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13 mai 2017 - MightyZ Divers

Preview : Quake Champions

Preview : Quake Champions

Bethesda, le nécromancien du jeu vidéo ? On pourrait légitimement se poser la question tant l'éditeur prend cette habitude de ressortir ses vielles licences historiques (ou acquises) du placard. L'année dernière, c'est l'excellent Doom qui s'était plié à l'exercice et cette année c'est le reboot de Prey par Arkane qui s'en est sorti avec les honneurs. Annoncé à la surprise générale lors de la dernière conférence de l'éditeur à l'E3 dernier, Quake champions avait de quoi intriguer et c'est au cours d'une bêta qui s'est déroulé sur trois bons week-ends que nous avons pu essayer le bestiau encore sous sevrage. Alors Quake Champions a-t-il de quoi faire saliver la base hardcore qui ronge son frein sur Quake Live en attendant le retour du roi depuis près de 18 ans ? Rien n'est moins sûr...

Le géant américain n'est pas dupe, pour creuser son trou dans le milieu ultra concurrentiel du FPS, il n'y a pas 36 façons d'y parvenir: le Solo, l'eSport et c'est à peu près tout. On s'en doute, Bethesda n'avait pas d'autre choix que de s'orienter naturellement vers ce dernier pour légitimer son poulain issu d'une noble et grande lignée qui a donné son nom et ses lettres de noblesse à un genre, rien que ça ! Problème, en 2017, difficile de se démarquer auprès des ténors de la scène du multi compétitif. DOTA 2 et LOL côté Moba, CS:GO et Overwatch côté FPS, Bref très peu de jeux dominent la scène et il faut avoir les reins solides pour espérer gratter le top 5. Avec ce constat impitoyable, Quake Champions n'avait d'autre choix que de remplir des cases quitte à travestir la formule originelle pour ratisser large, et ce notamment auprès de la jeune génération qui a déjà fait ses classes sur Overwatch et consorts.

Bonne nouvelle, ça dégouline toujours !   

CHAMPIONS OF QUAKE

Les premiers pas dans cette bêta ont pourtant de quoi enthousiasmer. On retrouve assez rapidement la dynamique Quake dans les déplacements et dans la vitesse de jeu et on a l’impression de renfiler ses chaussons lorsque l’on tombe sur le premier lance-roquette venu et que l’on se prend à enchaîner les rocket jumps, strafes et bunny-hops comme à l’époque. Certaines armes comme le Machine Gun ou le Shaft perdent par contre en impact, avec une balistique beaucoup plus molle qu’à l’époque. Mais le vrai grand chamboulement opéré par le jeu reste l’introduction de héros à la manière, encore une fois, d’un Overwatch. Cette « nouvelle » mécanique vient se greffer au gameplay pour offrir à chaque personnage des capacités diverses qu’elles soient passives ou actives. Ranger a par exemple la capacité d'utiliser un orbe de téléportation pour se faufiler derrière ses ennemis, tandis que Nyx est capable de se rendre invisible (et invulnérable !) pendant quelques secondes pour se sortir du pétrin et éviter le bain de sang.  

Dans l’optique de se rapprocher de la mécanique des Mobas, Quake Champions a malheureusement le cul entre deux chaises, avec d’un côté la volonté de conserver la formule de base d’un gameplay qui a largement fait ses preuves, et de l’autre l’envie d’aller singer la concurrence sur son propre terrain. On touche donc au défaut majeur du titre, à savoir un manque de cohérence flagrant reflété (pour le moment) par des modes jeu qui ne mettent pas en valeur les compétences des héros et le teamplay. Au final on se retrouve à jouer comme sur un FFA à l’ancienne sans savoir vraiment quoi faire de ses nouvelles features. Bethesda, conscient du problème, a même annoncé l’arrivée d’un mode vanilla pour palier à la grogne des anciens. C'est dire le chemin qu'il reste à faire pour propulser le titre sur le devant d'une scène compétitive déjà saturée. 



FREE TO KILLING SPREE

ll faut tout de même reconnaître aux équipes de Saber Interactive, en charge du développement, leur envie de fluidifier au maximum l’expérience de jeu. Outre un moteur graphique maison (pas d'id Tech 6 ici) qui affiche un rendu plus qu’honnête même sur configurations modestes, avec des textures travaillées et de jolis effets de lumière. Les menus et l’interface ont également fait l’objet d’un soin tout particulier pour coller à l'ergonomie F2P. Chaque héros possède un outfit qui lui est propre et qu'il sera de bon ton de customiser à l'envi avec l'argent (ou faveurs) au fil des parties. Ho surprise ! Des coffres font également leur apparition avec du loot aléatoire histoire de choper des skins plus ou moins rares histoire de jouer les beaux gosses en partie classées.   
 
Bref, vous l'aurez compris et comme on le craignait, on s'éloigne de plus en plus de la formule Quake en travestissant la bonne tambouille. Une impression d'autant plus douteuse que le titre sera vraisemblablement à mi-chemin entre le F2P et le P2W. On entend par là que le Quake nouveau sera accessible gratuitement, mais ne proposera qu'un seul héros jouable sans possibilité de rotation. Il faudra donc mettre la main à la poche pour s'offrir un pack de champions ou passer par la location en temps limité, à l'image d'un Smite par exemple. 



On attendait fébrilement Quake Champions avec l'espoir que le titre aurait pour objectif de nous faire revire les bonnes boucheries de nos jeunes années, le constat est malheureusement fort mitigé. D'un côté le titre possède une vraie maîtrise technique et s'en sort plutôt bien dans son esprit de shooter multi à l'ancienne. Pourtant, si l'aspect F2P était inévitable il apparaît pour le moment un manque flagrant de profondeur et de travail, notamment sur les modes de jeu, pour justifier la mécanique de héros pourtant très mise en avant dans l'ADN du titre et dans la communication de Bethesda. On attendra de voir avec une certaine retenue l'évolution du jeu en fonction des différentes phases de bêta, l'éditeur n'ayant toujours pas fixé de date de sortie. 

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