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28 déc. 2015 - Hatnuz League of Legends

Les dix BO's qui ont fait 2015

Les dix BO's qui ont fait 2015

L'année 2015 touche à sa fin et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle nous aura fait vibrer. Luttes ancestrales, oppositions de style, duels acharnés, scénarios inattendus et retournements de situation ont illustré ces 12 mois de compétitions desquels nous avons rétrospectivement ressorti dix BO's (classé dans l'ordre chronologique), dix affrontements, dix duels qui, par leur suspense, leur niveau de jeu ou leur symbolique, auront fait de 2015 une année inoubliable.

Un voyage en dix étapes.

1) SKT T1 vs CJ Entus, demi-finale spring split LCK. Score final : 3-2

Pourtant champion incontestable de cette année 2015, l’équipe SKT sortait en janvier dernier d’une année noire. Bengi passe remplaçant au profit de Tom et Faker partage son poste avec Easyhoon. Bang et Wolf sont à la botlane. La mythique équipe championne du monde semble bien loin.

Elle semble encore plus loin lorsque SKT se fait dompter par les CJ's et un Shy impressionnant lors de la première game. Faker entre alors dans le jeu, mais cela n’empêche pas une nouvelle défaite qui place l’équipe au pied du mur. Arrive alors Bengi, qui depuis cette game n’a plus vraiment été contesté dans sa jungle. Et SKT remonte, et SKT revient. Le duo Faker-Bengi couronné en 2013 est reformé et revient à 1-2. Le jungler surnage, lui qui n’a quasi pas joué de la saison régulière et que beaucoup avaient enterré.

Mais parler de ce BO, c’est surtout parler de cette 4e game complètement folle de 70 minutes où, avec une composition d’équipe moins forte, les SKT T1 l’emportent au bout du suspense, après avoir été sauvés de l’élimination par Marin. Mais les nombreux plays de part et d’autre lors de cette game haletante sont tous éclipsés par un Bang légendaire. Il virevolte, est intouchable en combat, flirte avec la mort et amène le concept de « Juggermaw » (l’ADC en première ligne, surprotégé par ses coéquipiers) à un autre niveau avec son Lucian. Probablement une des meilleures performances de carry AD jamais observée en game compétitive.

Epuisés par cette game, les joueurs de chez CJ craquent dans l’ultime match joué en blind pick. Si, rétrospectivement, il faut trouver le BO tremplin qui a lancé SKT vers les cieux, c’est sans doute ce duel contre CJ qui permettra donc à Faker et ses coéquipiers de défier les Koo Tigers en finale.

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2) Fnatic vs UOL, finale spring split LCS EU. Score final : 3-2

La première finale des LCS EU de cette année oppose des Fnatics retrouvés et très en forme après les interrogations liées au changement partiel de roster durant le mercato, aux Licornes de l’Amour, que personne n’attendait et qui ont été l’attraction de ce début d’année. L’équipe surprend par ses picks, fait sensation en éliminant la très solide équipe des SK et se fraie un chemin jusqu’en finale où ils ont fait plus que de la figuration.

Habitués à une victoire des Fnatic, qui visent un 4e trophée en cinq finales disputées, les spectateurs sont quelque peu décontenancés en voyant la 1re game partir aux mains des UOL's emmenés par un Varus mid astucieusement glissé dans la composition et bourreau des compagnons de Yellowstar. Les favoris se reprennent  et font parler leurs mécaniques de jeu pour mener 2-1 mais les nouveaux venus ne lâchent rien. Ils leur infligent un solide revers à la game 4 puisqu’ils détruiront notamment l’inhibiteur de la mid lane en une vingtaine de minutes seulement, et personne cette saison n’a fait plus rapide contre les Fnatic's. Côte à côte lors du sprint final, c’est finalement Febiven – auteur d’une très belle prestation, enchaînant des picks gagnants comme Twisted Fate ou Ahri – et ses compatriotes qui l’emporteront, et par-la même décrocheront leur ticket pour le Mid-Season Invitational.

Quand on voit les performances que les Fnatic y ont faites, on se dit que parfois cela tient à peu de choses. Qui sait ce qu'il se serait passé si cette ultime game était partie en faveur des UOL ?

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3) KOO Tigers vs SKT T1, finale spring split LCK. Score final : 0-3

Notre troisième étape fait halte en finale de la LCK. Une finale qu’il convient de remettre dans son contexte. Les Tigers ont dominé toute la saison régulière et étaient jusqu’il y a peu considérés comme le meilleur espoir coréen. Mais entretemps, les SKT se sont réveillés de leur longue hibernation et arrivent en finale avec la ferme intention de renouer avec la victoire. Si les votes des fans sont en grande partie favorables à la structure championne du monde en 2013, les analystes prédisent une finale stratégique  et opposent les mécaniques des joueurs SKT à la stratégie des Koo Tigers.

Alors que beaucoup s’attendaient à un BO5 serré, voire au minimum disputé, c’est une véritable claque à laquelle nous avons assisté,  puisque SKT a marché sur Pray et ses coéquipiers. Deux no-matchs et une troisième game où les Koo's ont tenté de proposer du jeu mais le résultat est là. Le pire dans tout cela, c’est peut-être que Bengi et Faker, les principaux artisans de la victoire en demi-finale contre CJ, étaient sur le banc des remplaçants (et étaient sans doute prêts à jouer en cas de défaite). Tout simplement dominés dans tous les compartiments de jeu, moins rapides, moins coordonnés, l’équipe est méconnaissable et ne parvient même pas à gagner la bataille stratégique, pourtant considérée comme leur point fort durant tout le split. L'Azir de Kuro est humilié par la Cassiopeia d’Easyhoon, Pray est renvoyé chez lui par Bang.

Cette finale, c’est tout un symbole. C’est SKT qui revient au-devant de la scène en écartant d’un grand coup de bras les Koo Tigers. 

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4) LGD-EDG, finale spring split LCS China. Score final : 2-3

Cette année la Chine aura été, à bien des égards, la direction vers laquelle se sont tournés tous les regards. Et à juste titre puisque cette finale opposant l’équipe la plus solide au spring split (EDG) à une équipe composée d’anciens champions du monde (LGD), fut tout simplement extraordinaire. 

Rarement un BO5 aura autant opposé des forces aussi brutales que celles qui entrèrent dans la faille de l’invocateur pour un combat à mort. Deft, Pawn et Clearlove d’un côté, Imp, GodV et Acorne de l’autre. Les deux équipes préparent précautionneusement leurs teamfights et jouent tour à tour sur leurs forces et leurs picks de confiance. Les stratégies sont rôdées et minutieuses mais contrastent avec l’extrême violence d’une 3e game où 43 kills et 14 tours sont pris en 30 minutes.

Soyons honnêtes, il ne sera pas possible de citer ici tout ce qu’il s’est passé tant les plays se sont enchaînés.  Chaque partie mériterait son article. On citera simplement les performances stratosphériques du jungler Clearlove  et de l’ADC Deft chez EDG, qui permettent malgré un duo Imp-GodV monstrueux d’arracher la victoire au terme d’une 5e game d’anthologie, ponctuée par l’un des plus beau pentakill en compétition de l’histoire de League of Legends.

Il fallait un vainqueur. Et le monde, effaré par le niveau de jeu, commence à trembler.  Cette finale aura été un affrontement sans merci entre deux des meilleurs ADC au monde, elle nous aura offert le Jayce de Pawn ou la Jinx d’Imp, les flanks surréalistes de Koro1 – le toplaner chinois des EDG –, la Diana de GodV, etc.

À ce moment-là, la principale question sur toutes les lèvres était de savoir quelle équipe chinoise allait rouler sur le monde et gagner les Worlds.

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5) Fnatic vs SKT T1, demi-finale MSI. Score final : 2-3

Après la démonstration des Coréens dans leur championnat régional, cette demi-finale avait une allure de David contre Goliath. Le parcours des Fnatic fut honorable durant ce Mid-Season Invitational, mais passer Faker, Bengi et les autres semble hors de la portée de la jeune équipe dont seul Yellowstar a une expérience sur la scène internationale.

Fnatic décide donc de jouer sur sa force : l’agressivité avec un grand A. Et malgré les erreurs d’appréciations et une équipe SKT qui punit invariablement toute imprécision fût-elle minime, l’équipe européenne fait plus que se défendre et égalise à un partout grâce à Yellowstar et Febiven, qui finissent la game sans être tombés une seule fois. Première défaite du coach Kkoma dans ce tournoi, et premier vent de panique dans l’équipe fraîchement championne des LCK quand Faker se fait tuer en solo par le Zed de Febiven sur la mid-lane. Les deux équipes combattent perpétuellement et échangent les kills encore et encore. SKT parvient à s’emparer de cette game, mais Fnatic répond par une Leona et renverse une seconde fois les Coréens pour forcer une 5e phase de draft. Une première dans l’histoire des confrontations Europe-Corée.

Malgré un continent derrière eux, l’exploit ne sera pas forcé. Mais aucun des joueurs Fnatic n’a à rougir de ce score. Huni, Reignover, Febiven et Steelback ont tous, pour leur grande première au niveau international, élevé leur niveau de jeu dans ce BO5 qui totalise 154 kills en 179 minutes de games cumulées, soit à peine moins d’un kill/minute.

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6) SKT T1 vs EDG, finale MSI. Score final : 2-3

On reste dans le même tournoi pour notre 6e halte. La finale oppose donc les Coréens de SKT aux Chinois d’Edward Gaming et s’annonce symbolique dans la lutte que se livrent à distance ces deux régions depuis le début de la saison.

C’est SKT (avec Bengi et Easyhoon) qui livre le premier sang en s’emparant d’une première game fort bien maîtrisée que la Cassiopeia du midlaner coréen aura survolée. Mais EDG sort alors son arme secrète : la Jinx de Deft. Impossible à attraper,  un positionnement irréprochable et des critiques en zone font pencher la balance en faveur de l’équipe chinoise. Dans le 3e manche de la série, SKT ne respecte toujours ni la Jinx de Deft, ni le Nunu de Clearlove et s’incline lourdement, la bot lane coréenne ne semble pas dans son assiette.

Mais chacun son arme secrète, et quand SKT sort la sienne, toute la salle se fait entendre au son des « Fa-ker ! Fa-ker ! Fa-ker ! ». Il permet, avec l’aide de Marin, de revenir à la hauteur des EDG's.  Cela fait maintenant quelques temps que la Corée remporte tous les tournois internationaux importants et SKT entend bien s’emparer du trophée au terme de la 5e et ultime game. Une game théoriquement gagnée à la phase de draft puisque le midlaner légendaire sort son pick légendaire, un pick banni toute la compétition avec qui il n’a jamais perdu une game compétitive de sa carrière : Leblanc. Mais en face, Pawn ne bronche pas. Et pour cause, son pick Morgana nous prouve qu’il a tout prévu. La partie se lance, et 30 minutes plus tard les Coréens sont au tapis, battus par plus forts qu’eux dans le contrôle des objectifs, dans les teamfights, dans la draft.

Pour la première fois, la Corée s’incline face à la Chine. Pour beaucoup, cette rencontre a changé la hiérarchie des régions en termes de niveau de jeu sur la scène internationale. La Chine EST la région favorite pour les Worlds. Le champion du monde SERA une équipe chinoise, cela ne fait pas de doute.

On se contentera pour terminer de citer le tweet de notre cher Chips, quelques heures après la fin de la finale : « La Corée tremble, mais le monde se chie dessus ».

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7) Fnatic vs Origen, finale summer split LCS EU. Score final : 3-2

Sur papier, cette finale oppose une équipe qui a survolé les LCS summer split avec un score de 18 victoires pour 0 défaite à une équipe qui y est entré il y a à peine trois mois. Ça, c’est sur le papier. Car en pratique d’autres paramètres sont venus grandement bouleverser ce BO5 que l’on pourrait résumer au seul champion Gangplank. Un champion qu’a sous-estimé Fnatic en pensant pouvoir gérer le plus fameux pirate de Soaz. Ajoutez-y un varus mid et vous obtenez une équipe qui fait exploser ses ennemis à distance, sans que cette dernière puisse répliquer. Yellowstar et son équipe perdent là leur première game compétitive, après 21 victoires consécutives. Plus question de laisser le Gangplank au toplaner Origen et c’est donc Huni qui prendra les commandes du champion avec, il faut le dire, beaucoup moins d’aisance que le frenchie. La victoire ira tout de même à Fnatic grâce à de belles prestations de Febiven et Rekkles.

Dans la 3e partie, GP est ban et cela semble enlever tout un poids à Fnatic qui lâche complètement son jeu. Origen répond à l’agression par l’agression et la partie s’emballe pour finir dans le sang et les larmes quelques 40 minutes  et un pentakill de la Tristana de Rekkles plus tard. L’ADC suédois, poussé par son public (la finale se déroulait en Suède), est intenable ! Mais la foule scandant son nom à chaque champion abattu a peut-être trop rassuré les favoris qui remettent un Gangplank dans les mains d’Huni, pour le meilleur et pour le pire. Mais Soaz connaît ce champion par  cœur et sort le parfait counterpick : un Fizz. Malgré deux barons sécurisés et 10k gold d’avance, les Fnatic sont forcés de s’incliner contre une composition d’équipe meilleure en fin de partie.

Comme une métaphore du « boss final », Soaz retrouve son GP dans cette game décisive et peut croire à la victoire quand il prend un triple kill après seulement six minutes. Mais les engagements à répétition de la Annie de Yellowstar auront raison des Origen’s, dans une longue game très tendue où ces derniers évoluaient une fois de plus avec une meilleure composition que leurs adversaires.

Fnatic, avec cinq victoires finales sur six splits, s’offre donc un record (en plus) tandis qu’Origen sort par la très grande porte, en prouvant que l’équipe n’est pas invincible. C’est d’ailleurs la première fois depuis bien longtemps que l’on peut pointer de réelles erreurs de la part des joueurs du coach Deilor, qui pour récompenser ses joueurs…les a emmené un mois bootcamp en Corée. On dit merci qui ? Merci le coach !

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8) Cloud 9 vs Impulse, dernier spot NA des Worlds. Score final : 3-2

À côté des grands champs de bataille, d’autres belles histoires se sont écrites dont l’une des plus improbables et des plus incroyables est sans doute celle de l’équipe Cloud 9.

L’équipe vit un enfer et enchaîne les défaites au summer split, mais est repêchée dans le  tournoi qui déterminera le dernier spot des Worlds en LCS NA grâce à ses résultats au printemps. Menés 0-2 face à Gravity, Hai (passé en jungle) et ses coéquipiers réalisent l’impossible en gagnant les trois games suivantes.

Ici opposés à la coriace équipe de Rush et Impact, les Cloud 9 sont dans un premier temps complètement sans réponse face à la Soraka d’Adrian. L’équipe emblématique nord-américaine est à une seule game de l’élimination, à une seule game d’une saison terminée et d’une déception immense, eux qui avaient atteints les ¼ de finale lors des deux dernières éditions des championnats du monde.

Dos au mur, Cloud 9 décide de se reposer sur le niveau individuel d’Incarnation et Sneaky, respectivement sur Yasuo et Vayne. Changement complet de stratégie, Cloud 9 tente de semer le chaos dans la game et cela leur réussit plutôt bien (en ayant pris la peine d’enlever la Soraka infernale du support adverse, subitement les champions tombent plus vite). On pourra aussi reprocher à la Team Impulse un manque d’adaptation car c’est le même style de composition basée sur les escarmouches individuelles que propose Cloud 9 dans sa remontée fantastique. Sneaky ne lâche plus sa Vayne et se demande sans doute comme nous pourquoi il ne l’a pas jouée tout au long du split, tandis qu'Incarnation, toute la saison sur des picks utilitaires, trouve son bonheur avec une Diana qui termine à dix kills. Les casters anglophones n’y croient pas ! Cloud 9 revient des enfers à 2-2 et force le verdict sur une seule partie, la dernière de la saison pour une de ces deux formations.

La tension est palpable lors de la phase de draft alors que Gate, le midlaner chinois de la Team Impulse, sort un Vel’koz. La partie est très mal engagée pour Cloud 9 qui perd un inhibiteur et une tourelle nexus après seulement 25 minutes de jeu. Sous la pression constante d’un rush de leur nexus, après avoir brillamment répondu à de multiples tentatives de barons et de trap de la part de leurs adversaires, Sneaky parvient à porter son équipe vers la victoire et le droit de jouer le dernier billet des Worlds face à la Team Liquid, qu’ils battront 3-1.

Ce BO est sans doute celui qui illustre le plus le contraste entre le Cloud 9 apathique que l’on a vu durant toute la saison régulière et le Cloud 9 conquérant, qui ne réfléchit pas et fonce, que l’on a pu voir aux Worlds en tant que meilleure performance d’une équipe américaine du tournoi.

Revoir le BO  (Crédit vidéo : Lolesport)

9) Fnatic vs EDG, quart de finale des Worlds. Score final : 3-0

Notre tour de 2015 approche de la fin en faisant évidemment halte aux championnats du monde où de nombreux duels se sont joués. Mais le plus mémorable pour nous, Européens, celui qui restera dans les mémoires sera certainement ce 3-0 face aux Edward Gaming.

Un BO donné comme le plus serré de ces quarts de finale et qui commence sur les chapeaux de roue, avec un Deft qui sort un petit Jayce avec tp à la botlane. Les Chinois arborent ainsi une terrifiante composition à quadruple téléportation grâce au Twisted Fate. Malmenés en début de partie, l’équipe européenne ne se laisse pas impressionner et sait saisir les opportunités pour lancer le Jarvan d’Huni et le Kennen (!) de Rekkles dans la mêlée. Ceux-ci font des ravages et donnent la première manche à Fnatic.

À partir de ce moment-là, l’équipe de Yellowstar a toujours semblé avoir un coup d’avance sur leurs adversaires. La composition Caitlyn-Veigar des EDG est contrée par un Tahm Kench support, et Febiven ne fait pas de quartiers avec sa Leblanc. Dans une escarmouche précoce à la botlane, le midlaner Fnatic s’adjugera un triple kill au prix de nombreuses acrobaties et ne lâchera plus la domination jusqu’à une victoire facile en 30 minutes.

Le dernier match du dernier espoir chinois aux Worlds sera assez expéditif. La composition Edward Gaming a de nouveau besoin d’être laissée tranquille pendant les 30 premières minutes de jeu, ce que la Riven de Huni ne permettra jamais. Premiers sur l’objectif, toujours la vision là où il faut, toujours justes dans leurs engagements et infligeant des dégâts insoutenables à l’équipe adverse, Fnatic d'adjuge donc la victoire et écrase l’équipe de Deft et Koro1, qui auront été à l’image de la Chine  dans ce tournoi : méconnaissables.

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10) SKT T1 vs KOO Tigers, finale des Worlds. Score final : 3-1

C’est ici que notre voyage se termine. Au sommet d’une saison incroyable qui aura déjoué beaucoup de pronostics. Car ce soir-là, devant les 50 000 spectateurs de la Mercedes-Benz Arena à Berlin, ce n’est pas une équipe chinoise qui s’avance pour tenter de faire chuter SKT mais bien les KOO Tigers. Impossible de leur refuser cette place après avoir battu les KT en quarts et écrasé les Fnatic’s dans une demi-finale expéditive.

Mais pour avoir une chance de prendre des games à SKT, il faut pouvoir se surpasser et ne laisser aucun répit à l’adversaire. La première manche se lance et est marquée par de nombreux mouvements sur la carte. La téléportation permet à la Riven de Smeb et au Rumble de Marin de se mettre en évidence. KOO Tigers s’accroche mais ne fait que réagir au jeu de Faker et ses coéquipiers. Et peu à peu, l’équipe la plus mobile gagne du terrain. Mais comment suivre une équipe composée de Kassadin, Sivir et Shen ? Les Tigers s’inclinent mais semblent avoir identifié la cause de leurs maux : la toplane. Le Rumble de Marin sera la cible de tous les ganks et de tous les focus en fight. Mais l’équipe de Smeb s’entête à vouloir faire monter leur Fiora en puissance et néglige complètement le reste des joueurs SKT's.  Arrive l’heure des batailles à cinq contre cinq et le duo Tristana-Lulu – joué par Bang et Faker – fait un carton plein.  C’est aussi à ce moment-là que l’on comprend l’utilité du pick Jarvan en jungle qui neutralise la composition statique des KOO (Viktor-Kennen). C’est la dernière chance pour les outsiders d’empêcher le perfect des Worlds par SKT. Le public scande le nom des Tigers, on ne veut pas d’un 3-0 dans la salle.

Dans la 3e game, un petit coup de pouce orientera drastiquement les débats en faveur de l’équipe au pied du mur, un ace après cinq minutes de jeu où Lee Sin s’empare de quatre kills. Les SKT se battent comme des lions mais Kuro et Hojin ne laisseront pas passer cette occasion de briser la série de victoire d’une équipe qui sera passée à un cheveu de l’exploit.

Même si tout le monde espérait une égalisation des Tigers et une fin de BO épique, la dernière game de ces championnats du monde n’a jamais échappé aux mains des SKT. Avec trois bans de top laners (Fiora-Renekton-Rumble), KOO veut forcer Marin sur un pick qu’il maîtrise moins. Mais il en faut plus que cela pour gêner le futur MVP du tournoi qui se retrouve sur Gnar, tandis que son homologue de la midlane arrache des têtes avec son Ryze. Enervés et sans pitié, Wolf, Bang, Faker, Bangi et Marin (sans oublier Easyhoon) plient la partie. Le coach Kkoma vient acclamer ses joueurs.

SKT est double championne du monde et en profite pour placer le barre très haut pour qui voudra contester son titre de meilleure équipe de League of Legends : record du ratio victoire/défaite aux Worlds (15-1), plus longue série de victoire aux Worlds, plus longue série de BO gagnée en split, on ajoute à cela des records de KDA (ratio de tués par mort) et de pourcentages de victoire sur tous les champions.

Mais cette finale 100% coréenne est aussi symbolique. Parce qu’au début de la saison, on prédisait une domination chinoise et une Corée diminuée. Les KOO Tigers étaient tous inconnus du grand public en début d’année, et ils se sont frayés un chemin jusqu’en finale contre une équipe de SKT qui prouve que leur niveau ne fait qu’augmenter avec le temps. Et ce que ce tournoi a montré, c’est que l’on peut acheter le meilleur matériau possible, ce n’est pas pour autant que le résultat final sera concluant.

 De là à dire que c’est dans les vieilles casseroles que l'on fait les meilleures soupes, il y a qu’un pas que l’on ne franchira qu’après s’être assuré que Faker n’a que 19 ans.

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Notre voyage rétrospectif de 2015 s’achève donc ici. Bien d’autres duels ont illuminés ces dix mois de compétition, et rarement le niveau de jeu aura été aussi serré entre Orient et Occident. Avec deux équipes dans le dernier carré, l’Europe achève sa meilleure année depuis la saison 1. On prendra soin de garder à l’œil la Chine qui a surement à cœur de revenir sur le devant de la scène, sans oublier que l’on n’est pas à l’abri de surprises venant d’outre-Atlantique. Une année s’achève, l’année des SKT. Mais une autre arrive, d’autres équipes entrent dans la faille de l’invocateur et se livreront de sanglantes batailles. Des pentakills seront scorés, des nexus tomberont dans les hurlements de la foule, des noms seront scandés, des larmes de joie et de tristesse couleront durant cette année 2016 qui rassemblera encore plus de monde autour d’un même objectif : prendre du plaisir autour du jeu comme jamais cela n’a été le cas.

 

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3 commentaires

Maginn
Maginn - 28/12/2015 15h02

Très bon article ! C'est vraiment cool de revivre tous ces BO de l'année 2015 qui aura été énorme !

Tziz
Tziz - 29/12/2015 08h17

Je penses que le BO HKE ( avec Toyz ) vs Flash Wolves 2-3 a largement sa place mais très bon article sinon :)

Hatnuz
Hatnuz - 29/12/2015 16h38

Cornélien fut le choix de choisir seulement 10 BO's =p. Ce duel taïwanais fut également très disputé. Merci de vos réponses !

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