d

29 sept. 2017 - Darkkoubi Divers

NBA 2K18 : Admirable et irritant

NBA 2K18 : Admirable et irritant

Au fur et à mesure des années, NBA 2K a su évoluer pour devenir l'étendard de la simulation sportive, repoussant toujours plus loin le réalisme. Les ventes records de l'année dernière, ainsi que le lancement réussi d'une scène E-sport soutenu par l'éditeur, n'ont pas empêché Visual Concepts, toujours à l'écoute de la communauté, de revoir totalement leur copie cette année, avec un nouveau moteur de jeu et toujours plus de réalisme.

C'est smooth !

De ces dernières années, le plus gros défaut des NBA 2K était cette impression constante que les joueurs étaient patauds avec une inertie trop marquée et certaines animations qui se déclenchaient sans trop qu'on le veuille, entraînant beaucoup de frustration, notamment pour les joueurs novices. Souvenez-vous du nombre de fois où vous vouliez aller à droite mais qu'une animation s’était déclenchée envoyant votre joueur sur la gauche. Et bien, Mesdames et Messieurs, ce temps est fini. ENFIN ! Avec leur nouveau moteur de jeu, les animations sont plus réalistes et ce ne sont plus des scripts qui se lancent mais bel et bien des calculs d'animations en temps réel, rendant le jeu incroyablement fluide et dynamique manette en main. Le contrôle des joueurs, les changements de direction, les dribbles, les écrans, les drives vers le panier n'ont jamais paru aussi souples. En résulte un plaisir de jeu découplé et une impression jouissive de ne plus avoir à forcer comme un bœuf sur le stick droit pour sortir un dribble. Les actions s’enchaînent avec un dynamisme certain et même les débutants prendront du plaisir à découvrir NBA 2K cette année.


Le jeu est d'une qualité visuelle hors norme

Chez Visual Concept, on l'impression qu'on ne veut pas qu'on dise qu'ils se reposent sur leurs lauriers. Et cette année encore, ils ont revu le système de shoot. Celui de 2016 était un peu fouillis et brouillon ? Qu'a cela ne tienne, en 2017, la jauge de tir est une petite virgule située en haut du nom du joueur et l'interface évolue pour nous annoncer immédiatement dans quelles conditions le tir a été pris, que ce soit au niveau du timing ou de la pression défensive. Mais le jeu reste une simulation, un tir avec un timing "excellent" pourra ne pas rentrer s'il est contesté efficacement, mettant encore une fois en avant un gameplay toujours plus équilibré entre la défense et l'attaque. Le jeu s'est ouvert au débutant en étant plus souple mais n'en reste pas exigeant dès que l'on monte en difficulté. En niveau "Hall of Fame" vous devrez être particulièrement adepte des timings de vos joueurs, des forces et des faiblesses de chacun et ne pas hésitez à appeler des tactiques, car sinon c'est la défaite assurée.

Réalité augmentée

Avec ce nouveau moteur et le travail effectué l'année dernière sur l'ambiance dans les salles, on peut dire encore une fois que NBA 2K est ce qui se met de mieux dans les simulations sportives en matière d’habillage de présentation et de commentaires. Les visages sont toujours plus réalistes et un grand soin a été apporté pour retranscrire au mieux le physique de tous les joueurs NBA. Encore une fois, les développeurs se sont dépassés et nous régales les pupilles. Au niveau des commentaires, petite nouveauté cette année, outre les données mises à jour et les phrases sur les rookies (Les petits trolls sur Lonzo Ball sont fantastiques), on notera l'apparition de deux commentateurs invités sur certains matchs, il s'agit de Kobe Bryant et Kevin Garnett. C'est un délice de les entendre commenter et discuter. Une véritable interview en plein match, les anglophones seront aux anges. Car hélas, toujours pas de version française des commentaires pour ceux qui seraient allergiques à la langue de molière. On rêve toujours d'avoir Jacques Monclar qui lancerait "Il est chaud comme une baraque à frites" en plein match.


Gràce à l'application mobile, vous pouvez scanner votre visage

Comme je le disais plus haut, chez Visual Concept, ils ne se reposent pas sur leur lauriers, et on sent tellement leur amour du basket dans leur jeu, ils le montrent encore, en ajoutant plus de trente équipes de légende. Il y a en a maintenant une, au minimum, pour chaque franchise. Toujours sympa d'affronter des potes avec un duel des plus grands noms de l'histoire de la NBA. Hélas, ces ajouts entraînent des suppressions, et c'est les équipes européennes de l'Euroligue qui disparaissent de cette version 2017.

Aux chiottes les VC !

Mais comme chaque année, NBA 2K est loin d’être parfait, comme chaque année, on peut toujours faire les mêmes reproches. Cette monnaie virtuelle (les VC) qui s'immisce beaucoup trop dans tous les modes de jeu, au point qu'on croirait presque jouer à un Free to Play qui coûterait 60€. Tous les ans, c'est toujours la même chose et on le redira tous les ans pour vous mettre en garde, le jeu met beaucoup trop l'accent sur ses micro-transactions, au point que par moment, il en devient imbuvable et laborieux de faire évoluer son personnage en mode carrière.

Ce mode carrière, parlons-en. Tout part pourtant d'une très bonne intention des développeurs, ils ont voulu regrouper les trois modes de jeu principaux solo en un seul et même mode, avec une sort de hub qui ressemble à un petit open world (en vrai, deux rues d'un quartier d'une ville typée américaine), la carrière classique, cette année, peu scénarisée, le Pro-Am, pour jouer les tournois en ligne (et l'E-sport) où chacun joue son joueur dans une équipe de cinq et le Parc en 3v3, où on se rapproche du streetball.

Dans cette zone appelée le « quartier », DJ, votre avatar évoluera avec plusieurs dizaines d'autres joueurs et leurs avatars. Vous ne pourrez quasiment pas interagir avec ces autres joueurs, à part quelques gestes pré-réglés. Certains trouveront ça rafraîchissant, mais dans les faits, ce hub ne sert finalement pas à grand chose, à part nous faire perdre du temps à aller courir à droite, à gauche pour aller discuter avec tel ou tel PNJ. Le pire étant de devoir aller au bureau de son agent pour récupérer l'argent (encore des VC) de nos sponsors tous les 4-5 matchs. Pour le reste, rien de bien nouveau, cut-scenes lourdingues qu'ont ne peut pas zapper (celles avec le  « Mop Guy » et la meilleure amie de DJ, « B-Fresh », donnent envie de se tirer une balle), contrats avec les sponsors à marchander, conférences de presse etc... Comme d'habitude, on ne vous conseillera que trop de jouer avec des quarts temps d'une dizaine de minutes si vous ne voulez vous taper la honte face aux cadors de la ligue. Les stats n'étant plus lissée sur douze minutes depuis plusieurs années, a cause, bien entendu des VC.


Le "Quartier". En fait, une grande rue

On nous avait promis que cette année, on pourrait se passer des VC pour augmenter ses stats, dans les faits il n'en est rien, vous êtes toujours obligés de passer par cette monnaie virtuelle pour faire évoluer votre avatar, seulement cette année, on bloque vos niveaux pour vous obliger à jouer réellement tous les matchs et non plus les simuler sous peine de rester à 65 de général, mais sans bien sûr empêcher qui veut payer de le faire pour débloquer un maximum de points en peu de temps. Et évidemment, on voyait des joueurs avec 95 de général dès le lendemain de la sortie du jeu. Autre petite entourloupe de Visual concept cette année, si vous voulez changer le look de votre joueur, notamment la coupe de cheveux, il faut payer. Comme les années précédentes me direz-vous, oui mais cette année, vous êtes limité dans la création de joueur à quelques coupes, pour les autres, il faudra passer à la caisse (et vous ne voyez pas le résultat avant d'avoir payé). Des cours on été pris chez les meilleurs arnaqueurs vidéoludiques de la planète apparemment. Quand on voit avec quelle lenteur on gagne des VC et avec quelle vitesse ils partent, un joueur sera vite découragé ou aura envie de passer à la caisse tôt ou tard.

On a beau être un grand fan de la série depuis ses débuts, toutes ces micro-transactions partout, tout le temps, le fait que cela modifie la façon de jouer et qu'ils rallongent artificiellement la durée de vie du jeu si vous ne passez pas par la case carte bleue, commencent sérieusement à nous sortir par les yeux.

Nanarland

A croire que les développeurs avaient des potes scénaristes au chômage, le mode MyGM a lui aussi été touché par cette mode du « tout-scénarisé ». Sympathique de prime abord, on s'aperçoit vite que les situations sont limitées et très répétitives. Si vous changez d'équipe pour partir sur une nouvelle partie, vous retrouverez toujours les mêmes situations. Sans vous spoilez, sachez qu'il y a trois ou quatre grands événements à gérer au cours de la première saison. Car oui, il y a un scénario dans MyGM cette année, mais heureusement que la première année. Par la suite, on retrouve le même mode de jeu que les éditions précédentes. Peut-être Visual Concept testent-ils ce scénario dans le mode GM cette année pour qu'on en mange encore plus dans les années à venir. Wait and see.


Le mode MyGM et son scénario

On nous avait aussi promis, plus d'interactions avec les joueurs de notre équipe, notamment une certaine notion de confiance entre vous, le GM, et d'autres personnes de la ligue. Il n'en est rien, on retrouve toujours les mêmes problèmes de joueurs qui pètent un plomb sans qu'on sache trop pourquoi, celui qui déprime d'un coup parce qu'il veut être transféré car il ne joue pas. Forcément quand on est blessé, on joue pas...

Pour finir, divers problèmes et bugs redondants d'année en année sont toujours présents. Certains bugs d'affichage, les chargements toujours extrêmement longs et nombreux. Une playlist, encore une fois, beaucoup trop axée Hip Hop, avec de très bon morceaux certes, et une petite ouverture à certains morceaux cultes, mais qui mériterait d’être plus éclectique.

 

LA VERSION SWITCH
On a pu jouer quelques heures, à la version switch du jeu, et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il y a eu un sacré travail d'effectué. Vous pourrez jouer exactement au même jeu que sur les autres supports. Aucun mode ne manque à l'appel et les graphismes sont très beaux (mais en 30 FPS). Par contre, on a remarqué plusieurs problèmes, notamment de ralentissements et des décalages sonores lors des cuts-scenes du mode carrière. Rien qui ne puisse être résolu par un patch. Une version switch qui fait honneur à la console de Nintendo, pas comme les versions Wii et Wii U que l'on a pu avoir à l'époque.

 

 

ADMIRABLE SUR LE TERRAIN, IRRITABLE EN DEHORS710Points positifs
  • Enfin un gameplay tout en souplesse
  • Toujours plus réaliste
  • Système de shoot enfin au point
  • Interface et habillage aux petits oignons
  • Les Èquipes All-Time de toutes les franchises
  • Kobe Bryant et Kevin Garnett aux commentaires
Points nÈgatifs
  • Les VC. Les VC. Les VC
  • Temps de chargement incroyablement longs et nombreux
  • Mode carrière de plus en plus lourd
  • Connexion internet obligatoire
  • …quipes d'Euroligue disparues

NBA 2K18 est un jeu admirable et irréprochable sur le terrain. Le nouveau moteur de jeu fait des merveilles. On atteint une fluidité et un réalisme au delà de tout ce qu'on avait pu voir jusqu’à maintenant. En gommant cette lourdeur et cette inertie qu'ont pensait avoir pour toujours. Son habillage et ses commentaires sont bluffants, les venues de Kobe et KG sont un vrai plus. NBA 2K18 reste sans conteste la simulation sportive ultime. Mais malheureusement ces VC ne font qu'alourdir les modes de jeu. Si vous êtes prêts à passer des centaines d'heures à enchaîner les matchs, à subir des cut-scenes non zappables et autres temps de chargement interminables, vous trouverez votre bonheur sans aucun doute.

Poster un commentaire

Vous devez être connecté pour pouvoir poster un commentaire.