d

25 sept. 2014 - Ura Divers

Les communautés de joueurs au fil du temps

Les communautés de joueurs au fil du temps

Acheter un jeu vidéo, voilà qui paraît être un acte des plus banals désormais ! De la genèse du média vidéoludique et ses immenses cartouches à la sortie de la PS4 et la démocratisation du dématérialisé, les mentalités ont changé. Qui, il y a de cela une dizaine d'années, aurait pensé que, progressivement, les étagères remplies de boîtes allaient laisser place aux plateformes de téléchargement ? Sûrement pas moi ! Mais voilà, les choses évoluent indubitablement et, s'il y a désormais des millions de fidèles à Steam, ce n'est sans doute pas anodin ! Eh oui, au grand dam des boutiques spécialisées, les choses évoluent. Aujourd’hui, l'online bénéficie d’une place de choix dans la vie des joueurs. Partage, disputes, rencontres… Le réseau Internet aurait-il tout changé ? Rien n’est moins sûr. Pour s’en donner le cœur net, voyageons un peu dans le temps… Attachez vos ceintures, je vous offre le déplacement !

Prions notre bonne étoile !

Nous voilà maintenant fin des années 70, début de l'âge d'or des salles d'arcade... Ah, qu'on est loin d'Internet ! Pas de réseaux sociaux, pas de moteurs de recherche... Sans oublier l'absence de sites d'information ! Car, si beaucoup s’opposent aux avis que défendent certains journalistes et rédacteurs dans leurs articles, force est de constater qu’ils pèsent dans l’inconscient collectif. En effet, autrefois, sans jeuxvideo.com, Gamekult ou même O’Gaming, acheter un jeu pouvait s’avérer angoissant. Si, au final, nous étions bien évidemment fiers d’exhiber nos nouveaux joujoux, il nous arrivait sans cesse d’appréhender le moment où l’on allait poser nos petites mimines sur la manette… Mystère !

Oui, oui ! Je suis sûr que beaucoup, comme moi, se souviennent de ces moments terribles où, n’ayant pas la chance de pouvoir nous informer à propos des jeux en vente en grande surface, nous ne nous contentions presque que de faire confiance à notre instinct en choisissant le jeu dont la jaquette titillait notre sens le plus pur : l’imagination. Et Dieu sait qu’elle pouvait nous coûter cher, cette diablesse… Mais elle pouvait aussi nous réserver de bien belles surprises ! Car, si beaucoup d’éditeurs en profitaient pour baratiner enfants et ménagères en se servant de grandes licences, d’autres, armés de talent et d’imagination, innovaient pour le plus grand plaisir des joueurs que nous sommes aujourd’hui.

Parlons jeu vidéo

Cependant, se dire maintenant qu’un jeu a pu avoir du succès par simple hasard est grotesque. Outre les magazines qui informaient les plus grands adeptes de l’époque, le bouche-à-oreille a eu une importance phare dans la propulsion d’entreprises comme Nintendo aux devants de l’industrie vidéoludique. Sans l’engouement de certains, ce qui est désormais empire aurait pu s’effondrer face aux scandales qui déjà autrefois tendaient à l’affaiblir. Par la force des choses, on peut dire que le jeu vidéo a su rassembler des inconditionnels, et ce bien avant que les modes en ligne viennent pointer le bout de leur nez. Entre cours de récréation, salles d’arcade, cybercafés et boutiques spécialisées, les premières communautés de joueurs sont nées.

Les discussions et les débats à propos des nouvelles sorties et des découvertes de chacun allaient déjà de bon train. Nous nous conseillions, nous nous entraidions, nous débattions... Bref, nous échangions déjà comme aujourd’hui ! Et qui dit échanges dit également prêts : entre amis, il nous est souvent arrivé de nous donner des jeux dont nous ne nous servions plus ou que nous voulions faire découvrir aux autres. Une notion de partage que les développeurs auront vite assimilée puisque, si le multijoueur est un fondement du jeu vidéo, ils n’ont pas cessé (avec plus ou moins de brio) de le mettre en avant. On se souvient tous, ainsi, des sessions endiablées sur l’indétrônable Super Street Fighter 2 et des pétages de plomb sur le mode coop bâclé de Sonic 2.

Des réunions toujours plus massives

Et, la technologie évoluant, ces simples « réunions » de passionnés n’ont cessé de croître. Les parties de Fifa avec le voisin n’ont pas tardé à se transformer en LAN... Oui, vous savez, ces réunions de geeks où prendre une douche n’a plus d’importance (olalala, les clichés) ! Mais, même si l'on peut penser que mesures de protection et grosses connexions Internet les desservent de nos jours, jamais elles n’auraient pu exister sans que les développeurs misent encore et toujours sur des modes en ligne toujours plus fédérateurs. C’est avant tout sur le net que des jeux comme TrackMania ou Warcraft 3 ont su rassembler des millions d’aficionados… C’est également sur TeamSpeak et sur les forums que les joueurs se sont regroupés dans ces années 2000.

D’ailleurs, s’ils tendent à être moins populaires puisque remplacés par les réseaux sociaux, les forums communautaires pullulaient autrefois. Que ce soit pour des clans, des guildes, des teams ou je ne sais quoi, j’ai passé un nombre incalculable d’heures sur ce qu'étaient jadis nos repères. Sur ceux-ci, comme à l’oral, nous débattions de tout et de rien autour d’un thème commun : notre passion liée aux jeux vidéo. Il arrivait même qu’autour de certains entre-deux (surtout lorsque les wargames par navigateur ont commencé à faire fureur), nous commencions à nous prendre pour George R. R. Martin et nous créions nos propres univers oscillant entre intrigues politiques et épopées épiques… C’était parfois (généralement pour moi) maladroit, mais comment ne pas être nostalgique ? De là à dire que c’était mieux avant, il n’y a qu’un pas !

Massivement communautaire

Ceci dit, ne soyons pas de mauvaise foi car ce n’est que par pur hasard que ces pratiques ont quelque peu disparu (et encore, j’insiste sur le quelque peu). Car, une nouvelle fois, technologie oblige, certains développeurs ont rendu possible ce dont tous ces artistes en herbe rêvaient. Sur World of Warcraft, nous étions héros. Nous arpentions le monde qu’autrefois nous devions imaginer, nous terrassions des monstres que nous peinions à décrire… Et surtout, nous nous battions avec nos guildes, devenues dès lors de véritables e-familles ! Armés de nos micros, nous dédiions bien de nos soirées à débattre de tout et de rien, à rigoler, à se disputer, à partager… Bref, nous communiquions comme auparavant… On croirait presque que je radote !

Néanmoins, ce n’est pas le cas. Là où je voulais en venir, c’est qu’au fil des années, les communautés se sont faites plus massives. À un tel point que le terme « MMO » (massivement multijoueurs en français) pourrait s’appliquer à beaucoup des jeux en ligne que nous connaissons. League of Legends, pour ne citer que lui, en est l’exemple parfait : des dizaines de millions de joueurs s’y affrontent, s’y confrontent et s’y rencontrent. Vous me demanderez peut-être ce qu’il en est alors de l’aspect purement social d’antan (vous savez, dans la vraie vie)… Je vous répondrai qu’il est différent, il a évolué ! Il serait par exemple idiot de dire que le online a desservi les LAN. Si elles sont plus rares aujourd’hui (ça reste à prouver), c’est sans doute parce que les joueurs viennent de plein d’horizons différents et qu’il est difficile de se rencontrer pour des raisons notamment pécuniaires.

Et ils finirent par remplir d’immenses salles

Alors, s’il-vous-plaît, tentez d’oublier certains clichés. Non, ce n’est pas parce que les joueurs ont « la flemme » de se déplacer que les LAN sont peut-être moins populaires (et encore une fois, rien ne l’atteste). Par contre, force est de constater que de plus en plus d’initiatives sont entreprises pour réunir les joueurs. Le phénomène barcraft en est la preuve par A + B. Depuis quelques années, partout dans le monde, ces bars dédiés à l’eSport rencontrent un succès tonitruant (j’imagine que l’équipe d’O’Gaming à Paris en attestera). N’est-ce pas là une digne succession pour nos greniers et nos garages ? J’en profite d’ailleurs : un Meltdown siérait bien à la ville de Namur !

De plus, pour mesurer le phénomène, il suffit simplement de voir, en France, le triomphe qu’ont été des évènements comme l’Iron Squid et les All-Star de League of Legends à Paris. Comment ne pas se dire en voyant cela que, continuellement, les communautés se sont agrandies et ne demandent aujourd’hui qu’à se rencontrer ? Aussi fort que les trolls et les détracteurs pourront crier, le fait est que l’effervescence autour du jeu vidéo a davantage rassemblé que divisé.

Sur fond de mon expérience, j’ai tenté de vous partager mon ressenti… Et je conclurai en disant que malgré les heures « perdues », j’ai pu rencontrer grâce au jeu vidéo des personnes que je considère comme des amis. J’ai pu m’amuser, rire, discuter et, maintenant, je peux m’exprimer. Sans tout cela, nul doute que je n’aurais pu vous écrire et me rendre compte que c’est cela que j’aime. Donc, je ne regrette pas un instant d’avoir, comme je l’ai parfois entendu, gâché une partie de ma vie à m’amuser avec des communautés que j’adore… J’en ai presque une larmichette ! Bref, n’en venez pas à vous couper de tout, mais vivez vos passions à fond !

 

Acheter vos jeux avec notre partenaire G2A.com

 

1 commentaire

ChristopheFerlet
ChristopheFerlet - 29/09/2014 08h27

superbe article dans lequel je me retrouve!

Poster un commentaire

Vous devez être connecté pour pouvoir poster un commentaire.