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14 oct. 2013 - ROGAAAJJ Divers

Marketing et eSport : le cas Red Bull

Marketing et eSport : le cas Red Bull

Hier confidentiel et réservé aux seuls geeks, l’esport connaît ces dernières années une véritable explosion, aidé notamment par l’apparition et la généralisation des webTV. Comme toute discipline sportive, l’esport est en perpétuelle recherche de visibilité, une visibilité qui attire sponsors et argent, deux éléments essentiels au fonctionnement de ce microcosme. Si les streams des plus grosses compétitions attirent des dizaines de milliers de viewers, ces audiences restent encore très faibles en comparaison des grands événements sportifs, mais cela n’empêche pas quelques grandes marques mondialement connues de pointer le bout de leur nez.

Fort logiquement, les sponsors historiques du sport électronique sont des fabricants de processeurs, de cartes graphiques, et de tout autre matériel en lien avec l’univers de l’informatique. Fort logiquement, car ces sociétés voient en le sport électronique un prolongement de leur activité et une mise en valeur du matériel qu’ils commercialisent. Cependant, ce cloisonnement sectoriel tend à disparaître, et de nouveaux sponsors font -enfin- leur apparition.

Dans cet article, nous nous pencherons sur le cas Red Bull, cette fameuse marque autrichienne d’energy drink qui par une stratégie de marketing agressive est devenue leader mondial dans son secteur, mais aussi un modèle unique en matière de communication.

Nous tenterons également de voir en quoi l’investissement de Red Bull dans l’univers de l’esport est non seulement un reflet de la visibilité grandissante de la discipline, mais également une raison d’être optimiste pour la suite.

Red Bull, l’extrême comme normalité

Loin des concepts classiques appliqués par la plupart des marques, Red Bull a décidé de prendre le taureau par les cornes dans les années 1990 en devenant, bien au-delà de son activité principale, un véritable créateur de média en phase avec les moyens de son époque. Plutôt que de se contenter d’une communication passive, comme c’était le cas aux débuts de l’entreprise, Red Bull et son créateur, Dietrich Mateschitz, se sont placés autour de nombres d’activités en phase avec le slogan « gives you wings ». Alors oui, partout où il est possible de s’envoyer en l’air, Red Bull débarque : aventure, sport mécanique et sport extrême.

Petit à petit, le damier anodisé gris et bleu et les taureaux rouges ont ainsi fait leur apparition dans les institutions du sport extrême, à commencer par les célèbres X Games, mais également sur des événements et compétitions créés de toute pièce par la marque autrichienne. Parmi ces événements, vous avez certainement déjà entendu parler des Cliff Diving World Series, de l’Air Race World Championship ou encore du RB Crashed Ice. Pour ceux qui préfèrent le côté « décalé », on citera aussi les courses de caisse à savon, le Flugtag (qui consiste à tenter de faire voler des appareils qui ne voleront jamais), ou encore les tournois de Dodgeball organisés sur les campus. Bref, les événements Red Bull sont faits pour procurer des émotions, et c’est très souvent une réussite.

Mais au-delà de cet énorme sponsoring événementiel et sportif, la marque n’hésite pas à investir pour créer « ses champions », à l’image du jeune Sebastian Vettel qui avant de marcher sur la Formule 1 est passé par diverses disciplines avec, depuis 2004, le soutien financier de Red Bull. Et les champions qui dominent leur sport sont aussi les cibles de choix pour la firme autrichienne : citons Sebastien Loeb (9 fois champion WRC, puis cette année soutenue par RB dans sa course à Pikes Peak), Antonio Cairoli (7 fois champion du monde de motocross), ou encore Travis Pastrana qui est à lui seul un parfait résumé de tous les domaines (ou presque) où Red Bull investit.

Non, la marque ne se contente donc pas de fabriquer et vendre la boisson que vous diluez dans la vodka le samedi soir, loin de là.


Stratos Oh, he’s over 9000 !

Toujours plus loin dans l’inédit, vous vous souvenez certainement du projet Stratos au mois d’octobre dernier, conclu par le grand saut de Félix Baumgartner, devant 8 millions de viewers sur YouTube, ainsi que 1,7 million téléspectateurs sur BFM TV rien qu’en France. Une performance extraordinaire qui a nécessité des moyens à la hauteur de ce saut : plus de 50 millions d’euros.

Oui, Red Bull a les moyens de ses ambitions et dépense chaque année environ 30% de son chiffre d’affaires dans le marketing. Alors quand on sait que ce CA annuel est supérieur à 4 milliards d’euros, il y a de quoi avoir le sourire, surtout quand la marque décide de poser ses valises dans l’esport…

L’esport comme prolongement logique

Si la marque donne cette impression de dépenser sans compter, elle ne le fait en revanche pas de manière inconsidérée. Les activités dans lesquelles la société investit sont le fruit d’un ciblage particulièrement réfléchi. Depuis de nombreuses années déjà, Red Bull a compris qu’internet était un excellent vecteur de communication, en phase avec sa volonté de faire ce que personne avant elle n’a fait. De plus, le public des compétitions citées dans le paragraphe précédent, qui est le cœur de cible de Red Bull, est essentiellement masculin et composé de 15–25 ans, ces «digital natives» particulièrement réceptifs aux nouvelles formes de communication.

Alors forcément, quand on parle d’internet, d’une discipline dont l’image se situe pour beaucoup de gens en dehors des clous et d’un public plutôt âgé de moins de trente ans, alors le sport électronique devient un prolongement naturel.


Une piste de fortune, des caisses à savon… et des milliers de consommateurs potentiels.

En général, lorsque Red Bull décide de se lancer dans une discipline, il y a toujours une première phase d’approche plutôt passive, suivie d’une seconde où la société prend les choses en main, comme le résume très bien Pierre-Emmanuel Davin, directeur d’une société de marketing sportif : « apparaître sur des panneaux publicitaires en finale de la Coupe du Monde n’est pas dans son optique, elle ne se considère pas comme un sponsor. L’idée n’est pas d’apposer son logo sur une plate-forme existante, mais de s’approprier cette plate-forme. ». Un bon exemple pour illustrer cette phrase est l’univers de la Formule 1 où Red Bull est arrivé dès 1995 en tant que sponsor de l’écurie Sauber pour en arriver aujourd’hui à une situation où la marque possède deux écuries, dont la championne du monde en titre. Même son de cloche dans le football où la société possède aujourd’hui 5 clubs professionnels.

Oui mais voilà, débarquer dans l’univers du WRC ou du motocross, et sortir le chéquier pour s’approprier les services du meilleur est une chose ; vouloir faire la même chose dans l’esport, c’est autrement plus difficile. Le sport électronique est un univers fondamentalement différent du sport traditionnel, où tout se passe beaucoup plus vite, et dans lequel les cyberathlètes ne peuvent pas dominer pendant 5 ans ou plus leur discipline, à l’image d’un Loeb.

La première véritable apparition de Red Bull auprès d’une équipe esportive remonte à l’année dernière, avec l’annonce du sponsoring de la structure coréenne StarTale, la « team of the year » de 2012. Et ce sponsoring fut couronné de succès dans nos contrées, puisque c’est un Life habillé aux couleurs Red Bull qui a triomphé lors de la deuxième édition d’Iron Squid au mois de janvier. Un tournoi, Iron Squid, qui lui aussi bénéficiait du soutien de la « pieuvre Red Bull ».


StarTale, Life et Red Bull, le sponsoring discret. Ou pas.

Mais avant StarTale, Red Bull avait déjà posé un premier pied dans le milieu en organisant sa première compétition aux États-Unis, le Red Bull Undergrounds (remporté par MC), doté d’environ 40 000 dollars. Au mois de novembre, nous aurons droit à la deuxième édition du Battlegrounds, un tournoi à New York qui opposera 8 des meilleurs joueurs mondiaux pour un cashprize total de 50 000 billets verts. Citons également les RB Training Grounds, des tournois offline dont deux éditions ont déjà eu lieu, avec environ 10 000 dollars de prix. Des dotations intéressantes, qui ravissent les joueurs, mais qui ne sortent pas pour autant des « standards actuels ».

La question, aujourd’hui, est de savoir si nous sommes dans la première phase, décrite ci-dessus, de ce qui pourrait ensuite devenir un investissement massif de Red Bull dans l’esport, où s’agit-il simplement d’une apparition qui permet à la marque d’assurer une présence dans un microcosme dont acteurs et spectateurs correspondent parfaitement au pool de consommateurs du produit ?

Une chose est certaine, c’est du gagnant-gagnant pour Red Bull en termes de communication, comme le montre par exemple ce rendez-vous organisé par la marque entre Sebastian Vettel, le monsieur plus de la marque, et Erik « hakkiJunior » Lestach, joueur Trackmania/GT5 chez eSuba et sponsorisé lui aussi par Red Bull.

Vers un sponsoring esport plus ouvert ?

L’un des grands soucis aujourd’hui dans l’univers du sport électronique est le manque de moyens, et il se pose à tous les acteurs, qu’ils soient joueurs, commentateurs, équipes ou organisateurs d’événements. Actuellement, il n’existe pas de réel modèle économique viable sur le long terme, alors chacun fait comme il peut pour engranger des revenus. Nombreux sont ceux qui tentent de faire régulièrement du streaming, mais le CPM est généralement trop faible pour gagner des montants corrects, et l’absence de réels droits de retransmission à l’instar de ce qui se passe dans le sport traditionnel est également dommageable.

Alors l’esport est, et reste pour le moment, largement dépendant du sponsoring. Chaque équipe, chaque compétition se doit d’avoir ses partenaires, et souvent même un head-sponsor sans lequel les choses ne seraient pas forcément possibles. Et c’est à cause de cette dépendance envers les sponsors que l’arrivée d’une marque telle que Red Bull est une bonne chose.

Certes, il s’agit de soigner le mal par le mal, la dépendance au sponsoring par l’arrivée de sponsors toujours plus importants, et imposants, mais c’est pour le moment, dans le cadre anarchique de l’esport, la seule solution.


Si Bomber est un bon terran, c’est parce qu’il s’entraîne régulièrement aux drops !

Indirectement, l’apport de ce genre d’entreprise est double. Le marché de l’energy drink est fortement concurrentiel, et d’autres marques tentent de se tailler une part du gâteau, dont Monster Energy. La griffe américaine suit une trajectoire assez ressemblante à Red Bull, puisqu’elle est elle aussi très présente dans les sports mécaniques et extrêmes (NASCAR avec Kurt Busch, MotoGP avec Valentino Rossi, Formule 1 avec Lewis Hamilton, sessions Gymkhana de Ken Block, etc.). Elle est aussi désormais présente dans le sport électronique, en tant que sponsor de l’une des plus grandes structures mondiales, Evil Geniuses.

Mais cela nous permet également d’espérer l’arrivée de nouvelles sociétés qui n’ont, à priori, aucun lien direct avec l’esport, ou l’informatique. C’est déjà le cas en Corée, et nous pouvons citer l’exemple très récent de Jin Air Green Wings (ex team 8, sponsorisée aujourd’hui par la compagnie aérienne coréenne Jin Air), mais la Corée est trop “à part” pour s’en inspirer.

La situation est bel et bien différente dans le reste du monde, et notamment en France, où il paraît pour le moment inconcevable qu’une société qui détient une équipe cycliste, ou qui est sponsor maillot d’un club de sport collectif se lance dans le sport électronique, et ce malgré les problématiques du sport traditionnel (dopage, corruption) qui pourraient, en théorie atteindre l’image des marques. Toute visibilité est bonne à prendre…

En attendant le jour où la situation évoluera, il faut profiter de l’arrivée d’un acteur de l’importance de Red Bull. Et si normalement le sponsoring doit faire bénéficier d’une visibilité à l’investisseur, dans ce cas, il semble que la réciproque soit également valable, alors ne faisons pas les fines bouches !

 

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28 commentaires

C4ppuccin0
C4ppuccin0 - 14/10/2013 18h04
Très bon article mais l'auteur a oublié un exemple qui m'a frappé : Les gambit gaming sponsorisés par Pringles !!
Melekus
Melekus - 14/10/2013 18h58
Nous tenterons également de voir en quoi l’investissement de Red Bull dans l’univers de l’esport est non seulement un reflet de la visibilité grandissante de la discipline, mais également une raison d’être optimiste pour la suite.

Désolé, mais ce genre de phrases me fait tellement penser à mes explications de texte/dissertation au lycée  :P

lolosansstress
lolosansstress - 14/10/2013 19h05

Donc c'est pour ça que les gambit ont si facilement craqué sous la dent des Najin!

...bon ok je sors xD

Faintfr
Faintfr - 14/10/2013 19h08
Nous tenterons également de voir en quoi l’investissement de Red Bull dans l’univers de l’esport est non seulement un reflet de la visibilité grandissante de la discipline, mais également une raison d’être optimiste pour la suite.

Désolé, mais ce genre de phrases me fait tellement penser à mes explications de texte/dissertation au lycée  :P

J'ai tiqué pendant deux minutes sur cette phrase aussi :D Cependant l'article est intéressant, et se montre très lucide vis-à-vis du sponsoring ! 

Obikin
Obikin - 15/10/2013 13h04

C'est quand même malheureux que le lavage de cerveaux soit le seul moyen de financer l'e-sport.

Je ne pense pas que Riot manque d'argent pour organiser ses évènements et il est honnêtement possible de créer des évènements plus simples sans vanter les mérites infondés de telle ou telle marque. Tales of the lane a bien montré que les gens sont prêts à payer pour que des compétitions voient le jour. Avec un peu plus de moyens ou moins d'ambitions, le sponsoring peu devenir une option dont on peut se passer.

Après je comprend la volonté de créer du contenu gratuit pour certains mais la publicité ne devrait pas être l'unique solution. Surtout lorsqu'il s'agit de mettre en valeur des marques qui n'ont absolument rien à voir avec l'e-sport. Si Red Bull construisait du matériel informatique et qu'une équipe de joueurs n'utilisaient que ça, il y'aurait un fondement dans le raisonnement mais là... Et ne répondez pas que les joueurs ne boivent que de la red bull, ce serait vraiment malheureux pour eux.

Quoi qu'il en soit, on devrait trouver d'autres moyens de financer les médias... Nottament la télévision qui est à la fois pourrie et complètement achetée par la publicité. En ce qui concerne Ogaming Tv, je dirais merci Bigby pour nous divertir mais désolé, je ne cautionne pas le lavage de cerveau en masse donc merci Ad block.

GingoO
GingoO - 15/10/2013 13h50

Très bon article, sympa de voir arriver les nouvelles tête de la rédac' !

ROGAAAJJ
ROGAAAJJ - 15/10/2013 14h08

C'est quand même malheureux que le lavage de cerveaux soit le seul moyen de financer l'e-sport.

Je ne pense pas que Riot manque d'argent pour organiser ses évènements et il est honnêtement possible de créer des évènements plus simples sans vanter les mérites infondés de telle ou telle marque. Tales of the lane a bien montré que les gens sont prêts à payer pour que des compétitions voient le jour. Avec un peu plus de moyens ou moins d'ambitions, le sponsoring peu devenir une option dont on peut se passer.

Je n'aime pas particulièrement intervenir dans les commentaires, mais je voudrais simplement préciser qu'il s'agit d'un article, non d'une publicité, et que je ne suis payé ni par O'Gaming, ni par Red Bull pour le publier.

Riot ne gagne pas d'argent avec ses LCS, au contraire, et s'est (comme la plupart des autres acteurs de l'esport) attaché les services d'un autre sponsor XXL en la personne de Coca-Cola. Ce que tu appelles du lavage de cerveau est l'une des seules réelles sources de revenus dans l'esport, qui à la différence du sport traditionnel ne dispose pas de l'énorme pactole que peut représenter des droits TV par exemple. TOTL et son crowdfunding montrent la réussite d'un modèle de compétition unique et qui fonctionne sur du très court terme, la scène esport ne peut pas fonctionner que par les dons de ses spectateurs.

LockHar
LockHar - 15/10/2013 15h59

@Oblikin:
Et oui malheureusement l'e-sport ne peut se nourrir d'amour et d'eau fraîche, un peu comme toi.

RIOT a très certainement un bon fond de fonctionnement pour ses events, mais pour le spectacle qu'ils nous offrent, il faut des ressources matériels et humaines, ça a forcement un coût, si tu peux le réduire par un sponsoring/partenariat, pourquoi s'en priver ?

Et je rejoins ROGAAAJJ, la publicité ou ton "lavage de cerveau" est la seule source sûr de revenu, sinon ça ferait longtemps que les chaînes de TV auraient arrêté la pub, que les club de foot appartiendraient aux supporteurs et/ou à la ville.
 

Sur ton raisonnement, que fait ReBull en Formule 1, au foot, au rallye, patin sur glace ?

Et que vient faire Pringles comme sponsor des Gambits ?

Les joueurs sont des consommateurs (on les voit bien pendant les LCS avec leur canette de RB à côté de leur souris.) Redbull a sa place en e-sport comme toutes les sociétés qui souhaitent qui souhaitent investir

Et pareil que vient faire Pringles comme sponsor des Gambits ?
 

DvileDoudou
DvileDoudou - 15/10/2013 16h50

On peux très bien se passer de la pub.... faudrait juste installer des péages sur tout les streams (oui si ya pas de pub sur canal + en crypté c'est grâce à l’abonnement) et faire battre des records aux prix d'entrée des divers événements.....  

Bon ça rendrait l'e-sport complètement inaccessible à son public et ça conduirait vraisemblablement à sa mort mais comme ça on serait sur de garder nos cerveaux purs et sains... (les 15/25 ans n'étant pas les plus enclins à raquer pour des péages).... cool nan ?

De manière plus générale, tant qu'elle annoncé clairement comme telle, la publicité n'est pas du lavage de cerveaux ; rien n'est gratuit en ce bas monde et si on me laisse le choix de payer avec du temps de cerveaux disponible ou du vrai fric en général je choisis vite.

Obikin
Obikin - 15/10/2013 19h26

Je n'aime pas particulièrement intervenir dans les commentaires, mais je voudrais simplement préciser qu'il s'agit d'un article, non d'une publicité, et que je ne suis payé ni par O'Gaming, ni par Red Bull pour le publier.

Je n'ai pas dit le contraire, je dirais même que l'article est de très bonne qualité, je discute simplement le contenu.

Une possibilité pour éviter la pub ? Une taxe des entreprises aux plus gros revenus pour tout ce qui est culturel. Quand on sait les sommes immenses balancées pour produire des déchets publicitaires (parce que la qualité des pubs en général est du genre à raser le sol), si seulement la moitié de ses sommes étaient employées à faire quelque chose de concret...

Mais bon en ce qui me concerne, je milite pour la disparition du système monétaire pour une véritable démocratie où les ressources sont réparties en fonction des besoins/envies des gens. Mais bon, ce n'est pas un forum pour parler de ça, même si techniquement dans le système que je propose, les évènement e-sport seraient très facile à organiser sans avoir à pourrir le crâne de qui que ce soit.

Il est clair en tout cas, que le système actuel est très décevant même si effectivement quelques entreprises font un effort pour employer une mince partie de leurs bénéfices énormes pour faire quelque chose de bien... sachant qu'ils sont les premiers à en bénéficier.

Terrion
Terrion - 15/10/2013 20h46

Je souhaite réagir à cette news et plus particulièrement aux commentaires, je suis Terrion, président de l'association Krazy Users, nous sommes une association organisatrice sur Shootmania, et je peux vous assurer que sans sponsors il n'existe AUCUN modèle économique viable que ce soit pour du tournoi ou même la gestion d'équipes. Prenons un exemple très simple, nous organisons un tournoi hebdomadaire, et nous nous demandons tous les jours comment nous pourrions doter ce tournoi, mettre de nos poches ? Une ou deux fois ok mais ça s'arrête là, les joueurs demanderons de toute façon toujours plus (cf. voir lan GeeX Festival où les joueurs trouvé les cash prizes trop peu élevé). Le streaming ? En France il y a 4 ou 5 chaînes "viable" économiquement et des centaines qui tournes à 30 40 viewers donc concrêtement nous faisons sous-traité notre webTV car ce serait trop de temps perdu. Le financement par les joueurs ? Idem ça se ferais une ou deux fois pas plus, et encore il faudrais avoir un minimum de visu, je rappel quand même que si TOTL à marché c'est parce que C&N était connu et avant eux P&T, qui donnerais 150 000 € à des inconnu ? Ou en tous cas à chaque fois qu'une personne ou une association présenterais un projet interessant ... Ce n'est pas viable sur le long terme.

Prenons maintenant le cas des équipes e-sport, nous avons eu une période où nous avions des équipes (dont une top diamant limite challenger sur lol par exemple) et sans financement ce n'est pas possible de les soutenirs surtout que les joueurs demandent de plus en plus aux différentes structures ( déplacement, frais d'inscription, etc ). Je prend le simple exemple des t-shirts que nous prenons chez Ouikos, c'est 45€ unité donc en gros un investissement de 225€ sur 5 joueurs, autant vous dire qu'avec la stabilité des joueurs actuel ce n'est pas du tous rentable même en terme de publicité. Nous n'avons des fois même pas le temps de monter un dossier marketing viable, et je ne parle pas du temps nécessaire ensuite pour débloquer des fonds de la part d'un sponsor.

Tous ça pour dire que les sponsors sont, en tous cas à l'heure actuel, vitale à l'Esport (quand je parle de sponsors je parle aussi des éditeurs qui participe à la médiatisation de leurs jeu (cf. lol). Et par exemple il est certain que dans l'état actuel de Shootmania, peu seront les sponsors à venir financer des projets. Ce qui est aussi valable pour tout autres jeux à des échelles différente, pour prendre l'exemple de lol les sponsors préférerons financer des structures ayant déjà de la visibilité.

voilà :P, ceci dit très bon article.

ptolemee
ptolemee - 15/10/2013 22h14

Le seul sport qui est viable sans sponsors extérieures est le poker, car les gens amènent eux-même l'agent, et ne se rendent même pas compte que l'organisateur récupère la part du lion.  :D

Obikin
Obikin - 16/10/2013 00h26

Le poker n'est pas un sport mais un jeu d'argent, c'est pas vraiment pareil.

Cela dit, si le fait que l'e-sport ne peut pas se développer sans financements extérieurs est compréhensible et fort dommage. J'espère au moins que vous trouvez affligeant que la contrepartie de ses financements soit des publicités abrutissantes d'entreprises qui pour la plupart vendent de la merde de basse qualité.

En attendant de trouver d'autres solutions plus appréciables à la fois pour les professionnels et pour le public.

ptolemee
ptolemee - 16/10/2013 00h42

Je suis désolé, le poker peut être considéré comme un sport au même titre que les échecs. Sinon alors l'e-sport n'est un sport non plus...

Seinhor9
Seinhor9 - 16/10/2013 07h17

Le poker n'est pas un sport mais un jeu d'argent, c'est pas vraiment pareil.

Cela dit, si le fait que l'e-sport ne peut pas se développer sans financements extérieurs est compréhensible et fort dommage. J'espère au moins que vous trouvez affligeant que la contrepartie de ses financements soit des publicités abrutissantes d'entreprises qui pour la plupart vendent de la merde de basse qualité.

En attendant de trouver d'autres solutions plus appréciables à la fois pour les professionnels et pour le public.

Si tu te fie à la définition classique du mot sport dans le dictionnaire en effet on ne peut pas dire que le Poker est un sport mais il en est de même pour l'eSport dans ce cas mais on peut dire qu'il s'agit de cas très complexe et que la définition de "sport" est peut être à revoir de nos jours ?

Je cite stephane (ancien tennisman professionel et coach d'ElkY) qui je pense expliquera la chose bien mieux que moi et qui pourrait très bien être pris en exemple pour sc2 ou d'autre jeux vidéo ;)

Mais le poker est un véritable sport au niveau psychologique. Il demande une capacité de concentration exceptionnelle, une aptitude à gérer le stress en tout point identique à celle nécessaire dans le sport de haut niveau. Il faut aussi savoir gérer les cycles négatifs, gérer l’enchainement de contre-performances et à l’inverse gérer les gros résultats pour continuer à travailler, à se remettre en question pour poursuivre sa progression, exactement comme dans le sport.

Obikin
Obikin - 16/10/2013 11h46

Le poker reste avant tout un jeu d'argent, et pour les jeux d'argents la structure est toute trouvée, ça s'apelle un casino. Et les casino n'ont aucun soucis à organiser des évènements puisqu'ils sont les premiers à se servir. Là est toute la différence avec le sport électronique.

Après si vous voulez argumenter sur la définition du mot sport, je ne suis pas sûr qu'on arrive à un compromis en moins d'une centaine de pages sur un forum de linguistes et là n'est pas la question.

Ellyrae
Ellyrae - 16/10/2013 12h19
Je suis désolé, le poker peut être considéré comme un sport au même titre que les échecs. Sinon alors l'e-sport n'est un sport non plus...

Mais tu as raison "l'esport" n'est pas un sport. C'est une excellente, et je pèse mes mots c'est vraiment très bon, idée marketing et les quatre types ayant trouvé le nom "esport" dans un bar autour de trois bières ont eu du nez, clairement.

Le sport ne se définit clairement pas par l'aptitude à gagner de l'argent avec un hobby, une occupation ou encore un jeu. Il ne se définit pas non plus par le fait de devoir se concentrer. D'ailleurs je reprends l'argumentaire du "coach de poker" :

Mais le poker est un véritable sport au niveau psychologique. Il demande une capacité de concentration exceptionnelle, une aptitude à gérer le stress en tout point identique à celle nécessaire dans le sport de haut niveau. Il faut aussi savoir gérer les cycles négatifs, gérer l’enchainement de contre-performances et à l’inverse gérer les gros résultats pour continuer à travailler, à se remettre en question pour poursuivre sa progression, exactement comme dans le sport.

Zut alors, le métiers de trader est un sport, être patron c'est un sport, être artisan c'est un sport, être médecin c'est un sport et pire, mon métier d'ingénieur est un sport ... et en prime je dois gérer des gens aussi parfois ... j'suis un sportif et un coach sportif ! Fichtre !

Les gens confondent travail et sport, l'esport est tout sauf sportif. On va me rétorquer, regarde les "gaming house", les gens s'y rassemble dans un objectif commun pour faire progresser quelque personnes dans leur domaines. Il y a des cuisiniers, des femmes de ménages parfois, des managers ... En effet, sauf que ça existe simplement ailleurs et ça se nomme bêtement un entreprise. Pour ceux qui ne sont pas dans la vie active ou n'ayant pas quitté le monde du jeu vidéo, ça peut paraître incongru mais c'est la réalité. Je le répète ce nom banalisé de "sport électronique" n'a rien à voir avec le sport. Ou alors je vais nommer mon travail un "jsport" pour "job sport" ?

Prenons le cas des jeux olympiques (ou "olympic games") on remarquera déjà qu'on parle de "jeu" et pas de "sport" et ce n'est pas parce qu'une discipline est aux JO qu'elle en devient un sport. Désolé mais le curling c'est du foutage de tronche, c'est marrant deux minutes mais ce n'est pas un sport. C'est un hobby, une occupation voire même un métier ... mais un sport ... je m'autoriserai l'acronyme "LOL" !

Donc non nos "pro-gammers" préférés ne sont pas des sportifs, ce sont des bosseurs qui profitent d'une niche d'emplois qui peut évoluer au cours du temps et qui n'a rien de honteux mais ça n'en fait en rien des sportifs. Jouer à un jeu vidéo ne fera en rien de nous des sportifs, faut arrêter de se voiler la face, c'est marrant c'est drôle, à un certain niveau ça devient même compétitif et certains peuvent gagner une partie ou la totalité de leur vie avec. C'est tout à fait honorable.

Donc oui c'est une idée marketing de génie, oui ça permet d'attirer de l'argent dans une niche qui en a sûrement besoin et non ça n'a rien à voir avec du sport.

J'ajouterai pessimistement qu'hélas ces gains (pas forcément directement par les joueurs mais bien les structures ou les développeurs de jeux) se font pour une part au travers d'un public qui n'a pas l'âge de comprendre ce qu'il en est réellement et se mettent à vivre par procuration aux travers de leurs joueurs préférés. Les compétitions deviennent des catharsis pour personnes en mal être de vivre et c'est triste. Mais ce dernier paragraphe n'est qu'une interprétation personnelle de ce que j'ai pu rencontrer au cours de deux ou trois dernières années. Le joueur américain de SC2 "Idra" l'avait bien exprimé, hélas pour lui trop clairement, mais il était payé à vous vendre du rêve et à vous prendre pour des imbéciles. Le pire c'est que ceux qui le suivaient aimaient ça ...

DvileDoudou
DvileDoudou - 16/10/2013 13h02

"J'ajouterai pessimistement qu'hélas ces gains (pas forcément directement par les joueurs mais bien les structures ou les développeurs de jeux) se font pour une part au travers d'un public qui n'a pas l'âge de comprendre ce qu'il en est réellement et se mettent à vivre par procuration aux travers de leurs joueurs préférés. Les compétitions deviennent des catharsis pour personnes en mal être de vivre et c'est triste."

S'il te plait sois plus condescendant encore, vraiment je suis sur que tu peux afficher encore plus de mépris envers le public e-sport... dont tu a l'air de faire partis ce qui soulève une contradiction des plus perturbante...

D'autre part je souligne ton sens aiguë de la psychologie, très loin des clichés qu'on pourrait entendre sur NRJ 12, tu livres une analyse mesurée et réaliste de la condition du gamer moyen ("vivre par procuration aux travers de leurs joueurs préférés", c'est du Nietzsche)

Par ailleurs je salue ton discernement et ta lucidité vis-à-vis du public e-sport qui est constitué majoritairement, comme chacun sait, de 11-15 ans en échec scolaire et qui n'a aucun recul ni jugeote (et les études qui annonce un public majoritaire de 18-25 en étude supérieur et bien intégré socialement sont mensongères ! Alors pas de débats là dessus)

Enfin j'adhère à 100% à ta position sur le soutien des équipes e-sportive c'est de la "catharsis pour personnes en mal être de vivre" (bien tournée la phrase), rien à voir avec une passion récréative. J'ajouterai même qu'on devrait étendre ce principe à d'autre domaines, après tout le sport en général est une "catharsis"... et le cinémas aussi, et la politique, et l'art... pas vrai ?

Ellyrae
Ellyrae - 16/10/2013 15h31
Tiens c'est marrant tu ne prends que l'unique paragraphe où je me permets un disgression personnelle et absolument pas le fond de mon commentaire. Mais peu importe, ton commentaire eut été correct si je n'avais pas fait fait attention à mettre, parce que j'évite en toute occasion de faire des généralités :
 

J'ajouterai pessimistement qu'hélas ces gains (pas forcément directement par les joueurs mais bien les structures ou les développeurs de jeux) se font pour une part au travers d'un public [...]


Maintenant c'est ton droit le plus strict de te sentir agressé par mes paroles qui ne contredisent en rien les études que tu as mentionnées.

Au plaisir de te lire sur le fond de l'article. Il ne me semble pas très intéressant de débattre des idées préconçues que tu te fait de moi.

J'ajouterai enfin que tu as parfaitement raison : l'art est une catharsis(là-dessus peu de monde peu contredire j'imagine) et le sport en général pour les "fans" de très haute dose aussi.
DvileDoudou
DvileDoudou - 16/10/2013 16h13

"ces gains[...] se font pour une part au travers d'un public qui n'a pas l'âge de comprendre" - sujet : "gains" - complément : "public"

Je me permet de reformuler : une part des gains se fait au travers d'un public débile.

Donc oui, c'était peut être pas ton intention mais tu fais bel et bien des généralités, donc avant de poster de purs extraits de psychologie de comptoir veille à bien t'exprimer stp.

"Au plaisir de te lire sur le fond de l'article. Il ne me semble pas très intéressant de débattre des idées préconçues que tu te fait de moi"

-> ton 1er post fais pas plus références à redbull que le mien (ou sinon on peut parler curling si tu veux)

-> je ne m'en prend pas à ta personne mais au fond de tes propos, je sais la nuance surprend quand sa figure de style favorite c'est le poncif (et là je m'en prend à la forme desdits propos)

Marjack
Marjack - 16/10/2013 18h45

Il y a deux mots clefs pour définir le sport : amusement et compétition. Pour la langue française et moi, l'e-sport en est bien un. Libre à chacun de limiter sa définition du sport aux sports physiques.

Ce n'est certes pas un sport "reconnu" officiellement en France.

Ellyrae si ton travail t'apporte amusement et donne lieu à des compétitions, appelle donc ça du j-sport, ça sera parfaitement adapté ! ;)

ptolemee
ptolemee - 16/10/2013 19h49

Je suis désolé, mais il y a un grande différence entre un boulot d'ingénieur et un joueur professionnel de jeu vidéo, un joueur professionnel d'échec, etc. La différence est qu'il faut un entraînement et une concentration surréaliste, poussant les possibilités de l'être humain au maximum, afin d'être [b]le meilleur[/b], et non pas bon, mais parmi les meilleurs au niveau international, et c'est sans aucune commune mesure avec un niveau national.

J'ai moi-même fait du piano à un très haut niveau, me confrontant contre les meilleurs pianistes internationaux (souvent coréen aussi...) dans des compétitions où seuls les meilleurs ont le droit de participer. C'est aussi semblable à du sport, et pourrait être considéré comme tel. Il faut 15-20 ans d'entraînement intensif, un coaching permanent, une compréhension et une concentration extrême ainsi que subir les blessures physiques (et morales) que cela engendre, et espérer finir dans les meilleurs au monde si on veut réellement percer (ce qui au final n'a pas été mon cas, j'ai un niveau comparable à un challenger league WCS mais pas gagnant code S).

Un ingénieur ne doit pas assumer des tendinites à répétition, fait seulement quelques années d'études semblables à tout le monde, trouvera un travail dans le privé régulier et correctement payé sans devoir montrer qu'il est parmi le top x au monde pour espérer faire quelque chose. Ce n'est certes pas un boulot facile, mais ça ne demande pas la consécration de toute une vie pour attendre les possibilités maximales. Un sport de haut niveau est clairement une activité qui va demander de se rapprocher le plus possible de la perfection pour être le meilleur.

kungfupanda
kungfupanda - 16/10/2013 22h29

Je suis désolé, mais il y a un grande différence entre un boulot d'ingénieur et un joueur professionnel de jeu vidéo, un joueur professionnel d'échec, etc. La différence est qu'il faut un entraînement et une concentration surréaliste, poussant les possibilités de l'être humain au maximum, afin d'être le meilleur, et non pas bon, mais parmi les meilleurs au niveau international, et c'est sans aucune commune mesure avec un niveau national.

J'ai moi-même fait du piano à un très haut niveau, me confrontant contre les meilleurs pianistes internationaux (souvent coréen aussi...) dans des compétitions où seuls les meilleurs ont le droit de participer. C'est aussi semblable à du sport, et pourrait être considéré comme tel. Il faut 15-20 ans d'entraînement intensif, un coaching permanent, une compréhension et une concentration extrême ainsi que subir les blessures physiques (et morales) que cela engendre, et espérer finir dans les meilleurs au monde si on veut réellement percer (ce qui au final n'a pas été mon cas, j'ai un niveau comparable à un challenger league WCS mais pas gagnant code S).

Un ingénieur ne doit pas assumer des tendinites à répétition, fait seulement quelques années d'études semblables à tout le monde, trouvera un travail dans le privé régulier et correctement payé sans devoir montrer qu'il est parmi le top x au monde pour espérer faire quelque chose. Ce n'est certes pas un boulot facile, mais ça ne demande pas la consécration de toute une vie pour attendre les possibilités maximales. Un sport de haut niveau est clairement une activité qui va demander de se rapprocher le plus possible de la perfection pour être le meilleur.

Je tique un peu sur ça même si on s'est éloigné du sujet de l'article au demeurant très bon sur bien des points.

Il est un peu hallucinant, et pas mal "français", de croire que seuls les activités sportives et/ou artistiques demandent un investissement hors du commun. Comme si on ne pouvait pas s'investir des années à un degré aussi important dans quelque chose qui n'apparaîtrait pas "fun". Comme si il était difficile d'être un artiste ou un sportif mais facile d'être avocat ou médecin.

Je ne suis pas ingénieur et je ne me reprendrai donc pas l'exemple faute de connaissances sur le sujet (mais bon lire que faire X est finalement à la portée de tout le monde risque de faire plaisir à ceux qui ont buché en prépa pour y arriver^^). Comme la saison des nobels vient de se clore, mon exemple est tout trouvé : les universitaires et autres chercheurs investissent un temps et une énergie considérable, d'abord pour leurs études "classiques", puis pour leur doctorat en particulier. Le parcours qui suit pour gravir les échellons de l'université demande toujours autant d'investissements. Certes les blessures physiques sont rares (quoique certaines dicsiplines ont réclamé un prix cher à payer), mais les blessures morales sont légions dans des petits mondes ultra compétitif où les égos sont surdimensionnés. Oui il n'y faut pas 15-20 ans pour y exceller, mais plutôt le double ! La compétition est pérpetuelle pour obtenir les bourses, prix, concours, postes etc.

Je passe sur les détails mais l'exemple me semble parlant. Si l'on reprend le point qui t'importe : il y faut bien la consécration de toute une vie pour atteinte ses possibilités maximales. Va-t-on parler de sport ? le U-sport ? ou d'art peut être puisqu'il semble que l'on puisse les mélanger en usant de ce critère ?

Je ne pense pas que le critère de la performance (puisque tu l'utilises) soit utile ici. Je jouais au foot plus jeune. Je faisais du sport, personne ne l'a jamais discuté. Pourtant j'étais un 3ème division de district ! Autant dire l'équivalent du Bronze à Sc2. Si Sc2 est du sport, alors tous les pratiquants de sc2 sont des sportifs. Idem pour le piano.

ptolemee
ptolemee - 16/10/2013 22h48

J'aime bien l'exemple que tu prends. Je connais bien le parcours pour gravir les échelons de l'université puisque je suis en train de le faire... (actuellement 2e année de postdoc à l'étranger).

Mais franchement c'est différent. C'est vrai qu'il faut aussi être parmi les meilleurs et que ça prend des dizaines d'années avant d'avoir un poste définitif, et que c'est particulièrement gai de passer des années à l'étranger loin de sa femme et de ses gosses. Mais il n'y a pas de notion de "performance live". C'est de la réflexion sur du très long terme, par une épreuve de concentration maximale en publique sur une courte période en pleine compétition.

La grosse différence est la suivante : beaucoup de personnes ayant un diplôme universitaire ne vont pas poursuivre par un doctorat, mais elles pourront trouver de belles places par exemple dans le privé. Puis la majorité des doctorants vont abandonner, idem ils trouveront beaucoup d'opportunités à côté. Après le doctorat, la majorité encore va arrêter la carrière académique, et idem, ils auront un peu plus dur à se vendre auprès des recruteurs qui préfèrent les petits jeunes, mais ils trouveront. Et il est vrai qu'à la fin seuls les meilleurs chercheurs obtiendront la place rêvée, mais les autres auront été soutenus pendant des années et auront eu des bifurcations possibles. Mais en sport de haut niveau, en musique de haut niveau, etc. c'est du tout ou rien. Tu es le meilleur, ou tu n'es rien. Pas de place pour les presque meilleurs.

Donc franchement ton exemple est mal choisi, simplement parce que j'ai fait les deux. Et pourquoi j'ai fait les deux, car je savais que si je me cassais la gueule en piano, au moins les sciences pouvaient m'offrir beaucoup plus d'opportunités. Et franchement, faire un doctorat est tout de même plus facile (au moins dans le sens plus sécurisant) que faire des compétitions internationales. Tu t'investis beaucoup pour un résultat à la fin qui est plus ou moins garanti, tandis qu'en compétition internationale tu t'investis tout autant pour avoir plus de chance de rater que de réussir...

Donc je ne dis pas que l'université, c'est facile. C'est clair que c'est une épreuve pour tout le monde. Mais en comparaison des compétitions internationales, l'université et même le doctorat, ça parait facile. Mais il faut avoir vécu les deux pour s'en rendre bien compte.

ptolemee
ptolemee - 16/10/2013 23h24

Pour recentrer un peu sur le sujet e-sport, je dirais qu'en fait on peut considérer deux définitions de "sport" :

- Soit c'est une activité de loisir permettant d'améliorer sa condition physique (et il faut ajouter de loisir sinon tout travail manuel est alors aussi du sport), et donc l'e-sport ne peut pas être considéré comme un sport, ni les échec, ni l'art, etc. mais on peut même alors se demander si le sport de haut niveau est bien un sport, vu que les athlètes de haut niveau se font plus de mal que de bien.

- Soit c'est une activité demandant certaines qualités physiques (l'endurance, la coordination, etc. étant des qualités physiques) orientée principalement vers la compétition, et donc les échecs et l'e-sport en font clairement partie, et même le poker vu que les efforts tant physiques que mentaux sont nécessaires lors de grosses compétitions.

kungfupanda
kungfupanda - 16/10/2013 23h39

Ok pour la performace live...Cela étant mon point était moins de montrer que l'on pouvait trouver autant de similitudes entre ces activités que d'émettre sérieusement l'idée saugrenue que cela puisse être un sport.

Tu nous dis que la distinction entre sport et autres activités : c'est  le "tout ou rien" que t'apportes la discipline (en termes rémunérateurs si je comprends bien). Si tu es un sportif moyen tu n'en vivras pas en gros alors qu'un chercheur moyen en vivra lui. Mais l'assertion est biaisée par le contexte. Oui un très bon nageur n'en vivra pas, il lui faut être excellent, c'est à dire faire partie d'un cercle très restreint. Mais c'est déjà beaucoup moins vrai pour le football. certes un très bon footballeur sera loin des émoluments de Zlatan. Mais pas besoin d'être aussi bon pour être en L1. Etre footballeur en ligue 2 ne relève pas de l'exceptionnel au sens ou tu l'entends, pourtant on peut très bien en vivre (salaires entre 2 000 et 20 000 euros par mois) sans pour autant faire partie d'un cercle d'élites. Dans ce cas, il y a donc bien de la place pour les presque meilleurs même s'ils ne sont pas aussi bien que les meilleurs. Mais tu l'as dis, cette différence ne compte pas vraiment.

De même, je suis conent que ton doctorat te semble sécurisant. Il ne l'est pas (du tout) dans bien d'autres disciplines. Il n'est d'ailleurs pas aussi facile à obtenir selon la discipline et les carrières ne sont pas aussi faciles à mener. Dans certaines, il est "sportif" d'être qualifié, dans d'autres...

Au final je ne suis pas bien convaincu que ce critère de sentiment sécurisant au regard de l'investissement soit si utile. J'en reviens à ce que je disais avant : le foot est un sport. Il le demeure que tu le pratiques en amateur ou en professionnel. De même pour le rugby, la natation etc. Si on te suit, le piano est sport (sic) à partir du moment où l'on fait des compétitions de très haut niveau, le sport électronique l'est également mais juste à partir des Wcs challenger. Avant ce n'est que de la musique et un jeux video.

C'est ça qui me pose problème : que la qualification d'une activité soit changeante selon le niveau du pratiquant et ce en fonction d'un pallié (qui ne peut être que subjectif).

Enfin juste une dernière remarque : l'argument d'autorité est la plupart du temps inefficace et dessert son utilisateur. C'est encore pire sur internet où la qualité que tu revendiques est sujette à caution.

Merci de ne pas revenir à la charge avec des arguments tenant uniquement de ton expérience personnelle. cela t'évitera d'écrire des phrases dépourvues d'intérêt.
 

Pour recentrer un peu sur le sujet e-sport, je dirais qu'en fait on peut considérer deux définitions de "sport" :

- Soit c'est une activité de loisir permettant d'améliorer sa condition physique (et il faut ajouter de loisir sinon tout travail manuel est alors aussi du sport), et donc l'e-sport ne peut pas être considéré comme un sport, ni les échec, ni l'art, etc. mais on peut même alors se demander si le sport de haut niveau est bien un sport, vu que les athlètes de haut niveau se font plus de mal que de bien.

- Soit c'est une activité demandant certaines qualités physiques (l'endurance, la coordination, etc. étant des qualités physiques) orientée principalement vers la compétition, et donc les échecs et l'e-sport en font clairement partie, et même le poker vu que les efforts tant physiques que mentaux sont nécessaires lors de grosses compétitions.

Et finalement on retombe sur le problème classique de l'importance de la dimension physique. On s'en sort déjà pas avec le curling et le canasson alors l'esport...

Obikin
Obikin - 17/10/2013 00h50

Quand je disais que ça prendrais au moins 100 pages à des linguistes, je déconnais pas. Il n'y a aucune définition claire et précise de ce qu'est le sport. En voici une parmi d'autres :

"Le sport est une activité qui requiert un effort physique et/ou mental et qui est encadré par un certain nombre de règles et coutumes. Le sport se joue en équipe ou individuellement. La plupart du temps l’activité sportive se déroule dans un cadre compétitif. Plusieurs valeurs sont requises pour pratiquer un sport tel qu’entre autres la compétitivité, le fair play, l’organisation, la réflexion, la fraternité et le respect de l’autre."

Selon cette définition, ça englobe à peut près toute activité qu'on peut avoir donc bon c'est pas la peine d'argumenter 107 ans en cherchant des exemples bourrés de sarcasmes ou de "moi je". Je vous rapelle que le sujet de cet article est le sponsoring dans l'e-sport. Et si le mot e-sport ne vous satisfait pas, on sait au moins à quoi il se réfère.

oeol
oeol - 19/10/2013 13h37

Bonjour,

Je vois beaucoup d'entre vous tergiverser à propos de la véritable définition d'un sport et donc de la nature de l'e-sport,

Selon Wikipédia:

"Le sport est un ensemble d'exercices, le plus souvent des exercices physiques, se pratiquant sous forme de jeux individuels ou collectifs pouvant donner lieu à des compétitions."

A partir de là il me semble être une évidence que l'e-sport est bien un sport à par entière.

cordialement.

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