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02 août 2017 - Strift League of Legends

S'adapter au changement : le rôle du coach

S'adapter au changement : le rôle du coach

Les coachs et analystes des équipes de LCS possèdent chacun leurs propres méthodes et c’est ce qui rend ces professions complexes et passionnantes à la fois. Comment aident-ils ces équipes à s’adapter aux changements de la metagame ?

Changements de line up

En élaborant les stratégies, les analystes et le coach se doivent de tenir compte des préférences de leurs joueurs. Car si les rôles de chacun sont souvent dictés par l’équilibrage du jeu, le niveau des joueurs et leur maîtrise des champions impactent tout autant les possibilités de picks et bans de l’équipe. Aussi, lors de changements de meta trop importants, les coachs mettent à profit le système de remplaçants de manière à pallier les faiblesses de chacun.

C’est actuellement le cas de SK Telecom T1 qui contrebalance les profils téméraires de Seung-hoon « Huni » Heo et Wang-ho « Peanut » Han grâce des joueurs moins aggro comme Ui-jin « Untara » Park et Sun-gu « Blank » Kang, respectivement. Sur la ligne du haut, Untara joue actuellement une majorité de bruisers tels que Rumble ou Jarvan IV, picks pouvant être flex dans la jungle, alors que Huni s’est retrouvé sur le banc de touche la majorité du Split. En jungle, on retrouve une opposition entre le style agressif de Peanut et celui de Blank, qui joue le plus souvent un rôle de support dans l’équipe. L’alternance de ces différentes personnalités permet à SKT de faire évoluer son style de jeu en fonction de la metagame. Aux profils et pools de champions des joueurs, s’ajoute également la répartition des ressources, longuement évoquée dans cet article en anglais.

Sur le patch 7.14, Huni et Peanut ont donc rarement été alignés en même temps par SKT, soulignant une volonté d’adaptation de la part de l’équipe. 
 

Huni et Peanut
Huni et Peanut n'ont pas beaucoup eu l'occasion de jouer souvent ensemble sur le dernier patch.
Crédits : Riot Games


Les structures de LCK sont aujourd’hui plusieurs à exploiter pleinement leurs remplaçants : c’est le cas de Samsung Galaxy. Alors que leur remplaçant jungler Min-seung « Haru » Kang avait joué la majorité du segment de printemps, c’est à présent Chan-yong « Ambition » Kang qui assure la quasi totalité des matchs et se voit assigné à des champions tanky tels que Gragas (10 picks) ou Rek’Sai (6 picks). Peut-être ces champions conviennent-ils moins à Haru qui a montré un pool de champions principalement aggro. En NA LCS, Cloud 9 a mis en place une stratégie similaire grâce au duo de toplaners, Impact et Ray. Ces derniers privilégient cependant des changements très réguliers au cours des matchs, et en fonction des prévisions de draft. Et la draft, c’est justement le deuxième axe d’adaptation pour nos coachs.

3, 2, 1... draftez !

Pour s’adapter aux changements de la méta, les équipes utilisent les rééquilibrages appliqués aux champions et mettent à profit les picks et bans afin de tirer le meilleur parti du patch actuel. Prenons l’exemple du patch 7.14 pour mettre en exergue les différentes adaptations réalisées sur les drafts. Depuis sa sortie, on a assisté à un accroissement de la priorité sur les tanks et junglers pouvant être flex tels que Mao’kai (79% de présence), Cho’Gath (77%) ou Gragas (55%), Zac demeurant quant à lui à 100% de présence.

L’omniprésence de tanks a pour conséquence de renforcer l’intérêt autour des carrys late game tels que Caitlyn et Kalista, et dans une moindre mesure, Tristana. Les analystes de G2 ayant toujours accordé une haute priorité à l’AD carry réalisent aujourd’hui des drafts misant sur la réussite de leur ligne du bas, la priorité accordée à chaque position étant bien évidemment pondérée par le talent des joueurs. Comme Unicorns of Love, d'autres équipes vont plutôt miser sur leurs capacités de teamfight et donc favoriser des compositions à fort scaling. On regrettera cependant des variantes « locales » – qui a dit EU LCS ? – transformant le late game en ARAM, au détriment d’une macro stratégie en early. Le colour caster de Riot se moque :

« En retard de 3k gold ? Aucune importance tant que vous avez la plus forte compo ARAM. J'attends toujours de voir s'il y a une équipe EU qui peut snowball un early game. »


L’existence de ce type de composition dénote une volonté de prendre la metagame à contre-pied. Souvent, les équipes parient sur des picks « niches » tels que Trundle, pour son avantage face aux tanks ou Fiora, pour son late game exceptionnel. Il s’agit alors pour le coach d’user du répertoire de champions de ses joueurs, et d’y trouver le meilleur avantage lors d'une draft donnée.

Cette flexibilité dans la méta laisse plus de place à l’expérimentation et à de nouvelles pistes d’analyse, chaque équipe misant ainsi sur ses atouts propres pour développer sa stratégie. Lors de la sortie d’un nouveau champion, certaines équipes franchissent le pas plus tôt ; comme récemment Kayn, qui ne fait pourtant pas l’unanimité, et qui a rencontré beaucoup de succès dans les mains de Cloud 9 et Fnatic. Pour rester à jour sur les nouveaux picks et couvrir toujours plus de thématiques, plus de ressources sont alors requises au sein des structures. Ceci faisant, les organisations sont collatéralement impactées par les changements de meta, occasionnant souvent des recrutements d’analystes durant la saison, en particulier chez les équipes qui peinent à trouver leur style.

La metagame actuelle, malgré sa relative richesse et la complexité des drafts, est la cause d’une sur-représentation des tanks et de parties répétitives. Pour le spectacle, espérons que les Worlds amèneront des changements de meta en faveur de picks plus early, afin de remettre les outdrafts et snowballs en lane sur le devant de la scène.

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