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09 sept. 2017 - ZeManiaK Divers

Mario et les Lapins Crétins : une autre idée du crossover.

Mario et les Lapins Crétins : une autre idée du crossover.

Je n'ai pas vraiment cherché à savoir qui avait eu l'idée d'un crossover alliant l'univers de Mario à celui des Lapins Crétins. Je suis par contre certain de m'être dit : c'est quoi cette idée de derrière les fagots ? La dernière fois qu'une telle question m'a traversé l'esprit, c'est lorsque j'ai appris que Disney et Square allaient s'allier pour créer un jeu nommé Kingdom Hearts. Heureusement pour nous, dans les deux cas, ces associations furent fructueuses : Mario et les Lapins Crétins est un jeu très bien conçu, amusant, rapide et bwaaaaachement sympa. Étonnant, non ?

Des lapins au Royaume Champignon.

 

Le pitch est forcément très minimaliste : suite à des problèmes avec leur lave-linge temporel (si, si), les Lapins Crétins débarquent dans le Royaume Champignon. La situation, qui promettait déjà une belle pagaille, empire lorsqu'un lapin crétin, qui s'est dégoté avant d'arriver dans le pays de Mario un casque pouvant fusionner des objets et/ou des gens, triture sans trop le vouloir tout ce qu'il voit. C'est à Mario et ses amis, accompagnés de quatre Lapins Crétins amicaux mais aussi de Beep-0, un petit robot qui sert d'avatar au joueur, que va revenir la tâche de stopper ce désastre. Le scénario est donc très simple, de quoi laisser les Lapins Crétins faire le show tout au long de l'aventure. Que ce soit vos alliés, les Lapins Crétins croisés dans les combats où ceux rencontrés dans les mondes, ils ne loupent pas une occasion de faire n'importe quoi... et c'est souvent drôle. Tous les clichés associés à Mario sont gentiment moqués, ce qui nous donne un jeu assez meta sans pour autant se regarder le nombril. Mention spéciale au fantôme, un boss qui risque de vous plaire si vous êtes un fan hardcore de Mario.

Autre point très intéressant, chaque personnage du groupe parvient à se distinguer. Si Mario, Luigi, Peach et Yoshi répondent bien à l'appel, ce sont leurs doubles Lapins qui tirent leur épingle du jeu. Lapin Mario est un imposteur qui n'hésite pas à se moquer de l'original, Lapin Luigi est un simplet très ingénu, Lapin Yoshi un psycopathe kawaii et Lapin Peach...mériterait un spin-off. Petite diva jalouse et prétentieuse, elle (il ?) est particulièrement attachante. Si vous aimez vous moquer des acharnés du selfie, vous allez adorer détester Lapin Peach. Ce qui nous empêchera pas de l'utiliser en combat puisqu'elle est la principale guérisseuse du groupe.

Il faut d'ailleurs féliciter la direction artistique du jeu : non seulement Mario et les Lapins Crétins propose des mondes variés et très vastes, qui proposent des environnements très différents et très riches, mais la musique du jeu, qui peut être écoutée dans le musée si vous collectez les pistes audio disponibles dans les coffres, est excellente. Signée Grant Kirkhope, ancien de chez Rare qui avait signé la BO de Golden-Eye 64 ou Banjo-Kazooie, elle est particulièrement bienvenue pour booster le dynamisme des affrontements (particulièrement la musique des mid-boss ou celle du désert). Bref, c'est beau et y'a du bon son, de quoi apprécier encore mieux les combats du jeu.

Et des bromances naissantes...

Just XCOMmunication

Le RPG-Tactique n'a jamais dépassé atteint un statut mainstream, à cause de sa nature très pointilleuse et méticuleuse. Qui dit stratégie entraîne fatalement de nombreux paramètres à prendre en compte, la nécessité de construire son équipe pour éviter qu'elle ne puisse plus tenir la distance et surtout, de la patience en cas de game over répétés. Tous les cadors du genre ont pour point commun une certaine abnégation, un investissement indispensable pour assimiler le système de jeu et progresser de manière satisfaisante. Cela, Mario et les Lapins Crétins l'a compris : sans révolutionner le genre, il propose un système accessible mais pas dénué de profondeur.

L'action se déroule sur une grille dans laquelle les personnages évoluent. Chaque combattant, ami ou ennemi, peut effectuer trois actions par tour : se déplacer, tirer et enclencher une action spéciale, dans l'ordre de son choix. Il est même possible de bouger un de ses héros, puis un deuxième avant de revenir au premier pour le faire tirer. Un gameplay assez flexible, donc.

Le déplacement permet d'ailleurs beaucoup de subtilités : chaque personnage peut charger un ennemi pour infliger des dégâts, mais aussi sauter sur un allié et rebondir pour aller plus loin qu'avec une simple marche à pied. Avec quelques améliorations, Mario peut même écraser un adversaire en sautant, Lapin Luigi peut drainer les PV d'un ou deux ennemis et Lapin Mario provoque des explosions à chaque tacle, par exemple. Avec les bonnes combinaisons, on peut ainsi se débarrasser de quatre ou cinq ennemis en un tour une fois qu'on a compris le principe et qu'on sait optimiser nos déplacements. Ajoutez à cela des actions spéciales différentes pour chaque personnage, comme le tir de réaction de Mario ou Luigi calqué sur celui des XCOM, et vous obtenez un système dont les règles sont peu nombreuses mais bien utilisées. Contrairement à ce dernier, pas de calculs prise de tête pour savoir si une action va marcher : selon que votre héros voie ou non sa cible, un tir direct aura 100, 50 ou 0% de chance de réussite. La seule part de chance réside dans les critiques qui ajoutent un effet spécial au tir, comme immobiliser l'adversaire ou l'empêcher d'attaquer pendant un tour.

Autre bon point, surtout dans un RPG-Tactique : les combats sont assez rapides et adaptés à la jouabilité portable pour qu'on éviter de s'endormir au quinzième tour d'une rixe qui s'éterniserait. Comme le jeu a la très bonne idée de proposer, entre les batailles, un peu d'exploration pour chercher des bonus parfois utiles, souvent anecdotiques, on obtient un résultat assez bien rythmé. Ni les énigmes ni les affrontements ne poseront de problèmes aux habitués, les nouveaux venus trouveront eux de quoi s'amuser, surtout s'ils essayent de garder tous leurs personnages debout à la fin des combats. De plus, si l'aventure dure environ 20h en ligne droite, les défis optionnels, les trésors à trouver une fois qu'on a obtenu un nouveau pouvoir d'exploration et les mondes secrets, y compris post-fin du jeu, peuvent facilement doubler la durée du vie du jeu. Petit bémol : on aurait aimer qu'en plus du mode facile, un mode difficile vienne contenter les sadomasochistes habitués du genre. De plus, le mode coopération, bien qu'adapté au Joy-Con, reste assez anecdotique : seuls les acharnés enchaîneront les combats pour trouver du challenge. Pas de quoi faire de Mario et les Lapins Crétins une déception, puisque le contrat est rempli : on s'amuse sans se prendre la tête. Et du coup, on se surprend à espérer une suite encore plus inspirée. Avec un Lapin Bowser, cette fois ?

Ici, Lapin Peach qui fait un selfie avec une cosplayeuse. Sympa, comme star.

 

Mario et les Lapins Crétins : du bonheur en bwaaaaaarre ! 810Points positifs
  • Un T-RPG simple d'accès, aux mécanismes connus mais éprouvés
  • On rigole de bon cœur aux farces des Lapins Crétins, surtout Lapin Peach, la Bae <3
  • La direction artistique (visuelle et sonore) est excellente, la technique ne vous fera pas défaut
  • Les combats sont assez rapides pour s'adapter à un gameplay portable
  • Suffisamment d'exploration pour éviter d'enchaîner les combats de manière trop répétitive, sans tomber dans le casse-tête
Points négatifs
  • On aurait aimé un mode difficile en plus du mode facile, pour donner du challenge en plus dans les combats mais aussi les puzzles
  • Le scénario ne va pas chercher très loin : on a connu les Mario RPG plus inventifs, même si un tel crossover doit forcément rester accessible par tous
  • Le mode coop, au gameplay bien pensé mais trop long à débloquer entièrement

Mario et les Lapins Crétins est une très bonne initiation dans les méandres du T-RPG : pour sûr, il vaut mieux tendre ce jeu à un profane pour lui faire découvrir le genre sans le rebuter. Après coup, il sera toujours temps de lui faire découvrir XCOM, Disgaea ou les Final Fantasy Tactics, même si ces derniers jeux se traîneront toujours une lacune fondamentale : ils manquent cruellement de lapins !

 

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