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11 avr. 2018 - Perco League of Legends

Origen, les Space Cowboys ?

Origen, les Space Cowboys ?

Origen est donc de retour. L’équipe espagnole se reforme pour jouer le Master européen sur League of Legends, suscitant un curieux mélange d’excitation et de circonspection.

Le scénario fait penser au célèbre film de Clint Eastwood : une équipe d’anciens, de vétérans, qui se reforme pour monter aux petits jeunes qu’ils en ont encore dans le slip.

Cinq à la suite !

Après avoir titillé la fibre nostalgique de ses fans à travers le monde durant plusieurs jours sur les réseaux sociaux, l’écurie de xPeke a commencée à officialiser ses recrutements depuis le 3 avril. Aujourd’hui, on connait enfin la totalité du « nouveau » cinq majeur.

Sur la toplane, Expect, un habitué de l’Europe puisqu’il y a déjà remporté trois titres avec G2. Dans la jungle, InSec. Sur la voie du milieu, Froggen et sur la botlane, un duo composé de FORG1VEN et de Jesiz (prêté par Fnatic) en support.

 

 

Dissoute l’an dernier à la suite d’une longue agonie, l’équipe Origen avait connue une naissance en fanfare et une sortie par la petite porte. Cette renaissance divise donc les spectateurs : certains y croient, d’autres aimeraient bien pouvoir y croire, certains – enfin –  n’y voient qu’un petit coup marketing sans grande portée.

En route pour la corrida ?

Pour être honnête, il faut relativiser le côté « vétérans » dans une industrie où toute absence de plus de quelques mois semble renvoyer à une époque révolue, où tout joueur de plus de 25 ans semble être considéré comme une relique. Expect, Froggen et FORG1VEN ont été des monstres du circuit et rien n’indique qu’ils ne soient pas capables de le redevenir assez vite.

De plus, ce retour d’Origen est étayé, en coulisses, par un investissement externe. Alvaro Arbeloa, ancien joueur de football espagnol, et son frère ont en effet annoncé leur soutien à cette résurrection de l’équipe, sans qu’on en connaisse ni les modalités, ni les montants mis sur la table. Pour peu que l’accord soit d’importance, il est de nature à donner aux cinq membres de l’effectif une motivation financière dont on sait combien elle peut jouer aujourd’hui. L’argent nerf de la guerre, un adage toujours un peu moche mais toujours un peu vrai.

 

 

Enfin, tout indique que ce retour est – pour l’heure – celui d’un simple commando chargé de réaliser une performance unique lors des Masters européens. Si la structure commence déjà à évoquer un retour dans l’élite des LCS et son futur système de franchises, c’est probablement encore un vœu pieu et cela ne se ferait certainement pas avec cet effectif. Or, il faut le reconnaitre, les joueurs recrutés par Origen sont – théoriquement - d’un autre calibre que leurs futurs adversaires. Ce n’est pas faire injure aux équipes qualifiées pour le tournoi (Champions nationaux, vainqueurs de tournois qualificatifs, anciennes équipes CS invitées) mais simplement observer le palmarès de chacun.

L’ibère est rude

Alors est-ce suffisant ? Sans doute pas. Parce qu’une équipe montée comme un patchwork de talents deux semaines avant un tournoi est rarement opérationnelle, parce que son effectif, aussi talentueux soit-il, est disparate et un peu rouillé.

 

 

On a le droit d’être excités comme des puces à l’idée de recevoir jouer de tels champions, on a le droit d’y croire et de les imaginer – pourquoi pas ? – premiers champions européens dans ce nouveau format. Mais on a aussi le devoir de douter et de s’inquiéter. Le soufflé pourrait retomber aussi sec.

La seule certitude, la première grande réussite d’Origen, c’est le public : fans ou détracteurs, chaque spectateur européen de League of Legend veut désormais la même chose : les voir jouer et, enfin, savoir. Il ne faudra pas attendre longtemps, les phases de groupes des Masters Européens débutent dès le 14 avril.

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