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21 août 2018 - Bobinou League of Legends

Les games de légende : Fnatic - Unicorns of Love, 2015

Les games de légende : Fnatic - Unicorns of Love, 2015

Vous voulez découvrir des games mythiques ? Vous replonger dans vos vieux souvenirs ? Ou bien vous pensez simplement que LoL c'était mieux avant ? Dans tous les cas, cette chronique est faite pour vous. Au programme de ce onzième épisode : un backdoor, une impasse mexicaine et des rognures d’ongle. Voici Fnatic – Unicorns of Love, au Spring Split 2015 !

Le beau jeu quand on ne l’attend pas

Il parait que le bonheur arrive quand on s’y attend le moins. Parfois, cet adage s’applique aussi au beau jeu. Soyons honnêtes : jusqu’ici, les games de légende sont quasiment toutes issues de parties sous haute tension : aux Worlds, au MSI, aux Playoffs… Alors que nous approchons de la fin de la saison régulière, il n’est pas inutile de rappeler que la magie peut survenir n’importe où et n’importe quand, y compris dans une partie en apparence quelconque. Comme cet innocent Fnatic – Unicorns of Love, au cours de la huitième semaine du Spring Split en 2015.

 



Ah, la saison régulière, son maigre public et son ambiance bon enfant.
Crédits : Riot Games

 

Le haut du panier

En ce mois de mars 2015, les LCS EU approchent tout doucettement de la fin de la saison régulière. SK caracole en tête de la région, portée par Forg1ven. Derrière, Fnatic est un solide dauphin et a déjà sécurisé sa place pour les Playoffs. Un peu plus loin, UoL est un surprenant 5e, avec 7 victoires pour 7 défaites. Pour les licornes, le maintien, soit l’objectif de début de saison, est acquis. Mieux, si elles conservent ce niveau, elles devraient obtenir leur première qualification pour les Playoffs.

 



Fin de saison tranquille pour Fnatic, alors qu'UoL est encore à la lutte.
Crédits : Riot Games

 

Des résultats plus qu’honorables, surtout lorsqu’on sait que l’équipe est toute jeune. Avec sa communication décalée et son organisation familiale, Unicorns of Love surgit aux LCS comme un OVNI en arrachant sa qualification 3-2 contre Millenium lors du tournoi de promotion de l’été. La machine s’emballe alors très vite : un petit exploit contre TSM aux IEM San José, un départ convaincant aux LCS, un style de jeu enthousiasmant et, très vite, un public de supporters se crée.

 



Les performances de la structure UoL lui attire vite des fans, comme ce jeune homme, entre Kikis et PowerOfEvil.
Crédits : Riot Games

 

Pour Fnatic, rien à voir. Cette place dans le haut du classement est une habitude. Sur LoL, la structure est la plus titrée en Europe depuis le lancement de la scène compétitive. En plus de son titre de champion du monde en Saison 1, à l’âge de pierre, elle a remporté 3 des 4 derniers titres de LCS, dominant la région sans partage ou presque.

Une bataille de styles

Deux équipes qui n’ont donc pas les mêmes aspirations, ni le même style. Fnatic joue de manière très réfléchie et s’appuie massivement sur son duo coréen Huni-Reignover. À l’opposé, UoL propose un joyeux bordel, avec des champions improbables et de l’agression en permanence. Quel enjeu pour cette partie alors ? Pas grand chose pour les favoris, si ce n’est garder la confiance et sécuriser définitivement une place dans le top 2. Pour les outsiders, le top 6 est en ligne de mire. Sans pour autant qu’une défaite soit rédhibitoire.

 



Huni, Reignover, Febiven, Steelback et Yellowstar : un roster pour l'histoire.
Crédits : Riot Games

 

C’est donc une game comme on en voit plein chaque semaine qui s’apprête à débuter ce vendredi 20 mars 2015. Et pourtant, elle va rester dans les annales comme l’une des parties les plus incroyables de l’histoire des LCS EU. Un vrai spectacle, comme on les aime.

Trois raisons pour lesquelles cette game doit impérativement être vue

1. Parce qu’elle est simplement très drôle et agréable à regarder. De l’action à tous les étages, une agressivité constante, 64 kills en 38 minutes… Que du bonheur.

2. Parce que cette fin de partie est d’un suspense incroyable, avec un dénouement digne d’un western spaghetti. De quoi faire le plein d’émotions.

 



La réaction des fans durant la game. Si ça ne vous donne pas envie, on ne sait plus quoi faire.
Crédits : Riot Games

 

3. Parce qu’avant de rentrer un peu dans le rang, UoL c’était ça : des compositions improbables, le chaos sur toute la carte et, avant tout, beaucoup de fun.

La draft et le déroulement de la game

Le but de cette chronique est de redécouvrir quelques-unes des meilleures parties de LoL de l’histoire. Nous vous conseillons donc vivement de regarder celle-ci. Vraiment, elle est super fun de bout en bout.

 

 

Si vous manquez de temps, vous pouvez regarder seulement les meilleurs moments de la partie, ci-dessous. Dans tous les cas, la suite de l'article décrit les événements de la partie et ses rebondissements et soyez-en certains, il y en a beaucoup.

 

 

 

La draft

C’est une marque de fabrique des games d’UoL : être spectaculaire dès la sélection des champions.

 



Casser la meta puis la soloqueue, c'est ce qu'UoL fait de mieux.
Crédits : Riot Games

 

Pas d’exception pour cette fois : après des choix standards, les rookies dévoilent la particularité de leur composition : une Cassiopeia pour PowerOfEvil et, surtout, un Yorick pour Viziscaci, un choix complètement improbable. Les licornes vont s’essayer à un combo de solo queue, en laissant la femme-serpent prendre tous les risques dans les combats, avec la sécurité de se voir prolonger son temps de vie grâce à l’Augure de mort (ancien ultime de Yorick qui lui permettait de faire revenir un allié à la vie pendant quelques secondes).

Seulement, Fnatic n’est pas en reste non plus. Et l'équipe effectue un choix fort : mettre Yellowstar sur un champion très peu populaire, Nautilus, pour supporter LeBlanc et Graves. Avec un pick pareil, les favoris s’offrent beaucoup de répondant dans les escarmouches.

 



La draft finale d'UoL et de Fnatic, pleine de suprises.
Crédits : Riot Games

 

La game

Difficile de croire qu’il faille attendre 8 minutes de jeu pour voir se verser la première goutte de ce futur bain de sang. Comme souvent avec UoL le premier coup de poignard vient de PowerOfEvil. Le midlaner allemand, brillant depuis 6 mois, fait parler ses mécaniques et remporte son premier duel contre Febiven. Mais le contre-coup arrive dans la foulée : avec un Yellowstar omniprésent, en 3-0 à 12 minutes, Fnatic prend le large en ce début de partie.

Un bain de sang

Les compositions agressives de part et d’autre commencent à parler et les actions de classe s’enchaînent. À 21 minutes, alors que les combats d’équipe commencent vraiment, les licornes rentrent dans leur temps fort, celui où leur composition peut briller. Si PowerOfEvil meurt tôt dans le fight, il parvient à emporter avec lui dans la tombe trois adversaires et permet à son équipe de débloquer une T3, un Nashor puis un inhibiteur dans la foulée. 

 



Le support français surnage côté Fnatic en ce début de partie.
Crédits : Riot Games

 

Tout semble réuni pour créer la surprise : à 28 minutes, UoL remporte un nouveau combat qui lui permet de prendre les tours du Nexus. Mais pour autant, c’est Fnatic qui fait la course en tête aux kills, et même assez largement : 23 à 15 (en 30 minutes seulement !). Se défendant bec et ongles avec l’orgueil du champion, ils retournent même la vapeur, en s’emparant du Nashor puis en faisant un 4 pour 1, grâce au bon placement de Steelaback.

Une game sans fin

Les hommes coachés par Deilor sont alors en position de finir la partie. Ils s’avancent, s’emparent de la première T4, de la deuxième… mais se cassent les dents sur le Nexus, qui tient bon avec quelques points de vie à peine. Ce n’est que partie remise. Deux minutes plus tard, Yellowstar profite d’un combat étriqué pour filer vers la base de ses opposants et tenter un backdoor sur le Nexus laissé à nu. Et là, c’est le deuxième drame : les UoL tiennent bon, défendant tant bien que mal, et repoussent une nouvelle fois l’assaut.

 



Deuxième échec en autant de tentatives de backdoor pour les Fnatic. Souvenez vous d'OMG.
Crédits : Riot Games

 

Deux backdoors, la partie la plus meurtrière de l’histoire des LCS EU, des bases rasées de chaque côté… La partie prend déjà des allures de blockbusters. Et c’est sans compter sa fin. Après un combat dantesque dans la base Fnatic, chaque équipe se retrouve avec deux survivants de chaque côté : Steelback et Huni se doivent de défendre leur Nexus exposé face à PowerOfEvil et Vardags.

 



Une impasse mexicaine pour finir la partie. Difficile de dire qui de Huni, Steelback,
Vardags ou PowerOfEvil est le bon, la brute ou le truand.

 

Dans un western, on appelle ça une « impasse mexicaine » : les quatre champions se regardent dans le blanc des yeux, se tiennent en joue, chacun attendant le premier geste de l’autre pour lancer l’assaut. À ce petit jeu, dans les films, c’est celui qui bouge en premier qui perd. Sur LoL aussi. Huni craque, se précipite sur Vardags et il est immédiatement sanctionné par ses adversaires. Impuissant, Steelback ne peut que regarder UoL mettre fin à ces montagnes russes émotionnelles et exulte.

 



UoL n'a même pas attendu que le Nexus explose pour célébrer sa victoire.
Crédits : Riot Games

 

L’après game

Une petite mise en bouche. Cette innocente mais excitante confrontation se révèle être une répétition miniature de la finale du Spring Split. Pour sa première saison au plus haut niveau européen, UoL réussit déjà un petit exploit en se classant 5e de la saison régulière. Rien à côté de la double victoire coup sur coup contre Gambit puis contre SK en Playoffs. En finale, elle tient la dragée haute à Fnatic, mais s’incline d’un rien, 3 à 2, en conclusion du plus beau split de l’histoire de la structure.

 



Fnatic - UoL, une finale inédite qui est allée jusqu'à la cinquième game.
Crédits : Riot Games

 

Avec ce trophée, Fnatic valide son ticket pour le MSI. Représentant l’Europe, elle y brille, chutant d’un cheveu contre SKT en demi-finale. Au Summer Split, Yellowstar et ses compères écrasent la concurrence et achèvent la saison régulière sans une seule défaite. Comme si, après ces deux backdoors manqués, ils avaient retenu la leçon.

Le MVP de la partie

PowerOfEvil – 10/8/7 – Cassiopeia

 



Le sourire d'un joueur prêt à casser des bouches.
Crédits : Riot Games

 

Lorsqu’il est aidé comme cela par Vizicsacsi, Tristan Schrage est aussi inquiétant vivant que mort. Jouant complètement libéré, le midlaner allemand a assuré la majorité des dégâts de son équipe et a été un poison (c’est le cas de le dire) pour Steelback. Le tout avant de négocier parfaitement le money time, scellant le succès d’UoL.

Le move de la partie

37:46 :  Après cinq dernières minutes de jeu étriquées, les deux équipes se retrouvent en situation de 2 contre 2 dans la base de Fnatic, avec le Nexus à nu. Jouant parfaitement sur sa grande portée d’auto-attaque, Vardags échappe aux coups de Steelback, évite Huni grâce à son filet et détruit le Nexus dans la foulée.

 

 

C'est fini pour cette game de légende ! On se retrouve dans deux semaines pour se plonger à nouveau ensemble dans l'histoire de LoL !

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