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17 avr. 2018 - Perco League of Legends

Les LCS NA, taille patrons

Les LCS NA, taille patrons

Trois patrons d’équipes américaines et le responsable de la ligue ont partagé leurs impressions sur le premier segment joué sous le système des franchises. Business is business.

Récemment, nos confrères du site Blitzesports ont pu interroger Chris « Chopper » Hopper, directeur e-sport de la ligue nord-américaine, Rick Fox, le fondateur d’Echo Fox,  Matthew « Nadeshot » Haag et Steve Arhancet, créateurs et directeurs respectifs des 100 Thieves et de Team Liquid. L’occasion d’en apprendre un peu plus sur les discussions ayant eu lieu quelques jours plus tôt dans une conférence « post-segment » entre Riot Games et les propriétaires de franchises en LCS NA.

Jusqu’ici, tout va bien ?

Globalement, chacun se félicite et se congratule, c’est de bonne guerre et ne voit que des avantages à la décision prise l’an dernier par Riot. Question audience, Chris Hopper affirme que celle de la ligue américaine est en hausse mais – surtout – qu’elle est moins dépendante d’un petit groupe d’équipes : « Si vous reveniez deux ou trois ans en arrière, vous verriez essentiellement trois grosses équipes réunir, dans certains cas, près de 80 ou 90 % de la base de fan sur une saison. Désormais, on constate une distribution plus équilibrée », explique-t-il.

 


Une finale inédite, ce qui ne semble pas avoir affecté les mesures d’audience.
Photo : Riot Games


Autrement dit, à en croire l’officiel de Riot, plus besoin de voir TSM ou Cloud9 jouer pour réunir les spectateurs ; « C’est la preuve que les nouveaux clubs comme Cluch ou 100 Thieves peuvent se construire un public », affirme-t-il.

Côté joueurs également, Cris Hopper se félicite d’un taux de contrats longs (comprendre : sur plus d’une année) de plus de 70 %. Sans surprise, les propriétaires confirment que la suppression du spectre de la relégation a rendu plus simple les investissements, Steve Arhancet évoquant l’exemple de la construction d’un véritable lieu d’entrainement dédié pour Team Liquid, pour plus d’un million et demi de dollars.

Pardon, je brand

Lorsqu’on l’interroge sur ce qu’a pu apporter l’arrivée de l’équipe 100 Thieves dans la ligue, Nadeshot n’y va pas par quatre chemins : ce n’est pas sur l’aspect sportif qu’il règle son curseur d’analyse, mais sur la construction de la marque.

Il y avait pourtant de quoi se gargariser, avec une magnifique seconde place lors des playoffs et le record de victoire dans la saison régulière. La défaite face à Team Liquid ne grevant en rien cette première saison réussie.

Toujours est-il que l’important semble être ailleurs pour le jeune PDG : construire une marque forte, acceptée et soutenue par une solide base de fans (et futurs consommateurs).  « Nous sommes une équipe toute fraîche, dont personne n’avait entendu parler avant. Nous avons débarqué, mis en place un collectif, une stratégie business, une équipe, en moins d’un mois », déclare-t-il, avant de s’étendre sur le cas Aphromoo, au sujet duquel il semblait plus craindre un rejet des anciens fans de l’époque CLG qu’une contre-performance sportive. Certes, le jeune patron semble plus que satisfait de ne pas avoir vécu une saison blanche et que son équipe ait donné l’image d’une formation courageuse et dure au mal, mais c’est bien la création d’une identité de marque qui reste au cœur de ses préoccupations.

Pour Rick Fox et Steve Arhancet, on pratique un peu plus la « langue de bois », préférant vanter un esprit familial et centré sur le bien-être des joueurs et l’honnêteté envers les fans. Voilà qui ne mange pas de pain.

Jeux de rôles

Pour les trois propriétaires, il existe un sujet sur lequel un consensus s’opère : la communication externe. Chacun s’accorde à admettre que la création de contenus réalisés par les équipes à destination de leur public est un des axes majeurs de développement de la ligue.

Pourtant, déjà très présents sur les réseaux sociaux et plateformes vidéos, tous admettent qu’il existe ici une marge de progression importante pour toutes les équipes. Et on ne parle plus ici de simplement communiquer sur la vie interne des clubs, sur leurs résultats ou sur leurs espoirs, mais bien de créer des dynamiques quasi hollywoodienne et tant pis si elles sont un peu fabriquées.

 

« The Vault », de petites tranches de vie des joueurs de 100 Thieves. Dans ce passionnant épisode, ils achètent des chaussures…


Chris Hopper est étonnement ouvert sur cette question et s’explique sans retenue : « Si quelqu’un qui vient et nous dit “ Nous allons être les salauds, nous allons être les méchants de la ligue”. “ Nous allons jouer cette carte ”. Ou “ nous allons être les avocats des joueurs et les défendre quoi qu’il se passe ”. Ou encore “ voilà la plus-value que nous apportons, voilà l’histoire que nous allons raconter sur qui nous sommes ”. Voilà ce qui nous importe ».

Voilà qui a le mérite d’être clair : la ligue américaine veut des histoires, des rôles précis, quitte à ce qu’ils soient manichéens.

Bref, on est tout de même là pour le business et ce n’est pas parce qu’on s’entend sur la nécessité de développer la ligue, que l’on se méprend sur la dure réalité de la compétition, dans et hors du Rift. Comme le résume un peu froidement Rick Fox, lorsqu’on le questionne sur la nécessité, pour les équipes populaires, d’aider celles de bas de classement « Pour nous, en tant qu’adversaires, pas besoin de rester à s’inquiéter pour eux dans le Rift, je ne suis inquiet pour aucun de ces gars. Ils savent qu’ils ont des partenaires extérieurs ; à ce stade, nous n'avons pour l'instant pas de raison de nous inquiéter, de façon collective, au sujet de la santé de la ligue. On va avancer ensemble, bras dessus, bras dessous. Mais sur le Rift, ces mecs ne vont pas être nos amis demain et c’est normal. C’est comme ça que c’est supposé être ».

Business is business…
 

Pour lire, en anglais, l’entretien d’origine, dirigez-vous sur le site de Blitzesports.

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