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01 oct. 2014 - MMC Divers

Sherlock Holmes : Crimes & Punishments, un Sherlock à l'ancienne et pourtant si nouveau.

Sherlock Holmes : Crimes & Punishments, un Sherlock à l'ancienne et pourtant si nouveau.

Sherlock Holmes est comme revenu à la mode ces dernières années. Après des films où Robert Downey Jr et Jude Law apportent un éclairage très original sur les personnages, ou encore une série à l'époque actuelle mais qui reprend les codes de l’œuvre originale, penchons-nous aujourd'hui sur un nouveau jeu vidéo qui a pour héros le détective de Baker Street.

Les faits.

Sherlock Holmes : Crimes & Punishments est donc un nouveau jeu d'enquêtes développé par Frogwares, déjà à l'origine de très nombreuses adaptations des aventures du détective, telles que Sherlock Holmes Vs Jack the Ripper ou The Testament of Sherlock holmes. Je n'ai pas joué à ces précédents, ou alors ne m'ont-ils vraiment pas marqué, aussi je pars pour ce test avec un œil neuf et comme le ferait un nouveau joueur. Et tant qu'on en est à donner le profil du testeur, sachez aussi que si j'aime beaucoup les jeux d'enquêtes ou les phases d'enquêtes dans les jeux vidéo, je déteste les Point & Click. Contrairement à ce qui est souvent le cas, sachez donc qu'ici, ce jeu d'enquêtes n'en est pas un.

Le jeu est sur PC, avec un moteur 3D honnêtement bluffant et très sollicité. Car chaque personnage peut être examiné de près pour recueillir des indices, et cela demande de percevoir le diable présent dans certains détails, comme les rides, les cheveux blancs ou un bouton de chemise manquant. Pas de problème à ce niveau-là donc avec une telle qualité graphique (pour ceux qui se demanderaient à ce propos, les screenshots présents dans cet article sont tirés du jeu lui-même, pas d'artworks), et les cinématiques utilisent le moteur des phases d'action. De même, les mini-jeux et instants d'ambiance (vapeur des thermes, démarche d'ivrogne, pénombre nocturne) sont rendus avec précision et efficacité, plus que dans beaucoup de jeux d'action plus classiques en fait.

Les indices.

Sherlock Holmes n'est pas exactement le personnage qui inspirait il y a encore quelques années l'idée de l'enquêteur le plus vif et actif, la faute à des séries plutôt lentes et posées. Avec les adaptations récentes, cela a quelque peu changé, et Crimes & Punishments s'aligne davantage sur un profil plus proche de celui imaginé pour son héros par Arthur Conan Doyle. En effet le Sherlock Holmes original, dans le livre, est un escrimeur chevronné, un usager courant d'armes à feu, un scientifique passionné et un enquêteur actif très proche d'un expert avant l'heure.

Je viens de vous décrire le personnage des livres, et c'est le personnage que vous trouverez dans ce jeu. Cela va de paire avec de nombreux mini-jeux, des scènes d'action et des défis qui rappellent Prince of Persia. Oui Prince of Persia, comme lorsque vous devez activer des portes dans un bon ordre, moment qui rappelle indéniablement l'activation du système de défense du palais du sultan dans l'épisode Sands of Time. Mais il y en a tant d'autres, autant que les scènes autour de l'enquête sont nombreuses et variées, de l'expérience chimique au tir à l'arbalète. On va d'une scène à l'autre avec l'énergie qu'est censé avoir le personnage, et c'est franchement réussi.

Les suspects.

Tout n'est pas parfait cependant, et ce Sherlock aussi a ses défauts. Le système de résolution d'enquêtes est extrêmement intéressant, avec une récupération des indices, des déductions faites à partir d'eux et pour finir la découverte des conclusions possibles. La victime a-t-elle était tuée par un couteau en argent ou par un couteau de glace ? Le coupable est-il le mari ou l'ami d'enfance ? C'est passionnant, mais ça comporte plusieurs défauts.

Déjà, c'est plutôt dirigiste, et on sent bien que sans tous les indices on ne peut pas avoir la bonne réponse, ce qui élimine certaines conclusions rapides d'emblée, alors qu'on ne sait pas forcément logiquement qu'il manque des indices, et s'appuyer sur l'instinct du détective pour excuser que Sherlock sait qu'il manque des éléments est bancal. Dans le même temps, le jeu nous proposant parfois des solutions très proches, on ne sait pas que choisir, les indices et faits confirmant toutes les solutions et ne nous permettant pas de discerner une bonne réponse. Pourtant il y a bien une et une seule bonne réponse à la fin, qui est indiquée si on le souhaite après la résolution. Chose intéressante au passage, on voit ce qu'ont répondu les autres joueurs, via des pourcentages. Mais évidemment, il semblerait que beaucoup trichent et les réponses indiquées « justes » par le jeu sont largement au dessus des 80% de joueurs ayant répondu dans le mille.

Conclusion de l'enquête.

Je ne reprocherais que deux choses au jeu, après avoir terminé une demi-douzaine d'enquêtes. Tout d'abord l'impossibilité, une fois la première enquête passée, de choisir l'ordre des suivantes. Je comprends que la première soit imposée pour servir de tutoriel, plutôt réussi car très progressif d'ailleurs, mais les suivantes n'ont pas de lien entre elles, et étant donné les dates (aux alentours de 1890) on se fiche de laquelle se passe chronologiquement en première. À part pour introduire parfois un personnage très secondaire comme l'enfant des rues qui aide Sherlock, ça n'a pas d'impact.

Mais c'est un détail qui n'impacte pas tant le gameplay, c'est juste que cela aurait aidé à la fois à se sentir moins sur des rails et aussi à refaire les enquêtes que l'on souhaite si l'on recommence le jeu. Le deuxième point, je l'ai déjà abordé plus tôt, est plus important. Il s'agit de l'indication possible de la « bonne » réponse. Ruinant les statistiques de fin de jeu sur les choix des joueurs et détruisant l'intérêt même de choisir la réponse, il est certes indiqué comme pouvant ruiner l'expérience des joueurs, mais il n'aurait même pas dû exister, d'autant que rien ne le justifie.

Au final, le jeu est une grosse réussite. Je le conseille franchement pour les amateurs du genre et pour les autres. C'est rythmé, prenant et long, tout en étant découpé en chapitres assez courts pour être passés en quelques heures, ce qui est indéniablement pratique. Avec des séquences de jeux variées et amusantes, on ne s'ennuie pas un seul instant, tout en ayant réellement l'impression de faire marcher ses méninges.
Les deux seuls défauts que j'ai trouvé à ce jeu sont honnêtement mineurs, alors si vous n'avez pas peur de réfléchir dans un jeu d'action ou d'agir dans un jeu d'enquête, sautez sur Sherlock Holmes : Crimes & Punishments, vous ne le regretterez pas.

 

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