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16 août 2015 - TKL StarCraft 2

Punchline : Échec ou réussite ?

Punchline : Échec ou réussite ?

Le vendredi 7 août 2015, nous apprenions via Tweeter que la section StarCraft 2 de Punchline se séparait de la structure. FireCake, Jeysen, Denver et même Hqrdest et Relmer quittent la structure pour diverses raisons et notamment « le détachement brutal de Stabillo de la structure », apparemment bien trop pris par son travail à plein temps pour assurer son rôle de manager. Avec la fin de cette aventure commencée en 2013 par Stabillo et ses joueurs, il est temps de faire un petit bilan de Punchline sur SC2. Ce bilan, son analyse et la conclusion à laquelle ils amènent ne sont bien sûr que mon avis personnel et en aucun cas une vérité absolue.

Le commencement

Avant Punchline, la lineup de Stabillo s'appellait WarBringer, une vaste horde de joueurs de tous niveaux et de staffeurs qui essayaient de monter une structure compétitive dans une ambiance familiale et détendue. Les moyens sont cependant vite limités sans joueur emblématique ni sponsor (à l'époque, Jeysen, DnS de son court passage et FireCake ne faisaient pas partie de l'équipe). WarBringer devient donc fin mars 2013 BuyKey SC2 lorsque le revendeur de clef CD monte une structure eSportive dont l'existence fut courte et controversée. Début 2013, les WarBringers sont de nouveau sans structure réelle sinon celle qu'ils se fournissent entre eux par le nombre (plus de 20 membres, joueurs et staff compris). La salvation vient en mai 2013 avec « le projet Punchline », comme l'appelait à de nombreuses reprises Stabillo.

Là, les choses évoluent quelque peu. Bénéficiant à présent de fonds supplémentaires bien que modestes, les joueurs peuvent plus facilement se rendre en lan et disposer d'une certaine forme de crédibilité dans la scène eSportive. Les 17 joueurs sont répartis en deux lineups :

– La lineup compétition composée de : Fred « Relmer » Carpanedo , Eddy « effecto » Tritten, Clément « Denver » Coste, Jérémy « Hqrdest » Danton et « Hidd ».
– La lineup espoir composée de douze autres joueurs.

À ce moment-là, le contexte de la scène SC2 est très particulier. Stephano, alors chez Evil Geniuses, annonce la fin de sa carrière eSportive après la fin de son contrat avec l'écurie américaine le 15 août 2013. Certains se lamentent, d'autres n'y croient pas tout à fait, mais cela propulse de facto Dayshi en tant que meilleur joueur français et nourrit l'ambition de nombreux aspirants joueurs professionnels. Il était possible de devenir un Stephano 2.0 si l'original n'était plus dans les parages. Une mentalité qui était importante par la suite pour Punchline.

D'amateur à semi-professionnel

En juillet, l'équipe procède à un large recrutement avec notamment Jérémy « jeysen » Sène, mais surtout Adrien « DnS » Bouet, à l'époque âgé de seulement 16 ans, un élément clef en devenir de la lineup compétition de Punchline. Mais l'aventure est de courte durée puisque le 9 mars 2014, seulement huit mois plus tard, DnS quitte son équipe pour rejoindre immédiatement Against All Authority aux côtés de Psionic, Chubz, Minimath et d'autres.

Cette perte est cependant rapidement compensée par un joueur disposant déjà d'un calibre européen, Sébastien « FireCake » Lebbe. À l'époque, l'opération « marketing » était assez particulière. En effet, c'est l'époque des nombreux screens mis en ligne par des joueurs professionnels d'un compte code-barre les insultant en pleine partie et leur souhaitant le cancer. Golden le Coréen, alors chez Alien Invasion, et Harstem seront les victimes notoires de ce code-barre. Vega Squadron, l'équipe de l'époque de FireCake, s'excuse alors une première fois, mais les screenshots continuent de s'accumuler, et c'en est trop pour la structure russe qui confirme implicitement qu'il était bien celui derrière ce code-barre.

« Après presque un an dans l'équipe, nous disons au revoir à FireCake à cause de raisons évidentes ! Nous lui souhaitons bonne chance ainsi qu'à sa nouvelle équipe ! »

FireCake annonce ensuite dans une interview pour Millénium : « Suite à mon dérapage avec Harstem, mon manager – en lequel j'ai besoin d'avoir confiance – a révélé publiquement quel était mon barcode, contrairement à ses engagements. C'est la raison de mon départ. Je me suis senti trahi. » (source)

Il rejoint donc Punchline. L'annonce est de taille, d'autant plus qu'elle est faite sur le stream d'Anoss qui était alors en pleine MMAnoss Cup, la compétition organisée grâce à son MMC et qui rassemblait près d'un millier de viewers. Un joueur controversé donc, annoncé à grand bruit. Des airs de Idra ou NaNiwa, avec néanmoins un palmarès bien moins impressionnant.

À partir de ce moment, FireCake porte la visibilité nationale et internationale de l'équipe quasiment seul avec deux qualifications en WCS Premier League, à la HomeStory Cup IX, une seconde place en Championnat Francophone, une victoire en Gamers Assembly 2015, et un top 4 en Fragbite Masters. On notera aussi des performances en équipe plus qu'honorables en Cascade Clan League, Improve Team league, Proleague FR et à l'évènement FEST où l'équipe arrivera 2e. Ce palmarès enrichi et la perte de vitesse de Dayshi sur la scène compétitive lui fera réclamer ce fameux titre de « Stephano 2.0 » ou « meilleur joueur français » à plus d'une occasion dans des interviews ou des interventions informelles. Le manager Stabillo ira même jusqu'à appuyer ces dires avec un article-fleuve sur ogaming.tv, mettant effectivement en lumière des résultats à l'international plus importants à l'époque que Lilbow, MarineLorD et PtitDrogo réunis.

Malgré une équipe SC2 qui tournait bien, une section HearthStone qui comprenait à une époque Origin et Maverick, tous deux très bons, et une équipe League of Legends, Punchline ne trouve pas de sponsor financier important pour permettre une poursuite plus avancée de ses ambitions eSportives et celles de ses joueurs. Est-ce que le mauvais comportement de FireCake a joué sur ce point ? Difficile à dire, mais impossible d'ignorer ce paramètre quand le joueur était clairement dans le comportement désobligeant, pour ne pas dire insultant, sans pour autant avoir la flamboyance, le charisme ou le palmarès d'un NaNiwa ou d'un Idra. Ce n'était pas un « badmannering » qui aurait pu être un argument marketing, donc. Et FireCake était finalement bien loin de ce statut de « Stephano 2.0 » en termes de performance aussi bien à l'international qu'en France.

Au moment où j'écris ces lignes, Punchline Esports Club annonce qu'un communiqué sera publié dans le prochaines heures afin d'expliquer la fin pure et simple de la structure. Un twitlonger a déjà été écrit (voir ici) par Alexandre « Absy » Mure, vice-président de Punchline.

Quel avenir pour les joueurs ?

Il va sans dire que trouver une équipe qui accueillera toute la lineup professionnelle paraît improbable. Mais alors, où iraient-ils ?

Grâce à son palmarès, on peut penser que FireCake trouvera facilement une écurie européenne, la question demeurant du calibre de cette dernière. En effet, une équipe de grande envergure ne voudrait probablement pas prendre le risque d'associer ses sponsors avec un personnage qui peut avoir autant de débordements comportementaux. Un sponsor personnel reste une possibilité avec un gros travail de marketing autour de FireCake.

Jeysen manque de performances concrètes pour le rendre véritablement désirable pour des équipes en Europe. Ses affinités et son ancienneté dans la scène peuvent cependant faire de lui un candidat crédible pour une écurie française comme aAa ou Nuit Blanche.

Quant à Denver, très jeune et plein de potentiel, le jeune dinosaure est sûrement celui qui dispose le plus de choix, il a les moyens de s'améliorer fortement dans les prochains mois, une qualification pour la première saison WCS de 2016 pourrait être le coup de projecteur nécessaire pour qu'il rejoigne une équipe européenne de plus large calibre.

Pour les autres joueurs, seul l'avenir nous dira s'ils auront les moyens de percer davantage et de trouver un nouveau foyer qui saura cultiver leur talent.

Alors quel bilan pour Punchline SC2 ?

L'équipe qui n'était à l'origine qu'une vaste bande de copains a bien changé. Ils furent nombreux à ne pas suivre les ambitions de professionnalisation, mais ceux qui sont restés ont fait preuve d'abnégation et leur niveau de jeu a connu une forte progression. Mais avec la progression globale de la scène française et des joueurs très soutenus par des équipes avec des moyens financiers plus conséquents, Punchline ne pouvait pas passer de semi-professionnel à professionnel. Il n'en va pas nécessairement de même pour plusieurs joueurs qui ont annoncé qu'ils tenteront de passer ce cap à partir de septembre ou dès la sortie de LOTV. Certains d'entre eux auraient annoncé vouloir continuer à évoluer dans la même équipe, c'est bien sûr tout le mal que je leur souhaite, bien que cela paraisse difficilement réalisable.

Si je devais oser une métaphore, WarBringer était une chenille, Punchline fut la chrysalide et, avec un peu de chance et de persévérance, certains des joueurs ressortiront de cette expérience longue de trois ans en véritables papillons.

En souhaitant une bonne continuation à tous les membres du Punchline Esport Club.

 

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1 commentaire

Matth_Ftw
Matth_Ftw - 17/08/2015 22h17

C'est "Twitter" pas "Tweeter" :-)

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