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29 août 2016 - Mandark Divers

Prison Architect Console Edition : prenez perpète !

Prison Architect Console Edition : prenez perpète !

Allez directement en prison, ne passez pas par la case galère, touchez le pactole sur console après avoir explosé les scores sur pécé ! Eh oui, amie lectrice, ami lecteur, faut croire que jouer les matons est un fantasme répandu chez les gamers, puisqu'on a appris récemment que le studio Introversion Software avait franchi le cap des deux millions de copies vendues de son Prison Architect sur le support de la mastarace, depuis son lancement en octobre 2015. Et maintenant c'est au tour de la Xbone et de la PS4 de se transformer en pénitenciers !

Au gnouf !

Pour celles et ceux qui ne connaîtraient malgré tout pas ce petit phénomène, sachez qu'il s'agit d'un sim, dans la veine d'un Theme Hospital ou Theme Park, sauf qu'ici on construit et on gère des zonzons, ce qui a de quoi susciter l'intérêt, surtout si comme mézigue et les développeurs du jeu on est plutôt clients de films et séries sur l'univers carcéral.

Et c'est là qu'on se rend compte que, en vrai, c'est pas évident à diriger, un ballon. Faut s'assurer qu'il y a assez de place pour tout le monde, que les détenus ne dépriment pas trop, qu'ils aient de quoi s'occuper, qu'ils soient encadrés par suffisamment de matons, que la bouffe soit mangeable...

Sous ses airs mignons tout plein, Prison Architect n'oublie pas de rappeler que l'univers carcéral peut être violent 

Bien sûr, toutes ces tenues oranges ont quelque chose sur la conscience (y'a qu'à jeter un œil sur le casier de chacun, aisément consultable à tout moment) donc on peut aussi estimer que ces repris de justice ne méritent pas le moindre traitement de faveur et que des toilettes dans un coin de la cellule et quelques fouilles arbitraires c'est déjà bien assez. Après tout... faut-il vraiment leur permettre de voir leurs familles, assurer un service régulier de nettoyage ou les autoriser à se distraire avec des bancs de muscu, des postes de télévision ou de radio ? Bien sûr, il y a toujours le risque de voir la situation dégénérer vite fait et tous ces voyous fomenter une émeute, mais même là il suffira d'envoyer quelques gros bras de l'unité anti-émeute lourdement armés et carapacés faire le ménage, avant de mettre les mutins au mitard. Et pour ceux qui iraient vraiment trop loin, gare à la chaise électrique !

Canailles kawaii

Tout le fun dans Prison Architect – pour peu bien entendu qu'on soit du type patient, c'est le genre du sim qui veut ça, bien que l'on puisse influer sur le déroulement du temps qui passe pour l'accélérer comme le ralentir, voire le geler – réside dans l'héritage culturel qu'on trouve dans les histoires de taulards racontées au cinéma, à la télévision ou en littérature, et auquel le soft renvoie souvent. C'est notamment flagrant dans la partie du jeu appelée Prison Stories, un mode qui sert également de tuto pour le débutant et qui met en scène des situations scriptées afin d'appréhender au fur et à mesure le grand nombre d'options de gestion qui seront ensuite rendues disponibles au bon vouloir du joueur lors des parties solo.

Mais l'intérêt de Prison Stories ne s'arrête pas à la simple démonstration « mécanique » de Prison Architect, car tout au long du déroulement de ses cinq chapitres et de leurs tonalités souvent adulte, rugueuse et franche du collier – qui en plus contraste férocement avec l'esthétique très kawaii du jeu –, on finit par ne jamais en oublier la dimension humaine du sujet et qu'une prison est avant tout un espace de privation des libertés, où tous les détenus ne sont pas forcément là parce qu'ils sont intrinsèquement mauvais, et où les plus faibles peuvent craquer.

Sont-y pas craquantes ces fripouilles ? Et on peut tout savoir sur elles en un clic

Et indépendamment de son gameplay plus que solide pour tout ce qui touche à l'aspect purement gestion du jeu – et au passage très bien transposé ici pour une jouabilité simple et instinctive au pad, ce qui n'était pas forcément gagné compte-tenu de l'important nombre de paramètres à garder en tête si l'on veut être un bon geôlier -, c'est cet équilibre permanent entre gravité et légèreté qui confère à Prison Architect une identité unique et réussit du même coup à ne pas déshumaniser le joueur, qui pourrait être tenté s'il ne connait pas le jeu de considérer sa population carcérale comme du simple bétail. Du coup Prison Architect devient vite passionnant en cela qu'on se bise volontiers le bras gauche quand un programme de réinsertion ou de rééducation qu'on a mis sur pied porte ses fruits et qu'un avenir meilleur attend peut-être les petites canailles qui y ont participé, une fois la console éteinte.

Bonne conduite

Une fois toutes les cartes en main et prêt à bâtir son Alcatraz idéal, le joueur pourra se lancer en choisissant d'incarner un directeur de prison parmi un casting de six personnages dont la personnalité influera sur sa gestion. Il y a par exemple le lobbyiste, qui de par ses relations haut-placées s'assure de ne recevoir que les repris de justice les plus dociles et ainsi de s'éviter trop de problèmes liés à la violence dans ses murs, ou la corrompue, qui malgré son air des plus clean touche des pots de vin et prend sa part sur tous les trafics de contrebande de sa turne. Bien sûr, il y a aussi le directeur lambda, sans attribut particulier, si le joueur décide de ne bénéficier d'aucun coup de pouce.

Le but du jeu quoi qu'il en soit est de gérer au mieux sa structure et son administration, s'assurer qu'il y a toujours suffisamment de fonds pour l'entretenir (précisons ici que l'on peut choisir dans les options d'avoir une cassette inépuisable, pour celles et ceux qui ne veulent pas se prendre la tête avec les détails pécuniaires) et que les routines instaurées pour les détenus et les matons garantissent un bon fonctionnement de l'ensemble, ce qui n'est pas forcément évident tant il y a de détails à prendre en considération, surtout si on a décidé de voir grand. Une bouffe de mauvaise qualité, ça peut rapidement mettre les prisonniers les moins doux en rage par exemple, et après on se retrouve vite avec une émeute sur les bras, qui si elle tourne vraiment mal vous garantit un game-over.

Comme dans la vraie vie, la bonne gestion de son établissement passe par une bonne compréhension du système administratif

Pour que la partie dure, dans Prison Architect, il faut absolument éviter ce cas de figure, ainsi que d'autres, comme se retrouver sans le sous, ou avec un trop haut taux d'évasions, ou si trop de directeurs se font tuer (oui oui, ça arrive)... Il y en a encore quelques-uns, mais je te laisse la surprise de les découvrir par toi-même, amie lectrice, ami lecteur.

Rallonge de peine 

Comme tout bon Sim, Prison Architect permet donc de conduire ses parties comme on l'entend, mais aussi de se jeter dans le délire des autres joueurs avec le mode World of Wardens, et gérer des structures dont certaines sont franchement délirantes (personnellement j'aime beaucoup celle qui a la forme de l'USS Enterprise), ce qui veut bien évidemment dire que si vous aussi vous êtes fier(e)s d'une ou de plusieurs de vos constructions, vous pourrez en faire profiter aux autres.

Enfin, Prison Architect a droit à un add-on intitulé All Day and a Night, pour celles et ceux qui veulent avoir accès à plus de possibilités : huit nouveaux directeurs de prison, huit nouvelles maps et huit nouvelles histoires, soit pas du délit de sale gueule et de quoi en prendre pour longtemps !

À blocs ! 810Points positifs
  • Fun
  • Craquant
  • Adulte
  • Addictif
  • Le gameplay au pad vraiment réussi pour un titre qui propose autant d'options
Points négatifs
  • Certains paramètres un peu compliqués à saisir en début de partie pour un débutant, et qui peuvent forcer à relancer le jeu
  • Il arrive que des objectifs - pourtant atteints - ne soient pas immédiatement reconnus par le jeu
  • Peut réellement vous mettre à l'isolation de toute vie sociale

Transposition réussie sur consoles pour Prison Architect ! Avec une ergonomie de jeu vraiment bien pensée, diriger sa zonzon au pad et à l’œil ne pose aucun problème et de révèle vite instinctif malgré la myriade d'options à prendre en compte, ce qui est aussi le résultat d'une courbe d'apprentissage équilibrée. Et comme les développeurs de IV Games ne cherchent jamais à occulter le côté adulte de la prison sous les airs kawaii des graphismes, le joueur n'a jamais l'impression d'être pris pour un jambon. Sans oublier que les simulations carcérales, ça ne court pas les rues. Bref, une petite bombe pour toutes celles et ceux qui aiment jouer aux sims en fredonnant Les Portes du Pénitencier.

 

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