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27 janv. 2015 - Uppsala Divers

Ne m'appelez plus jamais geek

Ne m'appelez plus jamais geek

Vous savez quoi ? J'étais tranquillement en train de taffer sur mon prochain article quand je suis tombé sur une énième news sur mon mur facebook.

La news, on s'en fout un peu, en soi. C'est une vidéo marrante sur un mec qui se prend pour Ryu dans Street Fighter. Pas de quoi fouetter un chat. Non, ce qui me chagrine dans cette affaire, c'est l'utilisation du mot geek dans le nom de la page. Alors, aujourd'hui, parlons-en.

Au départ, ce terme désigne quelqu'un de passionné par un domaine. Inutile de vous faire un dessin, cher lecteur, quand le mot geek est utilisé, on sait de qui l'on parle. Il ne s'agit ni de numismatique, ni de passion de la cuisine. On parle bien de personnes animées par l'amour pour des éléments de culture populaire (mangas, jeux vidéo, comics, séries…). Malheureusement, de nos jours, dès qu'on évoque l'un de ces (nombreux) domaines, le terme de geek arrive inévitablement à un moment ou un autre. Et ça, ça m'énerve.

Geekopolis, Geek Faëries, Geek Inc… Le mot est partout, tout le temps. Il est devenu, au fil des années, non seulement une sorte de marque d'acceptation dans un milieu très varié, mais également un argument marketing. Estampiller son produit du mot geek, c'est ratisser large (comme si un terme pouvait rassembler à lui tout seul différentes cultures sous une même bannière). Pourtant, bien qu'on sache que le cœur de cible est généralement jeune et amateur de culture populaire, il faudrait veiller à ne pas confondre tout le monde. Il existe de nombreuses expressions pour désigner ceux à qui l'on souhaite s'adresser : trekkie, gamer, rôliste, whovian… Autant de mots pour des domaines différents. Un amateur de Star Trek va-t-il avoir quelque chose à partager avec une joueuse de jeux vidéo, un amateur de comics ou de Dr Who ? Une culture est censée rassembler des personnes ayant un lien commun les uns avec les autres et c'est, au contraire, cette diversité qui rend le rassemblement sous un même terme difficile même si, souvent, un passionné d'un domaine n'y est pas exclusif.

Je veux bien croire qu'on souhaite conserver un esprit fraternel parmi les différentes tendances que constituent ces univers variés. On a cherché à se lier, devenir frères et sœurs et se rassembler dans ces activités que le reste du monde regardait, au mieux avec une certaine curiosité, au pire avec un mépris certain. La passion dans un domaine, c'est ce qui nous animait et nous anime encore toutes et tous. Pourtant, je tend à croire, qu'aujourd'hui, il est difficile de considérer les geeks comme une entité homogène.

Faisons une parenthèse et notons que l'image du geek moyen est passée en quelques années de négative à positive (ce qui n'est pas un mal en soi, reconnaissons-le). Le jeu vidéo, par exemple, devient un hobby cool et n'importe qui ayant un smartphone se déclare geek. Je vois d'avance les intégristes / hipsters s'insurger. « Nous étions là avant », diront-ils en arguant, par exemple, qu'ils jouaient aux jeux vidéo ou aux jeux de rôle sur table depuis bien longtemps et qu'ils trouveraient bien hypocrite la récupération d'une tendance et d'un terme par ceux qui, jadis, les moquaient et les critiquaient quand ils se rassemblaient, le dimanche après-midi, pour quelques parties de Donjons & Dragons. Et si l'on peut comprendre le sentiment de crainte généré par l'attitude pré-citée, doit-on pour autant rejeter quiconque souhaite prendre part à une telle activité ? Dans le fond, la décision ne nous appartient pas et le souci de crédibilité dans un domaine ne rend-il pas difficile cette intégration ? Nul n'est à l'abri de faire une erreur de jugement.

Pour conclure, j'ai beaucoup de mal quand une entreprise, un collectif, une association ou encore une page facebook utilise le terme de geek. J'ai l'impression, dans le fond, qu'on essaie tant bien que mal de me convaincre que son contenu va me parler, un peu comme ces publicités qui reprennent des mots-clés dans l'espoir que ceux-ci vont correspondre aux codes de mon univers et ainsi déclencher, chez moi, un réflexe d'adhésion immédiat.

Donc, s'il vous plaît, ne m'appelez plus geek. Je suis un gamer, j'aime les séries, le sport électronique, et je ne me sens pas forcément proche de celles et ceux qui se revendiquent d'une culture dans laquelle je n'arrive pas à me reconnaître car trop floue.

PS : je fais quand même un gros bisou à la petite équipe du GeekMorning ;)

 

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10 commentaires

AlexFast
AlexFast - 27/01/2015 13h26

Alors comme ça on aime plus le GeekMorning hein !!! Salop rend nous l'argent !

SxyBlood
SxyBlood - 27/01/2015 13h48

J'avoue ça devient lourd cette généralisation du terme "Geek" et ça fait quelques années que ça dure... Au départ utilisé pour désigner un "nerd" "nolife" ou juste une personne passionnée par l'informatique et la technologie (oui, un geek de l'ordinateur t'entends poulet) maintenant comme tu le dis si bien tu joues a Candy Crush et tu portes un tshirt Mario (ou un boxer geek is sexy big up) t'es un PUTAIN DE GEEK OMGLOLTROPHYPE.
Cependant le terme veut bien dire "passionné" et ce qui nous lie tous au fond, bah c'est la passion.

Rakza
Rakza - 27/01/2015 13h57

"un argument marketing" --> C'est exactement ça.

OxayotlTheGreat
OxayotlTheGreat - 27/01/2015 14h42

Les *vrais* geeks, les authentiques, c'est ceux qui mangent des têtes de poulets vivants.
Je ne déconne pas ! Enfin, si, je déconne un peu, mais il y a longtemps, si longtemps! (même pas 100 ans, en fait, mais comme on parle d'une époque où les ordinateurs personnels n'existaient pas, c'est la préhistoire), geek, ça ne désignait pas un passionné de quoi que ce soit, mais bien un monstre de foire.
https://en.wikipedia.org/wiki/Geek_show
Ça fait envie, hein? Qui veut encore se revendiquer geek :P ?

Cocacolique
Cocacolique - 27/01/2015 15h05

Les différentes branches de geeks, c'est un peu comme les Africains des différents pays du continent : on les met dans la même case parce qu'on ne cherche pas vraiment à savoir ce que c'est réellement, et c'est bien vu de tous les lier sous la même grande famille alors qu'il n'y a rien à voir entre un Sénégalais fan de PES et un Somalien passionné par la marine marchande.

Article pertinent mais t'oublies d'aborder le futur, là où les geeks de la première heure font petit à petit en sorte d'éviter les "bandwagoners" avec des évènements plus subtiles ou des domaines qui demandent un vrai grand savoir et/ou une vraie grande maîtrise. En exemple, l'e-sport, permettant aux plus sérieux de se retrouver entre eux, sans trolls ni débutants.

bangoflood
bangoflood - 27/01/2015 16h19

Simon Pegg a une bonne définition selon moi : “Being a geek is all about being honest about what you enjoy and not being afraid to demonstrate that affection. It means never having to play it cool about how much you like something. It’s basically a license to proudly emote on a somewhat childish level rather than behave like a supposed adult. Being a geek is extremely liberating.”

GreduPcT
GreduPcT - 27/01/2015 16h21

Personnellement , quand je dit que je suis un gamer whoovian, les gens me répondent : "ouais t'es un geek quoi"
Maintenant je vais copier le lien de cette article dans mon cerveau (et sur le fichier "liens importants" de mon PC ) et je vais coller ce lien sur la tête de ceux qui me disent que je suis un geek. :)
Super article ! Qui je pense représente et explique parfaitement ce que les gamers pensent :)

Topinambour
Topinambour - 27/01/2015 16h23

Bah... C'est comme tout. Perso je rigole maintenant, quand je vois les nanas/mecs qui disaient "HAN t'es trop dépendant du PC" et qui rigolaient être maintenant des énormes accros à Twitter ou au téléphone portable... alors qu'ironiquement, je peux me séparer de mon PC, de ma tablette et du net en général pendant 1 mois sans que ça me perturbe plus que ça (un bon bouquin et voilà, ça remplace). Du coup, j'avoue qu'être mis dans la même case que ces gens-là, la "case geek", ça me gêne, oui. C'était pas mes potes à l'époque et c'est toujours pas mes potes maintenant.

Maintenant, pourquoi est-on mis dans la même case ? T'as donné la réponse dans l'article, c'est devenu un truc commercial. Comme les BDs (à une époque, lire Astérix c'était "gamin", maintenant c'est une licence de ciné). Comme les comics (pareil, c'était "pour les gamins" et maintenant y'a Avengers 2). Comme beaucoup de choses. Maintenant, ça rapporte du blé, donc c'est devenu un truc "positif" et par conséquent, sur-utilisé.

Bourinos
Bourinos - 28/01/2015 11h07

Après le terme "Geek" pour un non-initié c'est un peu comme quand on utiliser le terme "Metalleux", un vrai fan de hardcore Death Metal te diras qu'il a rien à voir avec un "Metalleu" comme toi du diras ne pas être un "geek" (une vidéo d'Usul parle de ça). C'est comme ça, il faut l'accepter, certains l'utilisent pour faire de la récupération (marketing) d'autres pour faire djeun's sans savoir vraiment de quoi il parle (journalistes).
C'est juste que le terme est devenu populaire, mais chacun vois une image différente derrière, c'est tout.

Di4na
Di4na - 28/01/2015 19h19

Mouais alors je vais faire mon connard mais quelque part.... OSEF ?
Non parce que finalement je suis assez d"accord avec bangoflood. Geek finalement, c'est surtout une façon d'envisager la passion de l'imaginaire quelle qu’elle soit. Alors parfois tu n'es pas du tout attiré par la passion de l'autre. Oui.
Par contre oui tu peux te reconnaître dans la FACON dont il vit cette passion. Alors que des mecs qui vivent une passion de cette façon s'adresse de manière large aux autres qui vivent des passions. Ben oui je vois pas où est le problème.

Accessoirement, en dehors de quelques milieu estudiantins et ou parisiens, je n'entends pas grand se dénommer Geek. Le terme n'est plus aussi connoté, mais il ne donne l'impression d'être mainstream que parce que les geeks ont trouvés des moyens d'expression publique.

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