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30 juin 2018 - Bobinou League of Legends

Les games de légende : NA LCS - EU LCS, 2013

Les games de légende : NA LCS - EU LCS, 2013

Vous voulez découvrir des games mythiques ? Vous replonger dans vos vieux souvenirs ? Ou bien vous pensez simplement que LoL c'était mieux avant ? Dans tous les cas, cette chronique est faite pour vous. Au programme de ce neuvième épisode : une rivalité ancestrale, un quintuplé et un avant-goût des Rift Rivals. Voici LCS NA – LCS EU, loser bracket des All-Stars 2013 !

Les meilleurs ennemis du monde

Sur la scène compétitive, il existe des rivalités qui durent. KT contre SKT. CLG contre TSM. Et puis il y en a une, plus vieille que toutes les autres, qui va au-delà du simple amour pour une équipe en parvenant à mettre d’accord tout un continent : EU contre NA, l’Europe contre les États-Unis. Preuve de l’importance de cet antagonisme : il a inspiré à Riot Games une compétition, les Rift Rivals, dont la deuxième édition débute ce lundi. Pour l’occasion, retour sur un des moments les plus forts de cette rivalité : LCS NA – LCS EU, aux All-Stars 2013.

 


Lieu de rendez-vous pour cette chronique : Shangaï, pour la première compétition de Riot en Chine.
Crédits : Riot Games

Un conflit qui dure

Dur de dater le début des tensions entre les deux continents. L’Europe et l’Amérique du Nord ont été les deux premières régions à accueillir un serveur et par conséquent à démarrer sur la scène compétitive. Aux Worlds de la saison 1, c’est la première fois que les meilleures équipes de chaque côté de l’Atlantique sont réunies pour un même tournoi. L’événement devient alors l’occasion de déterminer lequel des deux serveurs est supérieur à l’autre. Si les deux camps arrivent en Suède sûrs de leur force, la domination européenne est éclatante, puisque la finale met aux prises Fnatic et aAa. Impossible pour les Américains d’en rester là : la rivalité est lancée.

 


Victoire de Fnatic aux Worlds et camouflet pour les NA, puisque TSM ne finit que troisième.
Crédits : Lolesports

 

Entre tacles sur Twitter et échanges de bons mots sur Reddit, les fans se prennent vite au jeu et alimentent les tensions. Sur le terrain, pourtant, les États-Unis continuent à accuser le coup. Lors de la deuxième édition des championnats du monde, deux écuries européennes atteignent les demi-finales, là où le meilleur représentant américain, TSM, sort piteusement en quarts. C’est dans ce contexte que Riot Games annonce en grande pompe sa nouvelle compétition : les All-Stars.

Casting cinq étoiles

Le topo : comme en NBA, tous les joueurs de League of Legends votent pour élire les équipes de rêve de leurs régions afin de les voir s'affronter dans un grand tournoi à Shanghaï. Enjeu pour les quatre premières d’entre elles : une place assurée en quarts de finale des Worlds de la saison 3. Pour cette première édition, pas de place pour le fun : la compétition se veut sérieuse. Pour les supporters des deux géants occidentaux, c’est l’occasion rêvée de savoir qui est le meilleur, en mettant aux prises les vedettes des deux régions.



La sélection des cinq régions majeures présentes aux All-Stars, le gratin mondial.
Crédits : Leaguepedia

 

Les All-Stars prennent vite une allure de blockbuster, avec une distribution au top. Madlife, Doublelift, Diamondprox, Toyz, Weixiao… Les gros noms s’accumulent et l’attente grimpe. Pour se départager pour la place de toplaner européen, sOAZ et Wickd choisissent de se mesurer en un contre un. La victoire du français réunit 144 000 spectateurs sur Twitch, un record pour l’époque. À Shanghaï, les deux sélections arrivent toutefois en terre hostile. Chez elle, l’Asie règne en maître. Dès le premier round, les Européens assistent à l’invention de l’« Insec » et sont défaits sèchement par la Corée 2-0. Pour les Américains, opposés à la Chine, l’addition est la même.



Casting de rêve pour les NA : Xpecial, Scarra, Dyrus, Saintvicious et Doublelift, de gauche à droite.
Crédits : Riot Games

Les deux régions se retrouvent alors en loser bracket, en Bo3. Une défaite et c’est l’élimination piteuse et la honte. Une victoire et c’est le top 4, la survie dans la compétition et, bien plus important encore, le droit de se moquer de l’autre et d’affirmer sa supériorité, au moins jusqu’au prochain gros rendez-vous international. Ce 25 mai 2013, tout est réuni pour une rencontre culte. Le gratin de chaque serveur, l’enjeu et une rivalité qui ne cesse de grandir depuis trois ans. Les NA prennent le meilleur départ, en remportant la première game. Mais c’est de la deuxième partie dont tout le monde se souvient : plus de cinquante minutes d’une insoutenable tension, pour ce qui reste, encore aujourd’hui, un des sommets de la rivalité américano-européenne.



Le tableau des All-Stars 2013, dominé outrageusement par les trois régions asiatiques.
Crédits : Leaguepedia

 

Trois raisons pour lesquelles cette game doit impérativement être vue

1. Parce que l’atmosphère d’une rencontre EU contre NA a quelque chose d’unique. Particulièrement lorsqu’elle suscite autant d’attentes et accouche sur un match de plus de cinquante minutes.

2. Pour l’inoxydable Doublelift. S’il a toujours été mécaniquement surdoué, le joueur de CLG éclabousse cette game de son talent. Et cinq ans après, il fait toujours partie des meilleurs à son poste.

 


Petit florilège des plus beaux exploits de Doublelift, qui continue à écrire sa légende cinq ans après.
Crédits : DutchMash


3. Parce que les dix joueurs présents dans cette partie sont des légendes de leur région réunies pour un affrontement électrique. L’occasion de se rappeler toutes ses vieilles gloires.

La draft et le déroulement de la game

Le but de cette chronique est de redécouvrir quelques-unes des meilleures parties de LoL de l’histoire. Nous vous conseillons donc vivement de regarder celle-ci (qui commence réellement à 6:00). Vraiment, c’est un immanquable pour comprendre la rivalité entre EU et NA.

 


 

Si vous manquez de temps, vous pouvez regarder seulement les meilleurs moments de la partie, ci-dessous. Dans tous les cas, la suite de l'article décrit les événements de la partie et ses rebondissements et soyez-en certains, il y en a beaucoup.
 


 

La draft

On prend les mêmes et on recommence ?

Pour comprendre cette draft, il faut se pencher sur celle de la partie précédente. Les Nord-Américains ont remporté tous les combats d'équipe avec brio, en s’appuyant sur des champions efficaces en fin de partie. En réponse, les Européens ont tenté d’évoluer en splitpush, mais ont souffert de leur manque de coordination. Cette deuxième sélection se joue donc entièrement en réaction à la première. Les NA sont sûrs de leur force et reprennent les champions qui ont fait leur force jusqu’ici : Nautilus pour Saintvicious et Karthus pour Scarra. Les EU font le choix de changer de stratégie : pour pallier leurs soucis de communication, ils optent pour des personnages avec beaucoup de contrôles et simples à jouer, avec entre autres Varus pour Yellowpete et Jarvan IV pour Diamondprox.



La draft finale de cette game, avec un Zac top pour sOAZ, qui sent bon la saison 3. 

 

La game

En ce mois de mai 2013 à Shanghaï, les débuts de partie sont tous des bains de sang. Cet affrontement américano-européen ne fait pas exception. Les EU prennent un excellent départ, dans le sillage de Diamondprox et EDward. Les deux joueurs russes évoluent ensemble chez Gambit Gaming – tout comme Alex Ich – et leurs automatismes se ressentent sur la Faille. Bougeant aux quatre coins de la carte, ils permettent à leur équipe de passer en tête à vingt minutes de jeu, avec 1 000 golds d’avance.



Accent très russe pour le roster européen, même si Genja n'a finalement pas fait le voyage.
Crédits : Gambit Gaming 

 

Yellowpitre

Pourtant, les NA tiennent tête à leurs ennemis de toujours, en exploitant leur principal point faible : Yellowpete. L’AD carry d’Evil Geniuses est probablement le choix le plus discutable de la composition européenne. Initialement deuxième du vote des fans, derrière Genja, l’Allemand a été repêché pour éviter la trop grande représentation des Gambit dans la sélection finale. Pas le climat idéal pour démarrer ces All-Stars, mais Yellowpete ne fait rien pour améliorer les choses non plus. Réussissant l’exploit de se faire attraper hors de position à quatre reprises, il maintient à lui seul les NA hors de l’eau.



Le retour de Chine a été dur pour Yellowpete, qui fut aussi la première victime d'une Insec contre la Corée.
Crédits : Riot Games

 

Les errements du Varus adverse profitent majoritairement à un joueur : Doublelift. En 4/0 avec son Ezreal, le surdoué de CLG, choisi par 47 % des Américains, a tout le loisir de mettre ses mécaniques en action. Après un nouveau doublé de sa part, son équipe s’empare du premier Nashor. À partir de ce moment, la maîtrise de la partie ne cesse de changer de camp, dans un mano à mano captivant. Les problèmes de communication des Européens, causés entre autres par l’anglais bancal de Diamondprox, deviennent apparents. Ils parviennent bien à s’emparer à leur tour d’un Baron, à la trente-septième minute, mais sans capitaliser dessus.

Everyone else is trash

Ce ballet incessant et entraînant s’achève lors d'une dernière danse au Nashor, à la quarante-septième minute. Malheureusement pour le Vieux continent, c’est le moment qu’a choisi Doublelift pour briller. Souvent moqué pour son faible palmarès, l’Américain montre là qu’il sait répondre présent dans les parties importantes. Précis et incisif, il élimine ses opposants un par un et signe un quintuplé, le cinquième de sa carrière.



Quintuplé pour l'AD carry américain, qui maîtrise parfaitement son Ezreal.
Crédits : Riot Games

 

Cet exploit est une gifle au visage des Européens, qui ne s’en relèvent pas. Lentement mais sûrement, les NA récupèrent un inhibiteur, puis deux, puis trois, puis la vie de leurs adversaires, puis le Nexus. L’Amérique vient d’humilier ses rivaux. Peu importe l’élimination rapide au tour suivant contre la Corée, seule la première victoire d’envergure face à ses ennemis de toujours compte. Interviewé par Riot après le match, Doublelift se fend de son désormais célèbre « Everyone else is trash ». S’il y avait déjà des étincelles entre les deux régions, maintenant c’est sûr, le torchon brûle.

 


Le franc-parler de Doublelift fait parler de lui après les matchs.
Crédits : Riot Games

 

L’après game

L’Europe




EDward, AlexIch, Yellowpete, sOAZ et Diamondprox composaient les rangs de l'équipe des LCS EU.
Crédits : Riot Games

 

Trois des joueurs sélectionnés pour l’Europe en 2013 sont encore en activité : sOAZ, chez Fnatic, avec qui il a déjà remporté quatre titres de champion des LCS EU, et Diamondprox et Edward, fidèles à Gambit Gaming, récente championne de la LCL. Si leur ancien coéquipier Alex Ich stream toujours du côté… des États-Unis, Yellowpete a lui disparu des radars.

L’Amérique du Nord

La star, ça reste Doublelift : quatre titres de champion des LCS NA et dix quintuplés en carrière, un record. À par lui, seul Xpecial joue encore professionnellement, même si son contrat chez Golden Guardians Academy n’a pas été renouvelé pour le Summer Split. Scarra et Dyrus sont tout de même toujours sur le devant de la scène, mais en tant qu'influenceurs. Quant à Saintvicious, il se fait plus discret, mais a récemment rejoint le staff de FlyQuest en tant que coach stratégique.

La rivalité


Petite vidéo sur la rivalité entre les deux continents depuis cinq ans.
On y revient sur plusieurs affrontements mémorables...
Crédits : Riot Games

 

S’il y a bien une chose immuable, cinq ans après, c’est la rivalité entre les deux régions. Quelques mois après cette game, Fnatic élimine Cloud 9 aux Worlds, remettant de l’huile sur le feu. Depuis, ce sont les montagnes russes, avec des coups d’éclat de part et d’autre. Si les NA ont remporté les derniers Rift Rivals, les EU auront forcément envie de prendre leur revanche cette année.

Le MVP de la partie

Doublelift – Ezreal – 17/2/7



Yiliang « Doublelift » Peng a été choisi pour participer à quatre éditions des All-Stars depuis le début de sa carrière.
Crédits : Lolesports

 

En interview, Doublelift affirme être le meilleur. Avec ce genre de performances pour appuyer son propos, on pourrait presque le croire. Yiliang Peng a surclassé Yellowpete, déroulé en teamfight et conclu la partie avec son quintuplé, une habitude chez lui. De quoi se permettre de fanfaronner.

Le move de la partie

47:13 dans la partie : les NA engagent un combat pour arrêter la tentative de Nashor des EU. C’est le Doublelift show : il élimine d’abord sOAZ, puis Diamondprox d’un bon Tir mystique. Se positionnant sur le flanc de ses adversaires grâce à son Transfert arcanique, il tue ensuite Yellowpete. EDward puis AlexIch tombent à leur tour sous les coups de son Ezreal. Quintuplé, net et sans bavure.

 


 

C'est fini pour cette game de légende ! On se retrouve dans deux semaines pour se plonger à nouveau ensemble dans l'histoire de LoL !

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