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25 août 2015 - Mandark Divers

Metal Gear Solid V : The Phantom Pain : baroud de bonheur

Metal Gear Solid V : The Phantom Pain : baroud de bonheur

Allez, après bien des semaines d'attente teintées de drama, il est enfin là, ou presque. En effet, plus qu'une petite semaine pile-poil avant le retour de la légende, j'ai nommé Big Boss, alias Venom "Punished" Snake, dans un magnum opus qui clôt l'arc narratif du père de tous les soldats de fortune, et fait dans la foulée la jonction avec le premier Metal Gear Solid. La boucle est bouclée (ça pulse !) et le soap opera guerrier de ce créateur décidément hors-norme qu'est Hideo Kojima touche à sa fin. Certes, mais quelle fin !

If you have to go, go with a bang!

Bon, je ne vais pas couper les cheveux en quatre : Metal Gear Solid vé est juste une incroyable tuerie, pur GOTY material my friends ! La somme de tout ce que Hideo Kojima a de mieux à offrir aux joueurs et un jeu d'une impressionnante maîtrise, que ce soit sur le plan de la réalisation, du gameplay, du rythme ou de la narration. Une œuvre-somme donc qui, comme toujours avec ce roublard d'Hideo, recèle bien plus de profondeur que ce qu'il n'y paraît de prime abord et, surtout, empêche toute tentative de rupture avec son pad une fois la galette lancée.

Car il faut savoir principalement qu'outre être un immense jeu Hideo, The Phantom Pain est surtout un incroyable jeu vidéo, un vrai de vrai totalement dédié au plaisir de jouer, une sorte de chant du cygne doublé d'une véritable déclaration d'amour aux joueurs.

Non, il ne s'agit nullement de flagornerie (pour preuve et si ça peut compter, nous n'avons reçu aucune copie du jeu et avons effectué ce test dans les locaux de l'éditeur, donc pas de Doritos sur ce coup là, bien qu'ils te rincent avec – entre autres –  d'excellents bagels chez Konami), mais bien d'un constat qui s'impose de lui-même après quelques minutes de jeu.

Et le plus fort dans c't'histoire, c'est que vous soyez ou non un aficionado de la saga, The Phantom Pain ne laisse personne sur le carreau et réussit à impliquer de la même façon les uns et les autres : les fans ne pourront donc que se régaler et les novices pourront prendre le train en douceur, sans risque de se retrouver largués face à une storyline que l'on qualifiera aimablement d' "alambiquée".

Enfin, quand je dis en douceur...


Hue cocotte, l'aventure n'attend pas !

Car, et c'est aussi une des raisons pour lesquelles The Phantom Pain saura parler au plus grand nombre, action et tension sont omniprésentes, et ce dès le prologue, juste hallucinant, du genre qui (désolé de me répéter) sera étudié à coup sûr dans tous les bons cursus liés à la conception d'un jeu vidéo. Un choc assez similaire à celui provoqué par les premiers instants de The Last of Us pour tout dire, mais dans un autre registre et sur près d'une heure.

The Phantom Pain sera, quoi qu'il arrive, le dernier Metal Gear Solid signé de la main de son illustre créateur, ce qui n'est peut-être pas forcément une mauvaise chose car à trop tirer sur la corde on risque de la casser, et Kojima lui-même ne cachait d'ailleurs pas son envie de passer à autre chose depuis l'épisode Guns of the Patriots, tout en ayant cependant du mal à laisser à d'autres la supervision de la mythologie moderne qu'il peaufine et cisèle depuis maintenant presque 30 ans. Dommage tout de même, maintenant que la technologie a enfin atteint un niveau lui permettant de donner la pleine mesure de sa démesure...

Aussi The Phantom Pain est-il à la fois le Metal Gear Solid le plus ambitieux de tous, tout en affichant une humilité qui laisse admiratif. En effet, c'est un véritable feu d'artifice avec un rare sens de l'entertainment qui attend les joueuses et joueurs du monde entier dans quelques jours, mais loin d'être une opération-melon toute entière tournée vers l'auto-promo de son créateur, c'est au contraire la démonstration de tout un savoir-faire accumulé depuis bientôt trois décades, généreusement offert en cadeau à ses fans, et aussi aux autres.

Si vis pacem, para bellum

Car qu'est-ce que Metal Gear ? Un soap opera guerrier, certes, mais un qui nous parle de paix et du prix à payer par certains pour que le monde ne sombre pas dans le chaos où veulent l'entraîner d'autres, mal intentionnés car avides de pouvoir et de domination. Et bien que ce soit les armes à la main que se fera la lutte, tuer n'est jamais l'option la plus gratifiante et c'est bien autour de ce concept que la série s'est forgée une solide réputation. Tactical Espionage Action (Tactical Espionage Operations depuis Ground Zeroes) : tout est dit ! Le vrai fun dans la saga Metal Gear Solid (à l'exception du survolté spin-off Rising Revengeance) c'est de progresser sans se faire repérer, et s'il faut neutraliser un ou des importuns, mieux vaut les endormir ou les assommer que de les envoyer ad patres. D'abord parce que c'est en faisant le moins de victimes (ce qui est aussi parfois recommandé pour les boss, cf Metal Gear Solid 3) qu'on obtient le meilleur classement mais surtout, cette "carotte" mise à part, parce que bien que virtuels, les soldats rencontrés dans chaque épisode ne sont que cela : des soldats, des types comme vous, qui défendent d'autres intérêts et d'autres idéologies. Pas des monstres ou des psychopathes qu'il faut éliminer au nom d'une quelconque et confortable idéologie du bien.

Bien entendu rien n'empêche de se la jouer bourrin (et il y a à chaque fois un bel arsenal à disposition pour ventiler velu), mais le vrai kif c'est de passer comme un fantôme, et si parfois ça foire et qu'on est obligé d'en arriver à des mesures plus extrêmes, ça risque d'être au prix d'avoir toute une garnison aux trousses et de finir rapidement truffé de plomb !

Et un effet spécial de cinéphile, un ! Plus on mange, plus la pelloche crame ! 

Tout le gameplay de la saga tournant autour de cette idée de furtivité, le level design de chaque opus a logiquement favorisé les opportunités pour se la jouer discret, mais également celles qui permettent d'essayer de s'en sortir au mieux si ça foire et que l'on se retrouve face à plus forte partie que soi, avec toutefois un inconvénient : comme les précédents volets se déroulaient dans une suite de niveaux fermés attenants les uns aux autres, il suffisait de changer de zone pour que les ennemis oublient soudain jusqu'à votre existence une fois la limite entre deux niveaux franchie.

Mais ça, c'était avant.

Une limitation forcément due aux capacités techniques des bécanes de l'époque, forcément moins puissantes, qui empêchait également parfois l'intelligence artificielle – pourtant en avance sur beaucoup d'autres – d'être vraiment crédible (les soldats vous oubliaient aussi complètement une fois une phase d'alerte terminée, reprenant leurs rondes comme si de rien n'était).

Aujourd'hui la puissance des consoles et pécés a quand même sensiblement augmenté et Kojima en profite donc pour changer la donne, et le résultat est juste bluffant !

Open range

À celles et ceux qui s'imagineraient qu'en faisant de The Phantom Pain un jeu open world Kojima et son équipe cédaient à un effet de mode, sachez qu'il n'en est rien et qu'il faut en fait voir le jeu comme un immense niveau doublé d'un immense bac à sable (dans tous les sens du terme puisqu'une large part de l'histoire prend place dans le désert afghan), permettant enfin à son concepteur de vraiment laisser libre cours à son génie du gameplay (non, le mot n'est pas trop fort). Du coup on ne peut être qu'impressionnés par la gestion de l'IA dans The Phantom Pain, qui ne vous oublie plus "comme ça" en cas de contact. Maintenant les troufions déclenchent l'alerte, se déplacent – parfois très très loin – pour essayer de vous retrouver, restent sur le qui-vive une fois l'alerte levée et ne reprennent leurs activités normales qu'après avoir sérieusement quadrillé la zone et être certains que vous n'êtes plus dans les parages. Mieux encore, ils n'hésitent pas à appeler des renforts venus d'autres avant-postes des environs, avant-postes qui seront après coup eux aussi sur leurs gardes, et ce même si vous avez terminé votre mission... A moins bien entendu d'avoir réussi à neutraliser leurs moyens de communication.

Plus fort encore, avoir toute une garnison à ses basques peut créer de nombreuses opportunités tactiques, comme en profiter pour contourner un groupe de recherche (gaffe quand même, l'IA est plutôt pointue et peut vous repérer de loin) et foncer sur l'objectif de mission pendant que les bidasses ont quitté leurs positions afin de vous débusquer. Juste savoureux !

Du coup, l'infiltration de la moindre place forte ou du moindre avant-poste se fait sur la pointe des pieds et jamais sans avoir au préalable effectué une longue et bonne reconnaissance des lieux, et ce n'est rien de dire que ce travail préparatoire rend The Phantom Pain immersif au possible car, enfin, il s'agit d'utiliser ses jumelles constamment et de faire un vrai travail de reconnaissance (dans les précédents Metal Gear Solid, leur utilisation se révélait plus anecdotique, voire inutile, taille restreinte des niveaux oblige).

Profitons-en, maintenant qu'ils nous cherchent là où nous ne sommes plus !

Un petit coup d’œil dans les binocles et hop, voilà les hommes et le matériel présents sur place identifiés et localisés en permanence ! Trop facile, me diront les mauvaises langues ? Ouh que non, car même si l'on a bien préparé son coup, on n'est jamais totalement sûr qu'un ou plusieurs bidasses n'étaient pas en train de roupiller quelque part pendant la reco, ou partis faire une ronde sur la route. Ces mêmes bidasses que l'on n'aura pas "marqués" et sur lesquels on peut tomber nez à nez au moment où on s'y attend le moins, et qui peuvent en une seconde faire capoter un plan bien préparé !

S'il n'y en a qu'un ça peut encore passer, vu que quand un ennemi vous remarque, se déclenche un slow-mo (assez similaire au Dead Eye de Red Dead Redemption, un titre qui a visiblement marqué Kojima-san tant The Phantom Pain y fait souvent référence) qui vous laisse assez de temps pour endormir/assommer/liquider le trublion. Mais s'ils sont plusieurs, ou que vous utilisez à ce moment là une arme non équipée d'un silencieux...

Anecdote amusante pour le plaisir, il m'est arrivé une fois lors de ce type de situation d'oublier que j'étais équipé d'un bazooka, et non pas de mon flingue à fléchettes anesthésiantes... Pour la discrétion j'ai dû repasser, et le pauvre type en face n'était pas vraiment beau à voir après coup.

Home of the brave

Conséquence jouissive de cette immersion par le gameplay, on se surprend de plus en plus à s'améliorer, à se sentir réellement à l'aise dans le treillis (j'en avais presque des réminiscences olfactives de la base militaire où j'ai effectué mon service, c'est dire !) et à apprécier le danger, sentiment de puissance qui va de paire avec le développement de son petit chez-soi, ce "Sam Suffit" qu'on appelle aussi la Mother Base.

Introduite dans l'épisode Peace Walker, la Mother Base est une utopie pour tous les soldats sans causes à défendre et sans conflits à mener, un havre de paix pour les mercenaires qui ont décidé d'embrasser la cause de Big Boss : se battre pour qu'un jour la guerre n'existe plus, même si cela implique de vendre son âme au diable et de devenir obsolètes dans un éventuel monde pacifié (il est question de vengeance, aussi, mais tu découvriras ça par toi-même).

Concrètement, la Mother Base est un espace de gestion où seront développées toutes les infrastructures relatives à la conception et à la réalisation de tout ce qui endort, perce, explose, perfore, disperse... Et aussi à tout ce qui a trait à la logistique du champ de bataille, c'est-à-dire améliorations diverses et variées de l'équipement de base : cartons – what else ? - hélicos et j'en passe, sans oublier le Fulton, système volontairement loufoque au possible (faut-il rappeler ici que Kojima n'oublie jamais qu'il fait du jeu vidéo avant tout ?) qui permet de rapatrier à peu près tout ce qu'il y a sur le terrain, des hommes aux animaux en passant par l'artillerie lourde, les containers et même les véhicules !

La Mother Base, notre mère à tous !

Mais plus on ramène de monde sur la base plus celle-ci devient étroite, aussi il est impératif de bien explorer le champ de bataille pour mettre la main sur suffisamment de ressources qui, in fine, serviront à agrandir la Mother Base et pousser plus loin encore les opportunités de développement pour dominer sur le théâtre des opérations (à condition toutefois de partir correctement équipé, car à la différence des volets précédents on ne peut cette fois embarquer que trois armes – deux principales et une de soutien, bien qu'il soit possible à partir d'un certain stade de se faire livrer du matériel alternatif directement sur le terrain).

Live together, die alone!

Cerise sur le cake, agrandir et fortifier sa base comptera aussi pour se défendre contre d'autres joueurs (ou eux se défendre contre vous) lors d'assauts online, ce qui devrait être plutôt fun.

Et puisqu'on cause d'online, je ne peux m'empêcher de trépigner d'impatience depuis l'annonce officielle de la mise en service de Metal Gear Online le 6 octobre prochain (j'étais un gros joueur de MGO à l'époque de Metal Gear Solid 4 et avec quelques amis nous pleurons toujours la fermeture des serveurs il y a trois ans). Voilà, c'est dit !

Ce que l'histoire retiendra...

Il y aurait bien sûr encore tant à dire sur ce jeu "fractal" (plus tu avances, plus on t'en donne), mais à plus de trois pages de traitement de texte, je ne suis pas certain que tu sois encore là, amie lectrice, ami lecteur, donc je vais essayer de terminer vite et bien :

Ludiquement parlant, Metal Gear Solid V : The Phantom Pain représente la quintessence de l'évangile du JV selon saint Hideo. Incroyablement beau, complètement addictif et d'une générosité pas possible, il se paye en plus le luxe d'être une vraie leçon de mise en scène vidéoludique et pas que sur le plan du level-design, car l'aventure est ici constamment rythmée par tout un tas de petits riens qui boostent le sentiment d'effectivement incarner une légende, LA légende (le simple fait de grimper dans un hélico ou d'enfourcher sa monture fait grimper en flèche le taux de badasserie, et rarement courir dans un jeu n'aura provoqué un tel sentiment d'urgence) !

You coming, dawg ?

On ne pourra, pour chipoter un peu, que reprocher quelques textures un brin grossières par-ci par-là (mais fondamentalement rien qui n'entrave cette impression constante de photoréalisme, surtout avec une profondeur de champ pareille) et certains seront sans doute surpris de ne pas avoir droit au contingent de longues cinématiques habituellement propres à la série, mais en même temps un titre open world qui ne demande qu'à ce qu'on l'explore de fond en comble serait-il aussi attirant si un court-métrage devait se déclencher à intervalles réguliers ? Non, ici c'est bien le gameplay qui fait l'histoire (et peut être bien l'Histoire, également).

Bref, The Phantom Pain n'est rien de moins qu'une pure pépite, so go and play soldier. That's an order and you'll like it!

 

PS : comme on ne fait pas les choses à moitié chez O'Gaming, vous pourrez assister demain soir, le 26 août donc, à une spéciale Metal Gear Solid V : The Phantom Pain présentée par l'inoxydable FoxHound et la charmante Carole Quintaine, avec en guise d'invités du "beau linge" ou je ne m'y connais pas (qui a dit Joueur du grenier ?) ! Rendez-vous donc demain soir, de 18h à 23h, sur la chaîne multigaming d'O'Gaming !

PS2 : et dans le jeu il y a un Metal Gear avec une belle bite !

Shut up and take my Drebin points ! 910Points positifs
  • Beau
  • Long
  • Majestueux
  • Profond
  • Addictif
  • Tout pour le joueur !
  • Et surtout, tellement fun !
Points négatifs
  • quelques textures un poil légères de ci de là

Les superlatifs me manquent pour décrire le plaisir et l'addiction que provoquent les sessions de jeu de Metal Gear Solid V: The Phantom Pain ! Un chant du cygne, certes, mais avant tout une œuvre-somme et une profonde déclaration d'amour aux joueurs qui ont consacré Hideo Kojima à la place qui est aujourd'hui la sienne, celle d'un immense faiseur de jeux. Et c'est tout à l'honneur du bonhomme de ne jamais avoir oublié d'où vient son succès, et de le rendre au centuple à celles et ceux qui ont fait de lui un acteur incontournable du jeu vidéo moderne.

Chapeau bas, donc.

 

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2 commentaires

arnahud
arnahud - 25/08/2015 20h41

mais il est moche ce jeu !?! O.o

Mandark
Mandark - 25/08/2015 21h53

Horrrrriblement moche !

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