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12 sept. 2014 - O'Gaming Divers

Runers : (R)unique en son genre

Runers : (R)unique en son genre

À la fois gage de qualité et éventuelle paresse intellectuelle du développeur sans idée, le genre du Rogue-like s’est depuis longtemps taillé un chemin dans l’univers du jeu indépendant. Galvanisés par le succès de The Binding of Isaac, Faster Than Light et consorts, les petits gars de Let’s Get Kraken ont voulu s’essayer à l’exercice en sortant pas plus tard que le 2 septembre dernier leur propre bestiau. L’autopsie peut commencer !

Cocktail d’éléments

Vous ne me connaissez pas encore, mais sachez que je suis féru de jeux indépendants, souvent porteurs de fraîcheur et de bonnes idées. Et cela se vérifie une fois de plus ici ; le premier soupçon d’innovation dans Runers, c’est l’incorporation d’une dimension RPG. En effet, ce n’est pas moins de 20 races et classes plus ou moins originales qui vous seront présentées, chacune d’entre elles comporte ses qualités et ses éventuels défauts, permettant ainsi d’essayer un tas de builds différents. En outre, il sera aussi demandé de choisir parmi les dix sorts de départ, de la boule de feu aux projectiles à tête chercheuse en passant par l’improbable « Éclair cinétique ».


Relativement indigeste, l'interface demeure toutefois suffisamment fonctionnelle

Par ailleurs, un système d’expérience (et donc de gain de niveau) et de compétences est aussi de mise, assurant gros billisme au farmeur besogneux. Soit dit en passant, cela n’est pas l’unique moyen d’acquérir des skills, étant donné qu’à chaque escalier passant à l’étage inférieur, il sera possible de choisir un nouveau talent mais aussi de sauvegarder et quitter le jeu.

Mais réjouissez-vous, chers turlupins, car, à l’image d’un bélier enfonçant une porte, l’originalité ne s’arrête pas là ! Vous vous en doutez, Runers n’est pas un nom choisi au hasard. En réalité, au cours de son périple, le joueur ramassera un grand nombre de runes représentant un élément. Là aussi, la variété s’en donne à cœur joie puisqu’en plus des classiques tels que l’eau ou la terre, ces glyphes matérialiseront d’autres concepts comme l’esprit ou la lumière.

« Et qu’est-ce que tu veux que je foute de ton avalanche de trucs et de bidules ? » La question est légitime, et vous me voyez ravi de pouvoir y répondre. Grâce à ces pierres,  la création de sortilèges m’ouvre ses portes. Il suffit de mettre quelques-uns de ces artefacts dans le shaker, et BIM, un tout nouveau sort sera débloqué pour cette run. Admettons par exemple que j’associe une rune Choc et une rune Eau, je découvre suite à cela un nouveau pouvoir dont la recette et les effets seront sauvegardés dans une interface appelée Runedex, hommage évident à une encyclopédie bien connue. Néanmoins, afin d’allier lesdits ingrédients, il vous faudra un double combiner, récupérable sur certains cadavres, voire un triple combiner, dans le cas où vous voudriez faire les fous et torpiller trois éléments de votre butin.


Quoi de mieux que des images qui bougent avec un mec qui parle pour illustrer tout cela ?

Le minimalisme à toute épreuve

J’en parlais encore hier à mon voisin Roger, « la sobriété, c’est sympa, mais c'est un peu chiant quand même ». Partagé entre un méli-mélo de couleurs austères et des effets de lumière réduits à leur plus simple expression, le jeu de Let’s Get Kraken n’a pas franchement une gueule de porte-bonheur, d’autant plus que, malgré le bestiaire bien fourni, les skins des ennemis sont recyclés au possible.

Tant que j’y suis, j’aimerais souligner qu’il n’y a rien à dire sur les bruitages, mis à part le fait que vous feriez mieux de les couper dès l’écran-titre. Heureusement que les musiques, bien qu’un peu trop calme, ne sont pas du même acabit.


Dans une avalanche de couleurs marronnasses rappelant un bocal de terreau,
Conan distribue des mandales

Toujours dans cette optique d’économie de moyens, le level-design est tellement dépouillé que si une loi condamnait le nudisme de celui-ci, il terminerait directement en taule pour exhibitionnisme. Dans les espaces les plus habillés, le joueur aura droit, au mieux, à quelques caisses et un énorme rocher servant de couverture providentielle. Ou de carrousel de fortune, car vous comprendrez vite que lorsqu’on cavale avec une dizaine de scarabées géants collés aux basques, faire tourner tout ce beau monde sera salvateur.

Du reste, la monotonie des décors est quelque peu altérée par des challenges disséminés un peu partout dans le donjon, qu’il s’agisse d’éviter des boules de feu pendant dix secondes ou de tuer un maximum de monstres dans un temps imparti.

Seulement VOILÀ !

En dépit de tous ses défauts, Runers est un superbe Rogue-like. Addictif, hardcore et nerveux, il ravira le gamer chevronné pour peu qu’il arrive à faire l’impasse sur la pauvreté de ses graphismes et sa direction artistique inexistante. Nul doute que vous me trouverez encore dans les six prochains mois à assembler un tas de runes dans ma quête vers le sortilège ultime. Ou à me faire poutrer par un boss au pattern improbable. Au choix.

 

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