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13 juil. 2017 - Perco FPS

Overwatch league : en toute franchise...

Overwatch league : en toute franchise...

Le silence est d’or mais la parole est d’argent… de bons gros dollars même, puisque c’est à ce sujet que l'« Overwatch League » semblait piétiner. Sept villes-équipes viennent d’être annoncées. Rassurant ?

Depuis la Blizzcon de novembre dernier, la grand-messe annuelle de Blizzard, la promesse de créer une ligue compétitive d’Overwatch d’une taille et d’un genre inédit – pour le monde esportif en tout cas – donnait un peu l’impression d’avoir pris du plomb dans l’aile.

Entre une campagne de « scout » des meilleurs joueurs du monde assez cryptique, le choix de rattacher les futures équipes à des villes bien réelles - sous forme de franchises chères aux nord-américains - les rumeurs non-démenties d’un billet d’entrée pouvant atteindre les 20 millions de dollars pour les futurs propriétaires et la communication plutôt parcimonieuse du studio d’Irvine, on se grattait un peu la tête.

Avec l’officialisation de sept équipes pour une première (pré)saison à venir à la fin de cette année et, surtout, à la lecture des noms des propriétaires, il semblerait tout simplement que Blizzard fasse du Blizzard : dire et laisser dire, tout en suivant le plan d’origine. Sauf que le plan n’est vraisemblablement pas tout à fait du goût de toutes les structures historiques de l’esport.

Sept d’un coup

Boston, New York, Los Angeles, Miami-Orlando, San Francisco, ainsi que Shanghai et Séoul. Sept cités avec, pour la plupart, un long passé sportif, ce qui est tout sauf un hasard. Et en voyant les noms des convives, on comprend à quel point Blizzard était en train de mettre la table pour ajouter des invités un peu plus prestigieux que ceux que l’on a l’habitude de voir.
 


Source : Blizzard entertainment

Boston :

Robert Kraft et ses New England Patriots, franchise de football américain championne du dernier Super Bowl. Pour vous faire une idée, Robert Kraft c’est le groupe Kraft, l’un des plus gros conglomérats américains, qui brasse plus de trois milliards de dollars par an. Notre cher ami Robert est présent dans la liste des milliardaires du magazine Forbes depuis 2005. 

New York:

Encore le propriétaire d’une franchise sportive de renom, mais cette fois il s’agit de baseball et des mythiques Mets. Sur le papier c’est Fred Wilpon – qui a fait fortune dans l’immobilier –le patron. Mais c’est son fiston Jeff, l’homme réellement aux manettes chez les Mets, qui est derrière cette ouverture vers l’esport. Et Jeff est connu aux États-Unis pour son caractère exécrable et sa volonté de tout contrôler

Los Angeles:

Cette fois c’est Noah Winston et ses Immortals que l’on retrouvera à la tête de la franchise. Mais le sport traditionnel n’est, encore, jamais bien loin puisqu’on rappelle que Stephen Kaplan (co-propriétaire de l’équipe de basketball des Grizzlies de Memphis) fait partie du groupe d’investisseurs qui finance et contrôle Immortals (où l’on retrouve, entre autres, Peter Levin de LionsGate Entertainment).

Miami et Orlando :

Les deux villes s’unissent pour proposer une franchise unique, par le biais de Ben Spoont, le PDG des Misfits Gaming.Une équipe connue du monde de l’esport et pas de grosse écurie sportive en arrière-plan ? Mais non, bien entendu… car qui détient des parts de Misfits début janvier ?  L’équipe de basketball des Miami Heat !

San Francisco:

Pour gérer la franchise de la baie, une autre équipe historique : NRG ESports et son fondateur, Andy Miller. Et comme de bien entendu, lorsque l’on observe qui possède des parts dans NRG, qui trouve-t-on ? Des sportifs et propriétaires sportifs pardi ! ShaquilleO’Neil, Alex Rodriguez (ancien joueur de l’équipe de baseball des Yankees de New York) et Mark Mastrov, co-propriétaire de l’équipe de basketball des Sacramento Kings.

Shanghai:

NetEaseInc, distributeur d'Overwatchsur le territoire chinois, remporte le spot.

Séoul:

Kevin Chou, fondateur de Kabam, s’offre la franchise de la capitale sud-coréenne.Kabam, c’est un géant du jeu sur mobile, et la vente récente de ses composantes les plus cotées – pour la bagatelle de 800 millions de dollars – laisse à Chou de quoi se faire quelques menus plaisirs de ce type.

Argent, trop cher

On le voit, Blizzard affirme vouloir équilibrer les entrants venant du monde du sport traditionnel et ceux issus du giron de l’esport. En pratique, c’est un petit peu moins naïf que cela et la majorité des investisseurs présents sont des hommes d’affaires rompus au business des sports américains.

Voilà qui explique sans doute pourquoi Blizzard semblait, sans le dire ouvertement, favoriser la scène nord-américaine depuis des mois. La tactique semble avoir produit l’effet attendu – attirer les talents mondiaux dans les équipes américaines – et il devenait possible d’offrir à ces investisseurs un modèle connu : un système de franchises sans relégation (donc stable) ; une organisation à l’image des ligues américaines classiques comme la NBA ou la NFL ; un vivier de joueurs talentueux déjà intégrés dans la scène locale et un ticket d’entrée si cher qu’il n’ouvrait la porte qu’aux plus riches ou à ceux qui pouvaient s’associer à eux.

Il suffit de s’intéresser un peu aux plus petites structures pour voir combien elles ne se sont pas senties courtisées pour cette Overwatch League. À tel point que nombre d’entre elles ont jeté l’éponge et démantelé leur équipe : Splyce, Dignitas, Rise Nation, Complexity, Selfless Gaming, RedReserve, TSM, Ninjas in Pyjamas, Movistar Riders, LG Loyal, Fnatic, Gale Force, Denial… n’en jetez plus !
 


Source : Survivor Overwatch

 

Blizzard ne retient, pour l’instant, que les structures les plus fortunées et annonce toute une série de décisions visant à les rassurer sur leur retour sur investissement. Ainsi, la ligue se jouera, dans un premier temps, en un unique lieu – près de Los Angeles – et sur trois jours chaque semaine  (tous les jeudi, vendredi et samedi). De plus, l’annonce officielle nous informe que des mécanismes de partage des revenus sont d’ores et déjà prévus :
 

« Nous tenons à ce que les équipes profitent du succès financier de la Overwatch League et soient récompensées pour les investissements consacrés à leur ville. Elles toucheront donc une part égale de tous les revenus générés par la publicité, les ventes de billets et les droits de diffusions de la ligue. Les équipes conserveront également tous les revenus locaux générés à domicile, jusqu’à un montant fixe par année (au-delà de ce plafond, un pourcentage ira à l’ensemble des revenus partagés par toute la ligue). Les joueurs d’Overwatch pourront également soutenir les équipes par le biais d’objets spéciaux en jeu. 50% des recettes seront investis dans les revenus partagés par l’ensemble de la Overwatch League. Cette organisation permettra de fournir aux équipes les ressources nécessaires pour établir et développer leurs communautés locales pendant les années à venir. »


Bien entendu, il ne s’agit que de la première salve d’équipes annoncées, et Blizzard affirme vouloir gonfler leur nombre en y intégrant des franchises dans le monde entier, Europe comprise.En attendant, l'Overwatch League ressemble un peu à un club privé très select, où l’on se retrouve entre gens sérieux et rompus à l’exercice de la rentabilisation.

Rien dans tout cela n’implique d’ailleurs que le niveau esportif ne soit pas au rendez-vous, et les choix de Blizzard pourraient tout à fait s’avérer payants dans un avenir proche. En tout état de cause, c’est à l’éclosion de quelque chose qui ne compte laisser aucune part à l’amateurisme que l’on assiste. Peut-être pour le mieux, personne n’ayant encore découvert la recette magique du succès dans l’esport.

Rassurons-nous, loin des chèques à sept zéros et des calculs de rentabilité, il restera toujours des moments de rire et de légèreté grâce à l’imposante communauté de joueurs. Saviez-vous, par exemple, que vous pouviez rejoindre la très sainte « Église Nationale de Hanzo » au Brésil ?

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