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03 juin 2017 - Biggy League of Legends

Quels enseignements tirer du MSI ?

Quels enseignements tirer du MSI ?

Le MSI est une compétition toujours très attendue par les fans : c’est la première compétition internationale de l’année et elle permet de jauger le niveau des différentes régions, de confronter différents styles de jeu, faire une hiérarchie entre les ligues... Mais mis à part SKT qui s'inscrit dans la continuité, les équipes dominant leur région ont tendance à être malmenées lors des Worlds, et finalement le League of Legends régional est très éloigné du League of Legends international : différence d'approche de la méta, de mentalité et de gestion de structure sont autant d'éléments pouvant expliquer les résultats d'une équipe à l'échelle mondiale.

Entre régional et international : un monde d’écart 

Première remarque sur les six équipes présentes au MSI, elles ont toutes écrasé leurs adversaires durant le SpringSplit. Seule TSM a rencontré un peu de résistance face à Cloud9. Dès lors, les forces en présence durant le tournoi étaient la crème de la crème de chaque région. La seconde remarque concerne l’écart de niveau des différentes équipes durant la phase de groupe de ce MSI : trois équipes ont fini sur le même ratio de victoires/défaites (G2, FW et TSM avec 4 victoires et 6 défaites soit 40% de victoire) et le dernier a fini seulement à une victoire de la 3e place (GYGABYTE Marines sur le score de 3 victoires et 7 défaites soit 30% de victoire). Seul la Corée et la Chine sortent facilement du lot.


Deux échappés et un peloton (Source : lol.esportswikis)

Le niveau entre les différentes régions s’affine de plus en plus. Riot s’en est d’ailleurs rendu compte, d’où la refonte de son système de qualification pour les Worlds : trois équipes coréennes ; deux équipes pour les régions chinoise, européenne, américaine et taïwanaise ; et une équipe de l’Asie du Sud-Est (grâce à la performance des WildCards GYGABYTES Marines au MSI) sont toutes qualifiées d’office. Les quatre dernières places disponibles se joueront entre le 3e des régions CN, EU, NA et LMS et huit équipes WC. Avec ce format Riot tente de refléter la réalité : la Corée est la seule grande région, les autres doivent gagner leur place.

S'adapter pour mieux régner

Comment expliquer qu’une équipe WildCards ait réussi à bousculer les meilleures formations de chaque région ? Tout simplement car chaque ligue a son propre style de jeu, dès lors les meilleures équipes s’enferment dans une routine. Alors qu’à niveau régional une équipe enchaîne les victoires en jouant toujours le même jeu, à niveau international elle va rencontrer des équipes qui vont bousculer ses habitudes. Et finalement ce n’est pas tant le niveau mécanique des joueurs qui est mis à l’épreuve mais leur faculté d’adaptation face à un nouveau style de jeu. Le meilleur exemple de cette faculté d’adaptation est le step up de G2 durant le MSI.

G2 est montée en puissance tout au long de la compétition et a même réalisé l’exploit de se qualifier en finale : une équipe européenne en finale d’une compétition internationale, prouesse qui n’était pas arrivée depuis les Worlds de la saison 1. Comment expliquer ce changement de niveau, comment G2 a pu battre WE alors même que ces derniers les avaient vaincus deux fois lors de la phase de groupe ? Le format peut être un élément de réponse. Alors  que la phase de groupe était un BO1, les Playoffs se jouaient en BO5. Avec autant de matchs, l’élément de surprise n’a plus sa place, les équipes ont le temps de se jauger, de s’analyser et seules les mécaniques et la connaissance de la macro ont leur place, et à ce jeu-là, G2 est une des toutes meilleures structures.


G2 vs Team WE : quand l'outsider triomphe (Source : RiotGames)

C’est d’ailleurs pour cela que SKT ne perd que très peu de BO5 (la dernière défaite de SKT dans ce format à l’international s’est déroulé durant le MSI 2015), et que les Flash Wolves se sont fait stomp par ceux-ci alors même qu’ils sont les « Korean Slayer ». Mais cette adaptation peut aussi avoir un effet inverse. C’est ce qui est arrivé aux GYGABYTES Marines (MES) durant la compétition. Alors même qu’en début de MSI, ils se démarquaient par un jeu surprenant et agressif, ils se sont peu à peu adaptés au rythme des autres structures : ils se sont assagis et leur façon de jouer est devenu beaucoup plus lisse.  Dès lors sur le pur plan mécanique ils ne faisaient plus jeu égal avec les autres équipes et n’ont pas pu arracher la victoire synonyme de barrage.

Recette pour construire une équipe compétitive

Quelles leçons peuvent alors tirer les équipes de ce MSI ? Que la stabilité et la continuité sont deux critères importants de la réussite, tout d’abord pour dominer sa région et ensuite pour se faire une place à l’international. Les cinq équipes (hors WC) de ce MSI sont des structures relativement anciennes, avec un roster construit sur deux années minimum sans changement majeur.

L’exemple de la région chinoise montre que les structures sont conscientes de cette problématique. Après qu’en saison 3 l’équipe Royal Never Give Up ait échoué en finale des Worlds face à SKT avec une formation composée uniquement de joueurs chinois, les différentes structures de l’Empire du milieu ont décidé d’investir à coup de million dans des stars coréennes. Après avoir échoué encore une fois aux portes du Graal lors de la Saison 4, les formations chinoises vont connaitre une longue descente aux enfers, n’arrivant pas à faire mieux qu’une sixième place lors des éditions suivantes, alors même que leurs équipes sont composées de «superstars».


Les Worlds S7 se joueront à domicile pour la Chine, arriveront-ils à remonter la pente devant leur public?

C’est finalement la Team WE, écurie n’ayant pas participé à une compétition internationale depuis la saison 2 qui s’affirme cette année sur la scène chinoise. La structure c’est construite sur plusieurs saisons avec un squelette solide composé de Chinois et de jeunes talents coréens. Les résultats de la Team WE aux Worlds attesteront ou non de la rédemption de la région chinoise. 

La Corée avec son énorme vivier de joueur a été le précurseur des équipes avec remplaçant : cela permettait à la fois de varier de style de jeu en changeant un jungler farmeur par un jungler plus agressif par exemple, mais aussi de palier le départ d'un joueur de la structure en le remplaçant par un joueur familier de l'équipe. Cet état d'esprit se transmet peu à peu aux autres régions qui tentent de reproduire le schéma de la réussite coréenne. 

League of Legends est un jeu relativement jeune, et les équipes ne peuvent se reposer sur leurs lauriers sous peine de prendre énormément de retards sur leurs concurrents et de disparaître. De ce fait, différentes approches ont été choisies par les structures pour réussir à haut niveau : à coup de millions, par la formation, avec des équipes secondaires... Peu ont finalement réussi à reproduire le modèle de réussite coréen, et les prochains Worlds annoncent encore une fois peu de suspense. Toutefois nous ne sommes jamais à l'abri d'une bonne surprise, la Chine ou l'Europe semblent être des outsiders possibles à l'ogre coréen.

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