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30 sept. 2014 - Stabillo StarCraft 2

Mais où est donc passée la logique esportive ?

Mais où est donc passée la logique esportive ?

Aujourd'hui, l'organisateur d'un tournoi a le pouvoir de choisir les joueurs qui participent à l'événement, faisant ainsi la pluie et le beau temps sur la scène eSport, plutôt que d'organiser des qualifications pour sélectionner les meilleurs joueurs. Alors que le Top 16 des WCS est loin de contenir les 16 meilleurs joueurs du monde, analysons la pratique d'inviter ou pas un joueur à un événement. Oui, car en fait le classement WCS, c'est surtout beaucoup de tournois sur invitation.

En préambule de cette réflexion, je présente mes excuses aux amoureux des autres jeux vidéos comme Dota 2, League of Legends, HearthStone, Counter Strike et toute la clique. Même si le système est exactement le même pour vos favoris, j'ai choisi de ne parler ici que de StarCraft II par souci de précision.

Au centre du débat se trouvent les notions de sport, de compétition et de divertissement. Là où le sport met le sportif au centre de tout, veut faire apparaître les meilleurs joueurs dans les meilleures ligues et se fonde sur le mérite et l'unique performance sportive, le divertissement sportif - son meilleur exemple est le catch - se construit sur le show et sur le spectateur.

Meilleur joueur de Proleague ? Non Monsieur, vous n'irez pas aux Worlds 2014.

Sur la page Wikipédia du divertissement sportif, on peut lire : "La composante sportive du divertissement sportif peut varier et elle ne permet pas toujours de le considérer comme un sport au regard des spécialistes du sport. Par exemple, le catch est généralement considéré comme un spectacle et un dérivé du sport mais pas comme un sport au sens strict. L'absence de compétition est un des principaux éléments qui excluent ces activités de la définition globalement admise du terme sport." Le divertissement sportif n'est donc pas un sport. Le sport est divertissant mais n'est pas un divertissement.

Le but de mon raisonnement est ici de pointer le danger pour l'eSport de dériver vers l'industrie du divertissement au lieu de se professionnaliser en tant que sport. L'enjeu est haut : il s'agit de protéger la logique esportive et ainsi garantir l'équité entre les participants et par conséquent la justice entre les joueurs. Bref, il s'agit de préserver toute la dimension sportive du jeu vidéo.

Comment fonctionne l'industrie du divertissement ?

Prenons l'exemple du catch donc. C'est simple, tout est scénarisé et organisé par la World Wrestling Entertainment pour les spectateurs. L'entreprise américaine fait office de fédération. Elle choisit les affiches de manière arbitraire en fonction du spectacle voulu pour attirer le plus d'audience possible et ainsi faire le plus de bénéfices. Pour cela, elle forme ses champions, les met en scène et leur fait jouer un rôle en fonction des attentes du public. Certains sont les méchants, d'autres les gentils, etc. La WWE a donc tout pouvoir sur ces carrières et décide de qui va gagner, qui sera un simple catcheur ou bien une star et de quand ils doivent perdre.

Même ça, c'était écrit par un type à lunettes derrière un bureau.

En effet, la compagnie possède des contrats avec des dizaines de combattants, les élit chaque semaine et écrit un scénario où l'un remporte la victoire et l'autre pas. Les différents lutteurs sont plus ou moins aimés du public et sont donc amenés à être ou ne pas être rappelés par la WWE. Nulle performance sportive à la clef avec un vainqueur et un vaincu mais juste une question d'image, de plaire au public. La firme procède à des choix pour optimiser son audience et non pas pour récompenser le catcheur qui s'entraîne le plus.

Après tout, pourquoi pas. Ce système a longtemps fonctionné, surtout aux Etats-Unis. Les participants savent dès le début qu'ils s'engagent dans l'industrie du divertissement et non de la compétition sportive. Le public semble ravi. Il a des spectacles de qualité, des entrées de joueurs spectaculaires et des célébrations hors-normes chaque semaine qui conviennent parfaitement à ses attentes. Les bénéfices retirés ont permis de financer la croissance du catch pour faire des shows de plus en plus importants. Tout le monde y gagne.

En fait, le divertissement est un exercice qui fait l'apologie du style. Le fair-play, l'élégance et la recherche du beau jeu sont les piliers de son succès et ses raisons de vivre. Point de match chiant, tout est organisé pour avoir une émission dynamique et attrayante et surtout pas de Naniwa qui part en pleine compétition parce que son oreillette est cassée. Un vrai conte de fée.

Mais alors, comment ça se passe dans l'eSport ?

Dans l'eSport aussi, les organisateurs sont directement intéressés au nombre de spectateurs puisqu'ils retransmettent eux-mêmes leurs compétitions mais aussi parce qu'ils doivent rendre des comptes aux sponsors par la suite. Du coup, on part là encore dans la chasse aux spectateurs : on invite des grandes stars, même si elles n'ont plus le niveau, on essaye toujours d'inviter quelques européens, une femme, des américains, un chinois, un vieux pro qui veut revenir, un petit jeune qu'on aimerait révéler et les blockbusters MMA, Jaedong, MC, Life, tous très appréciés par les fans. On fait 3-4 qualifiers histoire de ne pas passer à côté d'une perle (Symbol à Ironsquid I ou Life à Ironsquid II ?) et en voiture Simone pour la grande aventure.

Tous les tournois sont visés, à l'exception des WCS où chaque joueur doit se qualifier. Le problème, c'est que le classement desdits WCS est établi à partir de points donnés à des événements sur invitation. Asus RoG, Copenhagen Games, Lone Star Clash, TeSL, HomeStory Cup, Kespa Cup, MLG, Redbull BattleGrounds, Gfinity, Hong Kong eSports tournament, voire même la Dreamhack qui seed les joueurs, tous les tournois font cela. Ainsi, on se retrouve avec un top 16 complètement faussé qui contient MMA, San, Bomber, jjakji et même Jaedong (qui a quand même presque fait une année blanche), et exclut Rain, Solar, sOs, INnoVation, Flash et Maru des finales World. 

Jaedong n'est certainement pas ravi de son année 2014. Pourtant, il est dans le top 16.

En gros, beaucoup d'anciennes gloires profitent des succès passés, comme s'il existait une vraie force d'inertie, alors qu'ils ne font plus partie des meilleurs joueurs au monde. Il semble qu'il vaut mieux être un bon politicien, avoir une belle image et un bon agent plutôt qu'être un bon joueur. La HomeStory est paradigmatique. En effet, on voit une bande de joueurs devenir amis et se retrouver tous les quatre mois pour un bon petit tournoi. Quelques invités, histoire de dire... Mais au fond, les points WCS et l'argent sont toujours distribués dans la même bande de potes. Si j'ai des soucis de relationnel avec un joueur, je ne l'invite pas. Pas d'embrouille et le business ne tourne pas moins bien.

Le plus joli exemple est très récent : à combien de tournoi Stephano - et Dieu sait que j'aime ce joueur - a-t-il été invité après sa retraite alors qu'il annonçait lui-même ne plus s'entraîner pour le haut niveau ? Quel amoureux du sport, du beau jeu ou de StarCraft II peut cautionner qu'on invite un joueur qui ne s'entraîne pas plutôt qu'un joueur qui s'entraîne chaque jour ? Où est la logique e-sportive ? Y a-t-il une immunité qui s'installe dans le sport lorsqu'on gagne beaucoup ? Est-ce que le FC Barcelone a gagné une invitation pour les 10 prochaines Champions' League pour nous avoir fait rêver ?

Non, mais Stephano qui joue, c'est 30 000 spectateurs de plus que n'importe quel autre joueur. Belle promotion pour l'eSport. Et pour le tournoi. Tout le monde y trouve donc son compte, que ce soit les spectateurs, les organisateurs, les sponsors ou la scène entière qui peut se targuer d'avoir atteint X centaine de milliers de viewers pour ce tournoi. Quid des joueurs ? Derrière ceux qu'on voit à la télévision, combien d'entre eux prennent 4, 5, 6 voire plus encore d'heures par jour pour s'entraîner et espérer participer à ces compétitions pour prouver qu'eux aussi valent le coup d'être vus ?! Certains arrêtent leurs études, leur travail pour percer. Ils ont un bon niveau, jouent contre nos champions tous les jours sur le net, réfléchissent, font évoluer la métagame. Cependant, ils n'auront pas voix au chapitre. Peu importe s'ils excellent ou pas. Le public veut voir encore et toujours les mêmes compétiteurs qui ont déjà gagné. L'Europe est à l'eSport ce que le Qatar est au football : un continent qui n'a pas encore la culture de ce sport, aime les grandes stars et a l'argent pour les attirer mais n'a qu'une très vague idée du haut niveau.

Un autre monde existe quand même : la Corée. Là-bas, point de strass mais seulement du travail et de la performance. Au pays du matin calme, l'approche est beaucoup plus sportive. L'invitational n'existe pas, chaque challenger mérite son slot et on obtient 12 vainqueurs de GSL différents sur les 13 dernières éditions. Zest était en Code B en début de saison, champion GSL à la fin et peut-être en Code B l'an prochain. La Kespa demande à chaque équipe de virer les deux plus mauvais poulains de leur roster à la fin de chaque année. Ceux-ci sont au bord de l'emprisonnement, s'entraînent 12 heures par jour et manquent toutes les joutes de divertissement dans l'optique d'atteindre le plus haut niveau et se consacrer aux compétitions reines : la GSL et la Proleague. La scène coréenne est pourtant de très loin la plus impressionnante et la plus passionnante. Machine à créer des champions, elle se renouvelle sans cesse en joueurs plus mystérieux - comment expliquer la chute de niveau des MarineKing, Dear ou même Classic ? - et de plus en plus forts. Cette même scène nous envoie un message pourtant très clair. En l'occurence, que rester au plus haut niveau est incroyablement difficile et qu'il faut maintenir une pression constante pour atteindre les sommets et y rester. Les résultats des Up&Down de GSL des différentes années le prouvent : les invitations ne sont pas justifiées et on découvre sans arrêt de nouveaux joueurs.

Quant à la scène internationale, on préfère le mix divertissement/sport, les vieux champions, les tweets affreux, les clowneries d'un MC proche de la retraite ou la grande révélation Sacsri plutôt que de découvrir le très haut niveau. Au fait, Sacsri n'était que le quatrième meilleur Zerg de chez SKT1 avant de débarquer en Europe pour gagner une Dreamhack. Ne l'oublions pas.

La géniale célébration de MC après sa victoire.

Doit-on privilégier le style à la compétition ?

À mon sens, l'essentiel, dans le sport, c'est le dépassement de soi auquel il nous astreint sans cesse. La beauté de la compétition réside dans la difficulté d'acquérir sa place parmi l'élite mais aussi dans sa fragilité. Oui, un grand champion est parfois absent d'une grande compétition - enfoiré de Kostadinov, on ne t'oubliera jamais - mais c'est justement ce qui nous fait apprécier chaque qualification, chaque victoire et chaque progrès. Le sport est bien affaire de frissons, de tragédies et de déceptions. C'est cela qui écrit son histoire, le modifie et le fait évoluer. C'est à cela que chaque spectateur veut assister : l'instant unique, magique et direct.

George Orwell a écrit : « Pratiqué avec sérieux, le sport n'a rien à voir avec le fair-play. Il déborde de jalousie haineuse, de bestialité, du mépris de toute règle, de plaisir sadique et de violence ; en d'autres mots, c'est la guerre, les fusils en moins.  ». 

Pour cela, il ne faut pas avoir peur de refuser les anciennes gloires, ne pas se poser en juge de qui doit participer ou pas au tournoi. Il faut juste laisser le meilleur jouer et écrire son histoire. Comme se jeter dans le vide sans rien maîtriser. Et laisser les artistes faire... Il ne faut pas chercher à encadrer et à normer les joueurs en lice en fonction de leur nationalité, leur âge ou leur fanbase. Le sport est cruel, brutal et clivant où la gagne - et seule la gagne - doit régner.

Si on ne fait pas attention, on arrivera donc vers une ligue de divertissement fade, où ceux qui sortent du rang peuvent être écartés pour cause d'être un sale type, un mec sans respect ou juste sans charisme. McEnroe et ses lancers de raquette auraient pu être censurés, Cantona mis aux oubliettes pour ne pas choquer le public. Pire, ils auraient été scénarisés, falsifiés pour créer des histoires et intéresser le public. Riot a déjà pris les devants en bannissant des joueurs de compétitions pour des comportements toxiques. Certains admins de tournoi commencent également à menacer des joueurs de ne plus être invités s'ils continuent à être bad-mannered en dehors du tournoi même. Alors vite, espérons un retour de la logique sportive. Que le meilleur joue et gagne.

 

De plus, les récents départs de joueurs coréens vers l'Europe ou les Etats-Unis ou les récentes déclarations de PartinG laissent présager de mauvaises choses : les joueurs qui ont déjà gagné préfèrent la facilité du gain à la beauté du sport et devraient être de plus en plus sur notre beau continent. Dès lors, faisons attention à ne pas dénaturer ce que nous aimons tant pour qu'un départ hors-Corée ne devienne pas synonyme de "victoire du divertissement sur le sport".

Le but de cette réflexion n'est certainement pas de critiquer le travail des différents organisateurs de tournois que j'admire profondément pour leur engagement et leur travail ni de remettre en cause leurs compétences. Il est simplement de penser à un eSport sans prisme déformant, que les gens aimeront sans se lasser parce qu'ils regarderont les meilleurs et les plus méritants. Le catch perd de plus en plus de part de marché alors que le football, le rugby ou le basket prennent de plus en plus d'ampleur.

"Dans le sport professionnel actuel, il est deux certitudes : sans fric, on ne va nulle part, mais avec du fric, on ne va pas nécessairement quelque part." Jean Dion. Alors tentons de préserver la valeur sûre de notre passion : la beauté de la compétition et du sport. Et vous, pensez-vous que les organisateurs de tournoi sont vraiment en train de faire de StarCraft II un sport ?

 

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13 commentaires

lordarnoult
lordarnoult - 30/09/2014 09h32

bonjour,

effectivement l'esport doit continuer à s'orienter vers les standards des competitions sportives classiques types tournois de tennis, championnat basket ou foot etc ... C'est l'événement qui fait le divertissement, l'enjeu, la valeur des matchs, c est cela qui fera le show. Seul le mérite et le niveau individuel ou collectif doit primer.

Là où je me permettrais un bémol c'est sur la tolérance à tous les débordements sous prétexte de talents. Une équipe, ou un de ses membres peut avoir son propre caractère, plus ou moins fort , fougueux, rageux mais les principes de respects, qui sont inhérents à la culture sportive, doivent toujours être érigés en valeur de référence, et en ça doivent être protégées. Les sanctions et la préventions sont donc à promouvoir. Vouloir être un sport, et nous sommes tous ici les fervants défenseurs de la  reconnaissance de l'esport en tant que tel, implique aussi des devoirs moraux auprés de sa communauté. Vaste programme j'en conviens.

bonne journée à tous  

Raizel
Raizel - 30/09/2014 10h57

Bonjour,

Pour ma par je trouve le développement de l'Esport passionnant. Nous avons aujourd'hui la chance d'observer une discipline naissante évoluer afin d'atteindre un modèle qui perdurera. Et chaque décision prise dans ce processus entraîne des divisions au sein des acteurs et passionnés de la scène Esportive. Pour ma part, je rejoins l'auteur sur de nombreux points. J'aime voir le meilleur gagner, j'aime savoir que pour arriver en finale les joueurs ont du batailler ferme. Par exemple, je n'apprécie rien du catch, il est certain que le show est de grande qualité, visuellement parlant, mais à quoi bon si il n'y a pas challenge pour la victoire? Alors que je pense que durant des Jeux Olympiques nous sommes nombreux à regarder des sports que nous ne connaissons pas en sachant que nous verrons le meilleur niveau mondial.

Ceci étant dit le plus grand obstacle reste bien le problème soulever dans l'article, l'image des joueurs. Car aujourd'hui pour faire un champion les résultats sportifs ne suffisent pas. Les plus grands sportifs de notre temps sont aussi des machines marketing avec des communicants de haut niveau, Lebron James, Roger Federer, Cristiano Ronaldo, Floyd Mayweather et tant d'autres. Dans une scène ou il est si difficile de se maintenir au plus au niveau, car pour moi c'est la que réside la difficulté dans l'Esport, il faut aussi se construire une image de champion. Pour être plus précis je pense que l'un des problème est aussi l'une des plus grandes force de l'Esport, le turnover au plus au niveau. Comment s'identifier à un champion s'il ne brille que 6 mois? Dans la majorité des sports conventionnels un athlète peut rester au top niveau sur des années, construire sa réputation sur plusieurs saisons et ainsi devenir un champion. Dans l'article il est dit qu'il y 12 champions différents pour les 13 dernières GSL. C'est une force, cela montre qu'il y a de nombreux joueurs talentueux sur la scène. Mais pour moi c'est à la fois un problème pour lé développement de la discipline. Parce que si l'on se base uniquement sur le plan sportif alors il devient non seulement difficile de s'identifier aux joueurs mais des fois même difficile de suivre la scène compétitive.

Je me rends compte que j'ai beaucoup trop écris! En conclusion je suis convaincu que l'Esport doit adopter des logiques sportives avant tout, même si le développement prend un peu plus de temps, je pense que ce sera payant à long terme. Mais il y a une vrai problématique de mise en avant des champions (ceux qui gagnent pas ceux dont le nom rapportent des viewers!) car dans le sport, celui qui rapporte c'est avant tout celui qui gagne!!!!!

Bonne journée à tous.

Antiriad
Antiriad - 30/09/2014 13h41

Un petit "mouais" pour cet article.

On peut se demander si la logique de divertissement prend le pas sur la logique sportive dans l'esport, mais faire le lien avec la situation de SC 2 et le classement WCS est un peu rapide, il y a des raisons factuelles qui l'expliquent

Les tournois sur invitation sont un souci, soit. Mais à qui la faute ? Le top coréen est sous l'égide de la Kespa, et donc tributaire de ses décisions. De fait, une bonne partie de l'année est consacrée à la Proleague et à la GSL, donc sans possibilité de se rendre dans les tournois internationaux.

En ça je suis en désaccord avec le fond de l'article, les orga. ne choisissent pas les vieilles gloires, ou leurs potes, mais simplement les joueurs disponibles ! Ils font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont. Je pense que chacun (y compris les organisateurs) aurait préféré un Flash vs Maru plutôt que MMA vs Jjakji en finale à la DH Moscou.

On sait en plus à quel point la communauté SC2 est attachée à la compétition de très haut niveau, tout le monde voudrait voir les meilleurs joueurs s'affronter, la réalité c'est que ce n'est pas possible aujourd'hui.

kungfupanda
kungfupanda - 30/09/2014 13h53

Bonjour,

Un article intéressant sur un problème déjà vieux de la scène sc2 (on salue d'ailleurs la liberté éditoriale !).

C'est toutefois un peu difficile d'en vouloir aux organisateurs de tournoi. D'abord car ils doivent veiller à rentrer dans leur frais (comme tu le signales) sauf que la volatilité du jeu et du top niveau aide pas à être certain de ce qu'ils récupéreraient en cas de tournoi totalement ouvert (imagine un tournoi avec 90% de protoss qualifiés, possible il y a encore peu, qui regarderait ça ?).

En fait, on serait tenté d'en vouloir au système de points WCS qui légitime la pratique. Cela étant, les points attribués se justifient par la difficulté à exister puisque les WCS phagocyteraient à nouveau la scène (un peu comme l'an passé d'ailleurs). Par ailleurs, la Corée est un problème toujours non résolu : il y a un vrai manque de tournois individuels en Corée par rapport au vivier de joueurs talentueux. Il faut absolument revenir à un système MSL+OSL - c'est à dire quasiment deux tournois WCS parallèles en même temps- pour faire vivre cette scène. Enfin autre "responsable" de la liste des finalistes des world :  la Kespa qui rechigne à laisser les joueurs aller parcourir le globe à leur détriment.

Au final le système actuel est un mauvais compromis de tout cela, mais pouvait-il en être autrement. Le système ne fait pas selon moi la part belle aux joueurs auréolés de gloire (du moisn pas seulement). Non seulement la liste contient certains qui n'en bénéficient pas mais en plus elle ne contient pas celui dont la gloire seule sur un autre jeux suffit à faire sauter les slips des casters malgré la succession de déception qu'il nous inflige sans discontinuer depuis qu'il est passé sur ce jeux et qu'on attend qu'il roule sur les WCS Corée/monde/univers. Le système profite surtout aux plus malins comme MC, San, Stardust, Jjakji etc. Mais ça, tout le monde le savait depuis l'annonce l'an dernier.

Enfin, j'observe que tu tombes toi-même dans le piège en réclamant à la Blizzcon la présence de joueurs sui te semblent "sans conteste" au dessus de ceux déjà là. Par exemple : dire que Rain et SoS méritent d'être à la place de Bomber parce qu'ils jouent en Corée c'est tout de même osé compte tenu du fait qu'il les a battus tous deux ces derniers mois. Innovation était chez Acer, il avait tout loisir d'aller glaner des points WCS à droite et à gauche (c'est d'ailleurs pour ça qu'il avait quitté la Kespa non ?) donc il ne peut s'en prendre qu'à lui de se réveiller si tard. Enfin, je trouve toujours ça un peu gonflé d'entendre que les meilleurs joueurs de la proleague devraient forcément être présent alors que personne ne prend au sérieux les phases de poules en BO1 (ouais je suis un fou j'ai dit du "mal" de la proleague !). D'autant que c'est pas un tournoi individuel, et certaines des qualités requises au niveau mental notamment doivent quelque peu changé (même si le skill est là).

En fait le vrai problème est que le système global ne donne toujours pas le sentiment de permettre de déterminer le ou les meilleurs joueurs du jeu...mais le problème vient-il vraiment des tournois et pas plutôt du jeu lui-même ?

Natasha
Natasha - 30/09/2014 14h26

Le système SC2 est très proche du Tennis:

A) Les gros tournois donnent des points et de l'argent, de manière proportionnelle l'un à l'autre,

et de manière exponentielle avec la phase du tournois. (la GSL code A rapporte 50 points, la finale code S rapporte 1000 points,

pourtant le niveau des adversaires est similaire et les deux se jouent sur quelques maps (4 à 9 et 4 à 7, respectivement)).

B) Pour être qualifié à un tournois, il faut des points ou une invitation, il y a aussi les qualifiers, mais les bien classés ont un gros avantage.

C) Les points gagnés dans un match ne dépendent pas de l'adversaire mais de la phase du tournois.

D) Perdre un match ne coûte pas de points.

Au tennis, ce classement ne semble pas poser de problème majeur car il existe une hiérarchie très forte entre les joueurs. Les mieux classement étant bien plus forts que les autres. 

Je pense que pour mieux faire ressortir le niveau des joueurs à SC2, il vaudrait mieux se baser sur un système type ELO (MMR) basé sur l'ensemble des matchs officiels (en LAN, avec des arbitres pour vérifier que le joueur n'utilise pas de hacks, ni d'aide humaine) que fait le joueur.

Evidemment on peut donner une prime aux joueurs actifs (comme les points bonus en ladder sur SC2), et on peut aussi pondérer le poids des matchs pour donner un peu plus de poids aux matchs importants (les finales qui rapportent de l'argent ont plus d'enjeu sportif).

Dans SC2, il y a une part de hasard (grande comparé au tennis), qui provient du brouillard de guerre, et se réalise au travers de "BO-wins" et de chance lors de la prise d'information. Il est donc mauvais que les défaites ne comptent pas, car on incite les joueurs à participer au plus grand nombre de tournois possible (sur un coup de chance, je peux gagner).

Je pense donc qu'un système basé sur ELO (comme l'évaluation des joueurs d'échecs) ou sur des poules en round robin (comme les championnats dans les sports collectifs, cf Ligue 1, ou mieux, top 14 avec des finales entre les mieux classés) serait beaucoup plus juste pour évaluer le niveau des joueurs.

Concrètement, je pense qu'il faut remplacer/complémenter les WCS et les 3 saisons, par un système de ligues dans lequel chaque joueur rencontre un assez grand nombre de joueurs. Noter que pour l'instant, si on perd souvent au premier tour contre un bonjwa, en bien tant pis pour soi, on peut évoquer la malchance, mais ca s'arrête là quand même...

Quelque soit le tournois, on peut laisser le format libre, mais il faut que les défaites fassent perdre des points WCS,

et si possible, que les points gagnés/perdus dépendent plus du classement de l'adversaire que de la phase du tournois.

En particulier, un joueur qui perd au premier tour d'un tournois devrait perdre des points, plutôt qu'en gagner (comme c'est le cas actuellement dans les WCS, premier ligue, quand on est qualifié grâce à un résultat de la saison précédente).

Les points pourraient disparaître au bout d'un an comme au tennis, ce qui permet d'avoir une continuité dans l'évaluation des joueurs en début d'année, tout en assurant la mise-à-jour du classement, tout en évaluant les joueurs sur l'ensemble de la saison passée pour faire des invitations au "main event".

aloxxx
aloxxx - 30/09/2014 19h29

Bonjour à tous,

Déjà dans un premier temps: wow. Un article de Stabillo sans aucune faute d'orthographe c'est un bonheur. En plus c'était vraiment intéressant et ne semblait pas être biaisé.

Ensuite, je suis ne suis d'accord qu'à 90% avec Stabillo.

Dans le sport, c'est la performance qui doit dicter les résultats et en aucun cas l'aura ni le charisme, vrai à 100% je n'irai jamais te contredire.

Le fair-play n'a pas sa place : faux! Et justement ça c'est le taf des coaches, des organisateurs, et des fédérations.

Bien évidemment il n'y a aucune raison particulière de récompenser sportivement par des invitations à des tournois d'un niveau qui n'est pas le sien un joueur particulièrement affable (c'est le cas de TLO, et c'est vrai qu'il a souvent assez peu sa place dans les compétitions où on le voit, mais il passe tellement bien à l'écran...).

Par contre le contraire est vrai. Il est indispensable qu'un joueur qui manque de respect à ses adversaires aille au-devant de vraies sanctions sportives (même si ça a lieu en dehors du cadre sportif). Après je comprends le désarroi d'un coach qui voit son meilleur joueur abusé par son propre caractère risquer des sanctions en plus... (dont firecake qui doit donner des cheveux blancs à Stabillo).

Ensuite j'ai envie de poser une question très bête:

Si les wcs adoptaient une règle arbitraire ignoble disant qu'en finale annuelle on ne pouvait au maximum 8 joueurs (ou 10 vous comprenez l'idée) de la même nationalité... est-ce qu'on râlerait autant?

Aux jeux olympiques le nombre de participants par pays à une même épreuve sportive est limité à 3. Pourtant on sait que dans beaucoup de disciplines le n°4 du pays dominateur est souvent un sérieux candidat à une médaille. Pourtant le fait de forcer la diversité des compétiteurs est réellement apprécié, et l'intégrité de ce mode de sélection n'a jamais été remis en question.

Une nouvelle question me vient après avoir vu norvège/corée:

Celui-là n'était-il pas scripté? En tout cas l'un des 8 matchs joués me pose problème : La défaite de Life contre TargA ressemble à un : "ah merde il faut que je respecte la règle "tous les joueurs doivent jouer" et je suis sur le point de gagner. Bon ben je me démerde pour perdre. Je vais banker et pas dépenser mon argent en amélioration ni pour passer au-dessus de 200/200, ni pour changer de compo et ils vont jamais montrer mon cash flow et tout le monde n'y verra que du feu."

M0L0K0
M0L0K0 - 30/09/2014 22h09

Mais où est donc passée la logique dans cet article?

Les Homestorycup/Dreamhack/IEM... seraient ravi de recevoir le top16 Coréen, mais c'est bien les Coréens qui ne veulent/peuvent pas venir. Sinon moi je défend l'esprit de la Homestorycup d'aider les foreigner à exister un petit peu sur la scène mondiale.

Sinon mdr de citer Orwell dans un article qui défend le sport, alors qu'il pense que le sport est un truc de décérébrés qui attise la haine entre les peuples :D

Sephi
Sephi - 01/10/2014 17h18

Il est clair que le problème que cet article met en avant est des plus sérieux, à savoir comment établir un classement reflétant la hiérarchie mondiale ?

L'actuel échoue complètement à ce niveau pour pas mal de raisons.

Comme l'a dit Natasha dans son post, le classement ressemble à l'ATP pour le tennis.

Le classement ATP du tennis est certes biaisé par l'histoire des têtes de séries dans les tournois mais c'est bien entendu une très bonne chose que ces têtes de série car au tennis il existe une vraie hiérarchie bien définie et il reste tout à fait possible de se faire sa place si on est vraiment bon. On a donc pas 2ème tour Djokovic-Nadal mais on perd pas pour autant la possibilité de voir arriver de nouveaux très forts joueurs au top niveau.

Ce type de classement est un échec total en ce qui concerne SC2, là encore Natasha en donne des raisons, ainsi que d'autres ici même.

Il y aurait 2 solutions à ce problème :

Soit contraindre toute organisation de tournois octroyant des points WCS à 90% de places qualificatives minimum et 10% d'invitations, et définir avec précision qui a le droit d'être inviter, par exemple les deux finalistes de la dernière édition, des joueurs locaux ...

Les tournois ne satisfaisants pas ces exigences ne rapporteraient tout bonnement pas de points WCS ou un très très petit nombres, à nouveau il faudrait définir les critères.

Soit complètement changer de système. Le système elo est bien entendu une piste.

Quoiqu'il en soit, un système qui consiste à inviter qui on veut et qui ne permet lors de ces invitations que de gagner des points et en aucun cas d'en perdre est une grosse blague.

Je pense que vu la popularité de Flash beaucoup de gens ont du voir l'IEM qu'il a remporté, mais est-ce que chacun a bien réalisé la performance qu'il avait du accomplir pour cela ?

Alors que MC et Hyun ont été invité à cet IEM, alors que Life ou Jaedong après avoir échoué à se qualifier d'une part lors des qualifications coréennes, d'autre part lors de la finale des qualifs Asian, ont été invité à participer à un bracket très peu relevé pour finalement avoir une dernière chance ... Flash lui, n'a une qu'une seule chance de poser les pieds au Canada, il a du remporter des qualifications de dingue, bien plus relevées que l'IEM lui même, il a du battre dans cet ordre : Reality, Gumiho, Dear, Maru, Classic, Sorry, Classic (à nouveau), herO, pigbaby. Une défaite lors d'un de ces BO3 et Flash n'était pas à l'IEM Toronto.

Juste pour rappel, pour se qualifier, Polt lui a battu EJK, Xenocider, Illusion et violet.

Ceci n'a aucun sens.

Et encore, il s'agit d'un IEM, la compétition hors WCS la plus "fair" où la plupart des places sont issues de qualifications.

Pour les DH, ASUS ROG, HSC, RBBG ... là, bon, c'est à se demander si ça a vraiment du sens de regarder ces compétitions. Personnellement je me limite aux GSL, WCS, Proleague et IEM.

Il est grand temps que Blizzard paye n'importe quel mec avec un peu la tête sur les épaules pour proposer un système meilleur que l'actuel, ça ne sera pas bien difficile.

kungfupanda
kungfupanda - 02/10/2014 00h34

Pour les DH, ASUS ROG, HSC, RBBG ... là, bon, c'est à se demander si ça a vraiment du sens de regarder ces compétitions. Personnellement je me limite aux GSL, WCS, Proleague et IEM

 C'est dommage les RBBG (les finales) ont donné de superbes games...Presque comme la dernière fois avec l'épique Scarlett/Bomber.

A titre perso je zappe les IEM, on y trouve toujours les même kor et j'adhere pas au système de poules et qualifs qui me gave. Les WCS Europe et USA ont quand même un niveau très bas au moins jusqu'à l'arbre donc les poules ont pas de grand enjeux. En plus, quitte à voir des amateurs, autant se matter underdogs, c'est plus fun. L'arbre final européen est déguelasse depuis plusieurs saisons donc j'ai carrément dû éviter ces WCS depuis un moment (je sais même plus que protoss a gagné la dernière fois). Les WCS US sont plus sympas à voir a partir des demis.

La proleague c'est cool, mais y a beaucoup moins le mind-game que l'on a en 1v1. La les joueurs viennent, font le BO imposé par le coach et pis c'est marre.

Bref, la GSL y a que ça de vrai !

PS : sur aaa on trouvait des références à des classements alternatifs qui par exemple donneraient plus de points pour la GSL ou ne prendraient en compte que les top 3 des autres tournois (pour éviter le grattage de petits points). http://www.team-aaa.com/news-30926-0-1-blizzcon_les_chances_de_snute_s_amenuisent.html

Sephi
Sephi - 02/10/2014 09h51

Comme toi, quand je dis que je regarde les WCS, honnêtement c'est juste demi et finales pour NA et EU ... juste histoire de vérifier une fois de temps en temps le niveau hors Corée, mais ça ne me passionne pas beaucoup. Clairement la GSL est la compétition qui sort du lot de très loin.

Je n'ai pas raté les finales RBBG, c'était différent pour les finales, il y avait du vrai niveau.

La proleague en effet a ce côté one shot qui est à la fois décevant et à la fois le piment de cette compétition "t'as une map, démerde toi, montre de quoi t'es capable". Particulier, mais donne bien souvent lieu à des parties de haut vol.

Là où je suis très étonné c'est sur ton point de vue sur les IEM ... les derniers ont justement été des compétitions super passionnantes avec des matchs de très haut niveau. L'arbre finale de celui de Toronto c'est vraiment dommage de l'avoir bouder notamment.

Et bien que pas du tout honnête, au moins il existe un système de qualifications ... n'importe qui peut réussir à se qualifier, cela donne une chance même si très mince pour les coréens (de corée) de se qualifier.

kungfupanda
kungfupanda - 02/10/2014 12h19

Je voudrais pas mal me faire comprendre : les matchs de proleague sont souvent excellents et d'un très très bon niveau. Je voulais juste dire que la dimension psychologique est très différente. Tu es pas seul dans ta cabine à essayer de "lire" ton adversaire et prédire ce qu'il va faire qui donne lieu à des retournements comme le Soulkey-Inno en finale. D'un autre côté, il est évident qu'être le "ace" player requiert, outre un grand skill, des ballz en béton armée...

S'agissant des IEM, c'est l'arbre (stage 1) qui donne accès aux poules (stage 2) qui me dérange. Il y a plus de tension autour des matchs du premier jour (et parfois plus de niveau) qu'autour de ceux des poules. Du coup, je me fais un peu chier...Je sais pas, je crois que c'est l'ambiance ou le story telling de la compétition qui prend pas sur moi (oui c'est très subjectif). Je t'accorde que le coup du retour du Flash donnait justement tout son piment et son intérêt à cette compét...sauf que comme ca faisait déjà 15 fois qu'on m'avait fait le coup et qu'il finissait par une série dont seul Bomber avait le secret (sérieux mec, tu pétes Solar et tu te fais sortir par DRG !? c'est quoi ton problème ? tu détestes la Californie ?)  je me suis dit que cette fois on ne m'y prendrait pas. Tu me diras que tout ça change rien aux matchs eux-mêmes qui peuvent être très bons. Je suis complétement d'accord mais du coup ça me dérange moins de louper le direct et de voir ça en VOD sur OGTV, day 9 ou autre qui ont la délicatesse de me sélectionner les meilleures.

Sinon pour revenir au sujet, le risque à imposer trop de choses aux orgas et notamment la possibilité que leur tournoi ne contienne que 10 % de joueurs "connus et appréciés" ou une répartition des races à la faveur de l'équilibrage du moment ("hey mec, ça y est pour celui là on aura pas 85% de protoss, grâce au patch on sera à 75% de terrans ! <3 DK")...c'est qu'ils risquent surtout de d'aller prendre des risques plus raisonnables du type jouer l'argent des sponsors à la roulette russe.

Squzell
Squzell - 02/11/2014 00h42

Très bon article qui fait réfléchir à un coté que je n'avais pas imaginé.

Après, même à Rolland Garros : avant le jour J, des mecs invités ont fait des barrages entre eux, je ne m'avancerai pas sur les méthodes "d'invitation" puisque je ne les connais pas parfaitement mais il doit aussi y avoir a redire de ce coté.

Puis, c'est ouvert au public (et à la TV) et arrivent les grosses pointures. De plus l'arbre est fait de façon à ce que les têtes de séries ne se rencontrent que très tard.

Encore autre chose : si MC perf moins, c'est aussi parce que justement il fait le tour du monde a enchaîner les tournois pour les points WCS, au détriment de son entraînement.

Mais je me répète, très bon article qui pose de vraies questions !

Vaag
Vaag - 06/11/2014 12h04

C'est un bon article.

Le show faisant aussi partie de l'e-sport comme n'importe quel sport, il arrivera surement que dans des compet des "anciens" joueurs jouent quelques show match destinés à épater le public sans pour autant entre dans la compétition.

On aurait là la possibilité de voir ces joueurs à l'oeuvre sans pour autant toucher aux joueurs en compétition.

Faudra attendre un peu le temps que ça se stabilise, mais pas de quoi s'inquiéter.

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