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16 mars 2018 - Bobinou League of Legends

Les games de légende : Fnatic - Ahq, 2015

Les games de légende : Fnatic - Ahq, 2015

Vous voulez découvrir des games mythiques ? Vous replonger dans vos vieux souvenirs ? Ou vous pensez simplement que LoL c'était mieux avant ? Dans tous les cas, cette chronique est faite pour vous. Au programme de ce deuxième épisode : un final à couper le souffle et les chouchous de toute l'Europe. Voici Fnatic - Ahq, aux Worlds 2015 !

Rarement une équipe occidentale n’a été autant attendue avant des Worlds que les Fnatic de 2015, sur leur petit nuage après une saison régulière parfaite. Dos au mur au début de la compétition mais portés par un public parisien en folie, les favoris sont contraints à l’exploit face à Ahq pour assurer leur qualification en quarts de finale.

Fnatic, pour rentrer dans l'histoire

Started from the bottow now they're here

L’espoir de l’Europe. Tel est le statut, lourd à porter, de Fnatic au moment de son entrée en lice aux Worlds, la compétition internationale majeure de la Saison 5. Ces attentes, l’équipe les doit à son année 2015 quasi-parfaite. Pourtant, 11 mois auparavant, personne ne donne cher de la peau de Fnatic. Abandonné par ses anciens coéquipiers en novembre 2014, le vétéran français Yellowstar est chargé de reconstruire une équipe sur des cendres en quelques semaines à peine. Ayant carte blanche de sa structure pour choisir ses nouveaux coéquipiers, le support fait un choix audacieux en se tournant vers 4 jeunes, avec une expérience limitée du très haut niveau : Huni et Reignover - un duo d’imports coréens dans la toplane - et la jungle, et Febiven et Steelback, deux jeunes Européens s’étant fait remarquer en Challenger Series, respectivement au mid et en AD carry


L'équipe Fnatic sous sa forme ultime, avec Huni, Reignover, Febiven, Rekkles et Yellowstar.
Crédits : Riot Games

Sur le papier, l’équipe n’a aucune expérience et tout à prouver. Pourtant, grâce aux capacités de meneur d’hommes de Yellowstar et au travail remarqué de Deilor en tant que coach, l’équipe remporte immédiatement le Spring Split. Elle se hisse même en demi-finale du MSI, où elle passe à deux doigts de devenir la première équipe occidentale à éliminer une équipe coréenne en Bo5, en l’occurrence SKT T1. Pour le Summer Split, Fnatic choisit de franchir encore un cap en faisant revenir Rekkles, leur ancien joueur phare, en lieu et place de Steelback.

Le split de tous les records

L’arrivée du suédois coïncide avec l’explosion du niveau de l’équipe : le Summer Split 2015 est celui de tous les records. Fnatic achève la saison régulière sans aucune défaite, sur le score de 18-0, une première dans l’histoire de la région. Jamais une équipe européenne n’a paru aussi forte depuis la création des LCS.
À chaque position, elle est une menace potentielle. Les cinq membres de l’équipe et leur coach sont élus par leurs pairs meilleurs joueurs d’Europe à leur position respectives, alors que Yellowstar est couronné MVP de la saison. Grâce à sa série Youtube « Life of Legends » et à sa communication efficace, la structure a aussi consolidé une fanbase complètement dévouée à sa cause.
 


Crédits : Fnatic

 

Seulement, survoler sa région ne suffit pas à Deilor et ses poulains. Seule une performance remarquée à l’international peut figer définitivement le statut de cette mouture de Fnatic comme meilleure équipe occidentale de tous les temps. C’est avec cette ambition que les Européens se rendent au Dock Pullman, à Paris, pour entamer la phase de groupes des Worlds. Problème : les Fnatic sont placés dans la poule B, la « poule de la mort », avec les Américains de Cloud 9, les Chinois d’Invictus Gaming et les champions taïwanais d’Ahq. La première semaine est très compliquée pour eux, puisqu’ils perdent deux de leurs trois matchs, notamment contre Ahq, qui leur avait déjà fait mordre la poussière au MSI. 
 


Le public du Dock Pullman, à fond derrière Fnatic.
Crédits : Riot Games

 

Pour être sûrs de se qualifier directement pour les quarts de finale, ils sont donc condamnés à réaliser une deuxième semaine parfaite et à remporter leurs trois matchs. Heureusement, les joueurs semblent s’être repris en main et, portés par un Rekkles en feu, parviennent à se défaire d’IG et de C9. Il ne leur reste plus qu’un dernier obstacle à surmonter pour voir le prochain tour : battre Ahq, leur Némésis. Une défaite et Fnatic est condamnée à un tie-breaker de la peur face à C9. Une victoire et ce sera les quarts de finale, la première place du groupe et la prolongation du rêve européen. Nous sommes le 11 octobre 2015 et, devant un public parisien acquis à sa cause, Fnatic se retrouve embarquée dans un thriller de 50 minutes sous haute tension. 
 


La pression est sur les épaules de Fnatic, à quelques minutes de leur rencontre avec Ahq.
Crédits : Riot Games

 

Trois raisons pour lesquelles cette game doit impérativement être vue

1. Parce que c’est toujours un plaisir de revoir ces Fnatic de 2015. Une machine parfaitement huilée, avec des joueurs tous à leur top niveau, emmenée par un Febiven mécaniquement irréprochable.

2. Parce que le public français (le meilleur du monde), déjà fabuleux tout au long de cette phase de groupes, est incroyable au cours de cette partie. Avec les commentaires de Chips et Noi par-dessus, c’est un vrai régal.

3. Parce que le suspense tout au long de ce match est insoutenable et son final, alors que tout semblait perdu pour Fnatic, d’une dramaturgie rarement vue dans une partie compétitive. 

La draft et le déroulement de la game :

Le but de cette chronique est de redécouvrir quelques-unes des meilleures parties de LoL de l’histoire, nous vous conseillons donc vivement de regarder celle-ci (qui commence réellement à 4:11). Juste pour l’ambiance et les commentaires de Chips et Noi, ça vaut le coup.
 

 

Si vous manquez de temps, vous pouvez regarder seulement les highlights de la game, ci-dessous. Dans tous les cas, la suite de l'article décrit les événements de la partie et ses rebondissements et, soyez-en certains, il y en a beaucoup. 
 


Crédits : Riot Games
 

La draft 

Toute cette draft se joue autour de AN, l’AD carry d’Ahq. Les Taïwanais ont en effet choisi de sélectionner d’entrée son champion favori, Jinx, sur lequel il fait des étincelles depuis le début du tournoi, pour le mettre en confiance.
 


Pour cette partie, Ahq mise beaucoup sur AN, son AD carry.
Crédits : Riot Games

 

Jinx est un personnage très fort en fin de partie, mais extrêmement sensible aux assassins. Fnatic veut donc immédiatement sanctionner ce choix et prend deux champions capables d’aller chercher AN en teamfight : Ekko pour Huni et LeBlanc pour Febiven . Pour les Européens, la condition de victoire est assez simple : accélérer la partie et miser sur leur réussite dans les escarmouches pour remporter rapidement la partie.
Seulement, Ahq verrouille un Tahm Kench pour Albis. Ce seul choix suffit à contrer les ambitions de Fnatic. Avec sa « dévoration », il assure en effet une protection absolument optimale à AN face à Huni et Febiven. Si les Ahq veulent l’emporter, il s’agira donc juste pour eux de temporiser la phase durant laquelle Fnatic a l’ascendant, pour ensuite dérouler en fin de partie, grâce aux dégâts de la Jinx.
 


La draft finale, avec le Tahm Kench d'Albis notamment, 100% de victoires dans les Worlds jusqu'ici.
Crédits : Riot Games

La game 

Les Fnatic doivent démarrer fort pour se faciliter la vie et ils le savent. À cet égard, leur début de partie est idéal : 3 à 1 au bout de 6 minutes pour les Européens, grâce à l’efficacité du duo Huni – Reignover. Les deux joueurs, arrivés dans l’équipe début 2015, ont construit tout au long de la saison une synergie hors pair. Et leur entente a fait des ravages : depuis le Spring Split, c’est un titre de « Rookie du split » pour Huni, le statut de meilleur jungler d’Europe pour Reignover et des premiers sangs à la pelle. Ce match ne fait pas exception : portée par ses coréens, Fnatic déroule en début de partie et passe le quart d’heure de jeu avec 3 000 golds d’avance.
 


Depuis son arrivée en Europe, le duo Huni-Reignover fait des ravages.
Crédits : Riot Games

 

AN la menace

Pourtant, Ahq se défend honorablement, récupérant plusieurs kills isolés qui reviennent tous à la bonne personne : AN. Dans la composition taïwanaise, il est censé assurer la majorité des dégâts avec sa Jinx. Ça tombe bien : AN est l’AD carry le plus agressif de sa région et est capable de transformer la moindre petite avance en un gouffre. Protégé par un Tahm Kench, il se transforme en menace terrifiante.
 


L'inventaire d'AN à 25 minutes de jeu. De quoi faire des ravages dans les rangs de Fnatic.
Crédits : Riot Games

 

Albis et AN comprennent très bien ces conditions de victoire et ne se quittent plus d’une semelle. Petit à petit, les Taïwanais commencent à tenir tête à Fnatic dans les escarmouches puis, minute après minute, à l’emporter dans les teamfights. Le temps joue contre les Européens, qui sont censés s’essouffler en fin de partie. Mais, à la 35ème minute, c’est la prise d’initiatives de trop : Huni se fait tuer et Ahq se retrouve en position d’entamer un Nashor qui scellerait quasi certainement le sort de la partie. Seulement, Febiven ne l’entend cependant pas de cette oreille : avec une double distorsion bien placée, il parvient à subtiliser le baron au nez et à la barbe de ses adversaires et à garder Fnatic en vie. 
 


Et c'est le steal pour Febiven et Fnatic !
Crédits : Riot Games

 

Dès lors, le match s’emballe et les deux équipes se rendent coup pour coup, échangeant tourelles et dragons. Fnatic se sent pousser des ailes mais s’empale sur la défense taïwanaise. Avec ses six objets en poche, la Jinx d'AN enchaîne les coups critiques et repousse complètement Fnatic. A la 45ème minute, c’est l’échec fatal pour les Européens : Westdoor arrive à tuer Huni en un-contre-un et les Taïwanais, Nashor en poche, s’emparent de deux inhibiteurs. La situation semble désespérée, tant Fnatic n’a plus de solution contre le duo infernal AN - Albis. Ahq s’avance au bot, pour ce qui devrait être leur poussée finale. 

Fe-bi-veeeeeeeen

Les Taïwanais veulent en finir. Sur le côté, Westdoor élimine Yellowstar. La game est jouée. AN commence à taper Huni et Rekkles, la vie des Fnatic descend inéluctablement… Et Febiven surgit de nulle part : avec une double distorsion, il annihile littéralement Jinx et Tahm Kench. La foule explose : en une action, le néerlandais a fait renaître l’espoir dans le cœur de ses coéquipiers et de tous les spectateurs. Dans la foulée, les quatre survivants parviennent à sauver un sbire, un peu par miracle, et à finir la partie devant une foule déchaînée, après un renversement de situation à peine croyable. 
 


La bande à Yellowstar fête sa victoire auprès de ses fans.
Crédits : Riot Games

 

Il faut se pincer pour le croire : les Fnatic l’ont fait et se sont qualifiés pour les quarts. Ils y élimineront Edward Gaming de manière très convaincante avant de buter contre les Koo Tigers en demi-finale. Leur parcours reste toutefois l’un des meilleurs jamais accomplis par une équipe occidentale. La belle histoire ne durera cependant pas, Huni, Reignover et Yellowstar ayant tous les trois fait le choix de s'exiler aux Etats-Unis pour la Saison 6. Mais pour ce match, comme pour toute leur année 2015, ce roster de Fnatic aura toujours une place unique dans le cœur des fans. 
 

   
Le beau parcours des Européens s'arrêtent en demi-finale.
Crédits : Riot Games

 

Le move de la partie

47:59 dans la game : Sans aucun inhibiteur pour les protéger et en 4 contre 5, Fnatic est condamné à un fight miraculeux dans la base pour remporter la partie, d’autant que la Jinx d’Ahq, protégée par Tahm’Kench parait intombable. C’est sans compter sur la LeBlanc de Febiven, qui arrive à tuer à lui tout seul AN et Albis grâce à une double distorsion, donnant ainsi la victoire à son équipe alors que tout espoir semblait perdu. 
 


Crédits : Riot Games
 

Le MVP de la partie

Febiven – LeBlanc – 4/4/7
 


Le midlaner néerlandais a été impérial sur sa Leblanc.
Crédits : Riot Games

 

Comment pourrait-il en être autrement ? Fabian Diepstraten, 19 ans à l’époque, a pris ses responsabilités dans ce match. Sa performance extraordinaire dans le dernier teamfight, qui donne la victoire à Fnatic, en ferait presque oublier son vol du Nashor, lui aussi essentiel dans la victoire de son équipe.  Tout simplement décisif. 


C'est fini pour cette game de légende ! On se retrouve dans deux semaines pour se plonger à nouveau ensemble dans l'histoire de LoL !

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