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09 sept. 2015 - Mandark Divers

Mad Max : Furiosa !

Mad Max : Furiosa !

Amie lectrice, ami lecteur, il y a ces derniers temps – et parfois à juste titre, hélas – une telle suspicion quand au manque d'intégrité dont nous, gratte-claviers du JV, ferions part dès qu'il s'agit de traiter d'un jeu AAA, qu'encenser certains titres risque de passer pour louche, pour ne pas dire plus. Et si je te parle de ça, c'est que le dernier bébé d'Avalanche Studios semble se prendre une véritable volée de bois vert quasi générale de la part des médias spécialisés, alors que moi... Eh bien j'ai simplement surkiffé Mad Max !

Bien entendu, cette review se base sur un exemplaire que m'a envoyé l'éditeur (comme souvent une superbe édition "Crystal", grosso modo l'équivalent d'un CD avec le nom du jeu marqué au stylo et ceint d'un superbe boitier plastique sans jaquette, de quoi faire un malheur sur eBay...ou Cash Converters), donc là-dessus je plaide volontiers coupable, mais pour le reste laissez-moi vous dire que les lignes qui vont suivre viennent du cœur, si si !

It's Miller Time !

Pour celles et ceux qui éventuellement nous ont entendus causer de la chose vendredi soir lors du dernier Talk Shoam, il risque d'y avoir un peu de redite, mais ça ne fait jamais de mal d'insister quand un jeu mérite d'être défendu – ou quand certains cherchent un peu trop à nous prendre pour des jambons (oui, Aliens : Colonial Marines, c'est toi que je regarde) !

Mad Max fait indéniablement partie de la première catégorie en ce qui nous concerne donc, et ce parce que, déjà, il fait montre d'un parfait respect de la mythologie développée par l'immense George Miller depuis trois décennies, et plus spécialement des opus 2 et Fury Road, son "reboot spirituel".

Car Mad Max Ze Game n'est pas une simple adaptation du dernier et monstrueux volet cinématographique de la franchise, mais bien une relecture des aventures de Max suite à l'effondrement de la civilisation. Ainsi, si cette version du personnage penche plus vers celle incarnée par l'ami Mel dans Mad Max 2 – sans hélas atteindre le charisme érotico-animal de ce dernier dans le film – que vers celle, plus bourrue mais néanmoins excellente, de Tom Hardy dans Fury Road, c'est surtout le Wasteland de ce dernier volet qui a majoritairement inspiré le level-design du jeu, à savoir une immensité désertique certes, mais pas, oh non pas, dénuée de panoramas proprement bluffants, notamment dans les premières heures, qui se déroulent dans le lit de ce qui fut un vaste océan, et qui gratifie l'amateur de visions post-apo déjantées de quelques aperçus mémorables, tels ces tankers échoués le long d'une dune. Et on à beau être dans le désert le danger est omniprésent, donc faisez gaffe à bien vérifier les environs avant de trop vous éloigner de vos roues.

 

Ça démarre en fanfare !

Pour ce qui est de l'histoire, là aussi les p'tits gars d'Avalanche ont bien répété leurs gammes, et donc en gros, Mad Max le jeu raconte l'histoire d'un type qui après avoir violemment perdu ceux qui lui étaient chers n'en a plus rien à foutre de rien, traçant sa route droit devant lui, aveugle et sourd aux misères du monde jusqu'à ce qu'à ce qu'une rixe routière contre une bande de Warboyz le laisse sur le carreau et le force, à nouveau, à dépasser son désir primaire de juste retrouver des roues pour s'enfoncer toujours un peu plus dans le néant.

Ce postulat de départ est, si l'on y réfléchit bien, ce qu'Avalanche avait de mieux à choisir, autant pour parler à ceux qui, comme votre serviteur, vouent un véritable culte à Miller (et ne va pas croire, amie lectrice, ami lecteur, que cela obscurcit mon jugement en la matière ; pour preuve, je suis un grand fan de James Cameron et pourtant, encore une fois, Aliens : Colonial Marines) afin qu'ils se raccrochent immédiatement aux wagons, qu'à ceux qui ont découvert récemment ces œuvres phares du cinéma d'anticipation, tant le studio respecte ce qui fait avant tout la force de la série : peu de mots, beaucoup de visuels coup-de-poing (ou comment s'adresser à ton estomac avant que ton cerveau ait eu quelque chose à dire !).

Visuellement parlant, cela se traduit par une mise en avant des grands espaces, une sorte de cinémascope permanent, encore renforcé par de subtiles touches qui montrent – là encore – un respect et une compréhension totale de pourquoi Max le fou a gravé son nom dans la mémoire du celluloïd (la vache, je cause bien des fois quand même !). Comme quand on grimpe dans sa caisse, et qu'à ce moment-là un subtil changement de focale s'opère, révélant une profondeur de champ encore accrue. Juste génial, et ça prend vraiment tout son sens si l'on privilégie la vue intérieure, surtout quand il s'agit de sortir son double canon scié par la vitre pour exploser une caisse, lancé à 100 à l'heure. Effet ultra badass garanti !

My car, and all the juice I can carry !

Côté réalisation et gameplay, les équipes d'Avalanche Studios – et je soupçonne que c'est pour cette raison qu'ils étaient finalement parmi les mieux placés pour s'occuper d'une adaptation vidéoludique de la licence – ont "simplement" adapté la formule qui les a rendus célèbres en termes de fun et d'intérêt à jouer : celle de Just Cause 2 (et pas Just Cause, comme nous allons le voir, chers enfants).

Pour celles et ceux qui se sont essayé(e)s à ce monument de délire destructeur, ils savent que, outre le fait d'avoir un des héros de JV les plus cools de l'histoire, Rico Rodriguez, ce dernier avait depuis le second épisode l'opportunité de faire assez tout et n'importe quoi à l'aide d'un grappin totalement WTF, et c'est même là que résidait une bonne partie du sel du jeu tant son utilisation se révélait permissive (et apparemment ce sera encore pire/mieux dans le prochain) pour mettre le dawa et se sortir de situations tendues du sphincter.

Qui dit Mad Max dit "tôle froissée"... Les clashes en caisse savent assurer le spectacle !

Ici, on retrouve la formule quasi à l'identique, sauf qu'il s'agit d'un harpon fixé au Magnum Opus, la tire qui va vous faire oublier la désormais légendaire Pursuit Special boostée V-8 (mais les nostalgiques, comme mézigue, seront bien jouasses de pouvoir coller sur leur Magnum Opus la carrosserie de cette dernière, s'ils le veulent). Ultra efficace pour ce qui est de démanteler... Ben énormément de trucs dans le jeu, il est surtout pratique pour attraper et traîner sur des bornes (si on est un peu sadique) tous les tarés rencontrés en chemin, surtout quand il est question de dézinguer un convoi en route vers Gas Town, escorté d'une dizaine de véhicules de défense, par exemple.

De sable et de sang

Et pour ce qui est de l'étendue du territoire... Mamma mia ! Et à l'instar de Just Cause, ce monde ouvert regorge d'avant-postes à prendre d'assaut tout seul, et à la différence de Just Cause, surtout à la force des poings ! Car si la série vedette d'Avalanche favorise la destruction à l'arme lourde, Mad Max emprunte, comme le génial Sleeping Dogs en son temps, le système de combat rapproché popularisé par la série des Batman : Arkham, et ses rixes basées sur l'esquive et la contre-attaque, et à la différence d'un Assassin's Creed, dans Mad Max les ennemis n'attendent pas sagement qu'un des leurs se retrouve au sol pour se mettre à vouloir vous bourrer le pif : ils vous sautent tous dessus en même temps, donc paye tes réflexes !

Et il y a de quoi faire pour ce qui est de la quête principale, et encore plus pour ce qui est des quêtes annexes, ce qui va de pair avec un des meilleurs motivateurs de joueurs depuis tout temps : la collectionnite et la recherche d'upgrades.

Car c'est un Max presque à poil et sans moyen de locomotion que l'on incarne au début du jeu, et il faudra leur redonner beaucoup de panache, à lui et à sa monture, en récupérant de-ci de-là des débris métalliques qui, une fois recyclés, amélioreront leur résistance et leurs performances, et ils en auront besoin ! Car si les Warboyz de base ne sont pas bien difficiles à basher, ça monte vite en puissance et certains patrons (oui, il y a aussi des boss, assez classiques dans leurs paterns mais bien efficaces dans le registre sauvage) ont de quoi donner du fil à retordre, surtout que les arènes où on les affronte sont souvent piégées.

Ambiance...

Max gagne aussi en niveau au cours du jeu, et je ne parle pas ici d'upgrade physique, mais légendaire : pour la faire courte, c'est au fur et à mesure de sa progression qu'il gagne des points de légende, ce qui lui permet à la fois de booster ses capacités et de rejoindre le statut du personnage glorifié à l'écran par les interprétations de Mel Gibson et Tom Hardy. Encore une fois, une idée simple et brillante qui fonctionne du feu de dieu !

Quant à la réalisation, c'est du plus que propre, voire même souvent très très impressionnant tellement le travail sur le ciel, l'éclairage, les textures, la profondeur de champ et les conditions météo (big up au passage pour les tempêtes radioactives, les mêmes que dans Fury Road, et sans aucun doute les pires de l'histoire du JV !) est soigné dans les moindres détails. Quant au son... Branchez vos 5 ou 7.1 dudes, et laissez-vous porter par la musique du vent, des grincements de tôle et des moteurs compressés !

T'as une tache d'huile, là !

"Mais, hey", dois-tu peut-être te dire soudain ! "Si d'autres ont trouvé ce jeu tellement pas terrible, c'est qu'il doit quand même y avoir des ratés, non ?" Eh bien oui, il y en a ! Mais honnêtement je ne suis pas persuadé qu'il faille s'y attarder autant, tellement la somme des qualités de Mad Max est – pour moi – loin d'entacher le niveau de réalisation global du jeu.

Par exemple, pour ce qui concerne la "répétitivité" des actions. Compte tenu du fait que l'on est face à un titre qui à ce niveau-là n'est ni mieux ni pire qu'un Just Cause, un GTA (hormis le V qui reste tout de même le haut du panier) ou tout autre jeu du genre, la question se pose. Tu kiffes les open worlds ou non ? Si tel est le cas, tu risques d'y passer des heures (et avec Mad Max tu prends très cher sur la durée de vie, believe you me!) et, à force, de tomber sur des situations redondantes. Mais là encore, comme dans beaucoup de jeux à monde ouvert, c'est souvent le cas au bout d'un moment, car si l'imagination des développeurs est extensible, les limites technologiques et narratives données pour chaque titre de cet acabit le sont moins. Cependant, et à mon humble avis, avant de s'emmerder il faut vraiment y aller, tellement le jeu est généreux et pousse à l'exploration et à la prise de risques.

La vue intérieure dépote méchant. Immersion garantie !

Les puristes de la MastaRaceSchoolofHatred pointeront bien évidemment du doigt (plutôt le majeur que l'index) des cas de pop-up, ainsi que quelques occasionnelles baisses de frame-rate, sans oublier de troublants cas de disparitions soudaines de bad guyz et/ou véhicules dont les carcasses étaient encore là avant qu'on ne fasse pivoter la caméra, mais bon, avec la richesse de détails que le jeu cherche à afficher parfois, ça n'a pas grand chose d'étonnant.

Également sujet à caution pour les puristes, le guzzoline si rare dans Mad Max 2 n'est plus vraiment en pénurie dans le jeu, tellement on trouve fréquemment des bidons, mais là encore, ce détail est loin d'être fondamentalement au cœur du gameplay.

Par contre on sera tous d'accord que Max saute comme une merde, et que ça fait plutôt mal de ne le voir grimper que lorsque cela lui est permis par le décor. Au XXIème siècle...really guyz !?

Bon, comme d'hab j'en omets beaucoup, mais hé, ce n'est pas non plus à moi de faire le boulot à votre place (surtout pour une édition "Crystal" ; si les éditeurs veulent un dossier, qu'ils me filent d'abord un collector que je me la pète un coup sur les sites de revente ou chez un fabricant de biscuits pour l'apéritif, nom d'un p'tit boomerang !). Mon but ici est de te dire que Mad Max est clairement un titre fait avec amour, qu'il est ultra jouable et que, comme beaucoup de ces jeux qui passent à la trappe pour cause de blasitude aiguë, il ne mérite définitivement pas l'opprobre que certains voudraient lui jeter.

C'est même tout l'inverse, alors profitez donc du soleil du Wasteland, avant que la tempête ne se lève !

Badass ! 810Points positifs

  • Respectueux de l'oeuvre de Miller
  • Ambiance carrément prenante
  • Un monde immense...mais pas vide pour autant et qui pousse à l'exploration
  • Se sentir monter en puissance
  • Certains panoramas vraiment impressionnants
  • La vue intérieure et les affrontements en bagnole
  • Le travail sur la bande sonore (et les accents australiens !)
  • Long
  • Vraiment bô
  • Vraiment fun

Points négatifs

  • Quelques baisses de frame-rate de temps à autre
  • Le corps des ennemis et les carcasses de véhicules qui disparaissent au détour d'un mouvement de caméra
  • Max ne peut grimper que là où le jeu l'y autorise
  • Il n'a pas le charisme de Mel et Tom
  • Et, comme tous les blancs, il ne sait pas sauter !

Mad Max divise la critique et ne plaira pas à tout le monde, mais il faut en vouloir pour le taxer de mauvais jeu. Avalanche Studios adapte à la sauce post-apo le savoir-faire acquis sur la série des Just Cause et ça fonctionne à plein régime, ce qui n'était pas gagné compte tenu du fait qu'il s'agissait de transposer en open-world, avec donc un gameplay dilué, une formule cinématographique misant tout sur le rythme et la concision. Big up donc ! Les fans du Guerrier de la Route devraient apprécier le travail accompli...et les autres, s'ils cherchent un bon titre d'action, en auront pour leurs brouzoufs. Witness !

 

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3 commentaires

superpampy
superpampy - 10/09/2015 23h28

Pas mal tout ça ! Avec les différents streams dont ceux sur OGTV ca donne vraiment envie de le prendre :)
Et avec ce que j'en ai vu je suis plutôt d'accord avec ce qui est écrit la, ça ne reste qu'un avis de viewer et pas de joueur donc forcément limité.
Bravo à cette critique et t'as été bien généreux avec ton édition Crystal, rien que pour ça à ta place j'irais souffler dans les bronches de qui de droit pour avoir ma collector :p

TheCrazySquirrel
TheCrazySquirrel - 11/09/2015 10h50

Il faudrait pas confondre : "aimer un jeu" et "être objectif". Perso moi aussi j'adore Mad Max (les films, l'univers et le jeu), mais c'est pas pour autant que je ne vais pas être (à titre personnel) objectif.
Soyons honnête : le jeu mérite (malheureusement) son accueil très mitigé car il manque clairement d'ambition. Et si Avalanche a fait du bon boulot, ça reste un "titre de commande" et ça se sent (jeu très répétitif, gameplay assez basique tout de même, trop facile) et j'aurais par exemple aimé un véritable système de survie.
Bref : non Mad Max n'est pas un mauvais jeu, mais pas non plus excellent jeu, juste un bon jeu.

Ceci dit, les choses sont clairement dites dès l'introduction "Eh bien j'ai simplement surkiffé Mad Max !", donc le reste du test ((et la note finale) n'a rien de surprenant. Mais ceci démontre juste qu eje ne suis pas certains qu'OG.tv soit fait pour ce genre d'article et de test (même si les sites spécialisés ne sont pas toujours, et même souvent, très objectif également).

Vaag
Vaag - 12/09/2015 00h08

Je ne vois pas l'intérêt de lire l'article d'un jeu sans subjectivité de la part de l'auteur. En tout cas moi c'est un avis que je recherche dans un test et pas une analyse

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