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03 août 2019 - Kammelinn League of Legends

Misfits : L'échec d'une superteam

Misfits : L'échec d'une superteam

Tout le monde connaît les Misfits. Formée en Mai 2016, descendante directe de l’ancienne formation des Renegades, MSF fait partie intégrante du paysage compétitif de League of Legends. Malgré son jeune âge, l’équipe Misfits regroupe un grand nombre de faits d’armes à son palmarès, notamment en participant aux Worlds et se payant le luxe de venir faire douter le titan SKT T1 en quarts de finale. Au cours de l’hiver 2018, Misfits surprend la concurrence en amorçant son tout nouveau projet : former une superteam de vétérans et de grands noms de la scène pour tenter de réitérer l’exploit de 2017 et venir réclamer un titre de champion d’Europe pour la première fois de son histoire. Cependant, six mois plus tard et face aux résultats toujours plus décevants de l’équipe première, Misfits prit une mesure radicale, en décidant de remplacer l’intégralité de son effectif LEC par l’équipe Premier, qui évoluait en LFL. Face à l’effondrement du projet Misfits Gaming, nous allons aujourd’hui nous pencher sur les raisons et le devenir de cet échec qui semble marquer un tournant pour l’équipe au lièvre.

De grandes promesses

L’année 2018 fut une année relativement positive pour les Misfits Gaming. Malgré leur défaite face à Splyce dans la course aux qualifications pour les Worlds, Hans Sama est ses coéquipiers parvinrent à finir l’année sur un solide score de 11-7, occupant la 5ème place des anciennes LCS Europe. L’équipe au lièvre signa ainsi un Summer Split satisfaisant ponctué par un formidable reverse sweep face aux G2 Esports lors des playoffs, preuve d’un roster en bonne santé qui continue encore à progresser malgré son évidente jeunesse. Cependant, l’écurie européenne prit tout le monde par surprise durant le mercato, annonçant que l’équipe connaitrait des changements radicaux et que de grands noms de la compétition rejoindraient bientôt les couleurs Misfits. L’idée première était de se reconstruire autour de Maxlore et de Hans Sama pour maximiser leurs chances de voir naître cette superteam tant convoitée.

C’est ainsi que le vétéran de la toplane Paul « sOAZ » Boyer vint remplacer Alphari, annonce d’un potentiel de carry toujours plus évident du côté de la ligne du haut pour les Misfits. sOAZ fut rapidement rejoint par la légende coréenne GorillA, dont la signature provoqua l’extase d’une bonne partie du public, voyant en son arrivée le symbole d’une nouvelle ère pour l’Europe et pour ses nouveaux coéquipiers : la jeunesse de Hans Sama mêlée au talent pur de GorillA devrait faire des étincelles sous la bannière d’une botlane LEC pleine d’avenir. Pour finir, Febiven fit son grand retour en Europe et vint garnir un effectif déjà clinquant, promesse d’un retour au sommet pour le midlaner hollandais.

 

L'annonce qui avait fait grand bruit en début d'année.

Crédits : Twitter @MisfitsGG

 

Pour résumer, nous avions donc une équipe prometteuse tenue par un coach d’expérience, dotée d’un toplaner vétéran et d’un support star, d’un AD Carry talentueux, d’un jungler intelligent et d’un midlaner sur le retour. Tout était réuni pour garantir des rencontres de haute volée en vue d’un titre comme seul et unique objectif de ce Misfits Gaming nouvelle génération. Et pour cause ! L’équipe fut longuement considérée comme le top 3 éventuel le plus légitime de la LEC peu de temps après le début des hostilités, et malgré quelques difficultés au démarrage, les premières victoires de l’équipe apportèrent beaucoup d’espoir pour la suite des évènements.

La botlane Misfits fut la première à démontrer son talent et son potentiel, notamment grâce à la très bonne tenue de lane de GorillA. L’ancien joueur de Kingzone apportait une sérénité évidente dans les premières minutes de jeu, sérénité qui se muait petit à petit en une réelle domination de la partie basse de la carte, notamment grâce à son Galio. Tandis que Hans Sama jouait de sa bonne capacité à amorcer des escarmouches avec l’aide de son jungler, GorillA faisait plier la pression adverse en bougeant énormément aux abords de sa ligne sans pour autant délaisser son jeune AD Carry. Maxlore faisait encore et toujours preuve d’une excellente régularité, sans oublier que l’alchimie top/jungle semblait d’ores et déjà prendre effet, notamment contre les vice-champions du monde Fnatic en deuxième journée. La première semaine du Spring Split se terminait ainsi sur un 2-0 net et prometteur pour les lapins, la superteam affichait clairement ses forces et ses points à travailler pour les journées à venir. 

Les semaines suivantes tendirent à confirmer ce que nous avions pu observer au tout début de l’année : les Misfits ont de l’avenir, mais leur équipe star est encore loin d’afficher son plein potentiel. Toujours dans les bons coups, GorillA fut la pièce maitresse du jeu Misfits pendant presque huit journées d’affilée, notamment grâce à des picks agressifs qui laissèrent tout l’espace nécessaire à Hans pour s’exprimer. On se souvient notamment d’une partie référence pour le jeune tireur français, qui termina sa phase de lane en 4-0 avec Lucian face à Excel. Autrement dit, même si une grande partie du jeu Misfits reposait sur la ligne du bas, l’équipe semblait gagner en expérience et en homogénéité malgré quelque faux pas. 

 

Crédits : Riot Games

Un échec évident et sans appel

Avançons un peu dans le temps, nous sommes désormais dans la première moitié du Summer Split LEC 2019, et le constat est sans appel pour les Misfits Gaming : la superteam est loin d’atteindre ses objectifs. Après un score plus que décevant de 8-10 au Spring Split, la pause du printemps devait apporter un moment de répit pour l’écurie européenne, et une fois de plus, nombre d’échos et de rumeurs annonçaient un retour en force de l’équipe au Summer Split. L’équipe avait progressé, l’alchimie semblait enfin prendre effet entre les membres de l'effectif et à l’image des succès flamboyants du roster Misfits Premier, le lièvre reviendrait sur le devant de la scène avec l’art et la manière, n’en déplaise aux tweets « Sad GorillA » de PapaSmithy. Le 15 Juillet, les Misfits pointent avant dernier du LEC, avec seulement deux maigres victoires à leur actif et une tension toujours plus palpable au sein de la structure. Malgré les grands noms qui composent l’équipe, force est de constater que le résultat parle de lui-même et que cette avant dernière place pose autant un problème que le manque de réalisme et de cohésion si souvent reproché aux joueurs. La mayonnaise n’a toujours pas pris, la botlane pourtant prometteuse peine de plus en plus à se démarquer et ce même contre des équipes jugées moins fortes que les Misfits, Febiven est encore très loin de son niveau de 2015, Maxlore demeure méconnaissable et sOAZ continue de souffrir à la fois d’une méta en sa défaveur mais aussi d’un manque de confiance et de repères au sein de sa structure.

Prenez ainsi tous ces problèmes combinés, ajoutez deux défaites surprenantes face à Rogue et à SK Gaming au cours des trois premières semaines de compétition et vous obtenez le coup d’alarme le plus retentissant de l’année : Misfits décide d’échanger l’intégralité de ses deux écuries en vue de la cinquième semaine du Summer Split. Même si de nombreuses rumeurs tendaient effectivement à confirmer cette surprenante décision, l’annonce de la montée du roster LFL, alors champion en titre des European Masters, sonne un tocsin glaçant à l’encontre des joueurs stars qui devront alors se contenter d’occuper le banc tandis que les jeunes talents tenteront de redresser la barre du navire. La superteam a échoué, Misfits cherche désormais à colmater les brèches avant la fin de la saison. Plusieurs membres de la structure s’exprimeront alors à ce sujet, et sOAZ est un des premiers à pointer un dysfonctionnement général au profit de lacunes individuelles. Si l’équipe va si mal, c’est que l’ensemble de l’équipe va mal, et que personne n’est à blâmer face à la désillusion du projet Misfits. Malgré un bootcamp acharné de la part de Hans et de Paul, ce dernier souligne qu’ils n’ont toujours pas réussi à trouver la solution à leur manque de réussite. Le temps jouera donc en leur faveur, et si le public continue de croire en Dan Dan et ses coéquipiers tout comme il croyait en sOAZ, alors selon le joueur français, les lapins continueront de s'améliorer.

 

Crédits : Riot Games

 

Avec un score de 2-4 pour leurs débuts en LEC, le bilan des Misfits Premier est pour l'instant compliqué mais nous avons pu voir quelques fulgurances, notamment en disposant de Fnatic et parvenant presque à défaire les Splyce du redoutable Duke. C'est maintenant à cette équipe de rookies de démontrer de quoi ils sont capables, et peut être de nous faire oublier les déboires de l'équipe cinq étoiles constituée en janvier dernier, qui restera l'échec le plus cuisant parmi toutes les tentatives de création de superteam dans l'histoire de League of Legends. Espérons tout de même une fin positive pour Misfits et tous ces joueurs, car nous souhaitons tous revoir sOAZ, Hans et consorts au plus haut niveau. En attendant, chers Misifts Premier, faites briller les couleurs de la LFL sur la grande scène européenne !

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