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27 avr. 2017 - Camthug League of Legends

Midlaners EU : de héros à zéros ?

Midlaners EU : de héros à zéros ?

xPeke, Froggen et même Alex Ich sont autant de légendes de la midlane européenne. Ces joueurs ont su faire vibrer les supporters et porter haut les couleurs de l'Europe au fil des ans. Mais à l'heure où ils se retirent de la scène compétitive, notre région peine à trouver sa prochaine valeur sûre à la midlane. Et si les nouveaux midlaners ne manquent pas de talent, ils peinent à s'imposer comme des leaders à leur poste. Mais alors, la lignée des grands midlaners européens est elle menacée d’extinction ? Éléments de réponse.

« EU Mids, man ! »

Avant de nous intéresser aux difficultés que connaît la nouvelle génération de midlaners en Europe, attardons-nous sur ceux qui ont fait les beaux jours de notre région.

Il y a du beau monde dans l'histoire de la midlane européenne ! Crédits : Riot Games.

En 2011, pour la première saison compétitive de League of Legends, les équipes européennes se démarquent : xPeke remporte avec Fnatic les premiers championnats du monde et lance la belle histoire des midlaners européens.

L'année suivante, la Corée et la Chine rejoignent la scène compétitive et le niveau international augmente considérablement, mais l'Europe produit deux nouveaux midlaners qui vont maintenir la région au plus haut niveau : Alex Ich et Froggen. Ils atteignent tous les deux les demi-finales des championnats du monde 2012 (avec les Moscow 5 pour Alex Ich et les CLG.EU pour Froggen).

Quand Alex Ich remporte les IEM Katowice 2013 avec Moscow 5, son équipe est considérée comme l'une des meilleures au monde. Crédits : Aftonbladet Esport.

En 2013 avec l'arrivée des LCS, les choses évoluent en Europe : xPeke s'impose comme le patron de la midlane et remporte deux titres de LCS avec Fnatic, tandis qu'Alex Ich et Froggen sont relégués au second plan. Le midlaner espagnol déchaîne les passions et construit sa légende en même temps que celle de son équipe.

Lors des IEM Katowice 2013, xPeke réussit un « backdoor » d'anthologie face aux SK Gaming et envoie Fnatic en quart de finale. Le move prendra par la suite son nom : une xPeke. Crédits : ESL.

Cette même année, un autre midlaner entame son règne : il s'agit de Faker qui remporte avec les SKT T1 ses premiers championnats du monde et atteint un niveau de jeu exceptionnel. Il lance une période de domination coréenne qui dure encore aujourd'hui et montre la voie à d'autres génies de la midlane comme Pawn et Crown, qu'aucun midlaner européen ne sera en mesure d’inquiéter. C'est un premier coup dur pour l'Europe et sa midlane, désormais contrainte d'évoluer comme outsider de la Corée.

Cependant l'Europe n'est pas à cours de talents et produit en 2014 un nouveau prodige. Il s'agit de Bjergsen qui rejoint Team SoloMid en LCS NA et devient la star de cette équipe (qui n'a jamais aussi bien porté son nom) et de la région Nord Américaine.

En 2015, c'est au tour de Febiven de faire son entrée dans la lignée des grands midlaners européens. Le jeune Néerlandais impressionne tout au long de la merveilleuse saison des Fnatics et se voit attribuer le surnom de « Faker slayer » après avoir solokill le meilleur joueur du monde deux fois dans une même partie, lors du MSI 2015. Febiven atteint la demi-finale des championnats du monde 2015 (tout comme xPeke qui n'en finit plus de revenir au plus haut niveau) et est alors considéré comme l'un des meilleurs joueurs du monde. La relève semble donc assurée pour la midlane européenne, mais rien ne va se passer comme prévu.

Febiven réussit la double distorsion parfaite et envoie Fnatic en quart de finale des championnats du monde 2015. Il fait chavirer le Dock Pullman et le cœur des supporters en un instant. Crédits : Riot Games.

Et puis, plus rien...

Après les championnats du monde 2015, Froggen quitte l'Europe pour rejoindre les LCS NA et xPeke se retire progressivement de la midlane. Fnatic subit les départ de Huni, Reignover et Yellowstar et vit en 2016 une longue descente aux enfers : l'équipe échoue en demi-finale du Spring Split puis en quart de finale du Summer Split et ne participe pas aux championnats du monde pour la première fois de son histoire. Febiven est alors pointé du doigt à juste titre pour ses performances et son attitude décevantes (Il décrit même son entraîneur, Deilor, comme « trop travailleur ». C'est dire la motivation qui habite le prodige néerlandais). Une page se tourne pour l'Europe et sa midlane.

Depuis les championnats du monde 2015, Febiven n'a jamais retrouvé son meilleur niveau de jeu. Crédits : Riot Games.

En 2016, de nouveaux midlaners apparaissent en Europe : ils s'appellent PerkZ, Sencux, Exileh et poussent leurs prédécesseurs vers la sortie. Mais aucun ne parviendra à égaler les exploits de ses aînés.

Lors du MSI 2016, G2 est balayée et hérite du surnom de G2-8 (qui correspond à ses résultats durant la compétition). L'équipe devient « la plus détestée d'Europe » et PerkZ cristallise cette haine. G2 déçoit une nouvelle fois lors des championnats du monde 2016 et est éliminée dès la phase de poules. PerkZ est transparent tout au long de la compétition et commence à faire regretter aux supporters européens leurs vieilles idoles.

« My Ryze is bad, my Azir is worse, you guessed it right, i'm G2 PerkZ ». Crédits : Riot Games.

Mais si PerkZ et les G2 ont systématiquement échoué à l'international, aucun autre midlaner européen n'est parvenu à faire mieux. PowerOfEvil a vécu une saison 2016 catastrophique avec Origen durant laquelle il n'a jamais pu exprimer son plein potentiel. Sencux n'est pas parvenu à créer l'exploit avec Splyce lors des championnats du monde 2016 et vit une saison 2017 plus terne. Caps a montré l'étendue de son talent pour sa première saison compétitive mais a dû composer avec une équipe Fnatic très hétérogène. Exileh, enfin, a suscité de forts espoirs chez les supporters européens en remportant avec UOL les IEM Oakland 2016 et le titre de MVP de la compétition, mais a buté sur un PerkZ impérial en finale du Spring Split 2017.

PerkZ a donné une leçon à Exileh en finale du Spring Split 2017 et a rappelé qu'en Europe, c'est lui le parton ! Crédits : Riot Games.

Finalement, 2016 aura marqué la fin d'une époque pour l'Europe et sa midlane. C'est le début du déclin de Fnatic qui avait jusque là porté haut les couleurs de l'Europe et fait briller des midlaners comme xPeke et Febiven. Les G2 deviennent les nouveaux rois de l'Europe et remportent trois titres de LCS consécutifs, mais déçoivent systématiquement à l'international et s'attirent les foudres des supporters européens. Dans le même temps, aucune équipe et aucun midlaner n'a semblé en mesure de contester la suprématie des G2 en Europe ou de « performer » face aux meilleures équipes du monde.

Et maintenant, alors ?

G2 a remporté dimanche dernier son troisième titre de LCS en trois participation et semble avoir encore progressé cette année. PerkZ a été particulièrement impressionnant tout au long du Spring Split et a confirmé que la midlane européenne est son royaume. Dans quelques semaines, pour le MSI 2017, il aura l'occasion de se révéler au yeux du monde et d'apporter à l'Europe la performance internationale qu'elle attend depuis 2015. Il pourrait ainsi entrer dans la lignée des grands midlaners européens... À moins qu'il ne déçoive une nouvelle fois.

2 commentaires

Shindara90
Shindara90 - 29/04/2017 15h35

Ca rend nostalgique

Camthug
Camthug - 01/05/2017 06h46

Et oui ! Mais G2 va peut être faire rêver au MSI ;)

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