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12 avr. 2017 - Kyoomei League of Legends

Quel avenir pour les Challenger Series ?

Quel avenir pour les Challenger Series ?

Après la victoire des Fnatic Academy face aux Giants, la seconde line up d'une des structures emblématiques de l'Europe est en passe d'accéder elle aussi aux LCS. Si cela arrive, il faudra naturellement vendre le slot à une autre écurie, ce qui a priori ne mortifiera personne. Les Challenger Series, une simple usine à fric ? Sans doute plus pour longtemps...

Les sousous dans la popoche

Un million sans trop d'effort : voilà en gros ce qu'ont représenté les Challenger Series aux yeux de plusieurs structures depuis leur création. On fourre quelques joueurs sur le déclin dans une équipe, trop faible pour les LCS, mais forte d'une expérience du haut niveau ; puis on écrase les jeunes loups ambitieux sortis du ladder ou de quelques tournois semi-pros, et on profite de la réglementation instaurée par Riot pour revendre le slot et empocher le pactole.


Les C9 Challenger, qui évoluaient en CS l'an passé. En cherchant bien, quelques visages connus...
Crédits : @Lolesports

Stratégie cynique, mais globalement efficace. D'ailleurs, un coup d'oeil rapide permet de repérer les structures ayant décidé d'investir sérieusement sur une deuxième équipe : Cloud9, Team Liquid, CLG, Fnatic… Pas franchement des nains dans le paysage esportif. Quand on connaît le prix d'un spot (1 million donc, vous avez suivi) et les coûts liés à l'entretien d'une équipe professionnelle, rien d'étonnant ; si des opportunités se présentent, les entreprises moins puissantes préfèrent souvent investir sur un autre jeu que sur une équipe de deuxième division qui ne rapportera au mieux que du cash, et une seule fois.

Money, it's a hit...

Sauf que l'affaire risque de se compliquer singulièrement. Alors bien sûr, toutes les équipes issues des Challenger Series ayant obtenu une place en LCS n'étaient pas des « petites sœurs ». Certaines structures, souhaitant s'engager dans la compétition en limitant les frais, favorisaient également des investissements « intelligents ». Parmi les exemples célèbres, les TDK ont employé un Alex Ich toujours performant, mais à un niveau assez largement inférieur à celui qu'il a pu afficher en S2 ou S3.

Désormais, la donne a changé, et les acteurs qui frappent à la porte ont de quoi poser le contenu d'un caleçon XXL sur la table. Le PSG, malgré des choix prudents – en partie dus à un potentiel attractif réduit, on y reviendra – a réussi à constituer une équipe très intéressante en l'espace de quelques semaines ; et malgré des débuts difficiles, les cinq poulains de Yellowstar ne sont pas passés loin de l'exploit face à des joueurs de grande expérience, comme nous l'évoquions avant le match.


Toujours dans le thème « photo de groupe », Rick et la première itération des Echo Fox.
Crédits : @Charley Gallay / Getty Images

Si des structures d'un poids financier colossal sont présentes depuis le début – ou presque – en Asie, le phénomène se développe en Occident depuis un peu plus d'un an. L'échec des NRG ou les résultats modestes des Echo Fox démontrent que le processus ne se résume pas à balancer des billets, mais compte-tenu du développement ultra-rapide du milieu, on devrait voir de plus en plus souvent des acteurs majeurs d'autres milieux investir sur League of Legends.

NA is the new China

On a donc parlé (e)sport money, mais même pour tout l'or du monde, un joueur digne de ce nom n'enterrerait pas sa carrière… right ? Un joueur comme Reignover, acclamé par les plus éminents experts comme le meilleur jungler de l'Ouest, ne renoncerait pas à un challenge sportif grandiose pour quelques dollars de plus, quitte à jouer avec WildTurtle ? Bon, je trolle, d'autant que le brave Jason n'était pas le vrai problème des Immortals en Playoffs. Et puis, la situation est même bien pire chez Team Liquid cette année. Et puis, Huni a fait le même choix, mais il joue cette saison chez SKT T1, domine la Corée et s'impose – vraiment, cette fois – comme un des meilleurs toplaners du monde.

Le nombre de disclaimers nécessaires suite à ma remarque est affligeant, mais l'idée était de tempérer ce qui va suivre. Oui, certains joueurs ont renoncé à des offres a priori plus alléchantes en termes de perspectives compétitives, pour encaisser un pactole important. Le sujet avait d'ailleurs été soulevé lorsque votre serviteur avait évoqué la question des salaires en Europe, il y a de cela un an et demi.


« Et là, y'a Reignover qui me dit qu'il part chez Liquid parce que t'es trop nul !... Bon allez j'te laisse, y a Kkoma qui m'appelle. » 
Crédits : @Lolesports

Maintenant, qui voudra jouer en Challenger Series Europe, même pour une somme imposante que les clubs de foot seront en principe aptes à assumer ? Les rumeurs les plus folles circulaient au sujet du PSG en ce début d'année, de Peanut à Madlife, pour au final se contenter de Kirei et sprattel. Finalement, il est possible que l'évolution des CS passe par l'évolution de la région. Si l'Europe devient plus attractive, il sera plus simple d'attirer de vraies perles, en leur promettant une participation aux Worlds en une année de travail. Auquel cas, le tableau des Challenger Series n'aura rien à envier aux LCS.

Un dernier mot sur cet aspect. Suite à leur performance désastreuse au MSI l'an passé, les G2 avaient justifié leur absence d'entraînement en invoquant le départ en vacances généralisé des teams LCS, et surtout le niveau trop faible des équipes Challenger Series ; Perkz était allé jusqu'à dire que des matches contre ces dernières risqueraient de faire régresser l'équipe. Une autre amélioration en vue, si les changements dépeints plus haut ont bel et bien lieu...

2 commentaires

liclic
liclic - 20/04/2017 01h47

La solution serait de rajouter une clause dans l'ajout d'une équipe sœur. Soit, ces équipes sœurs ne sont pas admissibles aux tournois de promotion et, auquel cas, seules les autres équipes dans l'ordre peuvent y participer soit, Riot rajoute dans le règlement que si une telle équipe gagne sa place en LCS, en plus de devoir la revendre, l'équipe qui doit la revendre doit le faire au prix où le spot avait été en challenger series. (je préfèrerais la première version que l'on voit régulièrement dans le sport, le foot par exemple en est un très bon exemple).

percol
percol - 20/04/2017 12h48

@liclic :

J'apprend que cela se ferait dans le foot, vous avez des exemples ? C'est un point très intéressant, merci.

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