan (ce qui est en soi un exploit) en quart et de détruire SKT en première partie de la finale.

Une seconde d'inattention, et CuVee trouve la faille en prenant SKT à revers. Il offre par ce seul coup d'éclat la victoire à son équipe. Crédits : Lolesport.

Le toplaner Samsung n'a rien lâché durant l'année, ses prises de fight ont été exemplaires et il s'est entièrement dévoué à son équipe. Dans ses statistiques, il reste en-dessous de l'énorme concurrence d'autres joueurs légendaires comme Khan ou Smeb. Mais CuVee centralise beaucoup moins de ressources sur lui, permettant à Ambition de se focaliser sur sa botlane.

4) Maxlore

Notre premier jungler qui a marqué l'année est européen, et rien ne présageait une telle saison pour l'ancien joueur de Roccat. Après un Spring Split progressif où il emmène son équipe lors de la fameuse Roccatada (de 0-8 à 6-8 tout de même), Maxlore passe chez la bonne pioche du moment : Misfits. Il y fera des miracles, rangeant immédiatement Kakao au placard. Contre Fnatic en demi-finale, Maxlore montre l'étendue de ses capacités sur des champions alternatifs comme Zac ou Rengar après un renouvellement complet de son champion pool. Il est le premier à avoir réellement mis son vis-à-vis Broxah face à ses limites.

Le jungler anglais a pris une autre dimension chez Misfits, se faisant une place parmi les meilleurs Européens à son poste. Crédits : Lolesport.

Propulsé aux Worlds quelques semaines après son arrivée dans l'équipe, le joueur anglais illumine le groupe D avec un Gragas intraitable (trois victoires en trois matchs) et des choix gagnants dans les moments décisifs (notamment contre TSM où il martyrise le Jayce de Hauntzer).

En plein rêve, Maxlore continue ses prises d'initiative contre SKT. Lui qui se battait pour la non-relégation de Roccat en mars, il fait trembler les futurs finalistes des Worlds dans un BO5 dantesque. Quelle saison et quelle prestation pour le jungler Misfits !

5) PraY

Comment passer à côté d'un monstre sacré comme Pray lorsque vient le moment de faire le bilan de l'année ? Posté aux côtés de GorillA dans une équipe Longzhu étrangement calme en début d'année, il a rapidement repris ses marques de Rox Tigers. Dès le début de l'été, la formation future championne de LCK s'impose comme inarrêtable, portée par l'une des meilleure botlanes au monde.

De son côté, PraY fait sienne la méta sur Varus et Ashe, avec une phase de lane parfaite et un positionnement toujours très agressif. L'ADC Longzhu maîtrise complètement le hit & run, une mécanique constitutive du poste où il joue mais très difficile à optimiser dans une méta basée sur la vitesse d'attaque. PraY est un combattant, un guerrier légendaire qui écume la LCK depuis tellement longtemps. Le joueur coréen force l'admiration pour toutes ces années au sommet, couronnées par trois titres régionaux... avec autant d'équipes différentes !

À la marque des dix minutes de jeu, PraY domine Bang au farm, il gagne les duels et prend la première tour malgré un champion moins agressif. Crédits : Lolesport.

Si la saison de l'ADC Longzhu s'arrête un peu brutalement (à l'instar de son coéquipier cité plus haut Bdd) contre SSG, elle reste un modèle pour un joueur qui, contrairement à beaucoup d'autres, ne semble que se bonifier avec le temps. L'histoire de League of Legends est encore longue, mais PraY est d'ores et déjà inscrit au Panthéon des meilleurs ADC de l'histoire du jeu.

6) Hauntzer

On peut critiquer « l'occidentalisme » de ce top 20, mais on ne peut pas nier qu'Hauntzer y ait sa place. Dans une équipe TSM qui a certes, une fois de plus, déçu à l'international, le toplaner a tout de même réussi à s'y faire un nom par des coups d'éclat aux Worlds sur son Gnar. Un champion qu'il maîtrise à la perfection (100% de victoire cette année) comme il l'a montré en gagnant son 1v2 contre Misfits ou  par un fantastique ultime sur toute l'équipe ennemie lors du match inaugural contre Flash Wolves.

Petit saut de cabri au-dessus d'un creep et PAF ! Les cinq joueurs FW sont cloués au mur. C'est l'une des actions folles de ces Mondiaux. Crédits : Lolesport.

Plus généralement, Hauntzer peut-être crédité d'une année très complète dans l'équipe nord-américaine. Splitpusher à l'aise dans un style 4-1, il fut un des rares à jouer Kled en compétition et reste l'un des principaux jalons de la réussite de TSM au niveau régional. Logiquement élu MVP du Summer Split,  le toplaner n'a jamais hésité à sortir des champions à plays (Gragas et Jarvan prennent le pas sur Cho'gath ou Maokai). Joueur atypique qui réalise là sa meilleure saison, Hauntzer aurait mérité de ne pas finir sur un échec en phase de poule.

7) Lévi

Une année de compétition ne se limite pas toujours aux plus grands noms. Il convient aussi de valoriser les joueurs et les équipes qui ont accompli des choses dont personne ne les pensait capables. Lévi était un parfait inconnu en début d'année. Jusqu'au MSI, je parie même que la plupart des analystes n'auraient pas été capables d'en dire plus de quelques mots. Mais avec son équipe, les Gigabyte Marines, Lévi a tout simplement fait exploser le système. Le bug dans la matrice, c'est eux, et pas seulement pour des Worlds déjantés. Déjà au Mid-Season Invitational, la formation vietnamienne (en tant qu'unique représentante des Wildcards) fait sensation en renversant TSM, puis Gamers2, puis World Elite.

« Les gens autour de moi quand je fais 14/1 avec Kha'zix au MSI alors que je suis un no name »  Crédits : Riot Games.

Si elle sort dernière de la compétition, l'équipe a montré l'essentiel de son point de vue sur le jeu : peu importe la méta, seule la victoire compte.

Et le pire, c'est qu'ils traverseront les Worlds avec la même mentalité. Lévi emmène de nouveau Gigabyte Marines vers des victoires en jouant sans hésitations du Nocturne (!), du Rengar ou du Kayn. L'équipe surprend le monde entier (et même les Coréens) par un total abandon des règles de bonne conduite sur la Faille (notamment en sortant du placard un swaplane disparu depuis deux ans contre Fnatic). Le joueur n'a aucune limite, et c'est ce qui le rend si dangereux.

Alors certes Lévi finira, comme ses coéquipiers, par plier bagage après les poules. Mais ce qu'ils ont surtout fait plier, c'est le sentiment d'impunité de certaines équipes qui, à force de répéter et répéter un schéma de jeu optimisé et épuré, oublient parfois que le but principal reste la mort de l'adversaire et la destruction de son Nexus. Toute la délégation vietnamienne fut saluée tant par la communauté que par les analystes pour avoir démontré qu'il y a une autre voie vers la victoire.

Après avoir vu les Gigabyte Marines, et en sachant que les LCS EU 2018 se dérouleront à nouveau en BO1, cela pourrait donner des idées à certains.

8) Rekkles

L'émotion qui a submergé le joueur  lors de l'élimination de Fnatic aux Worlds face à RNG n'a d'égale que l'importance avec laquelle ce dernier s'est investi dans la compétition durant toute l'année. Il faut dire que l'ADC historique a personnifié l'attitude de son équipe dans un style hors des sentiers battus. Il est en effet  le seul, dès le Spring Split, à sortir Kennen ADC avec brio, synonyme non seulement d'une parfaite compréhension de la méta mais également d'une parfaite adaptation à cette dernière (dans une compo full engage avec généralement un Ivern, le Kennen peut aisément suivre l'initiative et placer des dégâts décisifs à très courte distance).

Vous avez dit redondant ? Notez les quatre morts sur neuf matchs avec un champion courte portée. Crédits : Gamesoflegends.

Si Fnatic a réussi a faire éclore deux talents (Caps et Broxah) et à en faire renaître deux (Soaz et Jesiz) sur la même année, Rekkles n'y est certainement pas étranger. Durant le crucial segment d'été, il se permet même quelques picks Sivir très à point.

Même les plus grands ont leur moment de solitude, ces images prises juste après l'élimination contre RNG font écho à l'émotion du joueur lors de son interview aux phases finales des LCS EU à Paris où il s'excuse devant 15 000 personnes de ne jouer que la petite finale. Crédits : Riot Games

Le prodige suédois est un très grand ADC que même les ténors à son poste redoutent. Son humilité, son expérience et, par dessus tout, son attitude face à la compétition en font un joueur fantastique.

9) Mata

Cette année ne fut pas un cru particulièrement exceptionnel pour le poste de support, autant le dire tout de suite. Limités à des rôles de suppléants par l'arrivée de la Sainte Rédemption qui, de l'avis de Wolf, permet à des supports moins forts d'égaler les meilleurs joueurs à ce poste, les supports ont dû rivaliser d'ingéniosité pour sortir du lot. Cela dit, certains ont tout de même réussi à sortir leur épingle du jeu. C'est le cas de Mata qui a vécu avec KT Rolster une année solide malgré le manque de résultats. Placé aux côtés de Deft dans une « Super-Team », la légende coréenne a prouvé qu'elle n'avait rien perdu de sa superbe durant son détour en Chine.

Sur le papier, la line-up proposée par KT est  monstrueuse : Smeb-Score-Pawn-Deft-Mata. Crédits : Breackflip

Métronome de l'équipe, il forme avec Score un implacable duo flairant toutes les ouvertures dans le territoire adverse. On a notamment pu l'apercevoir sur l'un de ses champions fétiches : Thresh. KT propose un jeu proche de la perfection au Spring Split (offrant par exemple l'un des plus beaux BO de l'année contre SKT en saison régulière) et n'a pratiquement aucune opposition jusqu'à sa défaite en finale.

Comme l'année passée, la fin de saison de KT est complètement rocambolesque. Après des victoires contre Samsung et Longzhu, l'équipe n'a besoin que d'une victoire contre SKT pour aller aux Worlds. Ils mènent 1-0 mais perdent 1-2 lors du dernier match de saison régulière, puis mènent 2-0 toujours contre Faker & co en demi-finale des Playoffs mais perdent 2-3. Renversé en Regional Qualifier, Mata doit s'incliner 0-3 contre son ancienne équipe Samsung malgré une solidité rare en lane.

Mais malgré ce fiasco, le support coréen reste une référence à son poste, explorateur de nouveaux horizons et cherchera à reconquérir sa couronne de meilleur support du monde.

10) Faker

Si vous passez tous les jours devant une magnifique fleur – la plus belle que vous n'ayez jamais vue – pour aller travailler, distingueriez-vous toujours son éclat après une semaine ? Un mois ? Une année ?

Depuis que la LCK s'est exportée sur les bureaux de cast Occidentaux, Faker n'a cessé de nous impressionner. L'incontestable meilleur joueur de tout les temps est simplement trop fort pour ses adversaires. Mais après toutes ces années, ne pourrait-on pas trouver une certaine monotonie dans le style de jeu du joueur ?

Ceux qui en douteraient n'ont qu'à retourner voir les exploits du midlaner SKT sur une Cassiopeia  qu'il maîtrise à la perfection, ou sur une Taliyah dont il réinvente les mécaniques contre Misfits en quart de finale des Worlds. Son Galio est fantastique, ses champions ADC dominent la lane avec un naturel déconcertant. Mené par KT 0-2 aux Playoffs du Summer Split, il sort trois Corki tout simplement phénoménaux pour arracher le 3-2.

Sa « 9k elo Shockwave » contre KT, ses murs de Taliyah pour bloquer Hanssama en plein vol, son esquive de la charge de Contractz pour gagner le 1v2, voilà un échantillonnage du Faker de 2017. Crédits : Lolesport.

Victoire ou défaite, Faker abat toutes ses cartes et se démène comme un fou lorsque son équipe bat de l'aile. Entouré par une botlane de moins en mois assurée et par des joueurs qui en remplacent d'autres en cours de BO. Rarement pris à défaut, toujours en contrôle, il multiplie les champions mobiles afin d'aider autant que possible ses coéquipiers. Quand on pense qu'il a atteint une limite, il la repousse encore plus haut.

En prenant tous les sacrifices, toute l'abnégation, toute l'énergie investie en compte, on comprend aisément pourquoi, balayé par une équipe Samsung intouchable en finale des Worlds, Faker n'a pu retenir ses larmes.

(À suivre...)

3 commentaires

YoloTouch
YoloTouch - 29/12/2017 21h54

J'aurai mis Khan dans ce top 10, Gorilla aussi mais sinon je suis plutôt d'accord sur cette première partie :)

Hatnuz
Hatnuz - 30/12/2017 00h20

Il n'y a pas de hiérarchie particulière, c'est plus une liste "en vrac" qu'un top (parce que oui, Khan va arriver :p). Merci de ta réponse YoloTouch

YoloTouch
YoloTouch - 30/12/2017 11h48

Je m'en doutais un peu qu'il viendrait, je suis pro longzhu donc je suis pas très objectif mais merçi de cette confirmation :)

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